Affaire Gentillet : le deux poids deux mesures universitaire

À la Sorbonne, un professeur candidat RN est menacé, quand un militant écologiste anti-flic sans diplôme est recruté.
© Wikimedia commons
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Mise à jour 29/10/2025 à 10h40. 

L’avocat Pierre Gentillet est victime d’une chasse à l’homme qui révèle, une fois encore, les dérives d’une extrême gauche adepte de l’indignation sélective.

Le juriste, intervenant régulier des plateaux de CNews, enseigne sa matière de prédilection à la Sorbonne depuis neuf années. Cours de philosophie du droit, de droit civil, de droit constitutionnel, de droit des sociétés - la panoplie est large. En quelques jours, cette situation est en train de basculer. On reproche à Pierre Gentillet ses opinions politiques et de s’être engagé pour les servir : ce dernier a été candidat Rassemblement national aux dernières législatives dans le Cher et a fondé le syndicat étudiant patriote La Cocarde. Il a suffi qu’un site d’ultra-gauche, Révolution permanente, publie l’enquête d’un syndicat étudiant radical, Le Poing levé, pour qu’une violente campagne d’intimidation soit lancée contre le professeur, qui n’a pas hésité à prendre la parole pour se défendre. « Cette campagne vise un but clair, au vu de l’acharnement et des commentaires : me mettre une cible dans le dos dans mon quotidien d’enseignant. » L’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne s'est finalement exprimée par communiqué, ce mercredi matin 29 octobre, pour indiquer qu'à ce stade, l'enseignement de Pierre Gentillet n'était pas remis en cause : « L'université rappelle que chacun a droit au respect de sa liberté de conscience et de sa liberté d'opinion. Nul n’en sera jamais exclu du fait de ses convictions personnelles tant que le droit et la neutralité du service public sont respectés. »

« C’est le début du fascisme »

Quelques voix se sont individuellement élevées, à gauche, parmi le corps professoral universitaire très sélect. Florian Besson, médiéviste, a apporté son soutien à Pierre Gentillet. « Il a le droit d'avoir ses opinions et de militer par ailleurs. On ne "sélectionne" pas ses profs en fonction de leurs idées politiques, jamais », a-t-il écrit, sur X. Un message vu bientôt un millions de fois qui lui vaut, depuis 24 heures, un tombereau d’insultes, allant même à des menaces de mort pour « soutien au fascisme ». Nicolas Leblond, professeur de droit privé à l’Université polytechnique Hauts-de-France, ou encore Paul Cassia, professeur de droit public à la Sorbonne, ont aussi émis un message de soutien : « Les enseignements à l'université doivent respecter le principe de neutralité et les valeurs de la République. Rien n'indique que Pierre Gentillet aurait manqué à sa neutralité à la Sorbonne ; en dehors de l'université, un vacataire est libre de ses opinions. » Sébastien Fray, maître de conférences à l’université de Saint-Étienne, s’est aussi démarqué. Pour ce dernier, renvoyer un professeur pour ses opinions, « c’est le début du fascisme ». « La liberté académique vaut pour toutes et tous ou pour personne, a-t-il écrit, sur X. Ce collègue n'a pas été condamné par la Justice. Ses activités politiques le regardent. Les étudiants n'ont pas à chercher à épurer l'université. Ni ceux de l'UNI, ni ceux d'extrême gauche. »

L’ancien eurodéputé RN, Bruno Gollnisch, professeur de droit et de civilisation japonaise à Lyon-III, suspendu cinq ans d’enseignement en 2005 à la suite d’une cabale de l’extrême gauche et du monde médiatique, tient à exprimer sa « solidarité pleine et entière » à son collègue. Joint par BV, il ne peut que constater l’hégémonie de la gauche ultra dans le monde universitaire. « L’extrême gauche se sent chez elle, elle peut faire ce qu’elle veut, d’autant qu’elle est soutenue par les médias. » Celui qui lutta toute sa carrière pour conjuguer son engagement auprès de Jean-Marie Le Pen et sa carrière universitaire n’hésite pas à qualifier de « terreur » l'atmosphère que certains groupuscules font régner.

Un militant anti-flic recruté

Pourtant, depuis la rentrée de l’année universitaire, la Sorbonne accueille dans son corps professoral une toute jeune recrue qui est loin d’avoir laissé son bagage militant à son domicile. À 23 ans, Féris Barkat est le premier professeur sans diplôme à enseigner dans la célèbre université du Quartier latin — c'est Radio France qui le dit ! Cofondateur de Banlieues Climat, une association qui veut éveiller les jeunes générations aux enjeux climatique, le jeune militant tient un cours à l’intitulé évocateur : « L’effacement de la violence sociale et environnementale et ses conséquences ». Pourtant, interrogé en septembre sur l’agression d’un policier à Tourcoing, Féris Barkat expliquait que le « regain de violence » contre la police peut être « une réaction à une violence policière perçue comme illégitime ».

« Ce deux poids deux mesures me dégoûte », a réagi Pierre Gentillet. L’indignation sélective de l’extrême gauche n’est plus à prouver, mais elle trouve en l’affaire Gentillet un nouveau cas d’école.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

80 commentaires

  1. « À 23 ans, Féris Barkat est le premier professeur sans diplôme à enseigner dans la célèbre université du Quartier latin  »
    Quand est ce que ces conneries cesseront ?????
    Tout mon soutien à Maitre GENTILLET !!!! J’ai mal à MA FRANCE……

  2. L’extrême gauche à largement contaminé les sciences molles. Il est étrange de constater que dans les filières qui mènent à un métier utile à la société comme l’informatique, la santé, ou l’ingénierie, la colonisation idéologique de gauche est pratiquement absente. Du coup, si on est de droite et qu’on n’est pas allergique au fait d’intégrer rapidement le marché du travail, je pense qu’il ne faut pas se tromper de filière. Et en plus, on économise l’achat d’un drapeau palestinien.

  3. Je soutiens totalement Pierre Gentillet, et je rappelle la citation de Frédéric Bastiat :  » il ne faut attendre de l’État que deux choses, Liberté, Sécurité  » ( date 1848/1850 ). Et oui, presque 2 siècles.

  4. Il est temps de dépolluer l’université de cette gangrène islamo-gauchiste.
    Quant à Féris Barkat il doit avoir le même type de diplôme que J.C Cambadélis.
    Pauvre université Française.

  5. Comment peut-on s’étonner de voir la Gauche instaurer un climat de terreur dans le milieu universitaire et cela quand elle veut , contre qui elle veut sans subir une quelconque opposition ? Elle y règne sans partage depuis des décennies grâce à la puissance de l’idéologie socialiste , qui tout en affichant des scores ridicules aux élections nationales tient dans ses griffes tous les leviers du pouvoir . Sa version états-uniène a été balayée en quelque mois par un président qui privilégie l’intéret général de la communauté estudiantine .

  6. Peu à peu, et peut-être même de plus en plus rapidement, les affrontements physiques inévitables se profilent et même s’organisent. Ce sera dur, très dur, mais purificateur. Il faut se débarrasser une fois pour toute de ce fascisme de gauche, héritier des pires dictateurs du XXe siècle qui se revendiquaient de ce côté là de l’échiquier politique.

  7. A 23 ans, on est étudiant, pas professeur d’université titulaire d’une agrégation nécessaire à un tel poste. Peut-être que ceux qui lui ont attribué ce poste ne savent pas lire tant ils sont endoctrinés. Pierre Gentillet est d’un niveau mille fois supérieur.

  8. Non ce n’est pas le début du fascisme ! ! ! il y a longtemps que l’on est dedans ! ! ! Rappelez vous L’affaire Fillon, pour un costume qui lui a été offert ! ! ! et les griefs sur l’emploi de son épouse a l’assemblé Nationale ! ! ! Ce que beaucoup d’autres députés ont faits, mais qui n’ont pas été inquiétés ! ! ! c’était la porte d’entrée ! ! !

  9. Et ce qui déprime aussi dans cette histoire, c’est le manque de soutien de la hiérarchie.
    Les familles qui veulent faire faire des études à leurs enfants préfèrent economiser et payer pour les mettre dans des écoles privées.

  10. À faire taire toute forme d’opposition ou d’idée contraire, pour qu’il n’y ait plus qu’une pensée unique, on va inexorablement vers une réduction intellectuelle dans les échanges, un appauvrissement de la pensée. Alors que l’université devrait être un lieu d’enrichissement, de recherche ; nulle pensée ne devrait être écartée sous peine d’arriver à une sclérose de l’intellect.

  11. Il serait temps de mettre de l ordre ! Fermons l établissement et faisons le tri entre les profs et les éleves.

  12. je n’arrive pas à comprendre que dans c’est écoles nous laissons faire cela il suffit de mettre de l’ordre et les élèves qui mettent le désordre de les virer de leurs interdirent l’entrée .

  13. Peut-être est-il utile de rappeler que la gauche tient le milieu universitaire depuis mai 1968. A l’époque il fallait la plupart du temps avoir sa carte au PS pour y enseigner, maintenant c’est LFI qui est à la manoeuvre, c’est dire où l’enseignement supérieur en est arrivé !

    • Il n’y a ni enseignement, ni supérieur, mais une banale ribambelle d’excités de gauche imposant leurs propres convictions à coups de massue. L’âge des cavernes, quoi.

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