La grotte des Libaux vandalisée : « Tout a été cassé et renversé »
Statues brisées, autel détruit, bancs renversés... la grotte des Libaux, située entre les communes de Thurey et Lessard-en-Bresse, en Bourgogne, a été retrouvée totalement saccagée, mardi 21 octobre au matin. Les élus et les fidèles sont scandalisés par cet acte de dégradation qui n’est pas le premier, en ce lieu de piété. Un « acte antichrétien de plus, qui vient s'ajouter à une liste grandissante », déplore Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, sur le réseau X. Cette dégradation survient dans un contexte déjà tendu. Le 26 septembre, 85 sénateurs ont signé une pétition sur BV pour demander à l’État de protéger davantage les chrétiens en France.
Une destruction gratuite et affligeante

Capture écran CNews
Prévenu par le maire voisin, Alain Philippe, maire de Lessard-en-Bresse, est arrivé sur les lieux pour constater le drame. Il est « écœuré ». « Tout a été cassé et renversé. Absolument tout est bon pour la déchetterie », dit-il aux journalistes de France Bleu. « Toutes les statuettes sont cassées, renversées, piétinées, c'est désolant, on ne sait même plus quoi en dire. » La place de l’église a elle aussi été dégradée durant le week-end du 18 octobre. Les gendarmes de Saint-Germain-du-Plain sont intervenus dès le matin pour constater les dégâts et commencer l’enquête. Si les malfaiteurs ne sont pas encore connus, le maire a déposé plainte ce mercredi matin à la gendarmerie.
Un lieu de dévotion populaire
La grotte des Libaux avait été construite en 1950 par les habitants de Thurey, Lessard-en-Bresse, Vérissey et Tronchy en remerciement à la Vierge Marie pour avoir été épargnés durant la Seconde Guerre mondiale. D’après les archives de la mairie, la grotte fut financée par des dons et construite avec le soutien des artisans locaux. Elle fut inaugurée le lundi de Pentecôte, « d’après un tract de l’époque et des photographies », et lors d’une fête mariale organisée par les paroisses de Thurey et Lessard.
En bordure d’une route départementale (D678), cette réplique de la grotte de Lourdes est un lieu encore « très fréquenté » dans cette région, d’après le maire de Chalon-sur-Saône, qui rappelle que « plusieurs générations de fidèles sont venues s’y recueillir pieusement ». Le père Noël Gautheron, vicaire de la paroisse, témoigne, auprès de Boulevard Voltaire, de cette fervente tradition : « Je connais très bien ce lieu car quand j’étais beaucoup plus jeune, on y allait tous les lundis de Pentecôte. C’était dans les années 70-80, car c’était la messe d’action de grâce des professions de foi », raconte-t-il.
Néanmoins, le vicaire explique que ce lieu de piété populaire n’est pas très accessible, peu sécurisé et donc peu entretenu : personne ne s’en occupe a priori. « On avait essayé, avec une équipe des gens du voyage, de la remettre en ordre à la suite du vol de l’archange, mais cela n’a pas fonctionné parce que la gendarmerie nous a dit qu’il n’y avait pas assez de sécurité pour accueillir des voitures », précise-t-il. La paroisse n’organise plus de procession vers ce sanctuaire.
Le vicaire assure cependant qu’il y a d’autres grottes similaires, dans la région, souvent à l'intérieur des églises, à Simard et Ciel, notamment. Il explique à BV qu'un prêtre s'était attaché à développer ces lieux. « Le père Henri, qui était chapelain à Paray-le-Monial, était missionnaire, il a passé sa vie » à installer des lieux mariaux, témoigne-t-il.
Des actes antichrétiens récurrents
Ce n’est pas la première fois que la grotte des Libaux fait l’objet d’actes de dégradation. En 2015, la statue de saint Michel, qui trônait devant le lieu, avait été volée.
Un cas parmi d'autres. Les actes antichrétiens augmentent considérablement. D’après les données du ministère de l’Intérieur, entre janvier et juin 2025, 322 actes antichrétiens ont été recensés, contre 284 sur la même période en 2024, soit une progression de 13 %. Les attaques contre les églises se multiplient : vols, vandalisme mais aussi, de plus en plus, des incendies comme celui de l’église Notre-Dame-des-Champs (Paris), en juillet 2025. Ces incendies criminels ont augmenté de 30 %, en 2024. Les actes antichrétiens physiques deviennent également de plus en plus récurrents : le 4 septembre dernier, Ashur, un influenceur chrétien irakien, a été assassiné devant son domicile à Lyon. En réaction, une manifestation contre la christianophobie a eu lieu, le dimanche 19 septembre, à Paris. Si la France est loin d’être le pays le plus touché, cette intensification laisse toutefois présager le pire pour la sécurité et l'avenir des lieux de culte chrétiens en France.
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19 commentaires
Pas grave, en compensation la France restaure deux églises en Irak!