Carnac : 7.000 ans d’Histoire bientôt protégés par l’UNESCO
Depuis plusieurs millénaires, les paysages du Morbihan sont façonnés par une concentration exceptionnelle de monuments mégalithiques préhistoriques, témoins de l’ingéniosité de nos lointains ancêtres au Néolithique. Ces édifices silencieux n’ont ainsi jamais cessé de fasciner à travers les âges. Devenus une composante essentielle de l’identité bretonne, ils incarnent un patrimoine à la fois énigmatique et inestimable. Aujourd’hui, le site de Carnac et les rives du Morbihan aspirent à une reconnaissance mondiale avec une potentielle inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui viendrait consacrer l’importance universelle de cet héritage dont la France est fière d’être la dépositaire et la gardienne.
Le Morbihan néolithique
Les mégalithes de Carnac et du Morbihan, formés de menhirs, dolmens, tumuli et de cairns, ont été érigés entre 5.000 et 3.000 ans avant Jésus-Christ, au cœur de la période néolithique. Cette époque de transition, marquée par la sédentarisation des sociétés humaines, le développement de l’agriculture et de la vie communautaire, témoigne de l’émergence de civilisations élaborées. Ces dernières étaient alors capables de véritables prouesses, organisant le transport, l’érection et l’alignement de blocs de pierre de plusieurs tonnes, à l’aide d’outils rudimentaires mais efficaces.
À Carnac, l’alignement du Ménec, l’un des plus imposants, s’étend sur près d’un kilomètre et rassemble plus de 1.000 pierres dressées en lignes régulières. D’autres ensembles tout aussi remarquables, comme ceux de Kermario ou de Kerlescan, viennent compléter ce paysage unique.
Le site est également dominé par le tumulus-dolmen du Mont-Saint-Michel, témoin d’une intense activité funéraire dans la région. Plus à l’est, le cairn de Gavrinis, situé sur une île du golfe du Morbihan, abrite un chef-d’œuvre de l’art mégalithique, orné de gravures spiralées d’une rare finesse.
Ile, Cairn de Gavrinis #morbihan #Bretagne France
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Cependant, ces monuments ne sont en rien de simples amas de pierres dispersés dans nos campagnes. Ils reflètent des pratiques religieuses, rituelles et funéraires dont les significations précises échappent encore aux chercheurs mais qui révèlent l’existence d’une société respectueuse de ses morts et animée d’un sens profond du sacré.
Un site redécouvert et menacé
L’intérêt pour ces édifices remonte à l’Antiquité et leur signification, mystérieuse pour les Bretons, fut longtemps intégrée au folklore local. Ce n’est qu’à partir du XVIIIe siècle que les savants, commençant à s’y intéresser de façon scientifique, entreprennent de les inventorier. Les interprétations varient alors : certains y voient des temples druidiques, d’autres des camps militaires. Le site, cependant, conserve son mystère. Il faut attendre le XXe siècle et les avancées de l’archéologie moderne pour établir leur véritable ancienneté et leur fonction probable.
Malgré ces efforts, les mégalithes demeurent vulnérables. En 2023, la destruction de 39 menhirs sur un terrain destiné à accueillir une zone commerciale à Carnac a provoqué une vive émotion, soulignant la nécessité d’un encadrement rigoureux et d’une reconnaissance internationale pour garantir la préservation de ce patrimoine millénaire.
Bretagne, terre de patrimoine
Dans cette optique, un projet d’inscription des « mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan » au patrimoine mondial de l’UNESCO est porté depuis plus de dix ans par plusieurs associations, scientifiques et élus locaux, dont le défunt paléontologue Yves Coppens. Ce dernier avait participé à la découverte de Lucy, l’un des plus anciens fossiles d’ancêtres de l’humanité jamais mis au jour.
L’ambition de ce classement est alors de protéger plus de 550 sites mégalithiques répartis sur 26 communes. Cependant, cette candidature dépasse le simple objectif touristique. Elle vise également à favoriser des recherches scientifiques, des initiatives pédagogiques et une meilleure compréhension de ce patrimoine unique. La protection de ces monuments par l’UNESCO renforcerait aussi le statut de la Bretagne comme haut lieu du patrimoine mondial. Elle placerait Carnac au même rang que des sites prestigieux comme Stonehenge (le plus célèbre des monuments mégalithiques d'Angleterre) ou Brú na Bóinne (en Irlande, la plus grande collection d'art mégalithique d'Europe de l'Ouest, comptant plus de 90 monuments néolithiques), déjà inscrits pour leur valeur historique exceptionnelle.
Le maire de Carnac, Olivier Lepick, souligne également qu’« il est plus que temps de corriger cette anomalie incompréhensible d’une Bretagne absente du patrimoine mondial de l’UNESCO » et appelle à « faire connaître ces lieux extraordinaires ». Il rappelle avec force que « les menhirs de Carnac ont été érigés 2.500 ans avant les pyramides ! Ils représentent l’un des premiers exemples d’architecture humaine ! »
Il faudra toutefois patienter jusqu’au milieu de l’été 2025 pour savoir si l’UNESCO fera du site de Carnac et du Morbihan le 49ᵉ site français classé au patrimoine mondial, offrant ainsi à ces pierres éternelles la reconnaissance qu’elles méritent.
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12 commentaires
Aucun intérêt ! Tout çà pour des cailloux !!….
Il serait temps ! Car à Carnac ou pas bien loin, des alignements ont étés déplacés ou détruits pour construire un magasion de bricolage.
C’est bien pour Carnac, mais Carnac est en France alors pour protéger Carnac peut-être qu’il serait judicieux de commencer par protéger la France toute entière.
Pendant qu’il y a encore des paysages aussi divers et variés, avec ses vaches et leurs cloches, les champs de blé, les vignes, les villages avec au milieu l’église et ses cloches, et si on classait tout le pays au patrimoine de l’UNESCO.
Le site de Carnac est merveilleux avec tous ces menhirs posés il y à plus de 5000 ans avant JC et j’espère que UNESCO va agir vite
Un site magnifique que j’ai eu la chance de voir en 2000, ainsi que les alentours , Erdeven entre autres
Un site qu’il faut préserver à tout prix
Monstrueux
je ne sais pas si on peut parler de première architecture humaine en tout cas le maire lui qui s’en fout a délivrer un permis de construire pour un centre commerciale en balançant a la dechetterie une quarantaine de pierres : faut il en rire ou en pleurer !
Ni en rire , ni en pleurer , mais sévir fermement .
J’espère que l’Unesco va agir. C’est carrément toute la Bretagne qui devrait être classée au patrimoine mondial ! Eh oui… je suis née là-bas, et j’avais été outrée par l’affaire des 39 menhirs sacrifiés. C’est comme si on détruisait une cathédrale ou un château pour construire un centre commercial.
La bretagne ? Je n’y mets plus les pieds. Allez parcourir les rues de concarneau ou de douarnenez, vous comprendrez. Quant à rennes……
En 2000 j’étais partie en vacances à Erdeven, tout près en fait, et des menhirs tagués, je vous assure !!
L’hôtelier où nous étions en était malade, les gens sont fous !
Je l espère ! Ce serait une bonne nouvelle si l Unesco fait la reconnaissance de ces pierres !