Censure : Laurent Nuñez promet de s’acharner sur le site « Où va ma France »
Comme tous les mercredis, ou presque, ce 21 janvier avaient lieu les questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Une séance au cours de laquelle la députée EELV de la quatrième circonscription des Hauts‑de‑Seine, Sabrina Sebaihi, a interpellé Laurent Nuñez au sujet de mafrance.app, un site qui compile des données publiques et les analyse pour donner un éclairage sur la situation du pays. Un site qui ne plaît guère à l’élue écologiste car il « cartographie les mosquées, les quartiers populaires, les populations musulmanes, réelles ou supposées, et les centres pour migrants ».
Elle lui reproche également de parler de « remigration, de défrancisation, de Grand Remplacement » et de permettre aux internautes de « chercher la mosquée la plus proche » ou « le centre de migrants le plus proche ». Selon Sabrina Sebaihi, « ce n’est ni de l’information ni de la statistique ; c’est du fichage ».
Fichage ou amalgame ?
Interrogé par BV, le créateur du site répond à ces accusations : « Elle reproche au site tout un tas de choses qui n’y sont pas liées et qui n’apparaissent même pas sur le site. Cela me semble relever de l’amalgame et du procès d’intention. Je pense que son intervention a pour but de soulever l’indignation et l’émotion afin d’empêcher un débat rationnel et légitime d’avoir lieu sur les sujets concernés. »
Ce second passage du discours tenu dans l’Hémicycle par Sabrina Sebaihi tend à lui donner raison, tant les propos semblent avoir vocation à toucher la corde sensible : « Ce site superpose délibérément islam, immigration et danger. Il transforme la religion musulmane en facteur de risque, désigne l’autre – noir, arabe, asiatique – comme un danger – celui du Grand Remplacement. » La députée parle de « fichage » et rappelle que « la parole raciste est devenue passage à l’acte, allant jusqu’au meurtre islamophobe d’Aboubakar Cissé, assassiné dans une mosquée, ou aux meurtres racistes d’Hichem Miraoui et de Djamel Bendjaballah, simplement parce qu’ils étaient arabes. Monsieur le ministre, la peur s’installe et il est à craindre que ce site facilite encore les passages à l’acte. » Elle expose sa vision de la réalité et tente de l’imposer au ministre de l’Intérieur.
« Je ne lâcherai pas l’affaire »
Sans surprise, Laurent Nuñez adhère, même s’il avoue que, si rien n’est fait pour interdire ce site, c’est qu’il n’y a aucune raison de le faire : « À première vue, pour Pharos, ce site semblait dépourvu de tout contenu répréhensible sur le plan pénal. C’est la raison pour laquelle aucune action n’a été engagée. Il n’y avait pas non plus, sur le plan administratif, matière à engager le pouvoir coercitif de la plate-forme afin de faire retirer ce contenu. » Circulez, il n’y a rien à voir ! Eh bien, non.
Le ministre de l'Intérieur annonce qu’il va s’acharner sur mafrance.app : « Nous poursuivons donc l’analyse de ce site sous l’angle de la haine en ligne. C’est une qualification difficile à établir, mais nous ne lâcherons pas l’affaire. Le directeur général de la police nationale, en lien très étroit avec moi, a saisi le parquet national de lutte contre la haine en ligne et ce dossier fait l’objet d’un examen attentif. Pour les raisons que vous avez exposées, comme ministre de l’Intérieur, je ne lâcherai pas l’affaire. »
Acharnement idéologique
Le créateur du site réagit : « Cela me semble correspondre à la définition de la censure : la suppression ou l’intimidation de contenus légaux pour des motifs idéologiques. J’aimerais savoir au nom de quelle idéologie il souhaite continuer à mobiliser la force de l’État contre un site n’ayant, de son propre aveu, aucun contenu illégal. »
Les motivations du ministre de l’Intérieur sont en effet un peu floues. Il n’en reste pas moins qu’il use de sa position pour cacher ces données et l’éclairage qu’elles apportent aux Français. Le peuple doit apparemment rester dans l’ignorance. Pour masquer un échec ou à des fins électorales ? Difficile à dire. Toujours est-il que le créateur du site, comme nombre de citoyens, estime que chacun devrait pouvoir se faire une opinion en connaissance de cause : « Je souhaite simplement, explique-t-il à BV, que le débat sur les cinq thématiques différentes du site [insécurité, immigration, islamisation, défrancisation et wokisme, NDLR] puisse avoir lieu sereinement, sans anathèmes ni censure. Ce débat nécessaire a trop longtemps été occulté par ces stratégies d’évitement, d’amalgame ou de diabolisation. La démocratie en sortirait gagnante. » Un jour, peut-être.
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63 commentaires
L’armée des petits bras de la mouvance gaucho écolo a beau s’agiter , le train du monde réel continue sa route ouvrant les yeux et les oreilles des citoyens français . Les prochains résultats électoraux devraient confirmer cela .
En clair, c’est le retour de l’Union Soviétique…
N’en déplaise à Sabrina Sebaihi, la vérité est immuable et inaltérable! Avec ce site, on peut voir l’avancée insidieuse et sournoise de l’islamisation de la France et des frères musulmans dans notre pays. Chaque grain de sable qui leur permet chaque jour de posséder et contrôler un peu plus notre pays est affiché sans faux semblant sur ce site et nous permet de voir les évolutions sans fioritures. Pas de chichi et que des faits donc merci au site OÙ VA ma FRANCE et pas merci à nos politiques absents.
nunez promet ??? ce gugusse est un bidon il faut qu il arrete de rouler des mecaniques ils commencent a perdre les boulons et les rondelles
Au moins il fait qqchose celui la…..
Une bonne illustration de l’arbitraire propre à l’état de droit si bien expliquée par M. Bock-Côté. Le droit devient un moyen de briser toute expression jugée non conforme à la doxa. Les délits et crimes de haine récemment créés sont les vecteurs juridiques idoines pour faire taire toute opinion divergente. Pas sûr que ça dure encore longtemps.