« Immigration perturbatrice » : Hillary Clinton fait l’éloge des frontières et des expulsions !

Pour elle, « Il est légitime de débattre de sujets comme l'immigration ».
Capture d'écran © Hook Global
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Du 13 au 15 février s’est déroulée, à Munich, la 62e Conférence sur la sécurité. Lors de la table ronde à laquelle elle participait, l'ancienne candidate démocrate (de gauche) à la Maison-Blanche Hillary Clinton n’a pas pu ne pas répondre à une question sur l’affaire Epstein, car Bill et elle seront auditionnés à la fin du mois devant le Congrès. Elle espère que toute la transparence sera faite sur « des informations vraiment horribles ». Mais plus que tout, c’est la vision de l’immigration qu’elle a défendue qui retient l’attention.

Éloge des frontières et des expulsions

Venant de la virulente démocrate qui s’est rêvée en présidente des États-Unis, les mots surprennent : l’immigration est « perturbatrice et déstabilisatrice ». Hillary Clinton veut même des frontières, « des frontières sûres qui ne recourent ni à la torture ni au meurtre » — une définition à laquelle on souscrit. Enfin - et ce n’est pas le moindre apport d’Hillary Clinton à la question -, elle estime qu'« il est légitime de débattre de sujets comme l'immigration », les débats sur les droits des uns et des autres doivent avoir lieu « sans intimidation, sans peur, sans harcèlement ni censure ». Cela prend à contre-pied toute une gauche politique et médiatique pour laquelle l'immigration n'est pas un sujet et encore moins un débat.

Dans son élan, Hillary Clinton a défendu le bilan des démocrates en matière d’expulsions. « Sous la présidence de mon mari et de Barack Obama, sans qu'aucun citoyen américain ne soit tué ni aucun enfant placé dans des centres de détention, davantage de personnes ont été expulsées que durant le premier mandat de Donald Trump ou la première année de son second mandat. » À nuancer : la mortalité dans les centres de détention sous Obama n’a pas été égale à zéro mais à 56. Reste que l’éloge des expulsions de masse est inattendu. Là encore, à contre-pied du catéchisme gauchiste.

La gauche veut sauver sa peau

Cette sortie iconoclaste en rappelle une autre d'Hillary, remontant à 2018. « Je pense que l’Europe doit maîtriser l’immigration, car c’est cela qui a mis le feu aux poudres. » Était-ce l’insécurité, les viols, les agressions, les fraudes sociales, les terroristes islamistes passés dans le flot de migrants et tout le cortège de maux qu’entraîne une immigration incontrôlée ? Non. Le feu aux poudres, pour Hillary Clinton, était la montée des « populismes » et de « l’extrême droite » que ces maux génèrent en retour. Elle disait admirer « l’approche très généreuse et compatissante de certains dirigeants comme Angela Merkel » — les victimes des viols de Cologne auront apprécié —, tout en nuançant : « Nous ne pouvons pas continuer à offrir refuge et assistance. »

En résumé, l’immigration est une bonne chose, sauf lorsqu’elle fait monter « l’extrême droite ». La gauche ne se préoccupe jamais des effets de l’immigration pour les peuples occidentaux. Elle ne s’en inquiète, éventuellement, que lorsque cela menace ses mandats ou lorsqu’elle veut les récupérer. La seule personnalité de gauche qui fasse exception est l’ex-communiste Sarah Wagenknecht qui, en Allemagne, a créé le BSW, à la politique anti-migratoire assumée. Une sorte de parti miroir de l’AfD. Après des débuts remarqués, le BSW marque le pas : sans doute parce que la gauche s’est tellement liée à l’immigrationnisme qu’un parti de gauche anti-migrants apparaît comme un OVNI politique.

« Une extrémiste de l’immigration »

Reportons-nous aux propositions d'Hillary Clinton présidentiable, en 2016. Elles sont franches comme un âne qui recule. Il s’agit « de protéger nos frontières et notre sécurité nationale » et « d'intégrer des millions de travailleurs à l'économie formelle ». Comme si le fait même de laisser entrer des clandestins, des gens qui fraudent, n’allait pas à l’encontre de la sécurité. Il ne faut pas perdre de vue qu’Hillary Clinton est « une extrémiste de l’immigration », selon les mots du chroniqueur conservateur Ramesh Ponnuru. À Munich, elle a d’ailleurs précisé que l’Amérique à laquelle rêve Trump avec sa politique migratoire est une Amérique d’avant, une Amérique du statu quo, faite pour « les hommes blancs » et « l’entreprise capitaliste ». L’horreur, quoi. Rassurez-vous, Hillary Clinton n’a pas changé.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

20 commentaires

  1. Je pense qu’elle cherche des soutiens pour une future campagne présidentielle. Elle sait que Trump fait un travail excellent et qu’il a 40% d’intention de vote à mi mandat. Il a même rééquilibré la balance commerciale, baisser le taux de chômage, réglé de nombreuses guerres et tensions…ce mec est un titan en matière de gestion d’un pays et en plus lui à des couilles. Les présidents d’europe sont tellement bêtes qu’ils ne voient même pas quand un président est excellent donc on va les laisser manger leurs raviolis en boîte pensant que c’est un met délicat.

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