Procès SOS Méditerranée : peines alourdies requises contre Génération identitaire

Les identitaires avaient déployé une banderole dénonçant SOS Méditerranée comme « complice du trafic d’êtres humains ».
Source https://x.com/ASLA_asso/status/2020938332541214977
Source https://x.com/ASLA_asso/status/2020938332541214977

De 17 mois de prison, dont un an ferme, à 10 mois avec sursis. Ce sont les peines désormais encourues par les militants de Génération identitaire qui s'étaient introduits dans les locaux de SOS Méditerranée à Marseille pour déployer, sur la façade du bâtiment, une banderole sur laquelle était écrit : « SOS Méditerranée, complice du trafic d’êtres humains ».

Les faits remontent à octobre 2018, ils ont été examinés par la cour d’appel d’Aix-en-Provence le lundi 9 février. La partie civile, comme certains des militants concernés, avait interjeté appel après le procès qui s’était tenu devant le tribunal correctionnel de Marseille en 2022.

Pas d’allègement en vue

À cette date, les peines prononcées allaient d'un an de prison ferme à du sursis de 5 mois à un an. Les membres de Génération identitaire condamnés espéraient un allègement en appel. Les réquisitions de l’avocat général ne sont pas allées dans ce sens. Il a réclamé que les faits de violence en réunion soient retenus ainsi qu’un allongement des peines de 4 à 5 mois de sursis, jugeant que l’absence des prévenus était une circonstance aggravante.

Une requête incompréhensible, pour Pierre Larti, le porte-parole de ASLA, une association qui vient en aide aux lanceurs d’alerte patriotes et dont les avocats sont les conseils des militants de Génération identitaire dans cette affaire. Il confie à BV : « Les réquisitions qui ont été faites l’ont été sur une base illégale, car au motif que les prévenus n'étaient pas présents, ce qui n’est pas prévu par la loi. »

Pour le porte-parole, le réquisitoire laisse à désirer sur la forme mais également sur le fond : « Cela nous semble totalement disproportionné et démesuré. Nous voyons là une Justice politique. Nous avons la désagréable impression qu’il y a une instrumentalisation, une orchestration de la Justice. » Au regard des peines très clémentes parfois prononcées dans des affaires bien plus sordides, il n’est en tout cas pas illégitime de se demander s’il n’y a pas une justice à deux vitesses.

Pierre Larti rappelle, en outre, que les faits de violence reprochés aux militants sont plus que contestables. En témoigne la déclaration du procureur de la République de Marseille de l'époque, Xavier Tarabeux, à l'AFP, au lendemain de l’action. Ce dernier avait indiqué qu’au terme des examens médicaux, aucun jour d'interruption de travail n'avait été prescrit aux salariés de SOS Méditerranée qui étaient présents au siège de l'association lors de l'irruption des militants identitaires. Dans cette affaire, la procédure serait-elle aussi longue que tirée par les cheveux ?

Une Justice politique dénoncée

Pierre Larti regrette, également, que le déploiement de cette banderole n’ait pas donné lieu à un débat d’intérêt général sur la mission de SOS Méditerranée. Le fond n’a jamais été évoqué, dans cette affaire, alors même que l’action de l’association pro-migrants pose question. Il remarque que SOS Méditerranée n’a jamais attaqué Génération identitaire en diffamation au sujet du message écrit sur la fameuse banderole. Pourquoi ? « L’association n’est peut-être pas si apaisée que ça, sur sa posture », suggère Pierre Larti. Il ajoute : « Ils ont fait le choix de détourner la procédure pour faire condamner ceux qui les dénoncent plutôt que ce qui est dénoncé. »

Le délibéré sera rendu le lundi 23 mars, au lendemain des élections municipales. Échéance, aussi, certainement très attendue par SOS Méditerranée, qui pourrait ne plus bénéficier de subventions de la part de la mairie de Marseille si Martine Vassal, la candidate de la droite et du centre, l’emporte.

Vos commentaires

49 commentaires

  1. Il n’y a pas qu’en IRAN que les procès politiques sont de rigueur!…On en verra d’autres !
    On ne peut qu’espérer que les responsables de ces pantalonnades soient un jour jugés et mis en tôle !

  2. On comprend qu’il n’est pas possible pour la gauche, qui finalement gouverne absolument tout en France (média, associations, ONG, agences de l’état, syndicats, justice, hautes cours, bureau de l’assemblée nationale, enseignement, facs…), puisse accepter qu’une majorité de droite souverainiste arrive au pouvoir. Tout absolument tout sera mis en œuvre pour l’éviter même si une majorité large de droite existe dans le pays. Ces gens ne sont pas des démocrates il serait temps de s’en apercevoir.

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