Boualem Sansal : les Belges l’honorent. La France, elle, se déshonore !
« Boualem Sansal porte haut la fonction créatrice de l'écrivain qui est inséparable de la liberté dans laquelle elle s'exerce », ont déclaré les académiciens en faisant entrer l’otage des Algériens dans leur grande maison.
Enfin un geste qui honore la France, s’écrie le peuple indigné ! Sauf que… Sauf que ce ne sont pas les académiciens français qui l’accueillent dans leurs rangs, mais les membres de l’Académie royale de Belgique !
Dommage qu'il n'existe pas une Académie française https://t.co/5P0VWsnLEQ
— Ivan Rioufol ن (@ivanrioufol) October 12, 2025
La diplomatie de la lâcheté
En se rendant à Charm el-Cheikh, Emmanuel Macron pense pouvoir se draper dans la toge du pacificateur. Mieux : il espère faire croire au monde qu’il est l’instigateur de ce qui s’y déroule. Une usurpation de plus. Le chef de l’État se pavane là où il n’a rien fait, car il ne fait rien là où il le devrait : pendant qu’il joue les moulins à vent en Égypte, Boualem Sansal dépérit dans les geôles algériennes.
Cela fera un an, le 16 novembre prochain, que l’écrivain franco-algérien, âgé de 80 ans et atteint d’un cancer, a été emprisonné en Algérie pour « atteinte à l’unité nationale ». Condamné à cinq ans de prison ferme, il a vu sa peine confirmée en appel, le 1er juillet dernier. L‘affaire a été pliée en un quart d’heure, sans que l’avocat de l’écrivain n'ait pu être présent. Une parodie de justice, une fumisterie, comme chacun sait, seulement destinée à bafouer davantage une France transformée en paillasson par la grâce de notre Président. Il faudra d’ailleurs que quelqu’un, un jour, nous donne les véritables raisons du comportement d’Emmanuel Macron face au président Tebboune : pourquoi tant de ménagement, de cadeaux et tant d’humiliations pour la France ? Pourquoi ces courbettes, ce perpétuel léchage de babouches ? Saura-t-on, un jour, ce qui se cache là-dessous ?
« J’étais étonné de voir autant de gens soutenir mon père » explique Sabeha Sansal, fille de Boualem Sansal, à @jean_bexon, lors du congrès du Cercle algérianiste. « Je souhaiterais les remercier. » pic.twitter.com/qSj2pYwIKb
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) September 28, 2025
Car on ne peut que s’interroger quand on reprend le fil des événements. De « réponse graduée » qui est toujours en dessous de zéro en espoir de grâce tout aussi fumeux, rien ne bouge. L’une des filles de l’écrivain, Sabeha Sansal, confiait, voilà un mois, n’avoir jamais reçu de réponse au courrier qu’elle avait adressé à l’Élysée : « Depuis qu’il est emprisonné, je n’ai jamais eu de nouvelles officielles de mon père. » Et ce n’est sûrement pas l’insipide Barrot, notre gommeux ministre des Affaires étrangères, qui mettra les pieds dans le plat à couscous. À Bruno Retailleau qui, en juillet, s’indignait et réclamait : « Il faut changer de ton, assumer un rapport de force que le pouvoir algérien a lui-même choisi », dénonçant « la diplomatie des bons sentiments », Jean-Noël Barrot rétorquait : « Il n’y a ni diplomatie des bons sentiments, ni diplomatie du ressentiment. Il y a juste la diplomatie. » C’est-à-dire rien !
Sansal n’est pas un bon immigré
À l’inertie de l’État français, ceci expliquant d’ailleurs cela, s’ajoute le silence pudique des intellectuels, artistes et autres bien-pensants. Tous ces grands défenseurs de la liberté, ceux qui brandissent en permanence le drapeau palestinien et portent le keffieh comme un carré Hermès, ceux qui se gargarisent de grands principes, tous ceux-là sont muets, ou presque. C’est qu’en dénonçant dans ses livres l’islamisme et ses ravages, Boualem Sansal est passé du côté obscur de la force : ce n’est pas un bon immigré.
Alors, en désespoir de cause, devant l’inertie de l’État français qui ne veut surtout pas froisser son aile gauche, les soutiens de l’écrivain ont décidé de se tourner vers nos voisins. « J’ai l’impression que la France ne fait pas beaucoup de choses », disait aimablement sa fille, et même si elle confessait être « un peu désespérée », elle espérait encore qu'« en rendant la cause internationale, cela pourrait peut-être faire bouger les choses ».
Nos amis belges l’ont entendue. Le secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, Yves Namur, l’a annoncé dimanche à l’AFP : Boualem Sansal vient d’y être élu. À préciser que si l’Académie belge compte 40 membres, tout comme l’Académie française, dix de ses fauteuils sont réservés à des auteurs étrangers.
C’est peu dire que l’Académie française, si frileuse, s’honorerait d’accueillir, elle aussi, Boualem Sansal parmi les siens. Le 21 novembre 2024, l'académicien Jean-Christophe Rufin avait proposé d'élire d'urgence l'écrivain franco-algérien à l'Académie française, mais sans succès : « Certains ont pensé, ont dit, avec prudence, attention de ne pas aggraver les choses », explique Rufin...
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34 commentaires
Pourquoi la France se couche-t-elle devant l’Algérie et accepte cette humiliation permanente!
Ce nest pas la France qui se couche mais Macron ! Refusons SVP l’amalgame !
Ce n’est pas le pays qui se couche, mais le guignol qui dirige ce pays…
La Belgique est plus sensible à la valeur de notre langue que nos hiérarques de l’Académie , Rien d’étonnant quand, en France , tous les étudiants en philologie ont eu entre les mains la célèbre grammaire de Grévisse .
Mais ces Messieurs Macron, Barrot sont trop occupés pour gérer tous les français en prison. Il y va de leur siège. Quelle honte.
Je co-signe le commentaire de « CATH30 » ci dessous à 9h31 .
Bonne journée
Décision Belge sans doute à saluer, mais tout de même assez paradoxale avec la situation réelle de la Belgique de tous les jours, quand on regarde ce qui s’y passe au quotidien. Quant à Macron sur ce sujet, je n’arrive toujours pas à comprendre comment, depuis le début, il ne se dit pas que si par malheur Boualem Sansal venait à décéder au fond des geôles algériennes, cela ne pourrait que lui revenir en boomerang dans la figure, et que la famille de l’auteur pourrait être tentée de l’incriminer juridiquement.
Il faut raison garder !!
« L’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique est une institution belge qui réunit des personnalités qui, par leurs travaux, leurs écrits ou leurs discours, contribuent de la façon la plus éminente à l’illustration de la langue française, soit en étudiant ses origines et son évolution, soit en publiant des ouvrages d’imagination ou de critique. Elle comprend des membres belges et des membres étrangers. »
Rien à voir avec l’Académie française ou toute autre prestigieuse institution !
Honte aux responsables politique français !
A part se montrer il ne sait rien faire
Hier il s’est fait humilier et c’est tant mieux !!!!
Oui, Chère Stroumphette, la séquence avec Trump était jouissive!
PS J’ ai vu que vous étiez citée dans la séquence hebdomadaire de BV, ce qui est parfaitement mérité! Toutes mes félicitations!
Apparemment ce type est tellement imbu de lui-même qu’il ne sait pas ce que veut dire humiliation.