[ANIMAUX] « Décoloniser » les relations homme-animal : le wokisme a encore frappé

Sous couvert de protection animale… le dénigrement de la civilisation occidentale à forte dose.
Photo de ArtHouse Studio: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/nourriture-aliments-sain-nature-4530442/
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Professeur des universités en éthologie et primatologie, Cédric Sueur était récemment l’invité de l’émission La Terre au carré, présentée par Mathieu Vidard, sur France Inter. Il était interrogé sur son nouveau livre : Décoloniser notre rapport aux animaux (Odile Jacob). Un réquisitoire obstiné contre la civilisation occidentale.

On connaît la charge idéologique du concept de « décolonisation ». Un mouvement né de l’union de la théologie de la libération et l’indigénisme révolutionnaire qui part du principe que l’emprise du colonialisme a été telle qu’il est nécessaire, aujourd’hui, de décoloniser à peu près tout : l’éducation, le savoir, l’économie, la cuisine, la sexualité, l’histoire de l’art, etc. Comme tout principe révolutionnaire, il se dévore lui-même. Certains décolonialistes « racisés » reprochent aux chercheurs décolonialistes occidentaux d’être « les héritiers du système moderne/colonial ». Le serpent (à plumes ?) se mord la queue.

Mauvais Occident, mais bon sauvage

Cédric Sueur innove en ajoutant une catégorie à décoloniser : notre rapport aux animaux. Selon lui, les animaux d’élevage, sauvages, domestiques - comme le reste du monde -, ont fait l’objet d’une conquête, d’une colonisation, d’un esclavagisme. Ils sont victimes d’une « exploitation systémique ». Le mal est par essence « occidental », fruit d’une vision chrétienne de la nature (où, selon l’auteur, « les animaux ont été créés pour être dominés »), de la vision mathématique (tout est chiffres), de la vision capitaliste (tout est marchandise). Qu’une vision chrétienne de l’économie s’oppose au capitalisme, que l’homme à la tête de la création soit synonyme de responsabilité et non de domination sont des idées inaccessibles aux décolonialistes. La vie exemplaire de saint François d'Assise ? Connaît pas.

À cet Occident malfaisant, notre auteur oppose d’autres cultures, d’autres ethnies (pas plus précisément désignées) qui auraient un rapport tout en délicatesse avec les animaux, et infiniment respectueux. Lointain écho du mythe occidental du « bon sauvage » ? Mathieu Vidard passe un document sonore qui traite des chiens de traîneau utilisés par les Inuits. Après tout, les Inuits les font travailler, les utilisent, non ? Inutile d’insister : Cédric Sueur veut bien dire du mal des Européens, mais il ne dira pas de mal des Inuits - parce qu’il n’est pas anthropologue, explique-t-il. Et parce que les Inuits « peuvent avoir une certaine réciprocité, donc des échanges réciproques et une considération envers des animaux autres que leur ethnie (sic) ». Ça vasouille.

Spécisme structurel

Continuons : notre « spécisme » structurel explique qu’« on n’accepte pas, en tant qu’Occidentaux, de manger du chien, mais on mange du cochon ». Vieille rengaine des antispécistes qui n’ont toujours pas intégré à leur logiciel les spécificités culturelles qui font que tel animal mangé ici est domestique là-bas, pour des raisons historiques, religieuses, gustatives, que sais-je ? Non, nos tabous gastronomiques seraient basés sur l’idée qu’on se fait des intelligences animales. L’Occidental pense que le chien est plus intelligent que le cochon, donc il mange le cochon, selon Cédric Sueur. Or, nous dit-il, « il n’y a pas de différences cognitives entre eux » - quelques minutes après avoir dit que « le cochon est considéré parfois plus intelligent ». Et plus goûteux ?

La solution à ce mal systémique dont l’Occident est responsable devant l’Histoire ? Les « droits des vivants », théorisés par quelques philosophes. À savoir donner des droits aux animaux, mais aussi à des écosystèmes, à une montagne, une rivière… Oui, oui, mais ! Donner des droits à une montagne peut nuire aux droits des animaux qui y vivent si, par exemple, on y extermine les espèces invasives. Le serpent continue de se mordre quoi vous savez.

Les seules minutes intéressantes de l’émission sont celles où Cédric Sueur traite de la conscience animale et des difficultés des chercheurs à en démontrer l’existence et à l’évaluer : conscience d’accès, conscience phénoménale, conscience de soi. Là, il parle en éthologue et est passionnant. Son décolonialisme est, en revanche, dépourvu de fondements scientifiques. Où qu'on le place sur l'échelle des êtres, l’Homme n’est pas toujours un animal rationnel, à l’évidence.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 21/02/2026 à 12:14.
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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Je rajoute: avec le mercosur qui va nous vendre sa viande, l’Ukraine et ses poulets…les écolos connaissent les conditions d’élevage hors de l’Europe et les conditions d’abattage? Non et ils feraient mieux de s’en inquiéter, parceque ce ne sont pas quelques hippies français drapés dans des draps de soie qui vont faire changer les choses dans ses pays où la condition animale est une farce.

  2. Avoir fait tant d’années d’etude pour écrire de telles sottise, combien de livres vendus, qui a lu son livre à part le journaliste chargé de l’interviewer, aucun intérêt, je ne savais même pas que ce personnage existait, je vais continuer à l’ignorer, j’ai déjà oublié son nom

  3. Les écolos savent que les chiens errants au Maroc sont tirés à vu et empoisonnés? Ils savent que des animaux malnutris poussent des charette hors de poids en Amérique du sud? Ils savent que des éléphants finissent avec de grave problème de dos à cause du travail éreintant en Thaïlande ? Ils savent pour la fête au Mexique où on accroche un vautour sur le dos d’un taureau qu’il finit par tuer? Ils savent que les chats finissent dans des marmites en Afrique? J’ai encore des milliers d’exemple…En fait la culture des écolos et leur logique est tellement limitées que même le petit patriote que je suis en sais plus qu’eux. L’occident traite les animaux de la meilleure façon qui soit dans le monde . Les écolos sont des INCULTES et du même acabit que LFI!

  4. « S’ils ne veulent pas manger de la langue de bœuf parce que ça sort de la bouche d’un animal…qu’ils mangent un œuf »! disait ma grand mère . On se souvient encore de ce ministre écolo de hollande qui défendait les espèces…animales, en décortiquant son homard sauce crevettes.
    Depuis LUCA, (Last Universal Common Ancestor) cette bactérie qui a été à l’origine de toutes les espèces terrestres animales et végétales il y a environ 3,5 milliards d’années, la sélection naturelle a sélectionné les espèces les plus fortes dans l’environnement mouvant. Et la « consommation » des plus vulnérables par les plus féroces a été le moteur de l’évolution.
    Cro-Magnon, dévoré par les loups, les hyènes ou les tigres à dents de sabre du côté de Lascaux, est l’archétype de cette « sélection ». Grâce à son cortex , homo sapiens a trouvé les armes pour se défendre… et se nourrir de ses prédateurs. Jusqu’à inventer le pâté d’alouette de Pithiviers ou le « Jésus », ce saucisson de filet de porc très sec au goût inimitable de noisettes. Génie culturel gastronomique!

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