Angers, première « ville antifasciste » de France ?

Cela ne veut rien dire, mais les élus d’opposition du groupe Demain Angers, situé à gauche de l’échiquier, y tiennent.
© Samuel Martin
© Samuel Martin

Ville fleurie, les plus beaux villages de France, station verte, ville Internet, ville active et sportive, ville et pays d'art et d'histoire, ville amie des enfants… les labels ne manquent pas. Parfois, ils n'ont aucun intérêt, comme la distinction ville prudente décernée aux « communes qui s'engagent pour la prévention et la sécurité routières ». Comme si certaines villes n’étaient pas dans cette démarche et faisaient tout pour créer des accidents… Bref, dans cette course aux qualificatifs sans queue ni tête, Angers pourrait bientôt faire figure de favori, si la ville du Maine-et-Loire accède à la demande des élus d’opposition du groupe Demain Angers. Ils ont exprimé le souhait de voir leur chère cité être affublée de l'attribut « antifasciste ».

Lors de la dernière séance du conseil municipal, le 26 mai, ils ont expliqué qu'ainsi, Angers ferait la preuve de son engagement « pour la défense des droits humains, des valeurs démocratiques, de l’égalité, de la liberté et de la solidarité ». Les élus du groupe, issus de neuf courants politiques de gauche, ont estimé que leur ville avait « la responsabilité de prendre position clairement : en faveur de la démocratie, de l’humanité, de la justice sociale, et contre toutes les idéologies de haine, d’exclusion et d’oppression ». Ils désirent qu’elle promette de « lutter contre toutes les formes de haines, de discriminations, de racisme, d’antisémitisme, d’islamophobie, de sexisme… ». N’était-ce point déjà le cas ? Faut-il comprendre que, jusqu’à présent, les institutions angevines approuvaient les actions discriminantes ?

Une distinction sans objet

Cela semble assez difficile à croire. Pour en avoir le cœur net, BV a posé la question à Christophe Béchu, maire d’Angers. Malgré diverses sollicitations via la mairie ou son parti Horizons, nous n’avons pas pu obtenir de réponse. Pour autant, nous ne doutons pas qu’elle aurait été négative.

Pour preuve, comme rapporté par nos confrères de Ouest-France, à l’occasion de ce conseil municipal, la majorité ne s’est pas opposée à l’idée mais s’est voulue plus inclusive encore (pour employer un mot à la mode). Elle a pointé du doigt « une montée préoccupante des discours et mouvements politiques extrémistes, qu’ils soient d’extrême gauche et d’extrême droite, qui menacent la cohésion sociale et le vivre ensemble ». Christophe Béchu a ensuite insisté : « L’extrême gauche alimente l’extrême droite. Ne pas le voir, c’est souffrir de myopie. […] Les extrêmes sont dangereux d’où qu’ils viennent. » Difficile de faire plus convenu.

S'ériger en ville antifasciste n’a pas plus de sens que de s’autoproclamer ville anti-extrêmes ou anti-discriminations. Pourquoi, alors, est-ce en pourparlers ? De qui Angers veut-elle se distinguer ? De communes qui se seraient ouvertement déclarées fascistes ou pour la haine sous toutes ses formes ? Non, évidemment ! La démarche est purement et simplement marketing. Elle n’est que communication, que politique politicienne.

Une fausse bonne idée

Quant à la démocratie que ces élus disent défendre ainsi… tous, sans exception, lui mettent un coup. Pour rappel, pour ceux qui ont déserté les cours de grec ancien, ce terme vient de dêmos, qui signifie « le peuple », et de krátos, « le pouvoir ». Cela signifie donc qu’en démocratie, le pouvoir appartient au peuple. Et cela, que le peuple ait de bonnes ou de mauvaises idées, et de bonnes ou de mauvaises intentions. De fait, les élites, quelles qu’elles soient, ne devraient pas user de stratagèmes pour empêcher le peuple de s’exprimer ou de penser.

Pour leur défense (ou pas), ces politiciens angevins ne sont pas à l’origine de cette idée. Ils sont allés la chercher en Belgique, où les villes de Mons, Charleroi, Huy et Liège ainsi que la province du Hainaut se sont déclarées antifascistes. Quand la Belgique devient modèle, il y a tout à craindre. À noter : la séance du conseil municipal a été levée pour que chacun puisse prendre le temps de la réflexion. Les débats reprendront le 10 juin.

Vos commentaires

36 commentaires

  1. Le fascisme est de gauche cf Mussolini donc c’est la gauche anti gauche avec la complicité d’un maire macroniste prêt à tout pour garder le pouvoir

  2. Lutter contre la christianophobie aussi? J’ai pas entendu !
    Ah , et ils ont oublié le racisme anti-blanc!

  3. Ils s’inspirent des villes démocrates américaines , qui se sont déclarées « villes sanctuaires » où les clandestins migrants sont libres comme l’air .

  4. On connaît les « valeurs démocratiques » de la gauche et de l’extrême gauche, c’est de l’autoritarisme qui n’a rien à avoir avec la vraie démocratie.

  5. Curieusement on vois bien que ceux qui se posent comme des antifascistes reprennent en bon nombre des actions de fascistes.

  6. « Pourquoi, alors, est-ce en pourparlers ? » Tout simplement pour la recherche de subventions. Comme d’hab.

  7. Personnellement, je préfère la « douceur angevine  » de Du Bellay à un slogan comme « antifasciste  » qui est tellement galvaudé, qui n’a plus aucune valeur.

  8. Ce sont eux qui l’incarnent justement, en dénigrant ceux qui ne sont pas d’accord avec eux !!!
    Ces gens sont vraiment dangereux pour notre démocratie et on les laisse faire, à croire que le pouvoir trouve ça « normal »

  9. Angers est aussi la ville de France où il fait le plus bon vivre, une ville très agréable, je ne connais pas, on ne sait pas tout connaitre, dans le coin j’ai vu Le Mans par contre,et puis il y a Google Maps, bien pratique pour mes questions de mobilité. Je vois cela en analysant le plan de ville, les noms des rues, les monuments, les espaces verts, l’environnement, la mobilité, et effectivement, cette ville coche toutes les cases. Trop beau, il faut salir, comme un mur fraichement peint et tout de suite tagué, une bagnole fraichement nettoyée reçoit immédiatement sa flatte de guano etc…Tiens au fait, pour Angers, j’ai lu que cette ville attrape les gens qui en ont marre de Bordeaux…et les gens d’Angers n’aiment pas trop !

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