Attaqué par les anars, le Festival de Cannes se découvre… de « drouate » !

Avant que ne s’achève, samedi, l’entre-soi du cinéma au Palais des festivals, la ville de Cannes a plongé dans le noir.
@Euronewsweek Media-Unsplash
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Alors qu’en haut lieu, on se grattait le menton pour savoir qui pouvait bien se cacher derrière les sabotages en série, un texte de revendication anarchiste est tombé, ce lundi matin.

Fine allusion à l'événement international dont le Français souchien – ce « fin de race » débusqué par Mathieu Kassovitz – se sent assez éloigné, le communiqué est construit autour de l’expression « et… coupez ! » Résultat : les autorités se demandent encore si c’est du cinéma. Sauf qu’entre l’incendie d’un poste électrique à Nice puis le sabotage d’un pylône à haute tension à Villeneuve-Loubet, ce sont des dizaines de milliers d’usagers qui ont été privés d’électricité. Aux dires de la préfecture, la coupure de courant a affecté « toutes les communes du littoral entre Antibes et le Var ainsi que des communes situées davantage dans les terres ».

Le site maire-info rapporte : « Si les conséquences ont été quasi imperceptibles pour le Festival de Cannes, il n’en a pas été de même pour le reste de la vie sociale : feux de signalisation hors service, trains supprimés, réseaux de communication perturbés, pannes d’ascenseur entraînant une centaine d’interventions des pompiers, commerçant contraints de jeter leur stock après l’interruption de la chaîne du froid… »

« Éteindre ce système mortifère »

Pourtant, les « deux bandes d’anarchistes » auteurs du communiqué l’assurent : cette action qu’ils revendiquent visait bien à « perturber le festival » et, dans la foulée, « à priver de courant les centres de recherche et les usines de Thales Alenia Space, ses dizaines de sous-traitants, les start-up de la French Tech qui s’imaginent à l’abri, l’aéroport et tous les autres établissements industriels, militaires et technologiques de la zone ». Abonnés, sans doute, des Cahiers du cinéma et fins lecteurs de Télérama, ils voient dans leur action « une coupure inopinée dans un mauvais film d’épouvante qui traîne en longueur. Le même scénario est joué et rejoué en boucle jusqu’à la nausée. Les scènes changent, les effets spéciaux aussi, mais la toile de fond est toujours la même. » Alors, écrivent-ils, « on sait bien qu’on n’est pas sur un plateau de tournage, mais l’expression « COUPEZ ! » paraissait assez bien résumer notre envie : éteindre ce système mortifère. »

Un système dont le festival de Cannes est l’emblème : ces actrices transformées en sapin de Noël par les joailliers de la place Vendôme et déshabillées par les couturiers de l’avenue Montaigne ; ces producteurs à gros cigares et aux mains parfois baladeuses ; ces gloires sur le retour shootées à la moraline et à l’avance sur recettes. Tout cela, disent-ils, est la mère de tous nos maux et la fille de tous nos vices. On ne saurait tout à fait leur donner tort…

À les lire, on comprend que les armes à l’écran sont, pour eux, tout sauf factices : « Votre spectacle sert de vitrine à une République française grandiloquente, défenseuse des valeurs du progrès sur la scène internationale, mais surtout deuxième exportatrice d’armes dans le monde. L’excellence française en la matière arme l’OTAN et sème la mort, du Yémen à Gaza, de l’Ukraine au Sahel. » Et puis, last but not least, « votre cérémonie obscène, au bord d’une mer devenue cimetière de réfugié.es, est la poubelle industrielle d’une société qui adore porter la révolte à l’écran, mais qui réprime et emprisonne toute personne qui se soulève contre sa domination sur le monde ».

Si c’était pour en arriver là…

Soyons honnête, on n’a guère envie de soutenir l’armada des festivaliers, ses armées de comédiens donneurs de leçons de vertu, ses opprimées en Louboutin et ses pseudo-racisés qui méprisent la France depuis leur villa californienne. Seul souci, comme l’a souligné David Lisnard, maire de Cannes et président de l’AMF (Association des maires de France), « ce sont les vraies gens qui ont été touchés, pas le Festival ». Et ce sont les vraies gens qui vont payer les dégâts, pas les exilés fiscaux repartis, ce dimanche, dans leur jet privé vers les hauteurs d’Hollywood.

Avant le clap de fin, on peut le dire : tout cela est du cinéma. Du cinéma, les revendications des anarchistes appelant à « couper » les écrans, les autoroutes, les pylônes, Internet, la lumière artificielle (sic), les lignes TGV, les télécommunications, le courant aux usines et à l’industrie militaire, les gazoducs et les oléoducs, l’eau à l’agriculture industrielle et aux usines de l’électronique, les barreaux des cellules de prison et, pour finir cet inventaire à la Prévert, « couper court à la silenciation et à la minimisation des violences patriarcales ».

Bref, vous tous, les ils-elles-iels de Cannes, c’était pas la peine de vous lancer dans des discours enflammés, de vous vêtir d’abayas de luxe et de pétitionner en masse « contre le génocide à Gaza » si c’était pour en arriver là, c’est-à-dire du côté obscur de la force, celui de la « drouate » capitaliste et nauséabonde !

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

19 commentaires

  1. Ces extrémistes de gauche sont la honte de la France.
    Heureusement, ce monument qu’est le Festival de Cannes a pu célébrer sa cérémonie de Clôture.
    Comme tout le monde, je déteste tout le faste, les strass et les paillettes qui entourent le Festival.
    Tout cela me paraît suranné … Mais, comme on dit, cela fait partie du folklore.

    L’essentiel est ailleurs avec la Sélection officiel de films d’auteurs qui nous viennent du monde entier.
    Cet année encore, le Palmarès y est remarquable.
    La Palme d’Or, remise à l’un des meilleurs réalisateurs contemporains, l’exceptionnel guerrier Jafar Panahi, est là pour en attester. Elle vient récompenser un homme qui, à travers son art, s’est toujours battu contre le régime sanguinaire des mollahs de l’État islamique en Iran.
    Revoyez ses précédents films : ce sont tous des petites pépites !
    Le reste du Palmarès est à l’avenant avec un Prix du Scénario pour le nouveau film des éternels frères Dardenne « Jeunes mères ».
    Nous sommes également ravis que la très douée Hafzia Herzi soit couronnée dès sa première réalisation avec un Prix d’interprétation féminine pour son actrice principale …
    On pourrait ainsi décliner tout ce beau Palmarès.

    Désormais, nous sommes impatients de voir ces films en salle.
    Longue vie au Festival de Cannes (qui appartient à tout le monde), en espérant ne plus être la cible de ces tarés …

  2. On dirait que l’action a raté sa cible, on apprend de ses erreurs, la prochaine sera peut être pertinente

  3. Les wokistes-caviars du « festival » ne se sont rendus compte de rien. Gauche-Droite, pour eux, ça n’a pas grande valeur à côté des lustres, des paillettes, restos, Chefs et Grands Crus etc Bien sûr, « on » se donne des alibis de vertus à bon compte pour se dédouaner… Las ! les anars et autres gauchistes n’en n’ont cure ( les « ingras »… )

  4. Ca ne les dérange pas les nantis que ça atteint les autres mais quand leurs copains les dérangent là c’est autre chose !!! Et dire qu’on subventionne leurs daubes qu’ils appellent films de nos impôts ….

  5. Deux sociétés aussi néfastes l’une que l’autre qui s’affrontent. Qu’il est beau le monde de 2025. Il n’a rien à envier a ses prédécesseur il en cumule tous les vices.

  6. Le festival de Cannes ? Un ramassis de has been, qui en sont réduits à pratiquer l’entre so, d’ex vedette sur le retour qui viennent tenter de se redorer le blason en entonnant des hymnes à la mode : « plus à gauche que moi tu meurs »… Une Binoche qui vient nous parler des pauvres, vêtue d’un ensemble haute couture à plusieurs milliers d’Euros. Un Kassovitz, qui essaie de se rappeler à notre bon souvenir en crachant sur ceux qui l’ont fait… Autrefois, la palme d’or etait LE film qu’il fallait aller voir. Aujourd’hui qui en connaît simplement le titre ?

  7. Les anarchistes ont tout compris. Coupure électrique. Plus de paiement electronique. Les touristes sont partis des hôtels de luxe sans payer. Vive l anarchie..

  8. on est en pleine « révolution française » ,a l’époque de la terreur, ou même Robespierre a fini par se faire décapiter par ses copains révolutionnaires parce que pas assez gauchiste.

    • Faux : les « gauchistes », c’était les hébertistes, tous raccourcis par Robespierre…

  9. Ah bon ? « Y »-avait un truc de cinéma là-bas ? mon voisin ne me l’a pas dit….mais c’est vrai qu’il est comme moi il n’a pas de poste de télévision

  10. Bof, ça a en effet diminué quelques instants le discours d’hyper riches ( grace a nous) et dinc défendant les valeurs de gauche pour les autres et de faire de la publicité pour le Hamas.
    A part rognant notre argent avec les subventions qu’on leur accorde, interressant ils beaucoup de gens avant de retourner dans leurs luxueuses villas californiennes ce qui leur permet de payer moins d’impôts

  11. Le Pen a encore frappé ! La tristesse de ces « Attentistes »de Gauche (pléonasme) est que les Acteurs et Producteurs, leurs complices, n’en ont guère souffert.

  12. SVP Marie Delarue ne parler pas en écriture inclusive ( es ils-elles-iels ) cela me sort par les troues de nez. Pour ce qui est de ce festival je l’interdirais vue que la plus part de ces gens paye leurs impôts a l’étranger alors qu’ils y restent et nous foutent la paix.

    • Justement les es il-elles-iels c’était du second degré pour se moquer de l’écriture dite inclusive.

      • Oui, j’ai compris que c’est pour se moquer de cette écriture mais quand je lis par exemple  » la professeur » je me dis qu’étudier le français est assez compliqué au départ mais s’il se trouve maintenant des mots avec deux genres, qu’en pense l’étudiant ? Un colonel c’est masculin, la colonelle, c’est féminin, c’est la femme du colonel, alors si madame est colonel, le sous-fifre lui dira du mon colonel et non du ma colonelle. Oui ma colonelle, certainement ma colonelle , marrant!

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