À Montmartre, une exposition vante la diversité… mais sans un seul « de souche »

Détail intéressant : la CAF et BNP Paribas sont partenaires de l’exposition.
© Samuel Martin
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Au pied de Montmartre, sur les grilles du square qui monte au Sacré-Cœur, sont accrochés une douzaine de panneaux sous le titre « Échos d’espoir ». Vingt jeunes de la Goutte-d’Or y sont photographiés. Ils racontent leur parcours. Originaire du quartier, le photographe, Cebos Nalcakan, entend lutter, par son travail, « contre les stéréotypes négatifs qui pèsent sur ce territoire ».

La Goutte-d’Or dans le texte

La Goutte-d’Or, dans cette optique, est « comme un petit village où tout le monde se connaît » et un « quartier aux milles ethnies (sic) et belles cultures » qui regroupe « une communauté incroyablement diverse et chaleureuse ». Les participants se revendiquent « pur produit de la Goutte-d’Or », « produit du Nord parisien et de la résilience des quartiers populaires ». Telle autre voit dans la Goutte-d’Or « le point de départ de mon parcours où j’ai posé des bases solides pour me connecter à une partie de mon identité ».

Il faut lire entre les lignes pour deviner que la réalité est plus compliquée. « À vrai dire, le quartier de la Goutte-d’Or je ne le connais pas vraiment car je ne sors pas beaucoup », confesse Hanane, une jeune femme. Est-ce par goût, qu’elle reste à la maison ? Autre témoignage de jeune femme : « Passer par le collège Clemenceau pouvait être un des pires scénarios scolaires imaginés », confesse Zineb, qui précise avoir été « scolarisée ensuite dans un lycée à majorité masculine » — sans qu’on comprenne ce que tout cela est censé signifier. Quant à Mehdi, il le dit sans fard : « Ce quartier a toujours été une source d’inspiration et de méfiance pour moi. J’ai toujours eu à faire des choix important (sic) pour ne pas tomber dans le mauvais côté de la Goutte-d’Or. » Tiens donc, c'est quoi, le « mauvais côté de la Goutte-d’Or » ?

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Le Blanc est-il une couleur ?

Un des participants, Brahima, cite Hampâté-Bâ — « la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde » —, mais l’exposition elle-même est un éloge biaisé de la diversité. Vous y chercherez en vain un « souchien », comme put dire jadis Houria Bouteldja en toute impunité judiciaire. L’absence du jeune « de souche » frappe, dans l’éloge de ce quartier « aux-mille-z-ethnies ». Est-ce parce qu’on n’en trouverait plus un seul, à la Goutte-d’Or ?

Tout cela sent bon le communautarisme. Les photos donnent quelques indices. Omnia, éducatrice de rue, porte le foulard. Tout comme Assitan, architecte. Tout comme Awa, juriste. Quant à Sabrina, ingénieure commerciale, elle cache une grande partie de son visage derrière un éventail. Et Zineb, infirmière, cache entièrement le sien derrière un livre. C’est leur choix, certainement, mais au prix de quelles pressions et injonctions ? Comme l’explique un savant sur un site érudit, « cacher le visage et les mains pour la femme musulmane n'est pas obligatoire, mais cela entre dans le cadre des choses permises ». Humour patriarcal, quand tu nous tiens !

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Propagande officielle

Entendons-nous bien : chacun de ces jeunes est méritant et BV les félicite chaudement pour leur réussite professionnelle. Mais sous prétexte de lutter contre les stéréotypes, cette exposition en aligne une belle série. On s’interroge sur cette diversité qui n’en est pas une et qui ressemble fort à une propagande officielle où le vivre ensemble et le Grand Remplacement se fondent en un seul projet. Or, ces panneaux ont reçu le soutien moral (et financier ?) des institutions les plus prestigieuses : le préfet de Paris, l’Académie de Paris, la ville de Paris, la mairie du XVIIIe arrondissement, la Cité éducative locale, Paris Habitat, la RATP et même — ne me demandez pas pourquoi — la CAF et ses célèbres « allocations familiales ». Gardons le meilleur pour la fin : la Fondation BNP Paribas a mis au pot. Oui, vous savez, la même BNP Paribas qui quitte Aubervilliers parce que le « vivre ensemble » y pose de sacrés problèmes d’insécurité. Le multiculturalisme, il vaut mieux l’avoir en photos sur les grilles du Sacré-Cœur.

 

© Samuel Martin

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

13 commentaires

  1. Eh oui boomers et xoomers, fallait pas faire mai 68 (pour les premiers) et penser à faire des gosses (pour les deux). En démocratie, on a la politique (et par conséquent la population) que l’on mérite…

  2. Imaginez , ce que je peux penser de ce genre d’exposition , moi qui est usé mes fonds de culottes de Titi parisien sur les marches du Sacré-Cœur , il y a 60 ans ? Il n’y avait qu’une communauté !

  3. « la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde »? La diversité c’est beau mais que chaque pays garde son identité c’est mieux. Au passage, quand on efface une partie de la population, j’appelle ça du racisme. Où est le blanc, qui se bat depuis des milliers d’années pour son pays?

  4. si tout ces  » habitants » qui se revendiquent  » de la goutte d’or » savaient ce qu’est Montmartre et que le Sacré choeur porte une prière ininterrompue depuis 1885 de jour comme de nuit, ils pourraient en effet prétendre être  » Montmartrois » – Moi je suis Montmartroise, ma famille y vit depuis le 17ème siècle, et je ne vois autour de moi que des ignares.

  5. Je suis étonné qu’ils n’aient pas invité Souchon, le bien nommé, à chanter sur les marches qui montent à cette église iconique, avec un orchestre d’artiste bobos pour l’accompagner (artistes bobos = oxymore).

  6. La diversité, heu… oui… ce serait bien si les Français pouvaient la choisir, y adhérer avec plaisir, au lieu d’être obligés de s’y soumettre, et de la subir.

  7. C’est juste l’image de la France. Vous pouvez faire le même affichage à Marseille. On revient toujours à la démographie : pas d’enfants ? Remplacement.

  8. RIEN de nouveau dans cette ville en putréfaction ! …
    Le plus drôle c’est que ce « genre » d’expo ne resterait pas longtemps « lisible » ailleurs que dans ce genre de ville remplie de « bobo gooocho vert pastèque » ! …

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