Canada : l’inclusion s’écrit désormais 2SLGBTQQIPAA. En attendant mieux…
Chez nos amis canadiens, on pousse beaucoup plus loin le souci de l’inclusion : il faut, là-bas, prêter attention aux 2SLGBTQQIPAA. Et plus, si affinités…
Le Canada est un immense pays, plein de merveilles et de surprises. C’est le pays des couleurs, dans tous les sens du terme, et le respect qui leur est dû atteint parfois des sommets qui étonnent. Dans les États qui se sont fédérés sur cette vaste étendue, on continue d’accueillir à bras ouverts. En témoigne la prestation de serment pour les nouveaux citoyens québécois à laquelle nous avons pu assister récemment, intitulée « Bienvenue, il y a de la place ! » Et si l’on prête encore allégeance au roi d’Angleterre et à sa descendance, la prestation de serment repose aujourd'hui sur ces deux valeurs cardinales que sont le respect de la diversité et l’inclusion.
Diversité et inclusion, deux valeurs cardinales
Chez nos frères du Québec qui ont conservé sur leur drapeau la croix blanche et les fleurs de lys, l’inclusion et le respect de la diversité sont bien plus qu’un souci constant : c’est une religion. Tout comme, dans certaines réseaux, on ne commence pas une réunion ou un conseil d’administration dans une entreprise sans rendre hommage aux « premières nations et peuples autochtones dont nous occupons les territoires », certaines entreprises imposent d’utiliser l’écriture inclusive et de respecter tous les comportements individuels, même les plus saugrenus [alors même que le Québec vient d'interdire l'usage de l'écriture inclusive dans ses communications gouvernementales, NDLR]. Cette attitude généreuse ne va toutefois pas sans poser quelques problèmes, par exemple celui de l’extension sans limite des catégories dégenrées que l’alphabet ne suffira bientôt plus à recenser.
C’est compliqué, pour les adolescents, de trouver leur place dans cette forêt catégorielle. Aussi a-t-on mis en place des services pour les assister. Dans le très officiel Espace conseil pour adolescent.e.s sur les orientations sexuelles et identités de genres, on apprend que les acronymes connaissent eux aussi l’inflation pour mieux répondre aux exigences sociétales. Depuis longtemps dépassé, le banal LGBT du début de siècle est devenu LGBTQI, puis, jugé « beaucoup trop restrictif pour une société qui se veut totalement inclusive », sur la volonté du gouvernement canadien, il a adopté la terminologie 2SLGBTQ. Hélas encore insuffisant, on y a substitué depuis 2022 l’acronyme 2SLGBTQQIPAA. Une nécessité, nous dit Alessio Ponzo, professeur à l’université de la Saskatchewan, à Saskatoon. Il explique : « Cela signifie que j’existe. Cela signifie que je suis important. Cela signifie que je suis reconnu par la société. » On pensait naïvement qu’un passeport suffisait, mais non.
Détaillé, 2SLGBTQQIPAA signifie : two-spirit, lesbienne, gai, bisexuel·le, trans, queer, en questionnement (sic), intersexe, pansexuel·le, asexuel·le·s et allié·e·s.
Dérive et récupération ethnique
À bien y regarder, c’est sans doute encore trop restrictif et l’on ne doute pas que d’autres lettres viendront bientôt s’ajouter à cette liste qui mérite quelques explications. On découvre, par exemple, que le concept de « two spirit » (« deux esprits », abrégé en 2S) est emprunté aux peuples autochtones d’Amérique du Nord, notamment aux Navajos. Dans ces communautés où l’on considérait qu’il existe au moins quatre genres (hommes masculins, femmes féminines, hommes avec tendance féminine, femmes avec tendance masculine), un chamane remplissait le rôle cérémoniel et social traditionnel de « troisième genre », ce qui n’a toutefois quasiment pas de rapport avec la sexualité. Notre époque en a seulement détourné le sens.
Autres catégories qui interrogent les esprits basiques : les A A, soit les asexuel·le·s et les allié·e·s. Les premiers parce que, s'affirmant sans sexualité, on ne voit pas bien pourquoi ils tiennent à se faire recenser ; les seconds parce qu’on ne voit pas non plus en quoi être l’ami de son voisin de palier touche à l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Heureusement, l’Espace conseil vient à notre secours : « Ouvre-toi aux réalités LGBTQ+ avec humilité en écoutant les personnes concernées et en t'informant activement par toi-même », nous conseille-t-il, et, surtout, « reconnais tes propres préjugés et accepte d'être corrigé.e avec bienveillance ».
Cela, bien sûr, ne se limite pas aux cerveaux malléables de la jeunesse. L’administration est, elle aussi, un fer de lance inclusif. Lors de son congrès de 2022, l’AFPC (Alliance de la fonction publique du Canada) a décidé, elle aussi, de remplacer le sigle LGBTQ2+ par 2SLGBTQIA+, cela, « afin de favoriser davantage l’inclusion des membres de genre non conforme ». À noter qu’à ce point d’inclusion, on se demande : conforme à quoi ?
Dans un glissement subreptice vers la récupération ethnique, l’AFPC nous explique : « En déplaçant le 2S au début du sigle, l’AFPC rend hommage aux peuples autochtones et à leurs façons d’aimer, d’apprendre et de bâtir des collectivités partout sur l’île de la Tortue (l’Amérique du Nord) depuis la nuit des temps. C’est aussi une façon de souligner le fait que les peuples autochtones ont été les premiers à édifier sur ce territoire des collectivités où la diversité sexuelle et de genre est à l’honneur. »
On nous dira que tout cela est beau, grand, généreux. Chacun dans sa toute petite case et le monde sera heureux. Mais si tout est acceptable au nom de la liberté et du bien-être de l’individu, où sont les limites ?
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55 commentaires
Je propose une simplification’ : une seule lettre pour les hétérosexuels H devenus minoritaires. On est H. Les autres n’ont plus besoin de l’alphabet.
Mettez y l’alphabet complet. On n’est pas à une connerie près.
Qu’on foute la paix à toutes les « minorités » libres de leurs sensibilités et choix de vies personnelles mais sans pour autant les installer sur le devant de la scène et les citer en exemple. Comme l’indiquent leurs revendications, ce sont des minorités !
En occident, on est plutôt majoritairement tolérants et c’est très bien ainsi. Si ces « minorités » ne sont pas satisfaites, qu’elles aillent faire valoir leurs différences dans d’autres contrées n’ayant pas les valeurs de l’occident.
Mais tout ceci touche t’il toute la population ou bien n’est ce qu’une lubie administrative ?
Dans les 2000 ans écoulés il s’est passé beaucoup de choses pour les humains mais je ne crois pas qu’on ait jamais atteint le summum de co…ie que nous vivons aujourd’hui
Finalement, il serait plus simple d’adopter le logo d’Amazon : A une flèche Z. Plus facile à mémoriser et personne n’est exclus !
C’est peut-être un peu terrre à terre mais un paysan me disait dernièrement que si l’on met deux taureaux dans un enclos, on risque d’attendre longtemps d’avoir un veau.
« intersexe, pansexuel·le, asexuel·le·s ??» Je croyais naïvement que IPA voulait dire Idian Pale Ale mais apparemment rien à voir avec la bière.
Pourquoi pas :
« 1-2-3 LGBT-u-v-w-x-y-z » ?
Pour tomber dans l’incompréhensible, il faut tomber l’excès, puis finir rejetté.
Où est le temps de YMCA où les choses étaient plus simple ?
Les sociétés se fracturent au non de la diversité et du genre l’avenir sera très triste et mortel.
il n’y a que deux genres : le masculin et le féminin…. jamais une opération ne pourra changer ça ! On peut aimer quelqu’un du même genre, ça n’a rien d’extraordinaire et existe depuis la nuit des temps mais deux hommes ne feront jamais un enfant ni deux femmes d’ailleurs…..
Encore un effort, je suis sûr que certains cas sont restés de côté.
Comment osent t ils parler de Société respectueuse de chacun.
Si les organes génitaux ne définissent pas le genre, le sexe et l’identité d’une personne, en quoi le fait d’en changer l’affirme?
Justement il n’y a pas de limites.
Et après on s’étonne de la dénatalité !