[CHRONIQUE] Classe politique : le commencement de la fin
Le 17 février dernier le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences po) a publié son dernier baromètre de confiance politique. Les résultats dévoilés auraient dû provoquer l’émoi. En réalité, ils n’ont surpris personne ! Seuls 22 % des Français déclarent avoir encore confiance en la politique. Et ils ne sont que 15 % à faire confiance aux partis politiques. Quant au système médiatique, ce n’est guère mieux, nos concitoyens ne sont que 29 % à lui faire confiance.
La presse, la radio et les chaînes de télévision en ont fait la une et puis tout le petit monde politique, administratif et médiatique est tranquillement retourné à ses petites affaires et ses manœuvres pitoyables, comme la nomination de Mme de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes ou la promulgation par décret du programme pluriannuel de l’énergie.
78% des Français ne font pas confiance au système politique !
En fait le système oligarchique se contrefout du fait que 78 % des Français ne lui fassent plus confiance, que 51 % d’entre eux ne soient « pas fier[s] du système démocratique » et que 43 % estiment qu'« en démocratie rien n’avance ». Sous la IIIe République, Charles Maurras avait écrit « le système gouverne mal mais se défend bien ». Cette phrase ancienne est d’une étonnante actualité.
Pourquoi nous en sommes arrivés là ? Les causes sont multiples et profondes. Elles sont le signe de la décadence et de l’impuissance d’un système politico-administratif si sclérosé qu’il devient impossible à réformer et que seule une forte commotion politique permettrait d’engager l’œuvre de redressement nécessaire. L’étude du CEVIPOF nous révèle que 36 % des Français estiment que seul « un homme qui n’a pas à se préoccuper du Parlement et des élections » nous permettrait de nous sortir de l’impasse. En science politique ça s’appelle un roi, dans une vision sereine de la recherche du bien commun ; un dictateur dans une situation de chaos politique et social dans lequel seul le recours à la force permet de rétablir un fonctionnement normal de l’État. Notre personnel politique peut-être devrait s’en inquiéter. Quelles ont donc les causes de cette perte totale de confiance ?
Un système oligarchique et endogamique
La première réside dans le fait que nos hommes politiques ont fait de l’élection la fin ultime de la politique, alors qu’elle n’en est que le moyen. Nécessaire certes, car pour pouvoir agir il faut être élu, mais en faire le seul objectif de l’action politique, c’est tout simplement inverser les valeurs. Phénomène aggravé par le fait que bien des élus ne savent rien faire en dehors d’être élus. Ils n’ont dès lors qu’une obsession : se maintenir en poste et pour cela sont prêts à tous les abandons.
La deuxième se trouve dans l’endogamie du système politico-administratif qui nous gouverne. L’ascenseur social s’est arrêté entre deux étages. Notre classe politique est principalement composée de gens issus de la haute et moyenne administration ou des apparatchiks des partis politiques qui n’ont qu’une idée très lointaine de ce qu’est la vie réelle. Ces personnages tournent ainsi en rond et ignorent de fait l’ouverture sur un autre monde que le leur. Ainsi, le ministre qui sort de l’ENA a pour interlocuteur privilégié son directeur de cabinet, qui sort de la même école et qui travaille avec le directeur des services qui lui aussi en provient. Comment espérer sortir de cet entre-soi stérile qui fait la preuve depuis des décennies de son incapacité à résoudre les difficultés qui épuisent les Français et à réduire le poids de la sphère publique qui les étouffe.
La troisième cause est que la caste oligarchique se sert de l’État plus qu’elle ne le sert. Le grand marché du « recasage » des copains en est une permanente illustration. Système qui permet aussi de verrouiller le système même si l’on est désavoué par les électeurs.
Le quatrième réside dans la lâcheté insigne de bien des élus. L’idée de soulever éventuellement la protestation de certains groupes de pression paralyse bien des irresponsables politiques qui vivent dans la crainte d’un soulèvement des banlieues, d’un éditorial d’un grand quotidien du soir que personne ne lit plus, ou de l’activisme d’ONG noyautées par les trotskistes.
La cinquième se trouve dans l’incroyable inculture du personnel politique qui l’empêche de développer une pensée forte qui prépare l’action. S’agitent devant nous des commentateurs des événements, non des acteurs de ceux-ci, qui prennent les stéréotypes politiquement corrects pour de la pensée.
La sixième cause est dans l’impuissance des élus nationaux qui ont abandonné leurs pouvoirs souverains entre les mains de l’Union européenne, ou se sont liés par des conventions internationales qui les brident.
La septième raison est que tout ce petit monde a créé, au fils des temps, une monstruosité administrative, un amas de règles, de normes, de contrôles qu’ils ne maîtrisent plus et qui obéissent à des règles organiques incontrôlées.
Le résultat de cette sclérose généralisée est le découragement et la résignation des Français. Quand ces sentiments se transformeront en colère puis en exaspération, le système sera balayé. Mais prenons garde à ce que notre peuple ne bascule dans un déchaînement de violence dont ils nous ont donné l’exemple au cours de notre longue histoire. Comme disait la chanson : « les rois ont fait la France, elle se défait sans roi ». Mais qui sera ce roi ?
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65 commentaires
Les français pensent bien , et votent mal.
La preuve c’est que c’est juteux, peu de travail, bien payés, avantages hors normes et aucune responsabilité de leurs actes et moins encore des conséquences mais c’est aussi ainsi dans le monde public Républicain.
Je voterai pour Sarah Knafo en 2027 pour trois raisons. La première est qu’elle connait les rouages de l’Etat puisqu’elle est elle-même haut fonctionnaire. Or, paradoxalement, si nous voulons détruire cette oligarchie il est nécessaire d’avoir à la tête de l’Etat quelqu’un qui connait les rouages de celle-ci. La deuxième raison de mon vote est qu’elle est, à ma connaissance, la seule personnalité politique qui a parlé de la courbe de Laffer. Autrement dit elle sait que trop d’impôt tue l’impôt et ruine l’économie. Chose que les Roland Lescure et Amélie Mélo de Montchalin ignorent. Enfin, je voterai pour elle car elle veut s’inspirer, d’abord pour Paris, puis pour la France, du système Suisse des votations. Il faut rendre le pouvoir DIRECT au peuple. Ce n’est pas pour rien si nos politocards sont contre les référendums car ils savent que cela entraverait leur pouvoir, autrement dit leur capacité à s’enrichir sur le dos des citoyens.
BRAVO tout est dit.
Vous voterez évidemment pour qui vous voudrez en 2027 mais pas besoin d’être haut fonctionnaire ni même fonctionnaire pour voir que la France ne tourne pas rond.
– connaitre les rouages de l’Etat : je n’y connais rien sur le sujet mais pas besoin de connaissance spéciale pour voir que le Pays est dirigé par des incapables, au minimum depuis 1981.
– connais pas non plus Laffer mais je trouve évident que trop d’impôt tue l’économie surtout quand ceux qui ne participent pas à l’économie en profitent.
– système Suisse des votations : valable pour un petit pays, mû par des citoyens qui prennent droits et devoirs au sérieux, plus soucieux du pays que leurs intérêts personnels.
Impensable en France : ma g*ule d’abord!
Ce qui répond à votre dernière phrase.
Votre analyse Monsieur, est parfaite de lucidité.
Combien de temps encore avant que la fatigue et le découragement des Français se transforment en éclats de colère ?
Faut-il que nous soyons abattus pour ne pas réagir devant l’obscénité et l’immoralité de cette engeance…
Copinages, propagande, lâcheté, corruption et inutilité, voilà les 5 mots qui résument les gouvernements qui se sont succédés.
Le problème n’est pas « l’entre-soi », le problème est la qualité (= le niveau intellectuel et moral) de ceux qui composent cet entre-soi. Autrefois, ceux qui sortaient des grandes écoles, y compris l’ENA, étaient intrinsèquement des personnes de valeurs, cultivées, et avaient un sens moral minimum suffisant pour que des décisions plutôt bonnes soient prises pour le pays. Depuis 1968, le niveau d’instruction (et je dis bien « instruction ») a dégringolé, et je ne parle pas du niveau de moralité, qui est dégringolé en accéléré, particulièrement à partir des années 80. Le résultat est sous nos yeux. Mais, pour être positif, ce n’est pas perdu. On l’a vu pendant la 2e guerre mondiale, ceux qui ont résisté n’étaient pas forcément très nombreux, mais ils ont su prendre les bonnes décisions et la victoire est finalement arrivée. Il reste encore des personnes à la fois vraiment intelligentes et morales, et je suis persuadée qu’elles parviendront à prendre les choses en main.
« Les énarques n’ont jamais travaillé dans la vraie vie. »
Pas besoin de traverser la rue pour trouver du travail et encore moins besoin de ruelle pour être recasé, le copinage scandaleux suffit.
La monarchie socialiste au pouvoir fait semblant de ne pas craindre les scrutins électoraux à venir mais elle tremble, contrainte d’être complice de l’extrême gauche qui a infiltré l’AN et les médias courtisans d’Etat.
Bompard ment et il le sait bien, il n’y a pas d’extrême droite en France et donc ils l’inventent pour justifier leurs forfaits meurtriers: Ils paieront un jour la guerre civile qu’ils fomente!
Le Maître nageur et ses lunettes continue à flamber sur son titanic « fore sure » en imposant ses valets post monarchiques, mais son procès pour faillite et trahison nationale approche, jeune homme dont la seule force est celle du cordon de CRS. Les élus ne sont parfois pas mieux inspirés dans leurs baronnies sans partage. La leçon des gilets jaunes n’a pas été retenue par ceux qui veulent conserver le pouvoir et nous ignorer.
C’est maintenant que le vote RN va être un vote de révolution.
Oui sauf la dernière phrase..le vote RN sera un vote de continuité dans le naufrage..
« En Chine 80 % des cadres du PCC sortent d’écoles d’ingénieurs. » Les privilèges de « notre » politique sont tels que nous ne sommes pas prêts à modifier notre manière de former et recruter.
Si vous croyez que nous devons nous inspirer du parti communiste Chinois c’est que vous n’avez absolument aucune idée du fait qu’il ressemble à s’y méprendre à la France socialiste de Macron. Les « ingénieurs » Chinois sont des bureaucrates incapables d’aller pisser sans demander l’autorisation de leurs chefs.
Ce n’est pas comme ça qu’un pays fonctionne.
D’accord.
Pour qui voter en 2027 ? Tous de européistes, soumis à la dictature de l’UE.
Pour qui voter en 2026 ? Le maire est une mac*oniste qui a passé son temps a faire des trous partout dans la ville, ou à mettre des pistes dites cyclables à contre sens dans des rues à sens unique dans lesquelles une voiture peut passer sans marge sur ses côtés.
Dramatique pays.
Votez donc pour ceux qui aiment encore la France, il y en a peu et le choix sera plus facile.
Quant aux baronnies locales, je confirme votre avis, consternants lobbyistes et chez nous encore pire, LR qui se cache derrière Retailleau…Comment rester au pouvoir?
Lisez, d’Aphrodite, « Tchao Manu « , le livre refusé par tous les éditeurs: 102 pages jubilatoires.
Seuls 15 % de Français font confiance aux Partis Politiques, mais on nous dit que 20 % font confiance à Macron…….! Il n’y aurait pas comme une erreur quelque part ?
J’ai peut être une explication : Macron n’est qu’un opportuniste qui a créé un parti politique (qui change de nom tous les 6 mois) pour se faire élire. Maintenant que la fin approche, il fait le sale gosse qui brise ses jouets. De « renaissance » il n’en a plus rien à faire, juste enfumer ses groupies de la première heure avec des médailles.
Un système politique a besoin de grand maximum 25% d’avis favorables pour se maintenir. Ce n’est pas une évolution qu’il faut mais une révolution. Pas demain la veille …
Exact ..Macron a été élu par 20 % des français..et la moitie des votants…
Le déchaînement de violence a déjà hélas débuté… le malheureux Quentin en est peut-être la première victime.
Thomas, Lola ,mathis,Pauline,etc etc ..il y a 10 ans deja ilan…
La saine solution serait de fermer l’ena et sciences pipeau Paris.
En Chine 80 % des cadres du PCC sortent d’écoles d’ingénieurs.
Donc plus au fait des problèmes de l’industrie et du commerce.
Les énarques n’ont jamais travaillé dans la vraie vie.
Il faut aussi supprimer ces lois imbéciles sur la parité et mettre des gens compétents.
Que du bon sens !
En Chine on exécute d’une balle dans la t^te et on fait payer la balle à la famille.