Avec l’Eure, la majorité des départements est désormais revenue au « 90 »
Depuis le 9 février, l’Eure est le 52e département à revenir à la limitation de la circulation à 90 km/h sur les routes départementales. Ce lundi, des représentants du conseil départemental et une équipe technique ont convié la presse pour le remplacement du premier panneau indicateur « 80 » par un « 90 ».
Le retour des 90km/h sur les routes départementales du Département de l'Eure c’est fait ! Engagement tenu ✅ pic.twitter.com/6IbL4fMRqN
— Ensemble Pour l'Eure (@pour_eure) February 9, 2026
Le « 90 » redevient majoritaire
Ce basculement du département normand est un symbole fort puisque désormais, les départements à « 90 » sont redevenus majoritaires sur le territoire. « Engagement tenu », a annoncé le compte X d'Ensemble pour l’Eure, le mouvement de la majorité au conseil départemental. Les uns après les autres, les départements reviennent sur la mesure de généralisation du « 80 » imposée en 2018 par Édouard Philippe, alors à Matignon.
Ça y est, c’est effectif ! Depuis aujourd’hui, les routes départementales de l’Eure repassent à 90 km/h.
Pour voir ce que ça change pour vos trajets, regardez la vidéo ⬇️ pic.twitter.com/iwgHdnWUv7— Département de l’Eure (@EureenNormandie) February 9, 2026
Pour le président LR du département, Alexandre Rassaërt, rapporte Le Parisien, cette restriction était « vécue comme injuste » par les habitants de l’Eure. Elle « ciblait des gens qui travaillent, vivent à la campagne et ne peuvent se déplacer qu’en voiture ». Il rappelle d’ailleurs que la question des 80 km/h figurait dans les cahiers de doléances des Gilets jaunes et aurait été « un déclencheur des contestations. » Et en revenant au « 90 », « nous corrigeons cet affront fait à la ruralité », assure-t-il.
« C’était un affront fait à la ruralité » : l’Eure repasse ses départementales à 90 km/h
➡️ https://t.co/s1QiQFUvqs pic.twitter.com/agV4HhyPaQ— Le Parisien (@le_Parisien) February 10, 2026
À ce sujet — [AUTOMOBILE] Rentable mais inefficace, la politique du « tout radar » atteint ses limites
Ce sont donc 4 200 kilomètres de routes du département qui repassent à la limite historique, après une série d’études de sécurité effectuées dès la fin 2024 par le Pôle technique et gestion de la route (PTGR). Survendue à l’époque par Édouard Philippe, encouragé par quelques associations, la limitation à 80 km/h n’a jamais convaincu, et son efficacité a surtout été rapidement démentie par les chiffres officiels de l’accidentalité routière.
Édouard Philippe démenti par les chiffres
Alors que le gouvernement de l’époque promettait des résultats sur la sécurité routière comparables à ceux de « l’obligation du port de la ceinture de sécurité », le président de l’Eure indique que les tests effectués depuis ont montré qu’il « n’y a pas eu 50 % de moins de mortalité, bien au contraire, il y a eu plus de blessés ». Et il rappelle par ailleurs que la plupart des accidents sont multifactoriels, pointant « l’alcool, le comportement, le portable, les stupéfiants, etc. ».
Selon Emmanuel Barbe, les #80kmh ont "épargné 334 vies" en 18 mois. Vraiment ?#SécuritéRoutière pic.twitter.com/tXP2DOhcYn
— 40 millions d'automobilistes (@40MA) February 11, 2020
Ces constats du président de l’Eure rejoignent d’ailleurs les conclusions de l’association 40 millions d’automobilistes, qui a analysé les statistiques dans les départements restés aux 80 km/h. Cette mesure, comme d’ailleurs la généralisation des radars, n’a pas fait baisser le nombre des victimes, lequel a même augmenté sur les dernières années. « Le 1er juillet 2018, rappelle 40 millions d’automobilistes, le gouvernement abaissait la vitesse maximale autorisée de 90 à 80 km/h sur 400.000 km de routes bidirectionnelles sans séparateur central ». Cette mesure, dont Édouard Philippe annonçait qu’elle allait sauver « entre 350 et 400 vies » par an, « fut prise sans réelle concertation avec les collectivités territoriales, ni consultation approfondie des citoyens ».
Or, en 2019, « les résultats rapportés par l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR) montraient, non pas une diminution du nombre des accidents et des tués sur les routes, mais une augmentation de 5 décès sur les routes françaises métropolitaines et d’Outre-mer par rapport au même semestre l’année précédente ».
Bon sens et adaptation aux réalités
Et « à l’inverse, le retour aux 90 km/h n’a pas été marqué par une recrudescence des accidents dans les départements concernés », constate par ailleurs 40 millions d’automobilistes, pour qui la vague de retour aux 90 km/h s’explique aussi, au-delà de l’inefficacité des 80 km/h, par le fait que « les élus ont à cœur à une limitation plus adaptée à la situation de leurs routes ».
D’ailleurs, la carte de France des limitations de vitesse par départements, produite par 40 millions d’automobilistes, est très instructive. On y constate que la plupart des départements « centraux » de l’hexagone, essentiellement ruraux, sont revenus au « 90 », tandis que les départements des grandes métropoles, ainsi que de nombreux département côtiers, hésitent encore et maintiennent pour l’instant le « 80 ».
Ce lundi 9 février, l’Eure remet en place les 90 km/h sur ses routes !
Hervé Maurey, sénateur de l'Eure, est direct sur les 80 km/h : "Le bilan n'a pas été concluant. On a vu très nettement que ça n'avait pas réduit la mortalité sur les routes." pic.twitter.com/lMWL8H3L1D
— 40 millions d'automobilistes (@40MA) February 6, 2026
Dans l’Eure, le retour au « 90 » a par ailleurs nécessité le réglage des radars automatiques et le changement d’un millier de panneaux indicateurs, pour un coût d’environ 300 000 euros. Cela correspond à « 5 % du budget annuel consacré à la voirie du département et 50 centimes par Eurois en une fois », indique Alexandre Rassaërt. Un coût qu’il juge « abordable », même si cela « aurait coûté moins cher de ne jamais appliquer les 80 km/h. » Comme toutes les usines à gaz, ce qui est inutile ou contreproductif est par définition toujours trop cher, en effet.
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59 commentaires
Belle démonstration d’incompétence, mais il en est fier et veut même être président, non merci.
A chaque fois qu’un type vous dit que telle ou telle mesure a épargné un certain nombre de vie, soyez sûr qu’il raconte n’importe quoi. Il devrait plutôt méditer la fameuse phrase de Churchill :
Je ne crois aux statistiques que si je les ai moi même trafiquées.
Ce qui serait logique, ce serait :
– Pour arrêter les chauffards, de supprimer l’avertissement des radars et en même temps, de porter la marge de tolérance à 10 ou 15 km/h (suivant les cas, urbain, campagne, etc.). En conduisant, on ne connait pas sa vitesse à 5 km/ près, il faut constamment regarder son compteur, ce qui est dangereux.
– Pour signaler les endroits particulièrement dangereux, de maintenir les panneaux avertissant les radars et tolérance limitée à 5 km/h, pour que tout le monde roulent doucement.
Mais la logique a-t-elle droit de cité sur la réglementation routière ? Près de chez moi, il y a une 4 voies séparées par un terre-plein central, aucune entrée ni sortie en dehors de grands ronds-points très espacés (plusieurs km), de grandes lignes droites et pourtant limitée à 70km/h, avec des tronçons limités 50km/h ! N’importe quoi…
Cette baisse à 80 km/h de la vitesse maximum n’était en fait rien d’autre qu’une mesure prise par un type à qui il a pris l’envie d’abuser du pouvoir qui était le sien d’emmerder les Français. Imaginons la jouissance de l’individu décrétant, parce que tel est son bon plaisir, et sans avoir à s’en justifier si ce n’est par une étude bidon menée dans des conditions les plus contestables qui soient, que tout automobiliste circulant en France aura à se soumettre à ce qu’il a décidé, lui. Si ce n’est pas de l’ingénierie sociale, au travers de laquelle certains prennent plaisir à tester la résistance de la société à se laisser imposer des mesures ineptes, qu’est-ce d’autre ? Ça a également permis de tester l’acceptation globale des mesures violentes prises à l’encontre des contestataires en gilets jaunes. Violences qui font désormais systématiquement partie de la réponse apportée par le gouvernement à ceux qui ne sont pas d’accord avec lui.
Pourquoi n’a-t-on pas conservé ces anciens panneaux 90 ? Il fallait bien se douter qu’on allait rapidement les remettre en circulation. Ça doit bien profiter à quelqu’un…
Edouard Philippe c’est l’entètement sur le 80 kmh et la taxe de 5 centimes sur l’essence et donc l’explosion des gilets jaunes dans la foulée. Philippe c’est l’intelligence de situation incarnée. Pourvu qu’il ne soit pas élu en 2027 !!!
Combien cette petite bagatelle »Philippesque » aura coûté au contribuable. Et certains voudraient en remettre une couche a la présidentielle. On marche sur la tête.
Quel Bilan financier ? les panneaux indicateurs ont dû être changé 2 fois. Intéressant pour le fabricant qui a ensuite admis Edouard Philippe dans son staff. En reconnaissance ?
Et on pourrait au passage supprimer les panneaux de limitations de vitesse par temps de pluie que personne ne sait définir.
Excellente mauvaise mesure de Édouard Philippe ex premier ministre et énième de Macron. Cette affaire a coûté combien aux contribuables français ? Et il veut aller dormir à l’Elysee ? Qu’il reste à sa place au cirque d’hiver avec son ami Attal mr vêtements.
2/ sans jouer les mauvais esprits, regardez autour de vous le nombre de panneaux, leur bien fondé et demandez vous a qui profitent tous ces changements ….
1/ il conviendrait de faire le distinguo entre Les « accidents de la route » et les « fautes de comportement »
Combien de limitations, de panneaux, de radars contraignent les conducteurs « normaux » et sont inopérants pour les «spécialistes des incivilités » !
Quel rapport entre la vitesse et des « roues arrières » des rodéos, des courses sauvages etc ?
Un vraie politique de la securité routière demanderait du sérieux, du recul et de la bonne foi.
Quiconque s’est intéressé d’un peu près à la problématique de la sécurité routière (c’est mon cas…15 ans de prévention routière ET de LCVR, puis depuis 20 ans, donateur de la LDC…cherchez la raison du virage à 180°…) sait pertinemment que la « politique routière » menée par notre oligarchie aux manettes depuis 40 ans :
• n’est que très peu inspirée par la (légitime) recherche d’amélioration de l’accidentalité routière, qui stagne depuis 10 ans
• l’est un petit peu par des préoccupations trivialement mercantiles: Bénéfice des amendes = un petit milliard par ans,
• l’est davantage par la non mise en œuvre des moyens vraiment efficaces pour y parvenir: abstention d’entretien et d’amélioration du réseau=15 à 20 milliards/ans d’économies aux budgets publics.
• l’est surtout, et PRINCIPALEMENT, par le bénéfice politique de la posture sécuritaire qu’elle confère à ses défenseurs !
• Last but not least, elle constitue un élément redoutablement efficace de l’arsenal de soumission sociale de la société orwellienne qui sinstalle…2/3 de la population sont ainsi maintenus en état de présomption de culpabilité routière.
Les décès, surtout accidentels, ne sont pas tous chargés de la même connotation affective. La France enregistre 550 000 décès par ans, dont à peine 30 000 accidentels…dont 10 000 par maladies nosocomiales… et seulement 3 200 décès routiers, soit 0.6% des décès, qui ne figurent même pas dans le top 10 de la catégorie : autant dire que beaucoup d’autre morts prématurées sont évitables en priorité.
Mais le « mort routier », avec son cortège de soudaineté, de brutalité, de tôles froissées, de chairs déchiquetées, de sanguignolence, de haine viscérale du chauffard ivrogne, vaut dans la cote de l’horreur 10 fois plus que le mort nosocomial, 100 fois plus que le mort du cancer. Rares sont les politiques qui osent ouvertement ramener le débat à sa juste proportion.
Quant à l’impact du « tout limitation de vitesse », qui peut encore y croire, alors que toutes les statistiques démontrent sa totale inefficacité , voire sa nocivité. Qui n’est pas capable de faire une règle de trois niveau CM1 pour tordre le cou à cet absurde postulat « 1km/h de moins = 5% de tués en moins » que nous opposent depuis des décennies les gourous de l’anti-bagnolisme primaire.
Rappelons enfin pour conclure que depuis 1972 (17 200 tués sur la route), le taux d’accidentalité au kilomètre parcouru, a été divisé par un facteur de 18 !
À 90 ou 80, avant l’Eure c’est pas l’Eure et après l’Eure c’est plus l’Eure.
Il conviendra de se souvenir de cette mesure absurde parmi d’autres du même auteur si Philippe est candidat en 2027.
Je suis partisan de la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes et à 120 km/h sur les autoroutes comme en Suisse . C est une mesure de bon sens car avec l augmentation de la densité des véhicules en circulation , le niveau de nervosité des conducteurs augmente parallèlement et comme en France 80 % des conducteurs ne respectent pas les limitations d e vitesse et les distances de sécurité entre les véhicules , nous constatons toujours autant d’ accidents mortels dus à des vitesses excessives , que la vitesse limite soit de 80 ou de 90 km/h . Avec une conduite plus apaisée , on peut significativement baisser sa consommation de carburant .
Lors du passage de 90 à 80 km/h, je roulais en petit 4×4 doté d’une boîte auto à 9 vitesses. Étant un conducteur avec une conduite apaisée, comme vous dites, je me suis amusé à vérifier ma consommation.
À 90 km/h j’étais en 9ème et à 80 km/h la boîte de vitesse passait tout le temps de la 8ème à la 7ème et vice et versa me faisant consommer presque 2 litres de plus. Alors baisser signicativement sa consommation, laissez moi en douter
Les écolos aussi sont pour tout baissé sur les routes, et pourquoi ? parce qu’une voiture électrique supporte mal les 130 Km/h sur autoroute et constate une nette baisse d’autonomie ! Sous prétexte d’humanité, on sait qu’il y a toujours un intérêt personnel qq part !
Vous faites combien de kms par an ?
Mollard.
En Belgique, c’est 90km/h sur les routes équivalentes à nos départementales et 120 sur autoroutes. Et il n’y a pas davantage d’accidents chez eux que chez nous.
Par ailleurs, j’ai fait l’amer constat que sur nos départementales bridées à 80km/h, on se fait systématiquement rattrapés et littéralement « poussés au cul » par les poids lourds dont les conducteurs n’ont cure de ces limitations.
Très stressant la calandre d’un semi-remorque qui occupe toute l’étendue de votre rétroviseur intérieur.
Quant aux vitesses excessives, ne serait-il pas cohérent que les pouvoirs publics enjoignent aux constructeurs automobiles de cesser cette course effrénée à la puissance et partant, à la vitesse que l’on constate depuis toujours et qui se poursuit avec l’irruption sur nos routes de véhicules électriques aux performances sur vitaminées, 300chevaux dans certains modèles. Pour en faire quoi? Epater la galerie ?