Après Bétharram, « une campagne pour intimider les écoles sous contrat »

À Rennes, quatorze inspecteurs ont passé deux jours dans l'établissement Saint-Vincent pour examiner cours et pastorale.
école catho

Le plan « Brisons le silence » d’Élisabeth Borne, ministre à l’Éducation nationale, continue de se déployer avec méthode dans les rectorats de France. À Rennes, c’est le groupe scolaire Saint-Vincent Providence qui en a fait les frais, les 29 et 30 septembre derniers, lors d’un « contrôle inopiné ». Pendant quarante-huit heures, quatorze inspecteurs ont passé au crible les emplois du temps des élèves, scrutant particulièrement les cours d’enseignement moral et civique, d’EPS, mais aussi les séances d’EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle) ou encore « la place de la pastorale ». Une opération rapportée ce jeudi 9 octobre par le site du Café pédagogique, qui s’inscrit dans une campagne d’inspection ciblant l’enseignement privé catholique, un « après-Bétharram » en voie de « généralisation », selon Michel Valadier, directeur de la Fondation pour l’école.

Des inspecteurs en quête de failles

Depuis février, le ministre ne cesse de marteler sa volonté de renforcer ces contrôles dont elle dénonçait l’« insuffisance » passée. Alors que les établissements privés catholiques sont subventionnés à 75 % par l’État, elle a promis « 1.000 contrôles » en 2025 et l’embauche de 60 inspecteurs académiques supplémentaires, d’ici 2026, afin que 40 % des établissements sous contrat soient inspectés dans les deux prochaines années. Le but étant de vérifier la conformité administrative, pédagogique et financière de ces écoles, au regard du contrat qui les lie à l’État.

Selon les informations recueillies par le Café pédagogique, à Saint-Vincent, la durée des cours a été remise en cause, tout comme l’organisation des temps de pastorale. L’établissement rennais risque désormais de devoir changer sa politique sur les absences liées aux messes ou aux parcours religieux choisis par certains élèves. « On avait des élèves qui rataient jusqu’à presque une semaine de cours, donc ça, maintenant, c’est fini », confie une enseignante au média spécialisé.

Mais ces inspections cherchent moins à accompagner qu’à traquer le moindre écart, dénonce le directeur de la Fondation pour l’école : « Ils embauchent, pour contrôler les établissements sous contrat, les mêmes inspecteurs que pour le privé hors contrat. Les mêmes qui cherchent des raisons de faire fermer les établissements. » Une stratégie que semblent confirmer certains témoignages de professeurs de l’établissement qui ont vu dans « l’entrain de l’équipe d’inspection » « un côté hussard de la République », rapporte le média.

Une campagne d’intimidation aux relents politiques

Pour Michel Valadier, cette vague de contrôles relève d’une « campagne systématique pour intimider les écoles sous contrat » liée à l’affaire Bétharram, du nom de ce collège catholique des Pyrénées-Atlantiques accusé de dérives et dont la médiatisation a servi de prétexte à une offensive plus large. Si, à ce stade, aucune fermeture n’a été prononcée pour de mauvaises raisons, l’effet recherché est ailleurs, estime-t-il : faire plier les chefs d’établissement, les amener à renoncer à des positions qui faisaient jusqu’ici le « caractère propre » de leur école. « Certains risquent de prendre peur et d’abandonner ce qui fondait leur identité », prévient-il.

« Cette campagne d’intimidation n’a aucune chance de déboucher sur des fermetures, mais elle peut affaiblir la résistance des établissements », analyse encore le fondateur et ancien directeur du Groupe scolaire Saint-Dominique du Pecq. « Il faut que ces écoles tiennent courageusement les positions qui sont les leurs », insiste-t-il. Une posture qui s’annonce difficile à tenir, alors que du côté syndical de la CFDT d’Ille-et-Vilaine, on se réjouit ouvertement que « l’État vienne [y] mettre son nez ».

Vos commentaires

27 commentaires

  1. En France, les « inspecteurs » ne sont pas missionnés pour aider les entreprises, les exploitations agricoles, les écoles, mais pour punir. Je me souviens de l’acharnement que des inspecteurs ont mis à trouver une faille dans ma boite, en restant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’ils trouvent. Comme il est impossible de respecter 100% d’une réglementation kafkaïenne, nous avons pris un redressement (sans compter le temps perdu à répondre à leurs demandes incessantes). Ils étaient contents d’eux ! Il fallait bien qu’ils justifient leur poste.

  2. Après Bétharram on comprend que la suspicion à l’égard des institutions religieuses se soit renforcée…
    Dans l’actualité Roselyne Bachelot vient de témoigner des abus sexuels dont elle a été témoin et victime dans des institutions catholiques… C’est loin d’être rare, très loin ! Alors il faut contrôler.

  3. Je salue le courage de ces inspecteurs, il en faut pour pénétrer dans une école catholique ! qu’ils continuent, cette expérience leur sera très utile lorsqu’ils contrôleront les écoles publiques dans le …..9/3 !

  4. Borne enfin démise, définitivement on l’espère, de ses fonctions de ministre. Bien qu’il s’agisse d’établissements sous contrat, ils sont avant tout des établissements privés catholiques. Plutôt que s’attaquer à tout ce qui a un lien avec le catholicisme, les inspecteurs incultes, sans racines, déconstruits, feraient bien au contraire de se féliciter que dans ces établissements, on enseigne la culture religieuse, c’est à dire l’histoire des religions, qui, si elle était connue et comprise, éviterait bien des conflits que l’on connaît aujourd’hui. L’ignorance et l’inculture conduisent à la bêtise que l’on voit chaque jour dans les faits divers, et pire encore, dans le comportement de nos politiques. Pour se justifier, on va dire que l’Etat veille à ce que son argent soit bien utilisé: alors il me semble qu’on devrait inspecter bon nombre de conseils régionaux, départementaux, mairies et surveiller quelles sont les associations bénéficiaires de leurs largesses. Car quand ol s’agit de favoriser l’entrisme islamiste des frères musulmans, rare sont ceux qui crient au scandale.

  5. L’état met il autant de zèle pour le contrôle des établissements islamiques ? On en doute. Pourtant il me semble que dans établissements catholiques le niveau est largement supérieur à celui du public. Il suffit de lire les articles de madame Virginie Fontcalel pour en être persuadé.

  6. L’éducation nationale, donc l’Etat, craindrait-t’elle la concurrence ? Triste baroud de déshonneur…

  7. « Une campagne pour intimider les écoles sous contrat » ,oui ,mais pas n’importe les quelles: les écoles cathos.
    tant qu’on se sera pas débarrassés du gauchisme qui nous nuit a tous les niveaux, ça sera comme ça.

  8. Si ces inspecteurs vont dans les écoles publiques pour y surveiller l’enseignement de la sexualité et de la transition de genre, ils n’en sortiront jamais, tant la tâche est immense !

  9. Le mot d’ordre du ministère est d’une clarté cristalline : le prosélytisme woko-gauchiste à l’école, oui. Les valeurs traditionnelles françaises, non !

  10. Il faudrait faire la chasse à tous les détraqués qui officient dans les rectorats et dans l’école publique.
    On comprend la jalousie des ces inquisiteurs gauchistes.

  11. Je constate qu’il s’agit toujours « d’écoles catholiques », jamais d’autres confession, ni d’autres lieu ou groupements de quelqu’ ordre que ce soit, et ou il y a beaucoup a dire ! ! !

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