Agriculteurs : Anne Le Strat, militante verte « ultra », prend le contrôle de l’OFB…
Rendue publique ce 26 janvier, la nomination d’Anne Le Strat au poste de directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB), en charge de la mobilisation de la société, avait été officialisée par un arrêté daté du 5 janvier. Un poste éminemment stratégique, et très politique, puisqu’il couvre un large périmètre comprenant des missions de sensibilisation du public, d’expertise scientifique et de police de l’environnement.
Nombreuses et virulentes réactions
Cette nomination a immédiatement provoqué de nombreuses et virulentes réactions. Le sénateur LR de Haute-Loire, Laurent Duplomb, ancien rapporteur de la loi sur l’agriculture portant son nom (et partiellement censurée par le Conseil constitutionnel), s’étonne d’un tel choix : « Opposée à toute logique productive et engagée dans les combats les plus hostiles au monde agricole, elle se retrouve soudain propulsée aux commandes d’un organisme censé travailler en toute neutralité avec… ceux qu’elle a toujours ciblés ! » Il dénonce une « nomination partisane et dogmatique ». À un moment où, sur fond de crise du Mercosur, une grande tension est palpable entre les agriculteurs et les pouvoirs publics, « quel signal veut-on envoyer au monde agricole à travers cette nomination partisane et dogmatique ? » Alors que Sébastien Lecornu tente de renouer le dialogue, le sénateur constate une évidente contradiction : « Quand on confie la mobilisation nationale à quelqu’un qui a soutenu les mouvements les plus agressifs envers les agriculteurs, il ne faut pas s’attendre à plus d’écoute. » Inquiet, Laurent Duplomb estime que l’on peut, « en revanche, s’attendre à davantage de pression, de suspicion et de contraintes pour celles et ceux qui nourrissent le pays ». Sa conclusion est sans appel : « À travers ce choix militant, l’OFB ne fragilise pas seulement nos campagnes : il met en péril l’avenir même de l’agriculture française ! »
Côté syndicats d’agriculteurs, c’est la Coordination rurale (CR) qui a tiré la première, voyant dans l’arrivée d’Anne Le Strat « une nomination vécue comme une trahison par le monde agricole ». Considérant qu’il s’agit là d’un « nouvel affront », la CR constate que « les signaux envoyés par l’État ne traduisent aucun changement de cap » et dénonce « l’infiltration progressive de nos élites administratives par des militants porteurs de projets idéologiques, une dérive qui entache la neutralité du service public et contrevient au devoir de réserve qui devrait s’imposer à tout agent public ». La CR appelle donc « les autres organisations syndicales agricoles, notamment la FNSEA, à soutenir cette position auprès du gouvernement ».
Agriculteurs et chasseurs en colère
Les mêmes réactions scandalisées n’ont pas tardé à affluer, du côté des organisations de chasseurs, tout autant concernées par les missions de l’OFB. Pour Le Chasseur français, Anne Le Strat est une « figure de l’écologie radicale ». « L’État a choisi son camp », titre, de son côté, Chasses éternelles, pour qui « l’OFB n’est plus un arbitre, c’est un instrument », et qui constate qu’il « ne s’agit plus de composer avec le monde rural, agricole ou cynégétique. Il s’agit de l’encadrer, de le corriger, de le rééduquer s’il le faut. »
Plus encore qu’en leur temps les ministres de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher puis Monique Barbut, force est de constater qu’à peine nommée, Anne Le Strat fait l’unanimité contre elle. Pour Patrick Legras, président de la CR dans les Hauts-de-France, interrogé par BV, il y a cependant un fil rouge, dans cette succession de nominations. Il y a, pour lui, « une stratégie voulue de la Macronie pour maintenir la pression sur les agriculteurs », et le choix d’Anne Le Strat « ne doit rien au hasard ». Pourtant, explique Patrick Legras, « nous n’avons rien contre la biodiversité et ni contre la mission confiée à l’OFB de la faire respecter », mais c’est la manière qui fâche. Car c’est, par exemple, l’OFB « qui met les amendes et qui sanctionne ». L'OFB ne recruterait pas pour cela seulement des professionnels du métier. « Un grand nombre d'entre eux sont des écologistes purs et durs qui ont trouvé ici les moyens de se faire plaisir en sanctionnant les agriculteurs », fait remarquer Patrick Legras.
Anne Le Strat, un CV qui fâche
Comme on le voit, l’OFB, du fait de sa position et de son rôle de gendarme, cristallise les colères d’agriculteurs s’estimant victimes d’un harcèlement permanent autant qu’injuste. Et c’est bien parce qu’elle s’est vu confier un rôle décisionnaire et stratégique au sein de l’agence d’État qu’Anne Le Strat focalise autant de réactions violemment négatives. L’OFB, sentant venir le tsunami, s’est fendu d’un communiqué dans lequel il est précisé qu’il s’agit d’un « changement de personne et [que] les missions restent inchangées. La règle républicaine est claire, et elle a été appliquée à la lettre. » Tentant de désamorcer les polémiques, l’OFB ajoute que « son engagement passé au sein d’Europe Écologie Les Verts ne définit ni n’influence ses fonctions actuelles. À l'OFB, comme l'ensemble des 3.000 agents, elle agira avec neutralité et impartialité. » Comme on le voit depuis, ces propos voulus rassurants n’ont guère rassuré. Il faut dire que l’intéressée affiche un CV « idéologiquement chargé », qui n’incite précisément pas les agriculteurs, comme les chasseurs, à une grande confiance. Militante de toujours, adepte d’une idéologie écologique radicale et volontiers punitive, Anne Le Strat adhère en 1992 aux Verts, dont elle devient la secrétaire générale adjointe. Élue conseillère de Paris, elle se fâche un temps avec ses « camarades » écologistes et devient maire adjoint du XVIIIe arrondissement sous étiquette socialiste. Revenue chez Les Écologistes en 2019, elle devient la même année présidente d’Eau de Paris, organisme qui gère les eaux de la capitale.
Proche d’Extinction Rebellion
Journaliste à Agriculture & Environnement, Gil Rivière-Wekstein rappelle, sur son compte X, qu’Anne Le Strat est « signataire d’un appel de collectifs décroissants à une convergence antiproductiviste ». Comment cette militante, se demande-t-il, « flirtant avec le groupe radical Extinction Rebellion, et s’opposant farouchement aux « méga-bassines » et à toute « logique techno-solutionniste », peut sereinement et avec impartialité rassembler les différents acteurs (ONG, collectivités, entreprises...) pour "préserver et restaurer la biodiversité" ? »
Il y a de quoi être interloqué par la nomination d’Anne Le Strat comme directrice déléguée à la "mobilisation de la société" à l’Office français de la biodiversité (OFB). Comment, en effet, une écologiste signataire d’un appel de collectifs décroissants à une "convergence… pic.twitter.com/5ckPLOM4Um
— Gil Rivière-Wekstein (@AEGRW) January 23, 2026
Dans son livre témoignage, Comprendre l’incroyable écologie (Éditions Salvator), Bertrand Alliot, spécialiste de l’environnement et ancien compagnon de route des Verts, constatait l’affaiblissement de l’écologie politique. Le thème climatique s’essoufflant du fait de la non-réalisation de nombreuses de ses prédictions, la stratégie verte tendrait aujourd’hui à mettre la biodiversité au centre du discours écologiste. L’OFB deviendrait alors un lieu plus stratégique que jamais.
La Macronie, en officialisant cette nomination, mine le terrain à l’OFB, comme il l’a fait au Conseil constitutionnel (Richard Ferrand) et à la Cour des comptes (Najat Vallaud-Belkacem), dans la perspective d’une possible alternance…
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124 commentaires
Au risque de paraître mesquin, je ne voudrais pas éluder cette réalité fondamentale: militer à gauche paie! On connait les évitements de Mélenchon quant à sa fortune, largement due à ses activités politiques, et les motivations permanentes du personnel politique.
Modeste Français moyen, je constate que Mme Le Strat sais ne pas s’oublier et que l’écologie, ça paie aussi. Il apparaît que sa nouvelle sinécure tournerait autour de 120 000 euros bruts/an. Ceci nonobstant les avantages liés à la fonction qui ne sont jamais relevés, et pourtant fréquemment supérieurs au salaire de base (logement, transports, primes et divers revenus induits, expertises, plus les mandats d’élus etc..). Ses fonctions antérieures ne semblaient pas non plus bénévoles … Bon.
Et comment justifier tout cela sur le plan professionnel? Un simple doctorat d’aujourd’hui, que je serais curieux de lire. Par contre, il apparaît bien que se sont ses activités politiques qui lui ont ouvertes toutes ces portes. Ses activités politiques dans l’écologie, puis au PS, puis de nouveau dans l’écologie… La gauche sait s’assurer ses fidélités.
Venons-en maintenant à Macron dans cette affaire. Il serait temps de tordre définitivement le cou à cette illusions que Macron n’aurait pas ce cap. Cette nomination illustre pour une xième fois ses deux boussoles : un mondialisme aveugle, et un narcissisme dévorant. Dans ces carcans, bien sûr qu’il navigue à la boussole, se foutant éperdument des dégâts collatéraux. Ici, il croit probablement intelligent de donner des gages aux verts, enfonce un peu plus la paysannerie qu’il exècre, fait un pied de nez au bon sens, bref il chemine dans son délire. « Après moi le déluge, je jouirai encore bien de la fonction pendant un an. »..
Quand on se compromet avec le PS pour assurer la stabilité de son siège et de celui de l’homoncule élyséen, tout est possible ! Qui a signé cette nomination, et si ce n’est Lecornu, s’est il opposé ? Non, évidemment ! Les agriculteurs sont donc gros jean comme devant et nous avec ! Comme d’habitude dirais je !
Encore une preuve évidente , que notre Occupant élyséen ne supporte aucune action ou vélléité de résistance face à son pouvoir . Il est a souhaiter que l’OFB ne multiplie pas le nombtre de ses agents contrôleurs armés . Saviez-vous que cet organisme délivre le permis de chasser !
VDL est très fâchée par le report de ses décisions agricoles, il fallait bien que macron apaise l’ire de la taulliere. Sans compter que cette nomination pourra gêner un autre exécutif, et servir sur un plateau le célèbre « c’est pas moi » au même macron.
C’est le « gamin » capricieux qui veut se venger de ne pas être aimé !!Et il a encore plus d’un an pour tout « casser »
La macronie mourante non seulement recase ses participants mais noyaute le plus possible,administrations,associations conseils,et autres » collectifs » pour rendre impossible tout redressement du pays par un
Autre possible parti…et tenter de revenir en 2032…
La macronie continue le travail de phagocytage et de destruction des institutions commencé sous l’ère Mitterrand.
Et ben, les chasseurs ont gagné le cocotier avec cette charmante dame. Ils vont pouvoir raccrocher le fusil au râtelier et aller à la pêche, ou plutôt aux champignons. Quant aux paysans, ils ont intérêt à se tenir à carreau et à raser les murs.
En 2027, il n’est pas interdit d’organiser les départs vers France – travail ! Les lois constitutionnelles peuvent être abrogées. Le Conseil constitutionnelle n’est pas éternel…
Le premier boulot à effectuer d’urgence par un président de droite élu en 2027 sera de faire le ménage, par décret, dans tous ces points stratégiques, en remplaçant leurs responsables par des personnalités de droite. Faute de quoi aucune des réformes indispensables ne sera possible.
Ces annonces, nominations, décisions, déclarations catastrophiques sont quotidiennes.. nous en parlons entre nous : on n’en peut plus de ce dogmatisme, de cette agressivité, de ce non-sens, de ces destructions, au final du déclin de notre pays sur tous les plans. On cherche à survivre dans cette hostilité qui s’accroît et plombe l’avenir. Jusqu’où Macron va t il nous faire descendre ?
Un verrou de plus posé par la gauche et les macronistes pour compliquer la tâche de ceux qui gouverneront à l’avenir…. à moins que ça les serve si une alternance ne voit pas jour.
C’est carrément une nouvelle déclaration de guerre au monde paysan .Les polichinelles du gouvernement veulent leur revanche sur les manifestations . Ils jouent avec le feu …Les agriculteurs ne mourront pas seuls
Le macronisme continue de sévir . Ils mettent encore la pression sur les agriculteurs en nommant cette personne .
Une provocation de plus , nommée directement en droite ligne depuis l’Eysée.
Les agents de l’OFB n’ont pas de réelle utilité sinon surveiller les faits et gestes avec hélicos et jummelles ,d’agriculteurs déjà harcelés par leurs charges quotidiennes . Ils se comportent comme des cow boys avec flingues à la ceinture et leur présence est juste une insulte pour les travailleurs de la terre .
On est obligé de faire le parrallèle avec la banlieue où les caïds de la drogue comme de la religion ,règnent en maîtres et la situation qui est faites aux éleveurs et agriculteurs contre lesquels les macronistes alliés aux écolos font la guerre .
Cette nomination est symbolique du macronisme. D’un côté on dit aux agriculteurs « je vous ai compris » sur le Mercosur et de l’autre on désigne un de leurs ennemis déclarés à l’OFB. Quel signale veut-il leur envoyer si ce n’est » vous n’avez pas d’avenir » ? Tout ce qui fait la Souveraineté de la France est patiemment anéanti par Macron.
Après la nomination de l’écologiste Dominique Voynet au sein d’un comité sur le nucléaire , elle qui a fait fermer le chantier de super Phénix ; voila la nomination d’une autre écologiste pure et dure a un poste clé , ce pays sombre lentement vers l’obscurantisme.
Pour avoir une écologiste de ce type dans ma famille par alliance , je peux dire que l’on est très mal barrer , ces gens là sont totalement fermer a la discussion , de véritable mur de bunker indestructible.