Auditionnée, Rachida Dati dénonce la « consanguinité » dans l’audiovisuel
Les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public se poursuivent à un rythme effréné. Après les anciens ministres de la Culture, c’est au tour de l’actuel locataire de la rue de Valois, ce jeudi 5 février. Dénonçant une « consanguinité dans certains milieux », Rachida Dati a plaidé pour une « réforme structurelle de l’audiovisuel public ».
Elle est sur le point de faire ses bagages. Pour se consacrer à la campagne municipale de Paris, le ministre de la Culture a annoncé quitter, d’ici quelques semaines, la place qu’elle occupe depuis deux ans. C’est donc un ministre libre qui s’est exprimé devant la représentation nationale. Après les tensions survenues entre Jérémie Patrier-Leitus et Charles Alloncle la veille, l’animosité n’a pas disparu, certes, mais le ton général de cette nouvelle audition se veut apaisé. Il faut noter que la commission d’enquête aborde sa septième audition de la semaine et que chacune d'elles dure entre trois et quatre heures.
Parmi les sujets abordés par le rapporteur Charles Alloncle, que l’incident de la journée précédente n’a pas découragé, les possibles conflits d’intérêts à propos d’un certain nombre d’acteurs de l’audiovisuel qui, ayant opéré dans le service public, deviennent par la suite salariés de sociétés de production. Le député de l’Hérault déplore des cas « trop courants, trop banalisés ». Il cite notamment le cas de Nathalie Darrigrand, ancienne directrice des programmes de France Télévisions et de France 5. La journaliste a signé dans le cadre de ses hautes fonctions des contrats « importants » avec la société Together Media, dirigée par Renaud Le Van Kim, ancien militant de la Ligue communiste révolutionnaire soit dit en passant, avant d’être licenciée par France Télévisions. Comme par hasard, Nathalie Darrigrand se retrouve quelque temps plus tard directrice générale de cette même société Together Media.
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« Sans encadrement, tout est possible »
Autre exemple, celui de Takis Candilis qui, après avoir été directeur général de la société de production Banijay France pendant un an, devient en 2017 responsable des programmes chez France Télévisions jusqu’en 2020, année où il retourne chez Banijay. « N’importe quel haut fonctionnaire ou élu qui aurait commis cette navette-là serait passé a minima par la case du déontologue, voire même pénale », constate le parlementaire ciottiste, qui y voit des « conflits d’intérêts ». La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, ne les a pas niés lors de son audition devant la commission. « Est-il urgent d’encadrer parfaitement ce type de conflits d’intérêts et de pantouflages, qui minent la confiance que les Français peuvent éprouver à l’égard de l’audiovisuel public ? », interroge Charles Alloncle. Ne se dérobant pas, Rachida Dati souligne une « réalité » et ne s'encombre pas de circonvolutions : « On souffre d’une certaine forme de consanguinité dans certains milieux, sans aucun contrôle. » « On considère que c’est normal, on est du même monde et du même milieu, constate le ministre de la Culture, donc on passe d’un univers à un autre ; finalement, ça [paraît] quasiment normal, alors que ça ne l’est pas. » L’ancien garde des Sceaux invite les parlementaires à se saisir de cette question afin de « prendre les mesures pour pouvoir éviter [les conflits d'intérêts], les contrôler et les empêcher ». Elle insiste : « Sans encadrement, tout est possible, comme dirait l’autre, tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. »
« Le statu quo n’est plus une option »
La prime de 80.000 euros touchée par Delphine Ernotte malgré les 80 millions de déficit de France Télévisions a longtemps été débattue, Rachida Dati se retranchant derrière une décision votée par le conseil d’administration selon des « critères et des objectifs très stricts ».
La meilleure ennemie d’Anne Hidalgo a maintes fois rappelé son « attachement » à l’audiovisuel public et son souhait de voir aboutir une « grande réforme structurelle ». « Le statu quo n’est plus une option, a-t-elle souligné, pour préserver sa qualité et son existence, la réforme est incontournable, nécessaire et indispensable ».
Dans une audition maîtrisée, le ministre de la Culture s’est aussi déclaré « choquée » par les désormais célèbres propos tenus par les journalistes Patrick Cohen et Thomas Legrand dans un bistrot parisien. Interrogée sur la fameuse phrase prononcée par ce dernier - « Nous, on fait ce qu’il faut pour Dati » -, la candidate à la mairie de Paris dénonce des propos « graves », tout en déplorant la méthode de l’enregistrement d’une conversation privée. Pas le genre à se laisser troubler, même par Charles Alloncle.
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28 commentaires
La première des réformes serait de mettre un vrai patron à la tête de l’audiovisuel public. Ernotte n’est qu’une militante qui s’inscrit dans l’air du temps défini par Macron, donc soumise, Macron socialiste donc déconstructeur par naissance. Un socialiste sachant gérer dans un objectif de productivité, cela se saurait. Ce serait miraculeux.
Pour moi , Dati et Hidalgo c’est du pareille au même , chacune dans leur camp , deux personnes qui mènent grand train avec les dépenses .
L’opinion a juqu’ici souvent été favorable à Madame Dati. Depuis son entrée en « macronie » elle génère plus déception qu’enthousiasme. Qu’elle sorte rapidement de cette espèce de péché originel si elle veut bénéficier d’un franc soutien pour Paris. Elle vaut tellement plus qu’une Hidalgo.
Les conflits d intérêts sont permanent à France télévision et ça dure depuis longtemps et aucun des contrevenant n est poursuivi pénalement c est vraiment le scandé d état en plus gzgie organisée à tous les étages avec la complaisance des politicards Privatiser France télévision est urgent On voit comment le président de la commission d enquête défend bec et ongle la société mediawan en affirmant que celle ci est française il a raison sur la forme elle est française mais de fait elle est américaine puisque c est un fond de pension américain qui est l actionnaire majoritaire donc de fait les contribuables française enrichissent massivement un fond de pension américain c est inacceptable
Demain elle ne sera plus ministre de la culture. Donc elle commence à dénoncer la main qui l’a nourrit. Et elke dénonce les travers de france télévision.. mais qu’à t’elle fait au ministère pour corriger tout ces excès??
Ne pas oublier qu’elle mange à tous les râteliers.
Pourquoi autant de salariés si l’on sous-traite une grande partie à des boites privées ?? Qui détermine la justesse des facturations ?? Les rétro-commissions doivent être « tentantes » pour faire passer les factures , mais je suis peut être « mauvaises langue »
Evidemment tout le monde sait que ça n’existe pas, tout comme pour les marchés passés par le gouvernement à un grand cabinet de conseils américain qui bien entendu ne reverse rien à personne. Seulement si on est dans les affaires on ne peut s’empêcher d’avoir un doute.
Dans la même journée, nous avons eu droit à l’excellente Laurence BLOCH pour la quelle la liberté de la presse est à sens unique, c’est-à-dire, dans son sens à elle. Les humoristes qu’elle soutient, et c’est son droit, ne sont pas drôles.
Donc les simples d’esprit que nous sommes préfèrent des humoristes plus classiques dans leur genre sans pour cela être complaisant dans la satyre qui est une discipline exigeante : on pourrait citer sans se tromper : DEVOS, LE LURON, COLUCHE, DESPROGES (et son tribunal des flagrants délires sur France Inter à l’époque !!!!) et tant d’autres et de nos jours : CANTELOUP, GERRA, MABILLE, CHEVALIER (Philippe), GUIDONI …….. eux ne remuent la fange et les fonds de ruisseau : merci à eux, hontes aux autres et surtout à ceux qui leur permettent d’exister et qui les applaudissent.