Une première, depuis 1968 : le pape Léon XIV honore la Garde suisse
Ce samedi 4 octobre 2025, le pape Léon XIV est venu assister en personne à la cérémonie de prestation de serment des nouvelles recrues de la Garde suisse pontificale, un événement inédit depuis 1968. En effet, depuis le pontificat de Paul VI, les souverains pontifes n’assistaient plus à ce rite. La présence du nouveau pape marque ainsi avec force le lien intime et spirituel entre le Saint-Père et ceux qui lui jurent fidélité. On y perçoit non seulement une solennité renouvelée, mais aussi une volonté claire de rappeler, au cœur du monde contemporain, que le service du pape ne se limite pas à une simple tradition : il demeure un engagement exigeant et vivant.
Une cérémonie inédite
Par un bel après-midi d’automne, la cour Saint-Damase du Palais apostolique s’est parée de ses plus beaux atours : les drapeaux des cantons suisses flottent au vent sous le regard attentif des gardes, revêtus de leurs célèbres uniformes jaune, bleu et rouge, tandis que les familles des recrues occupent les tribunes. Lorsqu’il fait son entrée, le pape Léon XIV est accueilli par le commandant de la Garde, l’aumônier, plusieurs cardinaux et dignitaires du Saint-Siège. Il prend place au centre de la cour pour assister lui-même au serment prêté par ces jeunes hommes promettant de le défendre, de lui obéir et de le servir « avec fidélité, loyauté et honneur ».
Pour la première fois depuis 1968, un pape a assisté à la prestation de serment des nouvelles recrues de la Garde suisse pontificale. 27 gardes ont juré de servir avec fidélité, loyauté et honneur le Saint-Père qui les a remerciés pour leur service et leur exemple. pic.twitter.com/Y0RCTQO1zO
— Vatican News (@vaticannews_fr) October 4, 2025
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Le commandant de la Garde suisse, le colonel Christoph Graf, en poste depuis 2015, remercie le pape pour sa présence, soulignant la portée historique de ce geste. Les recrues, alignées en rangs, défilent ensuite au pas avant de se placer face au souverain pontife. Puis vient l’instant solennel : debout, elles élèvent la main droite à trois doigts, un geste symbolique rappelant la Sainte Trinité, avant de promettre de servir le souverain pontife et ses successeurs, le Collège des cardinaux pendant la vacance du siège apostolique, de respecter le commandant et les supérieurs et, si nécessaire, d’offrir leur vie pour la défense du pape.
Le pape Léon XIV prend ensuite la parole. Il remercie « tout d'abord Dieu pour le don de la vie et de la foi », avant d’ajouter que cette cérémonie constitue « un témoignage très important dans le monde d'aujourd'hui. Cela nous fait comprendre l'importance de la discipline, du sacrifice, de vivre la foi d'une manière qui parle vraiment à tous les jeunes de la valeur de donner sa vie, de servir et de penser aux autres. »
Cette présence pontificale, la première depuis celle de Paul VI en 1968, confère à ce 4 octobre 2025 une portée historique. Le choix de cette date a été néanmoins dicté par les circonstances du nouveau pontificat. En effet, le décès du pape François et la tenue du conclave avaient entraîné le report de la cérémonie, habituellement célébrée le 6 mai, date commémorant le sacrifice héroïque de 147 gardes suisses morts pour protéger le pape Clément VII lors du sac de Rome, en 1527, par les troupes impériales de Charles Quint menées par l’ancien connétable français Charles de Bourbon, passé à l’ennemi.
Devenir garde suisse
Rejoindre la Garde suisse pontificale n’est pas une simple démarche administrative : c’est une véritable vocation, l’aboutissement d’un parcours rigoureux, conforme à des traditions séculaires mais adapté aux exigences du monde moderne. Les critères de sélection demeurent stricts : il faut être de nationalité suisse, un homme catholique pratiquant, célibataire, âgé de 19 à 30 ans et mesurer au minimum 1,74 mètre. Il est également nécessaire d’avoir accompli le service militaire en Suisse, de posséder un diplôme reconnu, de jouir d’une réputation irréprochable et d’être en parfaite santé physique et mentale.
Une fois recruté, le futur garde suit alors une formation complète, mêlant instruction militaire et entraînement spécifique au Vatican. La durée minimale de ce service est aujourd’hui de 26 mois. Après cinq années de service, les gardes âgés d’au moins 25 ans peuvent, s’ils s’engagent pour trois années supplémentaires, obtenir la permission de se marier et de loger hors de la caserne. Durant leur mission, les gardes assurent la sécurité du Vatican, accompagnent le pape dans ses déplacements, veillent à la protection du Collège des cardinaux en période de sede vacante et forment une garde d’honneur lors des grandes cérémonies et visites d’État.
Les origines de la Garde
Pour comprendre ce qu'est la vocation de la Garde suisse, il faut remonter à ses origines, au tournant du XVIe siècle. En effet, le 22 janvier 1506 est souvent considéré comme le jour de sa fondation, lorsqu’un premier contingent de mercenaires suisses, conduits par le capitaine Kaspar von Silenen, entra au Vatican pour servir le pape Jules II. Le pontife, impressionné par la bravoure et la loyauté des soldats helvétiques, avait décidé de créer une garde permanente chargée de sa sécurité personnelle.
Au fil des siècles, la Garde suisse est ainsi devenue l’un des symboles les plus forts du Vatican, incarnation du courage et du dévouement au service du Saint-Siège et dont la valeur fut particulièrement démontrée lors du 6 mai 1527, jour tragique du sac de Rome.
Contrairement à une rumeur tenace, l’uniforme coloré des gardes n’est pas l’œuvre de Michel-Ange. Il fut conçu, en réalité, par Jules Repond, commandant de la Garde entre 1910 et 1921, qui s’inspira des fresques de Raphaël pour créer la tenue que l’on connaît aujourd’hui. Il introduisit ainsi les couleurs bleu, jaune et rouge et repensa la coupe pour allier solennité et confort. Ce costume, porté lors des cérémonies, est néanmoins troqué au quotidien contre des uniformes plus sobres, notamment la tenue de « demi-gala », en laine sombre à col droit sang et or, ceinturée de jaune et blanc, récemment remise au goût du jour après ne plus avoir été portée depuis 1976.
Aujourd’hui, encore, la Garde suisse perpétue cette fidélité à travers chaque génération de soldats. Elle ne se contente pas de défendre un territoire : elle protège également un héritage spirituel. En cela, elle rappelle, au sein d’une société en quête de repères, la valeur de la parole donnée et du devoir accompli.
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4 commentaires
Seul vrai pape d’envergure pour le catholisme, oui, sa sainteté Benoit XVI. Tout a été fait pour le brimer.
Il est bien triste que vous n’ayez toujours pas compris que Prevost, tout comme Bergoglio, n’est pas pape mais antipape. Depuis le décès de Sa Sainteté Benoît XVI, l’Eglise est sans représentant du Christ sur la Terre. Il n’y a qu’à voir ce qu’ils font pour comprendre qu’ils ne sont pas catholiques: Pachamama, discours sur la terre, sur le climat, les migrants, etc. et dernièrement réception des gays et lesbiennes par la Porte Sainte alors que le mariage consiste en l’union d’un homme et d’une femme. Même si presque tout le monde s’est fait piéger Benoît XVI n’a jamais renoncé à sa charge, mais il était empêché d’agir, se trouvait « in sede impedita ». Le petit reste fidèle existe, mais il n’y a pas de Pape, ceux qui se disent pape ne sont que des usurpateurs.
Staline ignorait tout de l’histoire et celle du Vatican quand il se moquait de ses forces armées, « combien de divisions? ». Il ne savait pas que ce fut un État comme un autre, avec tous les ressorts de ses forces armées guerriers ou diplomatiques dont ces gardes suisses sont un reliquat. Le royaume du Vatican fut de monde, l’autre appartient à Dieu.
N’empêche, qu’aux temps du camarade Staline et des divisions du pape, l’autre à Berlin ne se permettait pas tout avec l’Eglise catholique.