Banque de France : la police du like a (encore) frappé. Toujours à droite, bien sûr !

La police tue, clame l'extrême gauche. C'est SA police du like qui tue socialement. La CGT a ciblé un cadre dirigeant.
©Polymagou-Wikimedia
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La Banque de France ouvre une enquête interne. On imagine des dossiers stratégiques subtilisés, des informations sensibles livrées à l’ennemi, une trahison d’État. On ouvre Libération, on consulte Mediapart, on tend l’oreille du côté de BFM TV. Et là, stupéfaction : le crime ? Des likes sur LinkedIn.

Un dirigeant de la Banque de France aurait approuvé des publications de Sarah Knafo, de Matthieu Valet et - comble de l’horreur - des posts « à la gloire de Napoléon ». Oui, Napoléon. Il vrai qu’eu égard aux antécédents du monsieur, on peut craindre un coup d’État. Il faudra prévenir Saint-Cyr d’urgence : célébrer Austerlitz mettrait désormais en péril la République.

La CGT a « alerté la direction » et exige une procédure disciplinaire. On parle d’atteinte à l’image, de neutralité bafouée. La gauche n’aime pas la police, sauf la sienne : celle du like de travers. Une police idéologique, méticuleuse - capture d’écran à l’appui. On y trouve aussi un « Vive l’Empereur » sur un post du général Bruno Clermont, un hommage à Napoléon relayé par Christine Kelly, un message saluant Vincent Bolloré, la présence d’Alice Cordier dans une vidéo. Nous voilà face à une conspiration impériale, industrielle et médiatique.

Certains posts critiquaient l’Union européenne ou la bureaucratie. Sacrilège suprême, pour une institution membre de la BCE ! On découvre, au passage, que la CGT défend avec ardeur l’orthodoxie européenne : voilà qui ne manque pas de sel.

La CGT n'aime pas les « j'aime »... de droite

Mais parlons de neutralité. Les agents de la Banque de France ne sont pas des fonctionnaires stricto sensu ; leur statut est sui generis, la déontologie élastique. Le gouverneur est nommé par le président de la République : un détail parfaitement apolitique. Ses positions publiques laudatives sur l’immigration (il la vante notamment en Espagne où, selon lui, elle aurait favorisé la croissance économique) et la finance verte, sans doute aussi. Rappelons au passage que ce gouverneur, François Villeroy de Galhau, a annoncé sa démission anticipée en juin 2026, avant la fin de son mandat officiel prévue en octobre 2027. Faut-il y voir le souhait ardent, tellement ardent qu’il ne peut pas y résister plus longtemps, de rejoindre son prochain poste à la Fondation des orphelins apprentis d’Auteuil, ou un service rendu à Emmanuel Macron qui l’a nommé en 2021 (la deuxième fois, après François Hollande) et qui verrouille toutes les institutions, les unes derrières les autres, avant l’arrivée possible du RN à la prochaine présidentielle.

Plus piquant, encore : Laurent Baumel, cadre de direction à la Banque de France sur LinkedIn, est député socialiste du Nouveau Front populaire sur X. Artisan des accords d’union de la gauche, hier NUPES, aujourd’hui NFP. À cette aune de la neutralité, le like sur Napoléon semble bien dérisoire... Mais il est vrai que le rouge bénéficie d’une indulgence chromatique.

La CGT, poreuse à l'extrême gauche

Quant à la CGT, elle gagnerait à plus de discrétion. Le 7 mai 2025, elle exprimait sa « vive inquiétude » après la procédure de dissolution visant la Jeune Garde. On apprend, par ailleurs, que ce groupuscule aurait dispensé des formations d’autodéfense à des militants de LFI, d’EELV… Il ne serait pas inintéressant de tirer le fil : on dédouane toujours la CGT, organisatrice des manifs syndicales, quand il y a des débordements liés aux antifas et aux Black Blocs. Normalement, les organisateurs sont responsables, mais là, on dit qu’ils n’y peuvent rien. On découvre, ou en tout cas on a la confirmation, qu’ils se connaissent et, donc, que la porosité est extrême.

Ce qui se joue ici dépasse un cadre et son profil LinkedIn. La Banque de France, en prenant très au sérieux cette affaire, entérine un principe : vos likes (quand bien même vous n’auriez rien dit, rien écrit…) sont publics, donc politiques, donc punissables. Vous n’avez rien écrit ? Peu importe. Vous avez approuvé. En silence. C’est suffisant.

Philippe Carli, patron du groupe EBRA, a déjà payé pour des likes jugés infréquentables. Toujours du même côté de l’échiquier, curieusement. La police du like ne regarde qu’à droite. À gauche, c’est de l’engagement ; à droite, c’est de la dérive.

Il existe, on vient de le voir tragiquement, la mort physique. Et puis il y a la mort sociale : réputation entachée, nom associé pour l’éternité numérique à un clic infamant. Pour tuer socialement, la gauche excelle. Avec, pour seule arme, une capture d’écran.

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

55 commentaires

  1. Mais à quoi sert encore la BdF ? Elle ne bat plus monnaie, et ne délivre même plus les devises étrangères…

  2. Il serait intéressant de savoir comment la CGT peut savoir ce qu’approuve ou désapprouve un cadre d’une institution telle la BdF, alors que ces « likes » relèvent, me semble-t-il, de la sphère purement privée, même s’ils sont donnés à partir d’un ordinateur professionnel. Merci de donner ces précisions sic’est possible.

  3. Le jour où on commencera à faire le ménage en France, on n’est pas sortie de l’auberge. Il va y avoir du boulot en perspective.

  4. La CGT à toujour été un organiste d’extrème gauche et surtout contre le peuple et les travailleurs,en Normandie gràce à eux le port de Rouen n’existe plus,et combien de fermeture d’usines fait par la CGT à eux seul plus de 2 millions de chomeurs,le grand malheur c’est que nous avons été gouverné par la gauche depuis 30 ans et un peut par la fausse droite le travail va étre dure en 2027 mais nous le savons que le chef supprème verrouille tout avant son départ.

  5. La CGT, encore un truc subventionné par nos impôts, et bien qu’on leur coupe les vivres et définitivement, et qu’ils vivent des cotisations de leurs adhérents, valable pour les autres syndicats

    On peut constater que leur mission de syndicalistes a nettement changé, passé de défense du travailleur (c’est bien loin ça) à présent, flicage de ceux qui ne pensent ou ne « likent » pas bien !!!

    Mais où va t on ????

    Ils en ont du temps , quand les vrais travailleurs eux travaillent vraiment

  6. Et après c’est la gauche qui traite les autres de fascistes. L’hôpital qui se fout de la charité.
    Visiblement il y a un bon fascisme et un mauvais fascisme (comme les bons et les mauvais chasseurs), mais eux, sont bien entendu dans le camp du Bien, et c’est pô pareil!

  7. Notons également que c’est la CGT de l’Administration qui n’a rien d’autre à faire pour s’occuper qu’aller espionner les « adversaires » pour pouvoir hurler au charron.
    Dans le privé, je pense qu’ils ont un peu plus de boulot pour justifier leur mandat…encore que…

  8. Rien d’étonnant ce sont les méthodes staliniennes mais comme personne réagit ils auraient bien tort de se priver

  9. Les fonctionnaires sont neutres du moment qu’il s’agit d’une neutralité de gauche. Quant à la Banque de France , on s’aperçoit qu’ils sont vraiment occupés. Cela explique leurs avantages et en partie la santé insolente de nos finances !

  10. La CGT agit contre la France, elle refuse la fabrication de drones par Renault comme ses prédécesseurs avaient saboté les munitions et leur transport pour l’Indochine. Je serai membre de ce syndicat j’aurais honte et le quitterai illico presto.

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