[MÉDIAS] Sonia Mabrouk : le Top 5 de ses meilleures punchlines
Entre Sonia Mabrouk et le groupe Canal+, c’est fini. L'animateur Jean-Marc Morandini, dont le maintien à l'antenne a provoqué l'humeur de la journaliste, a proposé, ce 9 février, de quitter l'antenne, mais ce départ a peu de chance de changer la trajectoire de la journaliste. La rumeur qui bruissait dans les couloirs des rédactions depuis quelques semaines a finalement été confirmée par l’intéressée, le 6 février. C’est la fin d’une collaboration commencée en 2013 avec Europe 1 et en 2017 avec CNews.
L’arrivée de la Franco-Tunisienne au sein du groupe détenu par Vincent Bolloré s’était inscrite dans la continuité d’un parcours marqué par la rigueur et l’exigence. Journaliste reconnue pour son sérieux, Sonia Mabrouk a su imposer un style à la fois sobre, direct et sans langue de bois. Sa force résidait dans sa pugnacité. En interview, ses questions incisives ont souvent fait mouche, donnant lieu à quelques moments de télé mémorables.
5e place : les doubles standards de Manon Aubry
La députée européenne Manon Aubry en a plusieurs fois fait les frais. En juin 2025, notamment, Sonia Mabrouk avait épinglé avec maestria le double standard de l’élue d’extrême gauche, très à la pointe des combats « LGBTQIA+ » en Hongrie, mais se gardant bien d’aller mener cette même lutte en pays musulman. « C'est sûr que c'est plus facile que d'être à Alger ou à Téhéran… », lui avait alors lancé l’intervieweuse, piquante.
PLS en direct.
"Vous êtes allée à Budapest, pas à Téhéran ni à Alger..."
Sonia Mabrouk, 1 / Manon Aubry, 0. pic.twitter.com/XFDtQr5AsC— Rafael Sereti (@RafaelSereti) June 30, 2025
Tout récemment, une nouvelle passe d’armes entre les deux femmes a eu lieu, sur le sujet du voile. « Pardonnez-moi, vous dénoncez un patriarcat en France et vous dites que c'est un bout de tissu en Iran ? Vous savez qu’il y a des femmes, dans certains quartiers, qui peuvent être obligées de le porter ? », avait souligné la journaliste de CNews. Et Sonia Mabrouk d’enfoncer définitivement le clou : « Ce sont des Iraniennes qui vous le disent, Madame Aubry, pardonnez-moi. Elles vous disent : taisez-vous ! Taisez-vous sur la situation en Iran et arrêtez de faire des comparaisons improbables. » Magistral.
4e place : les vœux d’Éric Coquerel
Parfois, c’est au détour d’une petite phrase ou en toute fin d’entrevue que part le coup mortel. On se souvient d’Éric Coquerel, député insoumis de la première circonscription du 93 depuis 2017 et président de la commission des finances de l'Assemblée, en décembre dernier, contraint de devoir prononcer le mot « Noël » en réponse aux vœux de Sonia Mabrouk. « Euh, oui, c’est Noël, c’est la nouvelle année, c'est tout ça, c'est tout ce que souhaitent les Français. En tout cas, c'est le moment de se reposer et de faire la fête ! », avait balbutié le député, visiblement agacé d’avoir dû prononcer un mot interdit par son idéologie.
"Joyeux Noël" ou "joyeuses fêtes" ? @ericcoquerel répond à @SoMabrouk #LaGrandeInterview #Europe1 pic.twitter.com/jTQK1z686I
— Europe 1 (@Europe1) December 23, 2025
3e place : le recadrage de Sandrine Rousseau
On se souvient, aussi, de l’interview, sur Europe 1, de Sandrine Rousseau, en septembre 2021. La députée Verte avait terminé son interview par un mot de compassion envers les journalistes qui avaient décidé de quitter la radio privée, suite à son rapprochement avec CNews. « Oui, bien sûr, et comme vous êtes la grande liberté des opprimés, merci de l'avoir dit ce matin sur Europe 1 », l’avait immédiatement recadrée Sonia Mabrouk.
Cet échange ce matin sur Europe 1...
Sandrine Rousseau : Une pensée à la rédaction qui a beaucoup souffert cet été et aux journalistes qui sont partis.
Sonia Mabrouk : Oui bien sûr... Et comme vous êtes la grande liberté des opprimés, merci de l'avoir dit ce matin sur E1. pic.twitter.com/fnCYQgI7gF— Kevin Boucher-Rappet (@kevboucher) September 1, 2021
2e place : les discriminations de l’UNEF
Le 16 mars 2021, la journaliste avait dû mobiliser des trésors de pugnacité pour faire cracher le morceau à Mélanie Luce, présidente de l’UNEF, et lui faire enfin avouer que des réunions interdites aux Blancs étaient bel et bien organisées par son syndicat étudiant. « Aujourd'hui, quand on est une femme, on subit des discriminations, donc on organise des réunions pour permettre aux femmes d'exprimer les discriminations qu'elles peuvent subir ! Et on organise aussi des réunions pour permettre aux personnes qui sont effectivement touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu'elles subissent… », avait bafouillé la jeune femme, dans son jargon woke. « La question est simple, vous m’avez répondu. La non-mixité n’est pas une discrimination à vos yeux, on l’entend ce matin », avait alors clarifié Sonia Mabrouk, laissant son invitée KO.
Mélanie Luce : "Il n'y a aucune décision qui est prise en non-mixité dans l'Unef (...) pour parler des discriminations qui sont subies"#Europe1 pic.twitter.com/Ug3izyRLLa
— Europe 1 (@Europe1) March 17, 2021
1re place : Alice Coffin en PLS
Enfin, mention spéciale à cet entretien enregistré en octobre 2020 dans lequel Sonia Mabrouk n’avait fait qu’une bouchée de la malheureuse Alice Coffin. Alors que l’élue EELV de Paris venait de s’indigner d’avoir été écartée de son poste d’enseignante en raison de ses prises de position publiques, la journaliste l'avait prise à son propre jeu. « Je suis très heureuse de vous l’entendre dire, parce que vous dénoncez une censure dans une université, c'est très grave. Mais pourquoi ne pas l'avoir aussi dénoncée lorsque la philosophe Sylviane Agacinski a été censurée à l'université de Bordeaux pour ses positions, qu'elle est libre d'avoir, contre la PMA ? » S’en était suivi un long moment de malaise pour l’invitée qui avait bredouillé des onomatopées et maladroitement tenté de justifier l’injustifiable. « Attention, c'est, c'est, c'est, c'est, moi, mon, mon, mon, mon discours n'est pas un discours, si vous voulez, de l'ordre du racisme, de l'ordre de la lesbophobie, de l'ordre du sexisme […] Bon, vous savez, je n'adore pas critiquer les femmes en position publique, mais je ne suis pas sûre que Sylviane Agacinski soit très au clair avec les lesbiennes ! » Une séquence aussi gênante que mémorable.
Alice Coffin sur son éviction de l'Institut Catholique de Paris : "Il y a un énorme problème à dire qu'une prof ne peut plus enseigner à cause de ses positions"#Europe1 pic.twitter.com/XF885piwc8
— Europe 1 (@Europe1) October 12, 2020
Sur quel média Sonia Mabrouk va-t-elle désormais poursuivre sa brillante carrière ? BFM, France Télévisions, LCI ? Les paris sont ouverts. Une chose est sûre : elle manquera à de nombreux téléspectateurs de CNews.
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83 commentaires
Excellente journaliste , suffisamment pugnace envers la gauche comme la droite . Elle a quiité le navire CNEWS un peu rapidement . Il lui aurait suffit d’attendre une semaine et Moprandini s’en allait . Qu’elle revienne !
Quant à Morandini , bon journaliste . J’aimais bien ses émissions . Mais , le personnage privé était peu recommandable . Pensons à ce qu’il a réellement fait : a-t-il tué ? A-t-il violé ? Corrompu certes , mais ce n’est pas la même chose . Pensez donc à Jack LANG et au Maroc , et dites-moi si vous les mettez dans le même sac …
Gardons-nous bien de toute idéalisation journalistique.
CNEWS et EUROPE1 perdent leur meilleur atout, quelle erreur! J’espère que l’affaire Morandini n’en est pas la vrai cause car sinon cela veut dire que les Fouquiet-tinville de la gauche moralisatrice à l’indignation sélective auront eu sa peau.
Je pense qu’elle a pris une décision un peu rapide….ou alors son patron n’a pas fait ce qu’il fallait pour la garder . Si C News perd de l’audience le type en question a du soucis à se faire. Bolloré n’est pas un tendre!
Par moment je la trouvait un peu incisive envers certain invité qui ne devait pas être dans ses idées. Dommage, qu’elle s’en aille. J’avais lu qu’elle avait eu des propositions par ailleurs, Donc à suivre?
CNews perd ainsi une bonne dose de talent. Est-ce vraiment irréversible ? Elle va manquer aux fidèles de la station. Elle sera remplacée par probablement un autre talent, mais le sien laissera un vide.
Ah bon du talent ? Pas flagrant pour moi