[MUNICIPALES] À Menton, Louis Sarkozy fusionne avec sa rivale pour barrer la route au RN

« C’est l’alliance de la carpe et du lapin » dénonce auprès de BV la candidate RN Alexandra Masson.
Capture écran RTL
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À Menton, Louis Sarkozy fusionne avec sa rivale à droite pour barrer la route à Alexandra Masson (RN) qui est arrivée largement en tête du premier tour. 

Il l’avait pourtant affirmé. « Permettez-moi de ne pas raisonner en termes de rempart face au Rassemblement national, expliquait Louis Sarkozy lors d’un débat télévisé réunissant les différentes têtes de liste. Je ne considère pas que le Rassemblement national est un parti de fascistes ou un parti contre lequel on devrait ériger un tel front républicain. Madame Masson est une candidate qui propose des propositions assez sérieuses pour cette ville et elle doit être traitée, et ses militants, et ses soutiens comme tels. »

Pourtant, le lendemain de son parachutage raté, Louis Sarkozy n’a pas hésité. Avec 18 % des voix, celui qui menait la liste LR a annoncé le 16 mars fusionner avec sa meilleure ennemie dans cette élection, Sandra Paire, qui est arrivée devant lui, en deuxième position avec 19,74 % des suffrages. Un changement notable. Voici le genre de propos peu amènes que le jeune homme de 28 ans tenait à quelques jours du premier tour à l’encontre de sa rivale : « Je le dis avec énormément d’estime pour Madame Paire, je considère que sa situation judiciaire doit être un sujet ». Cinglante, l'intéressée lui répondait : « Il y a quelque chose qu’on appelle la présomption d’innocence, quelque chose que vous portez haut les cœurs pour votre papa ». Les seconds tours effacent bien des choses n’est-ce pas ?

Une triangulaire sans la gauche

Jugée en appel en novembre 2025, l’ancienne première adjointe de Jean-Claude Guibal (l'emblématique maire UMP puis LR qui régna sur la ville de 1989 à 2021) a été condamnée pour prise illégale d’intérêt à 6 mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité. Grâce à son pourvoi en cassation et à l’absence d’exécution provisoire, l’ancienne conseillère municipale a pu se présenter devant les Mentonnais. « Nous prenons nos responsabilités. » Dans un communiqué commun, Sandra Paire et Louis Sarkozy s’expriment. « Notre union est celle de la compétence et de la raison contre l’aventure idéologique. Nous appelons tous les Mentonnais qui refusent l’isolement de notre ville à nous rejoindre. » Les rôles sont déjà prédéfinis : à la première le fauteuil de maire, au second celui de premier adjoint.

« C’est une entente totalement contre-nature, s’insurge auprès de BV Alexandra Masson. C’est l’alliance de la carpe et du lapin. » La candidate du Rassemblement national n’a pas oublié les circonstances mélodramatiques du parachutage du fils de Nicolas Sarkozy. Alors que Paris ne lui confiait pas l’investiture, Sandra Paire déchirait dans une vidéo sa carte des Républicains.

Alexandra Masson part dans cette campagne de second tour forte de son excellent score du dimanche 15 mars. Rassemblant 36,25 % des suffrages, la députée des Alpes-Maritimes est six points au-dessus de ce que prédisaient les sondages. La liste unique de gauche n’ayant pas franchi la barre des 10 %, c’est donc une triangulaire qui départagera les candidats dimanche prochain. Le troisième homme est un ancien conseiller municipal sortant lui aussi. Ayant réunit 15 % des voix au premier tour, Florent Champion a décidé de se maintenir, dénonçant l’accord Sarkozy-Paire : « Le deal devait déjà tenir d’avance, les électeurs choisiront en leur âme et conscience. »

« Il n’est pas à une contradiction près »

Alexandra Masson ne décolère pas face à ses adversaires qui fusionnent malgré une campagne marquée par de très fortes tensions et invectives entre les alliés de circonstances. « Sandra Paire accepte aujourd’hui d’être le marchepied de Louis Sarkozy », constate Alexandra Masson. En effet, si dans deux ans la condamnation de l’ancienne conseillère municipale devait être confirmée par la Cour de cassation Louis Sarkozy pourrait devenir le premier magistrat de la ville. « Seul, il est incapable d’être maire de Menton, constate Alexandra Masson qui n’a pas oublié à quel point le jeune Franco-Américain a été dur vis-à-vis de sa désormais alliée. Aujourd’hui, il accepte de mettre son ego dans sa poche. Il pense comme Sandra Paire à sa propre carrière, il n’est pas à une contradiction près vu qu’il veut un premier poste quel que soit le moyen et devenir ainsi maire par cooptation et non par les urnes. »

En cas de triangulaires, les sondages donnaient Alexandra Masson vainqueur du scrutin. Mais l’élimination de la gauche qui était comptabilisée dans ces derniers rebat les cartes. Les électeurs Mentonnais de gauche se reporteront-ils à droite pour faire barrage au RN ? Les électeurs de droite traditionnelle valideront-ils cette stratégie de fusion ? Alexandra Masson est confiante. Celle qui a reçu le soutien de la candidate Reconquête veut transformer l'essai dimanche prochain grâce à la « très grande dynamique » dont elle bénéficie. Une chose est certaine, le scrutin s’annonce serré.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

50 commentaires

  1. Les sarkos, traitres de père en fils, n’ont aucune colonne vertébrale !
    Ensuite il revient aux électeurs de réfléchir un peu au lieu d’obéir aveuglément !
    Comme partout ailleurs, c’est pas parce que le « chef » a dit de sauter de la falaise qu’il faut le faire (c’est l’histoire du troupeau de mouton)
    Mais chez les sarkos on est prêt a tout pour aboutir !

  2. mais toutes ces alliances ne peuvent se réaliser que si les électeur suivent les consignes, les candidats ne sont pas propriétaires de leurs voix; en tant qu’électeur j’ai toujours refusé de suivre les consignes, je vote au 1er tour pour un candidat par choix , si mon candidat n’est pas au 2ème tour je ne vote pas

  3. Une autre trahison du clan Sarkozy.
    Se rappeler que le père avait fait dégommer Kadhafi, ce qui a ouvert les vannes de l’immigration africaine. Kadhafi, lui, au moins, tenait les frontières. Autre trahison célèbre et funeste : le rejet du référendum en 2005 qui disait non à l’Europe de Bruxelles, (aidé par le second couteau : Hollande, l’ennemi de la finance).

    • Alors ça, c’est vite dit ! Si quelqu’un arrive à trouver et à mettre en avant un caractère physique commun avec le repris de justice à talonnettes, je lui offre le restaurant !
      Maintenant, je reconnais qu’il a la même propension à baratiner dans l’objectif principal de trahir la France … mais c’est sans doute plus lié à l’éducation, ou à son absence comme le rapporte Jeanpainbeurre, qu’à la filiation génétique !

  4. En écoutant son bref discours de dimanche, il faut reconnaître que le fils prodigue a un talent oratoire stupéfiant. Et il n’est pas en reste non plus pour l’art de la petite phrase, en atteste son « Bon travail » souhaité en conclusion aux journalistes, qui a du en agacer deux ou trois. Et si c’était lui le futur Trump français ?

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