Bal tragique des cocus à l’Élysée : un mort…

L'invitation au bal de l'Élysée fut envoyée nuitamment aux chefs de partis. Pas à tous...
Capture d'écran
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« Ils sont venus, ils sont tous là », chantait Aznavour, dans La Mamma. Ce vendredi après-midi, c’était un peu ça, à l’Élysée. Ils étaient tous là ? Tous ceux qui ne veulent surtout pas que les Français retournent aux urnes car ils risqueraient de perdre leur siège si le Président venait à dissoudre l’Assemblée nationale. Macron a ressorti sa carte favorite, son joker, son truc à lui : la peur. La peur qui le sauva tant de fois : peur de la chienlit au temps des gilets jaunes, de la peste avec la guerre contre le Covid-19, peur de « l’extrême droite », vieille ficelle qui marche toujours (pour combien de temps encore ?).

La peur

Ce coup-là, Macron s’est servi de la peur de la dissolution (et de son supposé cortège d'instabilité !) pour sauver ce qu’il reste de sa peau de chagrin. Treize chef de partis (pas moins) étaient donc conviés au Palais. Une invitation lancée nuitamment par la présidence de la République : par les temps qui courent, on doit souffrir d’insomnie, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Parmi les invités figuraient les représentants des mouvements politiques cumulant des scores microscopiques aux élections comme, par exemple, le Parti radical de gauche : 0,26 % aux dernières européennes avec la liste Europe Territoires Écologie (zéro élu, évidemment) sur laquelle, en cinquième position, on trouvait une certaine Juliette Méadel, ministre démissionnaire du gouvernement Bayrou ! Tout un symbole.

Syndic de faillite

Donc, ils sont venus et étaient tous là. Des LR, dont on ne sait plus trop bien où ils habitent (le savent-ils eux-mêmes ?), dépositaires, paraît-il, d'un morceau de la vraie croix de Lorraine du gaullisme, aux communistes et son long cortège de victimes à travers le monde au siècle dernier. Tous là, sauf, bien entendu La France insoumise et le Rassemblement national. Normal ! Le premier veut la démission d’Emmanuel Macron (comme Édouard Philippe, pourtant invité à ce bal tragique), le second la dissolution. Ils se sont donc eux-mêmes exclus. Bien fait pour eux et leurs millions d’électeurs, a dû se dire Emmanuel Macron, qui ne fait même plus semblant : il n’est plus le Président de tous les Français (l’a-t-il jamais été ?) mais le chef d’un syndic de faillite. Tous les partis conviés à ce thé dansant contribuent plus ou moins à la longue dégringolade de la France depuis quarante ans, la phase (terminale ?) du macronisme étant en quelque sorte un précipité, une synthèse, une accélération du phénomène.

Ils sont venus et étaient tous là. Et, donc ?

Et donc, Macron n’a donné « aucune réponse claire », rendait compte le socialiste Olivier Faure. « Concrètement, il n’y avait rien de concret », a rajouté, grinçant, son siamois Boris Vallaud, résumant bien la situation, il faut bien l’avouer : « Il [Macron] fera bien comme il veut et il ne fera pas comme veulent les Français. » Comme d’hab' ! À l’heure où nous écrivons ces lignes (18 heures), il serait question de renommer un Premier ministre issu du « socle commun » et il n’y aurait pas de dissolution. Ouf ! Le bal devient quand même tragique. Socle commun ? La dalle est bien fissurée. C’est encore le binôme socialiste qui nous révèle, au sortir de l’Élysée, que Macron aurait posé cette question : « Qui est dans la majorité ? » Pathétique. On pense à l’évangélique question : « Pierre, m’aimes-tu ? » Seuls Attal et Fesneau (MoDem) auraient répondu par l’affirmative, Philippe étant resté silencieux.

Pendant ce pince-fesse très parisien où tout le monde se déteste, Marine Le Pen - plus de treize millions d’électeurs au compteur, en 2022, mais c'est un détail de l'Histoire, excusez du peu, et dont le parti semble bien parti pour atteindre les 40 % d’intentions de vote, si ça continue comme ça - battait la campagne au Mans à l’occasion du congrès national des sapeurs pompiers. Là aussi, tout un symbole.

Au fait, qui sont ces cocus, au bal masqué de l’Élysée ? Devinez, devinez qui ils sont. Et le mort ? Peut-être bien la Cinquième République.

[Mise à jour le 10 octobre 2025 à 22h50] Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire, a été reconduit dans ses fonctions à 21h59.

 

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

108 commentaires

  1. Un courtisan est semblable à ces plantes faites pour ramper qui s’attachent à tout ce qu’elles trouvent, ces politicards, députés, sénateurs et anciens ministres sur le retour sont des rampants, des parasites vivants grassement sur le dos des français et de l’argent public.

  2. Rien ne dit que la comédie n’était pas prévue depuis le début.
    Il a gagné combien de temps ? Un mois.
    Un autre mois pour constitué un gouvernement qui sera composé de tous les incompétents déjà vu. Donc pas de cha,gement. La France continuera de couler.

    • « Rien ne dit que la comédie n’était pas prévue depuis le début. » Mais tout laissait, dés le début, à penser qu’elle l’était.

  3. Face à une telle provocation, dans n’importe quel autre pays, la population serait dans la rue. Mais :
    Il a attendu 22h
    Demain c’est le week-end
    Bientot les vacances de la Toussaint etc etc

  4. Macron va-t-il comprendre que le rideau est tombé, la pièce est finie et il n’y aura pas de rappel ! les paris sont ouverts : censure dans 3 jours et dissolution dans la foulée, élections 35 jours plus tard… son but pervers est en fait d’amener le RN à la majorité, pour le faire se planter ensuite. N’est pas machiavel qui veut.

    • à, vous n’avez pas tord, la droite devrait « refuser l’héritage, la dette est trop énorme », c’est inscrit dans le code civil !

  5. Macron tergiverse !magouille bricole mais au final comme ce gvnmt sera censuré il devra partir et il partira qu il le veuille ou non il ne pourra faire ce cirque pendant 18 mois ! le plus tot sera le mieux .

  6. Pour rester dans le domaine musical,en 68 Polnareff nous chantait la superbe chanson « le bal des Lazes ». Hier,Macron a organisé à l’Elysée le bal des nases,rien de plus normal vu la valse des 1er ministre. Macron prend Lecornu pour un furet,il est passé par ici,il reviendra par là…

  7. Urgent, urgent, dernière minute : La nouvelle pièce de théâtre intitulée ‘Bis repetitas’, une farce mise en scène par Manu, plus connu sous le nom de Macron, présentera sa générale à l’Elysée « quand on aime, on ne compte pas ». Au menu du divertissement est nommé dans le rôle principal du clone, Lecornu côté cour, et Lecornu côté jardin, ce dernier s’étant découvert sur le tard une vocation « par devoir ». Nous leur souhaitons un franc succès pour ce choix abracadabrantesque et nous comptons sur les membres de tous les partis pour planter le décor. Dans la salle, les spectateurs alias les gueux assureront la claque en attendant désespéramment le clap de fin.

  8. Une sinistre pantalonnade jusqu’au dernier souffle de plus en plus haletant
    Et tous dans leur rôle en effet de « cocus » consentants autour d’un fantoche

  9. Macron aussi est mort ( politiquement, comme on se doit de le préciser en République de la censure ), mais il ne le sait pas encore.

  10. En somme, une sorte de « Convention citoyenne » qui va permettre de répondre à la question (urgentissime) de « comment gagner du temps »

  11. Le bal des faux-culs, de ceux qui se précipitent à la moindre convocation de jupiter, même celles faites nuitamment, espérant avoir une gamelle supplémentaire, que 20 millions d’électeurs soient écartés ne els intéressent pas, seule leur gamelle pleine. Un vieil agriculteur disait la même chose, mais plus crument peut être « Un cochon qu’a 4 pieds dans l’auge, s’en fout que son voisin crève de faim ». Son propos représente parfaitement ce que sont ces politiciens qui ne se sont pas souciés du peuple aujorud’hui.

    • Excellent De Villiers hier soir !!!
      Il n’y a vraiment que Reconquête! qui parle et agit juste ! Cf Sarah Knafo et le vote censure contre Van Der Layen ….

      • Tout à fait d’accord avec Vert100 et les réponses. Reconquête avec M. Philippe de Villiers pourrait nous sortir du marasme qui aime, défend la France comme nous tous
        Même si le RN monte, je voterai Reconquête pour obliger l’union des droites

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