[TRIBUNE] Après 2027, la consolidation budgétaire déclenchera un déluge… d’impôts !
L’accumulation des déficits publics a surendetté la France et nous obligera à réduire la facture budgétaire. Tôt ou tard, un rétablissement de nos comptes publics s'imposera, soit par des augmentations d’impôts, soit par des compressions de dépenses. À cet égard, les débats parlementaires sont d’une rare pusillanimité : chacun sait qu’aucun tour de vis sérieux ne se produira avant la prochaine présidentielle. Mais pendant que la classe politique débite des billevesées, ses think tanks font chauffer leurs calculettes ; il en ressort, de 2027 à 2030, la nécessité d'une purge sévère, tant sur le plan fiscal que social.
Des cercles de réflexion crédibles
Le rétablissement des comptes publics vient de faire l’objet de trois publications en un mois. L’institut Avant-Garde de Pierre Rosanvallon, avec sa Simulation macro-budgétaire, le Conseil d’analyse économique rattaché à Matignon et son Focus 124 et, enfin, le très libéral Institut Montaigne avec un Budget base zéro. Ces trois cercles de réflexion sont dotés d’instances dirigeantes et scientifiques crédibles, avec des équipes et des correspondants de qualité (chercheurs, universitaires, hauts fonctionnaires principalement de Bercy). Tous les chiffres sont justifiés par des données sourcées, y compris les conséquences de chaque mesure envisagée en augmentation de prélèvements ou en diminution de dépenses : il est clair que certaines évaluations qu'on retrouve d’une étude à l’autre proviennent de Bercy.
Quelle sera l’ampleur de la purge ?
Pudiquement rebaptisée « consolidation budgétaire », la purge à venir totalisera les restrictions de dépenses publiques et l’augmentation des prélèvements obligatoires.
Il est clair que, pour les trois instituts, le redressement budgétaire passe par la disparition de tout déficit primaire structurel (déficit hors intérêts de la dette et hors phénomènes conjoncturels). Et pour eux trois, de sensibilités pourtant différentes, il est absolument évident que la cure d’austérité et de stabilisation de la dette se prolongera bien au-delà de 2030.
Pour ce qui est de son ampleur, les chiffres sont très variables, y compris dans une même étude ; car l’inflation et la croissance pourraient éventuellement faciliter le retour à l’équilibre des comptes publics. Dans son Focus 124, les conseillers de Matignon aboutissent à une tendance centrale de 125 milliards d’euros ; ce qui correspond aux préconisations du Cercle national des économistes. Pour l’Institut Montaigne, il serait préférable d’atteindre une saignée de 180 milliards en 2029 : une perspective « économiquement soutenable, mais politiquement difficile à mettre en œuvre »… doux euphémisme !
L’Institut Avant-Garde dresse un tableau beaucoup plus rose-vert, avec un effort budgétaire de 40 milliards d’euros seulement… dont 10 % d’économies et 90 % d’impôts supplémentaires. Il va de soi que les nouveaux prélèvements envisagés sont centrés sur l'écologie punitive : la gauche ne se refait pas.
En tout cas, de tous ces travaux, on peut tirer une conclusion : la France va subir une correction budgétaire supérieure à 100 milliards d’euros par an, et ce, pendant le reste de la décennie. Et nos gouvernants nous mentent quand ils nous laissent croire qu’il ne s’agit là que de prélèvements ponctuels effectués pour solde de tout compte. Quant aux débats parlementaires, qui ne concernent que 2 % du stock de dette publique, ils sont devenus hors-sol.
Les crocodiles empaillés rôdent à Bercy
Nous avons sous les yeux trois études récentes qui ne relèvent pas de la même vision politique mais qui testent l’empilement de mesures très similaires en dépenses ou en recettes, avec des chiffrages assez identiques quant à leur impact. Et pour cause : les fonctionnaires de Bercy sont très présents dans ces groupes d’experts et ils tentent de redonner vie à leurs « crocodiles empaillés » : il s’agit de projets très anciens que les fonctionnaires ressortent périodiquement des tiroirs pour les proposer aux nouveaux ministres.
Un exemple de crocodile empaillé : le loyer fictif du propriétaire occupant. Vous êtes propriétaire d’un logement que vous louez : vous payez l’impôt sur ce revenu. Donc, si vous occupez vous-même ce logement, la logique fiscale voudrait que vous vous payiez à vous-même un loyer fictif… qui serait alors imposable sur le revenu ! Cette loufoquerie fiscale repasse plus souvent dans le ciel de Bercy que la comète de Halley.
Maintenant, relevons au fil des pages les horreurs empilées dans les tiroirs de Bercy et qui nous attendent après la présidentielle. En vrac, les auteurs citent, sans nécessairement les approuver : un point supplémentaire d’impôt sur le revenu et de CSG, le gel du barème de l’impôt sur le revenu ; pour les retraités : l'alignement de la CSG sur celle des actifs, la suppression de l’abattement de 10 % sur les pensions. Pour la TVA, un point de plus sur le taux normal et 2,5 points de plus pour le taux intermédiaire. Pour parachever la crise du bâtiment, sont chiffrés : le rétablissement de la taxe d’habitation sur la résidence principale et la suppression de tout abattement sur les plus-values immobilières en fonction de la durée de détention. Afin d’accélérer le retour à l’équilibre budgétaire, sont également envisagées des baisses sur les transferts sociaux : -8,3 % pour les pensions, -60 % pour les APL, -18,5 % pour les indemnités chômage. Enfin, pour rapprocher les recettes du coût de certains services publics, le prix du ticket dans les transports en commun serait multiplié par trois et les frais d’inscription en licence universitaire par 16 (et 11 au niveau master) !
Au chapitre des économies sur les dépenses, notons le gel de l’indexation des retraites et des minima sociaux, le délai de carence dans la fonction publique porté à trois jours et la suppression de 200.000 postes dans la fonction publique territoriale. N’oublions pas une mesure souvent évoquée : la baisse de 33 % des subventions à l’enseignement privé.
Pour conclure, citons André Duval : « Une dette n’est rien si elle ne vous prive de rien. »
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour


































45 commentaires
Au point ou nous en sommes, s’il n’y a pas de coupe àla Milei, et d’évacuation de migrants à la Trump nous sombrerons encore plus !
M’enfin, si on veut continuer à accueillir dans la joie la joyeuse et explosive fécondité des pays pauvres, faut bien faire des sacrifices ! Ou si on considère que nos « élites » dirigeantes ne se payent pas assez sur la bête ou que nos subventions diverses permettant d’offrir pléthores de sinécures à une armée de militants disponibles appelés « gauche » pour le jeu de rôle de la fausse opposition, il faut bien payer des impôts ! Pas d’accords ? Vous êtes nauséabonds !
nos mediocres poliitiques ne risquent rien la majorite d entre eux on des maisons et appart au usa iles maurice amerique du sud et autres
Et les 45 milliards d’économies en stoppant toutes immigrations, avant de taper dans le portefeuille des français contribuables, mettre un terme aux dépenses pharaoniques de tous les comités Théodule et agences inutiles comme l’ADEME, les ARS … sans oublier le millefeuille administratif commune – communautés de communes – départements – régions ou la ruralité paye abusivement les « aménagements » des grandes villes. Liste non exhaustive. 577 députés qui coûte au contribuable 24000€ par tête de pipe et 348 sénateurs à 22000€, ça fait 925 personnes pour pondre des lois de moins en moins respectées, quand on sait que par exemple le congrès des USA ne compte que 535 membres, ça fait réfléchir sur l’utilité d’un tel parlement en France.
Quelles joyeusetés en perspective !
Donc si vous voulez éviter de vivre l’enfer après la date totem de juin 2027, tâchez de voter bien et surtout pas de remettre en scène un personnage « copié/collé » comme depuis plus de 50 ans !
Une certaine Sarah a des idées et propositions bien arrêtées là dessus…
Le tout est de rassembler en UNE SEULE entité toutes les âmes de bonne volonté, car comme chacun le sait, « diviser c’est régner ».
A bon entendeur…
Le tout est de savoir si elle ce présentera en 2027 , entre La Le Pen qui fricote avec LFi et Sarah , ma préférence va vers Sarah ou une personne de sont parti car même si elle ne ce présente pas et que c’est une personnalité de sont parti qui est élue , elle serait très bien comme premier ministre.
Après 2027 …. Humilié comme il doit l’être, le châtiment plutôt que le bien du Pays.
Il l’organise l’après 2027 sans lui. Il place, il contraint, il plombe. C’est la grandeur du personnage.
La politique ( de gauche) est originale, dans toute entreprise, quand on a une dette , déjà on change les dirigeants qui ont échoué on essaie de la rembourser et principalement en faisant des économies, on coupe dans les frais de fonctionnement, dans les gros salaires et on élague dans la masse salariale, et bien én politique et dans une soit disant une démocratie quand ca arrive, déjà on essaie de ne pas en parler, après, quand ça se sait, ceux qui l’ont créée restent en place ( même s’ils sont devenus très minoritaires) et font exactement l’inverse: ils taxent encore plus un peuple exsangue, même si ça bloque l’économie et ruine le pays et ses habitants , ils augmentent encore les dépenses, donnent de plus en plus à tout ce qui n’est pas français et surtout: font tout pour camoufler. Et le pire, quand ça devient invivable ,ils perdent les élections et, devenus l’opposition critiquent la situation et expliquent comment régler le problème.
On n’est pas sorti …
En clair la mort des français. Étonnant aucun ne parle de ce que nous coûtent les aides au développement des pays étrangers ni de l’immigration et son pognon de dingue.
rétablissement de la taxe d’habitation sur la résidence principale. LA SEULE mesure « logique ». A condition de baisser à un niveau « normal » la TF ! Mais ça, faut pas rêver ! Pour le reste un florilège de c…ries . Mais bon le titre est bon: nous n’avons pas encore commencer à RAQUER. Ça va venir…
Bercy, à part imaginer comment piller les français qui produisent ou ont produit ne savent rien faire d’autre pour mettre nos finances à l’équilibre. Trancher dans des dépenses qui nous ruinent et qui ne produisent rien n’est pas dans leur logiciel, et pour cause, ils sont biberonnés à la sauce gauchot. Là aussi il y aura du ménage à faire.
C’est sûr qu’augmenter les impôts incitent les gens à travailler….au noir et démotive de l’envie de travailler pour ceux qui ne le peuvent. Quant à ceux qui sont encore un peu jeunes, il est très facile de migrer dans un pays plus libre de taxes et plus sain de comportement, laissant sur place les cochons de payants qui finiront par ne plus avoir de gras à donner.
À force de jouer avec les allumettes….
Désolé d’être un peu brutal, mais tant qu’ils n’en auront pas pris plein la « Gu..le » ils ne s’arrêteront pas. C’est dans l’ADN du monde des fainéants assistés par la République, politiques bien trop nombreux en tête de liste.
Ces trois études souffrent d’un biais évident : elles reposent en grande partie sur les élucubrations des fonctionnaires de Bercy. Or ces gens-là sont conçus pour fabriquer de l’impôt, pas pour envisager des économies. Demandez aux Français quels domaines ils seraient prêts à sacrifier pour réduire la dette. Je peux sans grande crainte de me tromper, vous donner le tiercé, au moins dans le désordre : l’immigration, les énergies vertes, l’aide au développement et en corollaire la contribution au budget européen et à la guerre en Ukraine. Inutile donc de chercher à piller davantage les poches des Français.
Mimbdjb. Vous dites vrai, en ce qui me concerne, c’est le tiercé gagnant.
C’est même un quinté que vous nous donnez, et même dans le désordre il est gagnant. L’ennui c’est que le gouvernement se fout complètement de l’avis des français.