Sur France Inter, des intellectuels figés dans leur haine de Trump

Ce qu'ils disent de Trump nous en conte plus long sur eux que sur le président américain.
Guillaume Hennette © capture d'écran France Inter
Guillaume Hennette © capture d'écran France Inter

Pour l’anniversaire de la réélection de Donald Trump, le 6/9 de France Inter, ce 2 novembre, a invité deux « spécialistes ». La nécessité de guillemets apparaîtra d’elle-même dans le cours de l’article, tant le discours sur le président américain a été une suite de clichés. Pour l’analyse, on attendra.

Faisons les présentations. Passé par la Sorbonne et l’École supérieure de journalisme de Lille, Guillaume Hennette est un des rédacteurs en chef de l’émission Quotidien (vous situez ?). Il est en tournée de promotion de son dernier livre, Donald, le monde à pile ou face (Tallandier). Autre invitée : Barbara Cassin, qui vient de publier La Guerre des mots. Trump, Poutine et l’Europe (Flammarion). Son CV est impressionnant : beau parcours universitaire de prof de philo, académicienne, ayant émargé partout (CNRS, UNESCO, Union européenne, etc.).

Trump, simpliste pour simplets ?

Le discours de Trump « peut être compris par un enfant de 9-10 ans », déclare Guillaume Hennette en se basant, dit-il, sur une étude du Bosten Globe de 2016. En cause : la simplicité des mots qu’il utilise et le faible nombre de mots qu’il emploie. Trump aurait, d'ailleurs, le niveau d’un élève de CE2, assure un site. Reste que ce reproche - l'usage de mots simples au nombre réduit - n’est pas sans faire penser… aux médias mainstream et publics, tout particulièrement lorsqu’ils parlent de Donald Trump, invariablement populiste, raciste, misogyne, mégalomane, inculte, etc.

À cet inculte, justement, Barbara Cassin oppose « la culture », qui serait le seul moyen de lui résister, ainsi qu’à Poutine. La panacée antifasciste. Usage singulièrement restreint de la culture. En réalité, la culture permet de résister à Trump, à Poutine, mais aussi à France Inter — si on y adjoint un goût pour l’indépendance d’esprit. On peut l’avoir indépendamment de ladite culture, comme on peut être cultivé et dépourvu de sens critique : l’emprise sectaire fait des merveilles sur « des élites intellectuelles, et notamment scientifiques », disait un rapport de l’Assemblée nationale.

L’imposture des intellectuels

L’un comme l’autre, Mme Cassin comme M. Hennette, illustrent à merveille le livre de Jules Monnerot La France intellectuelle (Raymond Bourgine, 1970). À plus d’un demi-siècle, ils correspondent point pour point au portrait-robot de l’intellectuel qu’avait dressé Monnerot. Abusant de l’autorité que lui confèrent les titres et les honneurs, expliquait le sociologue, l’intellectuel parle ex cathedra mais sans jamais exercer sa pensée critique. Il est dans l’affectif. « L’abus de confiance spécifique des intellectuels consiste à faire passer des conduites passionnelles pour des jugements intellectuels », écrit Monnerot (p. 36).

À l’époque, ceux qu'on appelait « intellectuels » étaient des écrivains, des journalistes, des universitaires. Depuis, les acteurs ont rejoint le bataillon des signataires de pétitions. Il y a quelques jours, le prestigieux Harrison Ford a déclaré, à propos de Donald Trump : « Je ne connais pas de criminel plus grand dans l'Histoire. » Si Trump obtient, dans ce classement, la première place, où va-t-on mettre Hitler, Staline, Mao ? Cette assertion absurde, infiniment plus infantile et plus absurde qu’un discours de Trump, devrait valoir à l’acteur une invitation à France Inter.

Ils ne font pas le job

En cet anniversaire de la réélection de Donald Trump, que de choses à analyser, avec l’objectivité requise ! Là où il a échoué, là où il a réussi — aux yeux de son camp, mais aussi aux yeux de ses opposants -, quelles sont réellement ses idées... Mais nos intellectuels préfèrent livrer leurs sempiternelles accusations et insultes, inchangées depuis 2015. Là encore, Jules Monnerot y voyait un trait spécifique de l’intellectuel : semblant faire ce pour quoi il a été formé et est payé, il ne le fait pas. L’intellectuel maintient l’auditeur dans le préjugé et la méconnaissance. De sorte qu’on pourrait dire que France Inter, en ne nous informant pas sur la pensée politique de Donald Trump, est sa meilleure alliée.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

48 commentaires

  1. Je n’irai pas jusqu’à qualifier d’intellectuels ces révolutionnaires de salon,ces soldats de plomb dont le profil se répète inlassablement.
    Des clowns tristes,des clones uniformisés sans aucune originalité!
    Les mêmes pensées,limitées par leur manque de discernement,polluées par une idéologie arriérée désormais rejetée massivement par le peuple français et bien d’autres.
    Comme ceux qui prêtent attention à leurs soi-disant traits d’esprit qui ne feraient pas sourire un quidam au QI supérieur à une brosse à dents.
    Qu’ils profitent encore des généreux émoluments dont ils bénéficient injustement grâce aux contribuables citron qui ne les écoutent plus depuis longtemps.

  2. Le fait que 90% des médias français véhiculent, plus qu’une critique, systématique, une évidente haine de Trump, est la démonstration que 90% des médias français obéissent totalement à une certaine « élite ». Reste à comprendre quelle « élite », et pourquoi elle est dérangée à ce point. Observons que les pays étrangers à l’Occident, et surtout à la France, ne semblent pas « catastrophés » par Trump.

  3. Il n’y a pas photo, entre un discours de Macron ou de Von der Leyen, et un discours de Trump, oui en effet Trump dit ce qu’il pense de manière compréhensible par tout le peuple ce qui est très politique, pendant que d’autres ont un verbiage abscons, de en même temps et différent à deux jours d’intervalle.
    ‘…ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » Il y a 2000 ans un certain Jésus le disait déjà, Matthieu 11:25. Comment faire de la politique si la très grande majorité du peuple ne comprends pas même les phrases envoûtantes et emballées et re-suremballées de nos « élites » ?

  4. Bonjour Sur Quand les gens intelligents se piquent de ne pas comprendre il est constant qu’ils y réussissent mieux que les sots
    André Gide

  5. Risible, ridicule, pitoyable ? Choississez.
    Ces gens là parlent de culture et n’ont que deux mots à la bouche : fascistes, extrême droite. Mais à quel moment, ces gens sont devenus cinglés?

  6. merci monsieur trump , le seul homme politique qui s’inquiète pour les chrétiens en afrique un génocide commis par des musulmans et prends parole pour le soudan là encore génocide .

  7. Et en bons disciples de Sartre ils vont se réjouir de l’élection tant espérée de l’islamo-gauchiste Mamdani à la mairie de New York et déboucheront une bouteille de mousseux !

  8. La haine de Trump ET la haine de la France. Je me suis laissé aller à écouter dimanche dernier sur la route l’émission de France Inter traitant l’affaire Iveton. 55 minutes de propagande pro FLN, pro communiste, totalement à charge contre l’armée et la police française, totalement hors du contexte de 1956-1957 (la Bataille d’Alger), l’adhésion d’Iveton au FLN (une organisation terroriste ayant pris les armes contre la France) n’étant même pas rappelée, Iveton étant présenté comme « le condamné à mort innocent » au motif qu’il n’a tué personne dans sa tentative d’attentat, la bombe qu’il avait placée ayant pu être désamorcée à temps. Tous les intervenants de l’émission sont acquis à la cause d’Iveton et du FLN etc.
    Maître Golnadel a du boulot.

  9. Des intellos qui se regardent le nombril ! Ils sont tellement prévisibles, tellement pédants et moralisateurs, tellement méprisants pour ceux qui ne sont pas de leur « caste » de bobos… Donald Trump parle un langage simple ? Et alors ! Un gamin de 9 ans peut le comprendre ? Ils ont de la chance ! Le notre, de président, personne ne l’a jamais compris. Trump est souvent dans le « ça passe ou ça casse », mais il se bat pour l’Amérique et c’est ce qui compte pour un américain moyen. Nous aimerions la même énergie pour la France, n’en déplaise au système médiatico-bobo du service publique qui nous coûte un pognon de dingue. .

  10. Certains prétendus intellectuels se complaisent à décortiquer Trump, trop présent, trop théâtral, trop grossier, trop tout. Mais étant en France aucun de ces beaux esprits ne cherche à analyser le comportement de notre président : trop absent sauf à l’étranger, trop indifférent au sort de notre pays, trop ou au final pas assez président ?

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