[UNE PROF EN FRANCE] L’Académie du Puy-du-Fou : une oasis dans le marigot

Quel enfant n’a jamais rêvé d’être chevalier ? Qui n’a jamais rêvé de découvrir l’envers du décor ?
académie puy du fou

Quel enfant n’a jamais rêvé d’être chevalier ? Qui n’a jamais rêvé de découvrir l’envers du décor, de savoir comment la magie des spectacles se fabrique ? En vidéo, « making of » et bêtisiers se multiplient. On veut découvrir les coulisses, entrer dans les secrets des chefs, savoir comment les œuvres se composent. À l’heure où l’IA est capable de tant de choses, où la standardisation s’est étendue à de nombreux secteurs, où notre jeunesse est noyée dans l’abondance, une idée persiste, celle que notre humanité, peut-être, s’exprime vraiment à travers l’art et l’action, et que les enfants ont droit à une école qui mettrait ces deux éléments au cœur de sa structure.

Une école unique

C’est ce que fait l’Académie du Puy du Fou (lire le reportage d'Iris Bridier). 22 classes, 500 élèves, un projet commun : le développement des qualités de chacun à travers la pratique assidue des arts du spectacle. Théâtre, danse, cascades et expression corporelle ne sont pas vus comme des divertissements, des défouloirs ou des activités annexes, mais sont placés au cœur de la pédagogie, avec l’idée qu’être bien dans son corps, bien dans sa tête et en harmonie avec son groupe sont des atouts d’une valeur infinie et donnent une colonne vertébrale à tous les autres enseignements.

Donner confiance et pousser les enfants à oser, c’est peut-être une des choses les plus importantes dans l’éducation. Le théâtre éduque au courage : il faut affirmer sa voix, habiter son corps, assumer son rôle, se confronter à l’inattendu et au regard des autres. C’est une école de la vie, mais sublimée par la beauté de l’art, purifiée, encadrée. Dans une troupe, il y a une cohésion qui préfigure la cohésion future des membres d’une même cité, une sorte de respiration commune, des interactions riches, une nécessaire écoute de l’autre, un rythme d’ensemble, la poursuite d’un but commun.

Les élèves peuvent participer à certains spectacles

L’Académie du Puy du Fou bénéficie des infrastructures du Grand Parc et les élèves peuvent, selon leurs souhaits et leur avancement, participer à certains spectacles. C’est une plongée dans le grand bain, avec tout ce que cela implique d’exigence, mais aussi d’exaltation de l’imagination. L’imagination est une des plus belles spécificités humaines - une des plus dangereuses, aussi. Blaise Pascal nous dit qu’elle est « maîtresse d’erreur et de fausseté ». Mais elle est aussi la source des arts, la nourrice de la poésie, l’aliment des métaphores et le moteur de la plupart de nos inventions.

Quand une école ne demande pas aux élèves de laisser leur corps sur le seuil de la salle de classe, quand elle leur permet d’apprivoiser leurs émotions en les incarnant, au lieu de seulement les refouler et les conserver sous cloche, elle joue peut-être un rôle social qui dépasse celui de la simple formation intellectuelle. L’école est une structure éminemment politique, au sens noble du terme. Par la pratique des arts du spectacle, l’Académie du Puy du Fou remplit son rôle politique, celui de la concorde et de l’harmonie au sein d’un groupe défini, avec une tension vers le beau et l’excellence.

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Virginie Fontcalel
Professeur de Lettres

Vos commentaires

13 commentaires

  1. Très bel article. J ai vu des reportages sur cette école et je pense que beaucoup de jeunes auraient envie d y aller.

    • Rien à voir avec la chrétienté. Les jeux, l imaginaire et la créativité conduisent à des jeux de rôle. Ça existe encore !

  2. Personnellement je n’ai jamais rêvé d’être chevalier… Sans doute parce que je n’aime pas monter (on m’a pourtant mis très tôt sur un cheval) et aussi peut-être parce que je ne suis pas chrétien (on m’a pourtant très tôt envoyé au catéchisme où je m’ennuyais terriblement) !

    • On se demande qui vous oblige encore à venir lire les articles de BV, si cela vous est tellement désagréable…

  3. Bonjour Virginie. Votre fibre poétique sollicitée ?

    Sans vouloir vous flatter, vous portez ce qui n’est pas la mission des chroniqueurs, d’ailleurs tous excellents sur BV. Des chroniqueurs qui rendent compte des mouvements de cet océan de vagues produites par l’actualité. Vous donnez de l’épaisseur à ces articles successifs. Vous nous extrayez du quotidien pour nous élever vers des univers négligés mais bien fructueux. Vous jouez à plein votre rôle d’enseignante. Une passion viscérale, ce qui se vit à votre lecture. Ce qui transpire de vos messages motivants.

    Donc vous mettez de l’épaisseur à nos vies par la suggestion. Une suggestion à provoquer l’envie. L’envie flirtant avec la nécessité. Nécessité de s’extraire de notre quotidien afin de nous élever. Élever notre personnalité. Pour beaucoup de nos dirigeants, des personnalités bien faibles dans cet air du temps qui nous est offert. Des personnalités qui devraient se révéler valeurs positives exemplaires mais qui le sont par leurs manipulations de la négation. Négation dans tous ses états. Du pleutre au traitre à la patrie pour en observer leur vocation, fossoyeurs de la France.

    Bon, me voilà en dérivation. Pour en revenir aux bienfaits de l’exercice théâtral. Tout jeune, 11/12 ans, j’ai eu à emprunter des rôles qui me resteront en mémoire à vie. Un clochard, seul sur scène, accoutré, dévoile sa peine, ses souffrances, sa misère, le tout soutenu par un éclairage d’ambiance semi nocturne sous léger fond musical ambiant. Dans l’attention soutenue des spectateurs, une voix chevrotante a très certainement percé, ce qui a soutenu l’atmosphère recherchée. Voix éteinte…, un instant de profond silence …et soudain, un tonnerre d’applaudissements. Je puis vous assurer que cela vous marque profondément.

    Un autre rôle, danseur classique, au même âge. Le quadrille dans costume d’époque. Haut de forme, redingote queue de pie, etc. La cavalière sublimée par une tenue d’époque également remarquable. Une dizaine de couples ainsi démonstratifs. Cela reste imprimé en mémoire.

    Oui, le théâtre est un outil remarquable pour se sortir de sa coquille. Une coquille qui en explose. La hardiesse puis l’aisance nous vient par le langage et le comportement. De bridés ils deviennent libres. Tout comme la musique (expression mathématique), l’enseignement théâtral (expression-compréhension-articulation) devrait être obligatoire. Ce qui remplacerait avantageusement ces dérives progressistes qui détournent l’enfant de l’essentiel.

    Bon…Virginie , je dois cesser. Bon courage et bonne semaine. Et surtout, restez vigilante.

  4. Il semble que l’éducation national est complètement a côté de ce qui est beau et des arts Français.
    C’est ce qu’on peut appeler de l’inculture alors imaginons l’éducation de nos enfants.

  5. En effet , c’est un bel objectif et vous avez oublie de citer un fait scientifique ; ceux qui ne pratiquent ou n’apprennent aucun art majeur sont des quasi hemiplegiques de leur cerveau …donc des etres fondamentalement desequilibres et limites . Ces humains la ne pourront jamais etre remplaces par l’IA ni par des robots .Les matheux detruisent le monde et l’asservissent aux algorythmes , les artistes eux le reconstruisent et l’embellissent .

  6. La GOCHE haineuse peut toujours s’agiter, les « Gueux » ne s’y trompent pas !
    2 millions de visiteurs en 2024
    « les chiens aboient, la caravane passe  » ! Les vendéens sont des résistants, des vrais eux !

    • lFI peut faire un théâtre de guignols. Ils pourront exposer toutes leurs névroses et trouveront peut être des adeptes.

  7. Et LFI qui veut un « Puy du Fou » de gauche, il n’y a qu’ regarder l’éducation nationale pour avoir un aperçu de ce que ça pourrait être

Commentaires fermés.

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