LR et RN soudés : à l’Assemblée, les textes écologistes s’engluent
À l’Assemblée nationale, la niche parlementaire du groupe écologiste a tourné court, ce jeudi 12 février. Les groupes de droite RN, UDR et LR se sont mobilisés pour contrer les lubies de Sandrine Rousseau et de ses collègues Verts.
Neuf textes étaient prévus, pour cette journée consacrée aux propositions du groupe parlementaire Écologiste et Social. Parmi ceux-ci, la proposition d’ouvrir le droit de vote aux étrangers hors-UE aux élections locales ou la possibilité, pour un maire, de réquisitionner les logements vacants pour loger les sans-abri. Cette dernière proposition constitue une atteinte à la propriété privée inconcevable pour la droite. Levée de boucliers identique quant au texte ouvrant le droit de vote aux étrangers. Une volonté très claire de « faire main basse dans les villes où l’immigration extra-européenne est très forte », confie le député RN Hervé de Lépinau, à Boulevard Voltaire. Face à de telles propositions législatives, le Rassemblement national et son allié UDR, ainsi que le groupe Droite Républicaine que préside Laurent Wauquiez, ont décidé de déposer des amendements en masse. Le but est simple : freiner au maximum l’adoption éventuelle des textes écologistes. Dans l’Hémicycle, la stratégie est offensive. La multiplication des prises de parole à l’occasion des dizaines d’amendements examinés allonge les débats. C’est autour de l'examen de la deuxième proposition de loi que les fractures se précisent. La disposition écologiste vise à « protéger durablement la qualité de l’eau potable ». Renforcer le contrôle de l’eau à travers ses zones de captage, interdire progressivement certains pesticides sont les thématiques principales.
« Écologie punitive »
Une volonté, pour les élus de gauche, de « protéger la santé publique ». La droite y voit, quant à elle, non seulement « une posture morale », mais surtout, une nouvelle fois, l’incarnation d’une « écologie punitive » qui est une nouvelle attaque contre le monde agricole. Lors des débats, le député Pierre-Henri Carbonnel (UDR) prend la parole en discussion générale et fustige « le dogmatisme » vert et une « écologie de la culpabilisation ». Sébastien Humbert, pour le RN, dénonce « cette stigmatisation permanente du monde agricole ». Les prises de parole s’enchaînent, les suspensions de séance aussi. Les minutes défilent et le texte s’englue.
De son côté, le bloc central macroniste est perdu. Le groupe parlementaire Ensemble pour la République est divisé en deux, avec de très fortes tensions en interne. L’ancien ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, bien qu’absente lors des débats, soutient la mesure ; le député Guillaume Kasbarian, pour sa part, s’oppose à un texte qu'il estime nuisible.
« Parallélisme de forme »
« Vous donnez de nouveaux moyens aux agences de l’eau qui entravent le travail de nos agriculteurs », déplore la LR Anne-Laure Blin. Hervé de Lépinau multiplie les interventions et tance ses collègues : « À vous écouter, vous feriez croire que demain, la France sera le Sahel. » En fin d’après-midi, sous les coups de boutoir de la droite, les écologistes baissent pavillon et retirent leur texte. Il restait pourtant plusieurs dizaines d’amendements à examiner.
Le texte suivant aura-t-il plus de chance ? Les débats d’une niche parlementaire prennent fin à minuit et sont renvoyés aux calendes grecques. Les Verts, excédés, s’insurgent contre une « obstruction » qu’ils jugent inacceptable. Au RN, cette stratégie d’opposition est parfaitement assumée. « Parallélisme de forme », soutient un parlementaire RN. Les dépôts d’amendement et prises de parole intempestives pour ralentir les débats sont inhérents aux débats parlementaires. Un classique dont use et abuse frénétiquement l’extrême gauche. Le 26 janvier, lors de la journée consacrée aux propositions de loi des députés LR, seulement deux textes ont été examinés. L’obstruction systématique de la gauche a, notamment, empêché l’adoption du second texte qui visait à créer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. « Croche et tient », telle est la devise du 21e RIMa. La guerre de tranchées dans l’Hémicycle fait rage.
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48 commentaires
On a aucune leçon à recevoir des écogauchistes qui ne sauraient même pas faire la différence entre un chevreuil et un cerf! Leur écosystème ce sont les pigeons, les rats et les crottes de chien.