74% des électeurs de droite favorables à l’union des droites

Mais les états-majors y sont farouchement hostiles.
drapeau tricolore

L’union des droites est-elle définitivement un mythe ? L’Histoire pas si lointaine nous montre quelques exemples d’union qui fit la force. En 1983, le RPR s’alliait au frontiste Jean-Pierre Stirbois pour emporter la mairie de Dreux. Quinze ans plus tard, aux régionales de 1998, cinq présidents de région UDF (Union pour la démocratie française) étaient élus avec les voix de l’infréquentable Front national de Jean-Marie Le Pen. Lors de la campagne électorale, Jean d’Ormesson écrivait alors, dans Le Figaro : « Une première solution pour la droite est de faire avec le FN ce que Mitterrand a fait pour la gauche avec le Parti communiste. Le sujet est tabou. L’heure est arrivée de lever tous les tabous. » S’ensuivront des tensions terribles et les cinq présidents seront suspendus de l’UDF, qui est alors présidée par un certain François Bayrou qui succédait à l’ancien maire de Fréjus François Léotard.

L'appel de Sarah Knafo

Plus de 35 ans plus tard, les Français de droite continuent de voir défiler les scrutins et les défaites. La division des voix autour de plusieurs formations politiques et le fameux « barrage républicain » empêchent toute alternance. Pourtant, les électeurs de droite ne cessent de réclamer des alliances. D’après un récent sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD, 74 % d’entre eux désirent l’union des droites. Ils sont 78 % à y être favorables, chez les électeurs de Marine Le Pen et Jordan Bardella ; ils sont 68 %, chez les Républicains, à l’appeler de leurs vœux. Un chiffre qui culmine chez les électeurs de Reconquête, qui sont 95 % à y être favorables.

Dans une tribune dans le JDD, l’eurodéputée Reconquête, Sarah Knafo, l’étoile montante de la droite française, livre un vibrant plaidoyer pour l’union des droites. « Il y a aujourd’hui trois principales lignes à droite : LR, RN et Reconquête. À nous trois, nous pesons plus de 53 % de l’électorat au premier tour, explique-t-elle. Bien sûr, l’union des droites n’implique pas de se dissoudre, de se résigner à des compromissions ni de nier les différences évidentes entre personnalités de droite. » Malgré des différences assumées, l’eurodéputée encourage les forces de droite à se rallier, à appeler à voter pour la formation qui sera en tête à la prochaine élection présidentielle, et appelle de ses vœux une « alliance législative en bonne et due forme, un accord de gouvernement et un programme commun » à droite pour tourner la page du règne de la gauche et du macronisme.

L'union oui, mais derrière moi

Avec la domination du Rassemblement national à droite, ces dernières années, quelques rares initiatives ont penché vers l’union des droites. En 2017, lorsque Nicolas Dupont-Aignan appelait à voter Marine Le Pen après la conclusion d’un accord entre les deux tours. L’ancien député de l’Essonne renouvela son soutien à la présidentielle de 2022. Éric Zemmour, après sa campagne tonitruante de 2022, appela à voter pour la candidate du Rassemblement national malgré une campagne difficile entre le RN et Reconquête. L’ancien éditorialiste renouvela son soutien aux candidats du RN lors des législatives de 2024. Éric Ciotti, enfin, fut à l’origine du ralliement peut-être le plus emblématique, lorsqu’il composa une alliance entre Les Républicains qu’il présidait et le Rassemblement national pour les législatives de 2024. Une tentative à l’origine de la création de l’Union des droites pour la République (UDR) qui fit élire 16 députés après des accords électoraux. Une opération en demi-teinte, puisque si le député maralpin fut le premier à véritablement briser « le cordon sanitaire » formé autour de la formation lepéniste depuis quarante ans, il fut bien isolé dans sa formation politique, au point qu’une cabale interne entraîna son exclusion du parti LR. De plus, parmi les 61 députés LR sortants, seule Christelle D’Intorni, députée des Alpes-Maritimes, a suivi Éric Ciotti dans sa volonté d’alliance. Guilhem Carayon, président des Jeunes Républicains et candidat (par la suite malheureux) dans le Tarn accepta aussi de franchir le Rubicon.

Quelques personnalités à droite favorables à l'union

Aujourd’hui, les élus et responsables politiques de droite sont, dans leur immense majorité, très hostiles à l’union des droites. Marine Le Pen et Jordan Bardella y sont tout à fait hostiles, même si ce dernier semble plus enclin à s’adresser aux électeurs de droite que ne l’est la députée du Pas-de-Calais. L’état-major du RN est aussi très défavorable à une union d’appareils. Bruno Retailleau ne veut pas entendre parler de l’union des droites, les parlementaires LR non plus. Tous tiennent le même discours. C’est aux électeurs de faire l’union, pas les appareils. Celui qui arrivera à tuer ses concurrents sera celui qui ralliera ses anciens concurrents à son panache blanc.

Aujourd’hui, sur l’échiquier politique de droite, quelques voix favorables à l’union se font entendre. Sarah Knafo et Éric Zemmour, Marion Maréchal avec son parti Identité-Libertés et, enfin, Éric Ciotti et ses parlementaires. Une de ces figures peut-elle espérer faire l’union autour d’elle ? Éric Ciotti et Sarah Knafo se révèlent, ces derniers mois. Le chemin est encore long, avant 2027. Pourtant, l’urgence est là, plus que jamais.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

116 commentaires

  1. Comment voulez-vous faire une union des droites avec des Bertrand, Pécresse, Coppé, Barnier, Larché, et tous ceux de cette « soit disant droite girouette » qui fait alliance avec les partis LFI, les communistes, Les écolos rouges, les socialos, les macronistes pour battre la droite du RN, de reconquête, et de Ciotti aux dernières législatives pour sauver leur poste aux fastueux avantages !! Les avis de leurs électeurs ne les intéressent pas.

  2. Faisant partie de ces 74%, pas d’union des droites , pas de vote.
    Le prochain président sera une nouvelle fois « élu » à la majorité d’une minorité.

  3. Un projet de loi va être bientôt présenté à l’assemblée visant à interdire tout propos anti républicain, anti laïcité. Parmi les porteurs du projet, un certain Laurent Wauquiez.

  4. Je ne comprends pas de quoi on parle. Il y a toujours eu une majorité de neuneus dans les partis, aux représentations du réel populaires mais malgré tout absurdes.
    Il y a déjà une union des droites. Une union gouvernementale entre Renaissance et LR. Et une union parlementaire, puisque le RN s’arrange pour ne pas gêner la politique de la majorité.
    Pourquoi imaginer que subitement la partie centriste, qui reste la plus importante, soit exclue ? Et que subitement, la nouvelle union des droites s’oppose à ce qu’elle a jusqu’ici soutenu ?

  5. Si Marine Le Pen est intelligible , de ce fait on va voter pour un nouveau gamin , qui n’a jamais rien fait ou entreprise dans sa vie , un Macron bis ? Ça fait depuis les années 70 que le FN/RN fait perdre les élections , si seulement les électeurs RN pouvaient dans un moment de lucidité se rallier à Reconquête et si dans un moment de lucidité , Monsieur Zemmour pouvait laisser la place à Madame Knafo , je pense sur les cartes seraient agréablement redistribuées …
    Vive la France

    • Ah si votre champion avait fait 5% de plus à la dernière présidentielle et MLP 5% de moins …
      Le rêve de Mélenchon en embuscade.
      Z ne cesse de dire que Marine ne pourra jamais être élue, c’est l’histoire de la paille et de la poutre.

  6. MLP est-elle capable de changer d’avis, si elle n’est pas contrainte de renoncer à se présenter ?
    Et si Bruno RETAILLEAU reste campé sur son obsession, la gauche a toutes ses chances et les Français toutes les malchances !

  7. Si la droite « molle » ne s’allie pas, ce sera le bordel une fois de plus, mais en pire. Le choix est clair!

  8. Les responsables politique sont dans leur refus de l union portent la responsabilité de la situation catastrophique ou se trouve la France ; il y a urgence à faire un gouvernement de droite de salut public.

  9. sans union des droites la machine à perdre sera de nouveau enclenchée , et si pour une fois ils écoutaient leurs électeurs au lieu de courir à la gamelle !

  10. Oui sauf que JMLP avait bien dit un jour nous avons la droite la plus imbécile du monde et bien nous y sommes encore

  11. I have a dream. Que les 74% ne votent à la présidentielle que pour les candidats favorables à l’union des droites. Ce serait une claque manifeste à ces partis pleutres, complices , néfastes à la démocratie dont les élus ne pensent qu’à leur réélection. Car c’est le peuple qui décide.

  12. Retailleau espère rallier la droite autour de lui ? Alors que ses troupes ont voté, avec les macronistes et la gauche, CONTRE l’interdiction des mariages arrangés des OQTF, et contre le moratoire sur la multiplication des éoliennes et des centrales photovoltaïques… Zemmour, aucun député à l’Assemblée, a fait campagne en tapant sur le RN, il ne représente que lui et Knafo (une « pointure, elle). Il ne veut de l’union que s’il en est le chef… Quant au RN, il monte mais seul il n’arrivera à rien… et il veulent tous « sauver la France ». Si vous voulez sauver la France, commencez par vous asseoir sur votre ego : le patron c’est celui qui amène le plus de troupe… le bateau coule et vous vous chamaillez sur la couleur des transat…

    • Répéter une contre vérité n’en fait oas une vérité.. Zemmour battu à la présidentielle a appelé à voter RN au second tour y compris aux législatives.. ce que je n’ai pas fait..aucune confiance dans le RN en tant qu’ex FN..

  13. si il n y a pas d union des droites mon vote ira sur melenchon pour tout faire sauter
    les amis avec qui j ai parle feront pareil (vote -1 / +1)

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