CETA : les producteurs français sacrifiés pour un plat de lentilles… canadiennes
« Il reste la moitié de la récolte en stock », alertent des producteurs de lentilles bio audois, qui pointent les importations canadiennes qui inondent le marché français. « Des tonnes de lentilles produites dans la région moisissent dans des dépôts pendant que la France en importe pour deux fois moins cher », déclare Yann Bertin, directeur de la coopérative Graines Équitables, interrogé par L’Indépendant. Mais à la source du problème de concurrence canadienne, il y aurait de la chimie, selon le site Epoch Times, qui titre sur « Le scandale des pesticides dans nos assiettes ».
Les gens *signent des pétitions contre les pesticides*
Les agriculteurs * produisent des lentilles sans pesticides*
Les gens *achètent les lentilles d’importations produites avec des pesticides*
Les agriculteurs *sont ruinés* https://t.co/qgLNElGWsz
— Denis Beauchamp (@GrainHedger) January 31, 2026
Des lentilles canadiennes gorgées de pesticides interdits
Alors, sont-ce finalement leurs moindres coûts de production ou l’emploi de pesticides qui permet aux Canadiens d’exporter massivement leurs lentilles en France, au risque de ruiner nos producteurs nationaux ? En fait, les deux, et ils sont d’ailleurs intimement liés, comme nous l’allons voir. Pour pouvoir récolter les lentilles, il faut en effet attendre que la plante sèche, grâce à la chaleur et au soleil. Ce qui explique l’importance des productions dans les régions méridionales, mais aussi le fait que partout en France, on procède à une seule récolte annuelle en laissant travailler Dame Nature. Au Canada, en revanche, où une stratégie volontairement exportatrice a été mise en pratique, le climat y est par trop humide pour produire naturellement. On assèche donc artificiellement la plante en la « tuant » au moyen de pesticides. Des pesticides dont l’usage est interdit aux producteurs français, du fait de la transposition chez nous de la réglementation bruxelloise, mais qui sont pourtant pour certains - et c’est tout de même un comble - produits en Europe.
Le scandale des lentilles canadiennes vendues dans nos supermarchés
L’accord de libre-échange avec le Canada permet l’entrée en France de lentilles cultivées avec des produits interdits chez nous, et dont des résidus subsistent dans le produit final.
Résultat : destruction… pic.twitter.com/oUbeOQCAFc
— Hugo Clément (@hugoclement) November 5, 2025
Récapitulons : des entreprises agro-industrielles ouest-canadiennes produisent massivement et artificiellement des lentilles grâce à l’utilisation de pesticides européens, afin de les vendre ensuite en Europe, et notamment en France où l’emploi de ces pesticides est interdit, et ce à des prix cassés.
Des prix de revient qui vont du simple au double
Et là, il faut parler chiffres, car ils donnent quelque peu le vertige. La méthode canadienne permet en effet de diviser par deux le prix de revient des lentilles produites par rapport aux méthodes de production conventionnelles, et plus encore par rapport à la culture bio. Une manne pour les acheteurs de la grande distribution notamment, dont le prix est le plus souvent le seul critère de référencement pour les produits d’entrée de gamme à très forts volumes. Dans les rayons, certains paquets de lentilles canadiennes arborent même un drapeau tricolore pour tromper les clients. Et la traduction en magasin est sans appel : selon les relevés de terrain que rapporte Epoch Times, « les lentilles canadiennes sont vendues autour de 1,75 euro le paquet, contre environ 4,50 euros pour la lentille française, soit un écart de 2,75 euros ». Mais il faut ajouter à cela qu'un cinquième, seulement, des communes françaises respecteraient les règles de la loi Egalim, censée permettre de lutter contre ces pratiques illégales, dans leurs achats pour les cantines, nourrissant ainsi des centaines de milliers d'enfants aux lentilles à la sauce pesticide...
Le marché français est donc aujourd’hui inondé de lentilles canadiennes, et dans une moindre mesure chinoises et turques. En 2023, selon les chambres d’agriculture, le Canada exportait déjà deux millions de tonnes de lentilles. En France, en attendant les derniers chiffres consolidés, on estime à près de 40.000 tonnes la part des importations, essentiellement canadiennes, ce qui représenterait désormais plus de la moitié des volumes vendus. En quelques années, les producteurs français sont devenus minoritaires sur leur propre marché, et rien n’indique à ce jour une inversion ni même un ralentissement de cette tendance. Seuls les labels AOC et AOP, mis en place par certaines productions locales, permettent une relative protection. Des initiatives ont par exemple été déployées par les lentilles vertes du Puy-en-Velay (AOP), du Berry (IGP et label rouge), et les lentilles blondes de Saint-Flour (AOP en cours d’instruction).
La faute à l’UE (dont il ne faut pas sortir)
Le 3 novembre, cette situation inquiétante a incité Édouard Bénard, député Gauche démocrate et républicaine (GDR) de Seine-Maritime, à poser une question écrite au gouvernement. Détaillant les méthodes de production canadiennes, il y pointait l’utilisation de pesticides interdits en France et une vente illégale, donc, grâce à un « lobbying » appuyé de chimistes américains comme Monsanto et à la mise en place de l’accord de libre-échange du CETA (entre l’UE et l’Amérique du Nord). Ce à quoi il aurait évidemment pu ajouter le concours bienveillant et intéressé des centrales de grande distribution alimentaire françaises et européennes. Dans sa réponse parue au JO du 3 février, notre ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, a comme d’habitude et sans surprise expliqué que tout cela relevait de la responsabilité de l’UE et que le gouvernement est bien évidemment « pleinement mobilisé […] pour obtenir une réciprocité des normes de production, notamment sanitaires et environnementales ». Rien de nouveau dans ces paroles, bien au contraire.
Les accords de libre-échange, tueurs en série
Discours toujours rabâché, à la virgule près, chaque fois qu’apparaît une distorsion de concurrence. Le même qu’ont, par exemple, entendu nos agriculteurs s’agissant de la concurrence illégale de l’agriculture ukrainienne, que Bruxelles subventionne pourtant (avec de l’argent des Français en grande partie), avant que l’Ukraine n’intègre elle-même l’UE et puisse alors nous inonder plus facilement encore. Le même discours tout prêt que nous entendrons bientôt dès que se fera ressentir l’application concrète de l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Le même, aussi, qui servira à calmer les esprits chafouins qui se plaindront de l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Inde. Des accords de libre-échange qui, à l’usage, s’avèrent être de redoutables tueurs d’agriculteurs en série.
Et aujourd'hui, déjà, comme on peut le constater, la France a déjà largement sacrifié son agriculture pour un plat de lentilles… canadiennes.
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66 commentaires
Dans une analyse parue sur TELOS, j’ai lu, à propos du projet de traité du Mercosur que :
Les normes sanitaires et phytosanitaires seront toujours autant respectées. Les OGM interdits aujourd’hui dans l’UE le seront toujours. Si un produit agricole présente une teneur excessive dans un pesticide faisant l’objet d’une limitation, ce produit sera toujours interdit à l’importation, même s’il vient d’un pays du Mercosur. Si un bœuf a été élevé aux hormones de croissance, il sera toujours interdit à l’importation et à la consommation.
Si déjà la lettre de ce traité est bafouée avant son application concrète, il y a du souci à se faire …
Interdire les OGM dans l’union européenne est une absurdité complète d’une gravité inouïe. Les OGM permettent de réduire pesticides, engrais et parfois eau. Ceux qui veulent moins de pesticides, d’engrais ou d’eau pour faire pousser les plantes, devraient savoir ce qu’ils veulent.
Les OGM sont cultivés et consommés dans de nombreux pays du monde depuis plus de 40 ans sans que jamais aucun dommage n’est été constaté dans l’environnement ou la santé humaine. Même les pays africains s’y mettent et sont en train de nous dépasser sur le plan de l’évolution scientifique. Tous nos généticiens partent travailler à l’étranger. Le blé OGM HB4 argentin résistant à la sécheresse qui est un grand succès aurait pu être français car ce sont des chercheurs français qui y ont travaillé.
Et pour analyser un produit non étiqueté pour savoir s’il est OGM, il faut analyser sa génétique, ce qui coûte.
Pour le boeuf aux hormones, les hormones de croissance disparaissent dans la viande après quelques mois sans hormones, délai nécessaire pour avoir le droit de vendre la viande. Aucune différence n’est ensuite décelable entre une viande poussée aux hormones et une viande qui ne l’est pas parce qu’il n’y a pas de résidus.
Si les délais avant vente ont été respectés, je voudrais bien savoir quelle analyse permet à postériori de savoir si une bête a eu des hormones de croissance ou n’en a pas eu. C’est impossible à vérifier.
Les euro-mondialistes s’acharnent a détruire toutes les souverainetés qui ont fait de la France , une puissance mondiale malgré sa petite taille géographique . Notre Occupant élyséen continue son œuvre de fossoyeur froid et méthodique !
Non seulement il faut prendre le temps et ne pas acheter mais il faut faire des petits tracts et les distribuer aux portes de ces grandes surfaces, en n’oubliant pas de notifier » ne pas jeter par terre » ;
Je n’achète plus un produit dont j’ignore la provenance ; je me passe d’un légume qui vient du bout du monde alors que les agriculteurs français le produisent. Evidemment il faut prendre le temps de se rendre dans les magasins et de lire les étiquettes.
Indépendamment du Ceta, les lentilles françaises sont hors de prix. Mais le dernier budget, le plus imbécile en sa mentalité, vient de taxer encore l’entreprise. Les impôts tuent – beaucoup beaucoup – plus que la police. Bras armés du socialisme ils tuent la France.
Les impôts et surtout les normes !
il est bon de preciser que ce sont nos dirigeants européens qui ont permis ce genre de procédé en relevant le taux admissible x100 en 2012 a la demande des canadiens appuyés par monsanto.le diquat utilisé est un herbicide(style roundup)et non pas un pesticide.décidémment cette europe ne nous a amené que des problèmes,il faut fermer bruxelles et ne conserver que strasbourg et revenir avant 1993 au minimum,ce serait déja pas mal.
Est-ce que ça rendra le législateur français plus intelligent et réaliste ?
Mais que font les écolos ?
Ils s’en moquent !!! Du moment qu’ils aient leur tofu et leur soja venant du bout du monde…..
Aussi écologistes que je suis archevêque
surtout de la politique car manifestement l’écologie les dépasse !
Tous les agriculteurs ont de la famille citadine…….. A 2 mois des municipales, il faut qu’ils expliques les tenants et aboutissant de ces règlements anti france (c’est pareil dans l’industrie, y compris de l’armement!!!!, ou du nucléaire) Et que les citadins fassent à leur tour du lobbying auprès de leurs, amis, relations etc….. Car les citadins ne sont pas au courant du problème, et ce n’est pas France TV ou France inter qui vont leurs expliquer les choses!
Je n’aime pas les lentilles pourtant riches en protéines et autres et donc n’en achète jamais , mais je soutiens bien sur les producteurs comme tout ceux qui produisent, en France
Une fois de plus une concurrence déloyale, que dire qui n ‘est pas été dit sur le sujet ?
Puy-en-Velay… bonnes !
Si les consommateurs étaient un peu patriotes ils consommeraient français !! Mais me direz vous le prix ? bon et si notre minus de roi mettait en place un régime de faveur fiscal pour tous les producteurs français ? et si on surveillait de près toute cette grande distribution qui arnaque nos producteurs et favorise d’autres pays de l’UE ? aucune surveillance ni rationnalité pour des gens comme « Lepasclair » qui n’ont aucun état d’âme et se gavent en vendant des produits chinois !! quand introduira t on après le taux usurier sur les prêts ;un % de marge usurière plafond et quand indexera t on le taux d’impôt sur les bénéfices des stés en fonction de la masse salariale (du personnel) et du nombre d’emplois qu’ils utilisent ? Un économiste intelligent pourait il se pencher sur ce problème de tous ces grands magasins qui utilisent très peu de MO et se gavent avec des produits chinois très souvent ? Quand les partis de droite auront ils l’intelligence de préparer des réunions d’économistes brillants qui leur suggèreront les bonnes mesures ?? A la saint glin glin ?
Le pire après l’Inde se seront les produits alimentaires chinois alors là attention les dégâts
Ne pas jeter la pierre aux consommateurs français qui souvent ne regardent pas la provenance, ne sont pas au courant de cette façon de faire et surtout qui font avec leur pouvoir d’achat toujours en baisse, le gouvernement donne 0,9 % d’inflation, la hausse des produits frais et consommable se voit à la caisse plutôt 20 à 30 %, attendons les saletés du Mercosur et bientôt de l’Inde (là ça me fait vraiment peur en y ayant fait de nombreux séjours dans le cadre de mon travail d’importation de granit
Il me semble qu’en allant importer du granit des Indes vous faites exactement ce que vous reprochez à vos congénères.
Et vos concitoyens français qui s’évertuent à extraire du granit « bio » meilleur pour la santé et produit suivant des normes très strictes ?
en lisant votre commentaire, j’ai de la peine POUR « l’Home de CRO magnon » qui s’est usé les ongles sur le granit rose Breton ! …
Je comprends maintenant aussi pourquoi Obélix n’a jamais fait fortune avec ses menhirs ! …
Il devint de plus en plus difficile de faire ses courses. On se rends compte qu il n y a plus grand chose de Français.
Dans les magasins Carrefour il est de plus en plus difficile de trouver des produits de marque. Ils sont remplacés par des produits carrefour.
on sait bien que au canada on épand des pesticides sur les champs car il n a pas de saison pour arrêter la germination; come en france ; j ai acheté une boite de lentille aucune mention de provenance ;; alors laissons les gens s empoisonner en silence