À Paris, Flavio Bolsonaro rencontre Maréchal, Zemmour, Bellamy et des entrepreneurs
La campagne présidentielle brésilienne fait étape à Paris. Le candidat de droite Flavio Bolsonaro a choisi ce mois de février hivernal pour visiter la capitale française, rencontrer des médias et prendre la température auprès des responsables politiques de droite.
Cette visite parisienne est presque une provocation en soi, car au seul nom de Bolsonaro, toute la gauche française se soulève d’indignation. Concernant le Brésil, les grands médias hexagonaux bruissent essentiellement des ennuis judiciaire du père de Flavio Bolsonaro, Jair, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État fin novembre dernier. Voilà deux semaines, le nom de Bolsonaro a refait surface dans nos médias pour un drame d’une autre nature : la foudre est tombée sur une manifestation de soutien à Flavio Bolsonaro, faisant 89 blessés. Les Français n’avaient, pour la plupart, pas entendu parler de cette candidature, pourtant au coude-à-coude dans les sondages brésiliens avec le fameux Lula, président de la République fédérative du Brésil de 2003 à 2011, revenu au pouvoir en 2023. L’icône de la gauche internationale, qui ne rate jamais une occasion de dire tout le mal qu’il pense de Donald Trump, briguera un quatrième mandat, en dépit des affaires de corruption qui le poursuivent.
Rencontre avec Maréchal, Zemmour, Bellamy et... Vincent Bolloré
À Paris, Flavio Bolsonaro s’est offert un passage sur CNews dans l’émission de Christine Kelly, ce 9 février. Mais il a surtout œuvré en coulisses. Le candidat à la présidence brésilienne a rencontré à Paris Marion Maréchal. « C'était l'occasion de faire connaissance et de nous identifier auprès des milieux conservateurs en Amérique du sud, nous explique la députée européenne et présidente de son parti IDL. Il y a un grand développement du conservatisme en Amérique du Sud, au Chili, au Salvador, en Argentine, demain au Brésil ou au Paraguay. Une page de gauche est en train de se tourner. » Sans oublier que la Guyane française a une frontière commune avec le Brésil.
Bolsonaro a aussi confié à Boulevard Voltaire, lors d’une conversation ce 10 février, qu’il avait rencontré Éric Zemmour (Reconquête), François-Xavier Bellamy (LR) et le député RN Frédéric-Pierre Vos (Oise), mais pas de leaders RN nationaux. Échaudé, le parti de Jordan Bardella reste très prudent à l'international.
« Il y a beaucoup de similitudes entre la France et le Brésil », explique Flavio Bolsonaro à BV. Il cite notamment l’interférence du judiciaire dans les questions politiques. Le candidat brésilien a aussi abordé la question du protectionnisme des nations confrontées à une mondialisation destructrice, alors que les gouvernants de droite patriote sont de plus en plus nombreux à la tête des États. Il dessine une forme d’Internationale : « Les échanges d’expérience revêtent une grande importance pour que la droite soit de plus en plus forte dans le monde », nous dit-il.
Hors du champ politique, le fils aîné de Jair Bolsonaro a aussi rencontré plusieurs chefs d'entreprises dont Vincent Bolloré, ce 9 février au matin. « J’ai de l’admiration pour lui, explique Flavio Bolsonaro. Il s’inquiète de la question sociale en France. Nous avons échangé amicalement. Il souhaite que le Brésil connaisse de meilleurs jours. » Bolloré a posé des questions sur le programme de Bolsonaro vis-à-vis des entreprises, ce dernier encourageant le propriétaire du groupe Vivendi (Canal+, CNews…) à investir au Brésil.
Il faudra pour cela renverser la vapeur, Bolsonaro restant légèrement dominé dans les intentions de vote. Lancé pour reprendre l’héritage politique de son père, pas si abîmé que cela si l’on en croit les sondages, Flavio Bolsonaro balaie les ennuis judiciaires de l'ancien président. Pour lui, Jair Bolsonaro a été « jugé par ses ennemis » au cours d’une « procédure absurde : ceux qui l’ont jugé connaissaient le résultat à l’avance ». « On a créé une image inhumaine de mon père », ajoute-t-il, précisant qu’il a « beaucoup appris » de cette expérience. Pour les Brésiliens, en tout cas, le choix est radical… « Je suis confiant, je sais que je peux faire beaucoup pour mon pays », assure le candidat, qui revendique des valeurs traditionnelles : Dieu, la famille et la liberté.
« L’agenda wokiste corrompt la société »
Âgé de 44 ans, le fils aîné de Jair Bolsonaro n’est pas un novice. « Je suis un homme politique depuis 23 ans », rappelle-t-il. Cet avocat, élu sénateur en 2019, député réélu trois fois de l’État de Rio de Janeiro, s’est débarrassé d’une affaire de blanchiment et détournement de fonds publics : son inculpation a été rejetée par la Cour supérieure de justice du Brésil.
Sa campagne recoupe les arguments de la droite en France. Il décrit un Brésil rongé par la criminalité, la violence au quotidien et… une fiscalité galopante : « Mon peuple a peu de retours sur les impôts qu’il paye », constate-t-il, comme en écho à la situation française.
Voilà quelques années, Flavio Bolsonaro aurait fait figure d’original isolé, sur la scène politique internationale. Ce n’est plus le cas. Il cite Trump, Milei ou Bukele : « Je m’inscris dans ce mouvement, explique-t-il. Je lutte contre l’agenda wokiste qui corrompt la société. » Comme eux, il voit sa candidature comme un combat pour la liberté et l’amélioration du niveau de vie des Brésiliens, insiste sur l’éducation et la protection de la famille, la réduction de la violence des jeunes et le poids des dépenses publiques. Dès son arrivée au pouvoir, Bolsonaro fils abaisserait la majorité pénale, durcirait la loi, construirait des maisons d’arrêt et allégerait la fiscalité. Il entend réduire la bureaucratie, combattre la corruption et couper dans les subventions.
L’homme est conscient des risques physiques liés à une vie politique menée à droite de l’échiquier politique. « Trump a subi un attentat, Kirk en est mort. Je suis chrétien, je rends grâce d’être encore en vie ainsi que mon père. » Le scrutin brésilien est prévu les 4 octobre et 25 octobre 2026, quelques mois avant notre élection présidentielle.
Article modifié ce 11 février à 14h48.
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36 commentaires
J’aimerai qu’on m’explique pourquoi fait-on des ronds de jambe à ce monsieur qui – à part être fils de… – n’est rien. De plus ils sont bien mignons les trois zigotos mais bonjour le cv : Marion Maréchal a trahi plusieurs fois le RN et Reconquête, Zemmour – qui n’est pas élu que je sache n’a aucun crédit sinon peut-être d’estime pour aucun mandat et, cerise sur le gâteau le TRAITRE de Bellamy – VANDERLEYENolâtre, qui a validé TOUTES les PIRES EXACTIONS de cette bonne femme. TOUS sont EUROPEISTES, TOUS sont des toutous de l’Amérique (aujourd’hui Trump), fallait voir Mme Knafo se précipiter faire la lèche le jour l’investiture dudit président… Mais, ces « beaux » personnages ne sont pas mieux que les autres… Européistes, Atlantistes… Et le RN dans le même sac. Au fait, quand BV va-t-il se décider à donner la parole aux VRAIS patriotes ? Ou alors est-ce que la situation de la France n’est encore pas assez catastophique pour qu’il faille nous garder dans ce marigot…?
Sarah Knafo,que vous dites être européiste a clairement indiqué il y a quelques jours,que si son parti parvenait aux commandes,elle mettrait en demeure l’UE de valider l’idée que nos lois nationales et les intérêts du Pays,prévaleraient à l’avenir.En cas de refus,la France refuserait de contribuer financièrement plus avant au buget de l’UE.Et vu que la France est contributrice nette au fonctionnement de ce machin,ce serait la fin de l’UE.
et vous DIEU c’est qui ? Macron le traître et destructeur de la France