Au Nigeria, « un chrétien meurt toutes les deux heures »
L’Aide à l’Église en détresse s’apprête à publier son rapport international sur la liberté religieuse, ce lundi 20 octobre. Dans son rapport annuel, l’ONG Portes ouvertes révélait, en janvier 2025, les chiffres troublants des persécutions chrétiennes. Quelques articles çà et là avaient alors étaient publiés, mais depuis, pas de bruit, alors que, chaque jour, des chrétiens sont attaqués et tués.
Une situation mondiale alarmante
Selon Portes ouvertes, 380 millions de chrétiens ont été « exposés à des persécutions et des discriminations fortes en raison de leur foi » dans 78 pays différents, sur la période du 1er octobre 2023 au 30 septembre 2024. Leur rapport témoigne d’une intensification générale de ces persécutions dans une violence croissante, notamment dans le contexte des insurrections djihadistes, des régimes autoritaires ou des guerres civiles. Au total, ce sont 4.476 chrétiens tués dans le monde, soit 1 chrétien sur 7, dont 3.100 rien qu’au Nigeria. Les églises ou les propriétés chrétiennes publiques sont également attaquées, pillées et parfois totalement détruites : au moins 7.670 ont été prises pour cible. Derrière ces chiffres, « ce sont des milliers de chrétiens qui se sentent en danger au moment de se réunir ou sont tout simplement privés de leur liberté d’association », rappelle l’ONG qui intervient localement pour soutenir ces chrétiens. L'organisme souligne l’aggravation des violences en Afrique subsaharienne depuis 30 ans où des groupes armés de l’extrémisme islamiste sévissent contre les minorités, notamment au Nigeria.
Nigeria : une persécution « endémique »
D’après l’ONG, les chrétiens représentent près de la moitié de la population nigériane, mais de jour en jour, leurs effectifs diminuent. « On nous rapporte tous les mois des attaques à l’encontre des chrétiens », explique, à BV, la chargée de relations presse, précisant que c’est le pays où il y a le plus grand nombre de chrétiens tués chaque année. Ainsi, entre 2023 et 2024, ce sont près de 3.100 chrétiens nigérians qui sont morts, soit entre 9 et 10 chrétiens par jour - à peu près un chrétien toutes les deux heures. Une violence accrue que l’organisation qualifie d’« endémique ». Pour cause : dans le nord, à majorité musulmane, les chrétiens « vivent sous la charia dans douze États ». Récemment, en septembre 2025, Boko Haram a attaqué le village de Darul Jama (État de Borno), tuant au moins 55 personnes et incendiant des maisons. La violence des extrémistes islamiques (Boko Haram et ISWAP) dans cet État poussent les chrétiens à fuir, mais les persécutions s’étendent dans le sud, à majorité chrétienne. Les jeunes filles se font enlever, sont forcées à se convertir, à se marier et elles subissent des viols répétés. Dans l’État de Plateau, les assaillants fulanis se radicalisent : « Lorsque les hommes armés fulanis sont venus nous attaquer, ils criaient "Allah akbar, nous allons détruire tous ces chrétiens" », témoigne un déplacé, à l’ONG. Face à ces violences, les autorités nigérianes réagissent tardivement et restent parfois passives : « Les soldats stationnés dans le village se sont retirés juste avant l’attaque, nous ne comprenons pas pourquoi ils ont agi ainsi », témoigne une victime de ces exactions.
Malgré ces persécutions, la foi ne faiblit pas, au contraire, «l’Église nigériane continue de croître », les chrétiens sont déterminés à rester fidèles et certains musulmans se convertissent, au risque de leur vie, rapporte l’ONG.
La Syrie en tension
D’après le rapport de Portes ouvertes, la situation de la Syrie semblait s’améliorer, avec notamment moins d’églises attaquées. Néanmoins, depuis la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, le pays est dans une situation incertaine qui pourrait laisser advenir le pire. Le 1er octobre 2025, trois chrétiens ont été abattus dans la province de Homs. Selon Régis Le Sommier, ancien reporter dans ce pays, si le gouvernement d’Ahmed al-Charaa s’était engagé à respecter les minorités, c’est une illusion de croire à de telles promesses. Il explique en effet à BV que le nouveau dirigeant syrien veut apparaître comme un pacificateur démocratique mais qu’en réalité, il contrôle tout et attaque de manière ténue et insidieuse les minorités pour ne pas éveiller les soupçons. « C’est toujours par vagues, l’idée étant d’instaurer un climat d’incertitudes, de peur pour ces populations », affirme-t-il.
Si Ahmed al-Charaa montre patte blanche sur la scène internationale, son objectif n’en demeure pas moins d’éradiquer les minorités de son pays. Régis Le Sommier rappelle que « quand vous faites le djihad, vous n’en sortez pas ou alors vous mourez. » Selon lui, l’adage djihadiste « Les alaouites à la mer, les chrétiens à Beyrouth » reste donc en vigueur. Par conséquent, selon l’ancien directeur de Paris Match, c’est une faute grave, de la part des Américains et de la France, d’avoir des relations diplomatiques avec un tel dirigeant. « À la tête du gouvernement, on va lécher les pieds d’un gars qui a du sang sur les mains, qui a même plus, parce qu’il a participé à la création de Daech », estime le journaliste. Il dénonce l’hypocrisie et la compromission de la communauté internationale qui « ferme les yeux ». Pourquoi laissent-ils faire ? « Parce qu’ils ont un équilibre diplomatique avec Ahmed, alors que Bachar, ils ne pouvaient pas le manipuler car il était proche des Russes », analyse-t-il. Néanmoins, le reporter met en garde : « Manipuler le religieux fondamentaliste, ça finit toujours mal », assure-t-il. Il conclut que « le départ des Syriens chrétiens serait dramatique » dans un pays où les racines chrétiennes sont si puissantes.
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32 commentaires
Merci pour ce rappel sur la persécution dont les Chrétiens sont victimes. Mais Mme Marignane, les expressions « au local » et « à l’international » ne se disent pas. Il est plus élégant de dire « localement » ou « sur la scène internationale ».
Les médias ordinaires n’en parleront pas. Burkina idem. Ils choisissent leurs thèmes ( qui devrait, d’après leurs calculs, retenir le public sur leurs chaines respectives ). On dit : » le service public « etc Certes, mais pour certaines chaines privées, ce n’est pas un sujet porteur ? ( « vendeur » disent ils dans certaines rédactions )
La France n’est pas en reste avec les nombreuses attaques d’églises, de statues de la Sainte Vierge ou encore, tout récemment, l’usage d’un hélicoptère (payé par le contribuable et non par le maire) pour enlever une croix.
Ah l’islam … religion de paix et d’amour … sûrement une fois qu’ils auront éradiqué tous ceux qui n’en Font pas partie et encore … après ils se boufferont entre eux ….
Pour dénoncer le massacre des chrétiens, c’est comme le féminisme pour soutenir les femmes iraniennes, abonnés absents. A désespérer
Il n’y a pas qu’au nigéria d’ailleurs, les massacres de Chrétiens c’est dans presque toute l’afrique, la syrie, le pakistan aussi
Et rien dans les médias qui nous ont fait du pro gaza tous les jours !!!
Les églises brulées aussi quand on construit des mosquées sur notre sol, la tolérance toujours du même côté, nous devons subir toujours plus de leurs revendications et ça marche
Je n’en peux plus vraiment
on doit s’enflammer pour rien !?…puisqu’au vatican…c’est le « tapis » rouge qu’on leur déroule…
on doit se tromper ?