Affaire Quentin : Bardella accuse médias et politiques d’indulgence envers l’extrême gauche

Le président du RN a fait du meurtre de Quentin le révélateur d’un climat politique et médiatique qu’il juge préoccupant
©Baptiste Mousseaux
©Baptiste Mousseaux

Au siège du Rassemblement national, ce mercredi, la conférence de presse intitulée « Le sursaut face à l’extrême gauche », à laquelle Boulevard Voltaire a assisté, a rapidement dépassé le cadre d’une simple réaction à un fait divers. Devant les journalistes, Jordan Bardella a appelé La France insoumise à « faire le ménage chez elle », estimant que les liens entretenus avec certaines mouvances radicales ne pouvaient plus être ignorés, et a jugé que le député Raphaël Arnault, dont la responsabilité morale et politique est selon lui engagée, devrait « par décence » démissionner de son mandat.

Il a également présenté le meurtre de Quentin comme le révélateur d’un climat politique et médiatique qu’il juge profondément déséquilibré. Dès son intervention introductive, le président du RN a affirmé que la mort du jeune homme constituait « la résultante d’un climat de violence minutieusement instauré depuis des années », dénonçant explicitement une « complaisance médiatique et un certificat d’immunité offert par la classe politique » à l’extrême gauche.

Des questions de la presse qui renvoient dos à dos les violences

La séquence d’échanges avec la presse a rapidement illustré ce reproche. Plusieurs journalistes de grands médias nationaux, notamment de l’AFP, de BFM TV, du Monde ou encore du Parisien, ont multiplié les questions visant à ramener le débat vers les violences d’extrême droite, cherchant à établir une équivalence entre radicalités politiques.

Jordan Bardella s’en est étonné publiquement, observant que « le débat se déplace du terrain de l’ultra-gauche pour aller sur celui de l’ultra-droite », avant de rappeler fermement : « En l’occurrence, c’est l’extrême gauche qui a tué. » Il a insisté sur le fait que Quentin n’avait pas été victime d’un mouvement d’ultra-droite mais d’une agression attribuée à la Jeune Garde, proche de LFI.

Dans ce contexte, interrogé par Boulevard Voltaire sur le traitement médiatique du drame et sur la manière dont certains commentaires avaient insisté sur le profil supposé de la victime plutôt que sur la violence subie, Jordan Bardella a dénoncé une tendance à déplacer le regard vers les opinions prêtées au jeune homme, contribuant selon lui à le caricaturer politiquement afin d’atténuer la gravité des faits. Une mécanique qui participerait, à ses yeux, d’un réflexe idéologique conduisant à relativiser les violences lorsqu’elles proviennent de l’extrême gauche.

Cette perception d’un traitement médiatique biaisé s’est également nourrie de plusieurs séquences diffusées dans les jours suivant le drame. Sur France Inter, Patrick Cohen a ainsi présenté la mort de Quentin comme survenue « des suites d’une bataille rangée entre une vingtaine de militants d’ultra-gauche et autant d’ultra-droite ». Dans une autre intervention diffusée sur le service public, un journaliste du quotidien L’Humanité avait qualifié Quentin de « nazillon », une séquence qui a suscité de vives réactions et relancé les accusations de disqualification posthume de la victime.

Une complaisance médiatique et politique assumée

Cette analyse prolongeait les déclarations du président du RN, le matin, sur Europe 1 et CNews, où il a dénoncé une « indignation à géométrie variable ». Selon lui, certains médias deviennent « soudainement prudents quand les faits dérangent leur grille de lecture », nourrissant un sentiment de deux poids deux mesures dans l’opinion.

Mais la critique ne s’est pas limitée au monde médiatique. Jordan Bardella a longuement mis en cause la responsabilité politique de la gauche et du macronisme, accusés d’avoir contribué à légitimer des mouvances radicales. À la question de BV, il a notamment ciblé François Hollande, citant l’ancien Président comme exemple de cette ambiguïté : tout en se présentant aujourd’hui comme opposant aux violences d’extrême gauche, ses documents de campagne affichaient, selon Bardella, le logo et le soutien de la Jeune Garde.

« Quand on fricote avec l’ultra-gauche, quand on ouvre ses meetings, ses documents de campagne, ses tribunes à des militants ultra-violents qui considèrent leurs adversaires comme des ennemis à abattre, on fait soi-même le jeu du désordre », a-t-il affirmé devant la presse.

Il a également accusé la majorité présidentielle d’avoir une « responsabilité morale et politique » en ayant retiré des candidats lors des dernières législatives pour favoriser l’élection de députés insoumis, contribuant selon lui à l’« institutionnalisation » d’une mouvance radicale.

Julien Odoul : « Une fascination médiatique »

Une lecture partagée par le député RN de l'Yonne Julien Odoul. Interrogé par BV, il dénonce une réaction médiatique « lunaire » et une forme de fascination pour la gauche radicale conduisant, selon lui, à relativiser ses violences et à renvoyer systématiquement dos à dos ultra-gauche et ultra-droite.

Au-delà des annonces sécuritaires et de son engagement à dissoudre toute organisation violente « d’ultra-gauche comme d’ultra-droite », Jordan Bardella a cherché à installer une lecture plus large de la séquence : celle d’un affrontement politique mais aussi narratif.

Selon lui, l’affaire Quentin révèle autant une violence physique qu’une bataille autour de sa représentation publique. Une bataille qui, à ses yeux, explique désormais une partie de la fracture entre une opinion convaincue d’un traitement différencié et un système médiatico-politique accusé de minimiser, et parfois légitimer, les dérives de l’extrême gauche.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire I Le réél finit toujours par s'imposer I Suivez-moi sur X : @YannMontero

Vos commentaires

99 commentaires

  1. « Bardella accuse médias et politiques d’indulgence envers l’extrême gauche ».Sans doute,mais il aurait pu englober la justice ,manifestement très ancrée à gauche toute,dans son constat.

  2. Ce qui est formidable c’est que la France penche majoritairement à droite ,mais tous les postes clés sont aux mains de la gauche !!Cherchez l’erreur ??

    • C’est ce que je dénonce sans cesse mais ici un ose parler de démocratie, moi je la cherche desespérement….

  3. C’est le moindre qu’on puisse dire !!

    Quand on voit les journalistes qui interviews les patriotes, c’est avec haine, sur la plupart des chaines (et encore quand ils sont invités), , c’est un vrai tribunal et ils se prennent pour des petits juges
    Les médias sont aussi responsables, pour beaucoup de mettre de l’huile sur le feu, quand on voit pour Quentin, les « étiquettes » qui lui ont collé, sans décence, ils mettent aussi des cibles sur les patriotes, en parlant d’ ED qui n’existe pas en plus, et bien sur l’ARCOM ne fait RIEN

  4. Je dirai même « obédience » sans me tromper d’appréciation.
    Ce n’est pas nouveau et seule la falsification de leur journalisme de propagande justifie leurs mensonges.
    Une gauche minoritaire aux abois, qui va encore se rattacher à l’extrême centre lors des prochaines échéances.
    Mais qu’en pense bébé Attal? celui qui se voyait en haut de l’affiche mais qui n’a qu’un seul programme: anti RN et aucun électeur dans le cas contraire…

  5. La gauche mitterrandienne, devenue socle commun hollando macroniste, est en train de sombrer.
    Lang, puis mélenchon, les derniers phares de la gauche sombrent dans la honte et la débauche de violence haineuse contre la France et les Français.
    Jordan Bardella, au nom du Rassemblement National, a tout dit sur cette forfaiture de la gauche extrême devenue ultra… violente. Rien à ajouter à cette condamnation citoyenne.
    La verrue islamo-gauchiste doit être extirpée de nos institutions démocratiques.

  6. Ras le bol de ces « logos » ultra….Ce ne sont que des appellations pour définir le grand vide journalistique de certains.
    Quentin avait il une carte de parti ? Je ne crois pas, alors cessez de mettre des étiquettes sur de simples francais…de souche.
    On se réveille quand ???

  7. Pour le média officiel belge le premier « jt »évoquait un fait divers qui prend de l’ampleur. Le 2ème jour, silence radio, et le 3ème Quentin est un militant d’extrême droite. Le journaliste qui lit le prompteur n’a pas lu la bio du garçon ni écouté ses parents, car il semble de nature identitaire, catholique, non-violent et du genre chemin de Compostelle et marche vers Chartres que bagarre de rue ! L’extrême-droite, c’est pas çà!

  8. Quand on écoute la presse c’est : « c’est regrettable mais…..il l’avait bien cherché ». On met joyeusement en avant sa foi catholique récente (radicalisé ?) Et le fait que pour « escorter » les femmes de Némésis, c’était un militant nationaliste.
    Imaginons le contraire : la peste brune dans la rue, les milices nazies, les pogroms. En gtos ce que Mélenchon sort avec ses 59 morts du fait de l’extrême droite.
    Quand on n’a rien pour defendre sa position on attaque en contre.

  9. Malgré des inondations records sur une grande partie de la France, et les conséquences désastreuses pour la population, le sujet Quentin n’a pas été mis sous silence….
    Et on pourra noter que pour une fois, les noms de victime et accusés n’ont pas été occultés, ni les photos.
    Curieux non ?

  10. Bon !! Tout cela est exact mais croire qu’en 2027 ce gentil garçon pourrait faire changer l’image de la France relèverait de l’infantilisme !! Beaucoup se sot fait avoir en 2016 et voilà aujourd’hui le résultat, un machiavel très intelligent aux manettes!! vous voulez en remettre une couche avec un candidat plus hypothétique ? on ne peut confier notre armée et le bouton nucléaire qu’à une personne fiable et présentant les capacités pour analyser la politique intérieure et l’internationale !! La gauche est devenue un pot de chambre , le bastion des très bons socialistes a complètement disparu !!Faure et son copain et ce pauvre Hollande bon on a compris !!

  11. Lorsque j’entends des commentaires, tout particulièrement vomis sur les médias d’Etat, je me demande qu’est devenu la commission chargée de combattre les « fakes news », commission née sous l’aire Macron ? Et où sont donc passés les gens de l’Arcom ? La piscine du château serait couverte et bien chauffée ?

  12. Vous parlez de complaisance du PS avec LFI aux dernières élections mais posée donc la question comment le président du groupe LR a été élus monsieur Wauquier un peut de pudeur et moins de traîtrise

    • Aucunement comparable en nombre, qq LR aveuglés par le juda qu’est Wauquiez rien d’autre, dire le contraire serait de la mauvaise foi évidente , bon trop fréquente dans beaucoup de commentaires. Moi je respecte MLP mais rien d’autre car je n’ai pas oublié le débat de 2016 !! et le jeunot bon inexpérimenté et pas de niveau en politique nationale et internationale, il est bon pour les aveugles nunuches !! Hélas !!

      • Vous croyez macron expérimenté ? Il n’a pas le niveau .
        Simplement les énarques n’ont pas le niveau car ils ont aucune formation scientifique et industrielle et internationale.

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