Football : les joueuses iraniennes défient le régime, une leçon de féminisme

En signe de protestation contre le gouvernement des ayatollahs, elles ont refusé de chanter l'hymne national iranien.
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© Capture écran X

3‑0. C’est le score du match de la Coupe d’Asie féminine qui opposait la Corée du Sud à l’Iran, le lundi 2 mars, à Gold Coast, en Australie. Un résultat qui reflète la domination de l’équipe coréenne, grande favorite de la compétition. Les buteuses sont… Le match était sûrement passionnant et des résumés sont disponibles çà et là, mais si BV s'intéresse à ce tournoi, qui n’est même pas diffusé en France, ce n’est pas pour la beauté du jeu de l’une ou l’autre des équipes. L’action qui a retenu notre attention s’est déroulée quelques instants avant le coup d'envoi.

Comme dans toutes les compétitions internationales, les équipes se sont alignées devant la tribune officielle pour la très protocolaire séquence des hymnes. Les Iraniennes portent un maillot blanc frappé du drapeau de leur pays et un hijab. Depuis 1979, les Iraniennes ont l’obligation de se couvrir les cheveux en toutes circonstances ; les compétitions sportives ne dérogent pas à la règle. Le Soroud-e Melli-ye Jomhouri-ye Eslami-ye Iran, l’hymne national de la République islamique d’Iran, retentit. Les footballeuses ne l’entonnent pas.

Un silence qui en dit long

Elles refusent de chanter en signe de protestation contre le régime islamique qui sévit dans leur pays depuis 47 ans et qui est particulièrement répressif vis-à-vis des femmes. Sur les images, les joueuses restent stoïques, mais leur entraîneuse, Marzieh Jafari, ne peut s'empêcher d’esquisser un sourire. Elle semble fière du geste de son équipe.

Un geste symbolique qui fait, évidemment, écho à l’actualité. Pour rappel, le 28 février dernier, les forces armées américaines et israéliennes ont bombardé des sites militaires et nucléaires iraniens. Le guide suprême, Ali Khamenei, le chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Pakpour et le conseiller Ali Shamkhani ont été tués lors de ces attaques. Pour ces femmes qui rêvent de liberté et d’égalité, un espoir est né. Leur silence en est le témoin.

Les footballeuses ont en effet repris l’initiative de leurs équivalents masculins. Lors de la Coupe du monde au Qatar, en 2022, les joueurs iraniens avaient refusé de chanter l’hymne de leur pays pour exprimer leur soutien au mouvement de protestation populaire qui avait cours à Téhéran. Les femmes iraniennes se sont accordé le même droit et ont montré qu’il fallait aussi compter avec elles. Elles ont fait preuve d’un grand courage. Elles ont donné au monde entier une leçon de féminisme.

Une leçon de courage et de féminisme

N’en déplaise aux prétendues féministes françaises qui veulent croire ou faire croire que le port du voile est un signe de liberté, ces femmes n’aspirent qu’à s’en débarrasser. Elles espèrent pouvoir le quitter dès leur prochaine rencontre, ce jeudi à 10 heures (heure française), contre le pays hôte de la compétition, l’Australie.

N’en déplaise aussi à Rima Hassan et ses acolytes, le silence de ces femmes devant les caméras de tout le continent asiatique démontre que le peuple iranien veut en finir avec la dictature et la terreur, mais surtout que la mort du guide suprême est perçue comme une bonne nouvelle. Dans les colonnes du Figaro, Mitra Hejazipour, joueuse d’échecs irano‑française qui a publiquement retiré son hijab lors d’un tournoi à Moscou en 2019, le confirme : « Cela fait des décennies que des millions d’Iraniens attendaient la fin de cet homme et de ce qu’il incarnait. » Elle poursuit en clouant le bec des commentateurs politiques : « Les Iraniens n’ont pas de leçons à recevoir de cette gauche occidentale qui n’a jamais risqué sa vie face aux mollahs. » Libérées ou dans l’espoir de l’être, force est de constater que les femmes iraniennes s’illustrent.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 09/03/2026 à 14:50.

Vos commentaires

21 commentaires

  1. Les féministes de gauche occidentales devraient en effet faire un petit tour en Iran, Arabie Saoudite, Afghanistan et autres pays socialement très avancés avec l’application de la Charia…

Commentaires fermés.

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