[CHRONIQUE] Déni de réalité : le mal originel de la gauche
Pour notre ministre de l’Enseignement supérieur, interrogé sur LCP, lundi dernier, « l’islamo-gauchisme » à l’université « n’existe pas en tant que terme universitaire ». La phrase a été abondamment commentée et critiquée, et prétendre que cette idéologie n’existe pas « en tant que terme universitaire » n’a aucune pertinence, car nombre d’universitaires et de chercheurs en ont analysé la structure et les méthodes, tels Pierre André Taguieff, Gilles Kepel ou Florence Bergeaud-Blackler. D’autres, comme Fabrice Balanche, ont dû l’affronter, ainsi que leurs étudiants. Il ne s’agit pas d’une question de sémantique universitaire mais d’une réalité.
Après le tollé provoqué par ses propos, Philippe Baptiste les a maintenus, tout en tentant d'apporter au Figaro une certaine nuance : « L’islamo-gauchisme n’est pas une réalité unanimement acceptée par [la] communauté [scientifique]. Il n’existe pas au sens intellectuel du terme. En revanche, c’est un sujet politique et l’on voit tous les débats qu’il peut provoquer. Est-ce qu’un mouvement d’extrême gauche, qui a une vision communautaire de la société, agite ses réseaux dans l’université pour tenter d’y mettre le feu ? Évidemment, il s’appelle La France insoumise. »
Mais Philippe Baptiste a aussi évoqué le fait que l’Université française a toujours été politisée. Une réalité incontestable ! En effet, et c’est même une de ses tares majeures qui n’est nullement une excuse. Chacun sait qu’après la guerre et jusqu’à l’écroulement du communisme en Europe, le marxisme-léninisme était l’idéologie dominante dans nos universités et grandes écoles. En dépit, et au mépris, des plus de cent millions de victimes des régimes qui le mettaient en application.
Quelle sont donc les origines de ce déni de réalité qui irrigue les postures idéologiques et politiques de la gauche et des libertaires mondialisés ? C’est chez Jean-Jacques Rousseau que nous trouvons l’origine de cette dérive caractéristique de la modernité politique. Dès les premiers paragraphes de son fameux Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, « le doux Jean-Jacques » énonce la règle qui irrigue son discours : « Commençons donc par écarter tous les faits, car ils ne touchent point à la question » (p. 32, édition de Dubuisson), alors même que les faits sont déterminants en la matière ! C’est le même homme qui écrivit un livre de pédagogie sur l’éducation des enfants (L’Émile) et abandonna tous les siens. L’homme est vraiment le père « spirituel » de la modernité politique et de tous nos idéologues de gauche !
À ce sujet — « L’islamo-gauchisme n’existe pas » : le plan contre l’entrisme des Frères musulmans commence bien !
Il inspira les révolutionnaires français, et notamment Robespierre. Rappelons que la devise de la République, première du nom, était « La liberté ou la mort » et qu’elle supprima toutes libertés et répandit la mort partout : extermination des Vendéens, guillotinades parisiennes, canonnades à Lyon, noyades à Nantes, massacres de septembre… Et comme la gauche adore barbouiller ses discours de pseudo-morale, Maximilien expliquait benoîtement que la Terreur était « l’émanation de la vertu » !
Le déni de la réalité est donc le fondement de toute démarche idéologique et révolutionnaire. Nous vivons dans un monde orwellien : « La vérité, c’est le mensonge ! » Et depuis plus de deux siècles. Après « l’empirisme organisateur », nous avons basculé toujours plus dans l’idéologie désorganisatrice dont le wokisme et l’islamo-gauchisme sont les traductions contemporaines.
Notons que ce déni de réalité trouve aussi sa traduction dans des domaines où l’action est plus feutrée mais la perversité tout aussi forte - l’Union européenne, par exemple. Avec sa petite voix mielleuse de mauvais prédicateur, le président de la République ne cesse de nous parler de « notre Europe », presque avec les yeux humides, pour nous expliquer que l’abandon de notre souveraineté entre les mains de cette machinerie administrative et réglementaire nous rendra plus puissants. La réalité est que jamais le continent européen n’a été aussi absent du règlement des grands problèmes du monde, que ce soit en Ukraine, au Moyen-Orient ou en Afrique ! La souveraineté européenne n’est qu’un leurre, la souveraineté française s’est évanouie et Emmanuel Macron s’agite mais personne ne l’écoute.
En économie, aussi, les postures idéologiques sont dévastatrices. C’est largement l’idéologie égalitariste, redistributive et administrative qui est à l’origine de la désastreuse situation financière et de l’engourdissement économique de la France.
Pour conclure, le primat de l’idéologie sur le réel est un mal qui empoisonne la politique. L’oligarchie empêtrée dans le mensonge idéologique est conduite à un déni de réalité qui la coupe du commun des mortels. Sous les lambris des palais nationaux ou les couloirs des assemblées, elle prospère dans un monde irréel et laisse le peuple se confronter seul à la dure réalité d’une société à la dérive. Pire : elle semble croire que le discours à lui seul change les choses et elle assène donc un verbiage aussi vain qu’inefficace qui exaspère le peuple. En fin de compte, M. Baptiste n’a fait qu’illustrer la phrase de saint Thomas d’Aquin : « L’homme préfère toujours un mensonge qui rassure à une vérité qui éclaire. »
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28 commentaires
Le déni de la réalité permet à toute la gauche de s’exonérer de sa responsabilité et ce faisant lui permet de faire de l’inversion accusatoire pour rester au pouvoir . nous envoyons les résultats depuis 50 années
Rappeler la centaine de millions de morts du communisme c’es normal mais les cinq cents à six cents millions de morts de l’islam pourquoi ne jamais en faire mention ?
Mais puisqu’on vous dit que le danger est à l’extrême droite !
L’islamo gauchisme n’existe pas ;l’Islam se suffit à lui-même.
Mais les gauchos islamiques sont une réalité avec Melenchon, LFI, entre autres.
Oui , et ces gauchos islamistes ont une mémoire de poisson rouge , ils ne veulent pas se souvenir de ce que la gauche à subit , en Iran par exemple après avoir participé à la révolution islamique .
Déni de réalité ????? Ça dure depuis la révolution française, qui a installé la gauche bourgeoise franc maçonne aux commandes, avec son idéologie hors sol issue des philosophes illusionnés et illuminés des lumières.
excellente analyse, médiocre ministre de l’enseignement supérieur.
Les intellos se sont toujours considérés comme les sachants ,tenus d’empêcher les pauvres d’esprit de se tromper de combat .En gros ,ce que tu vois ,tu ne le vois pas ,c’est moi qui vois juste.
Alexandre Jardin a parlé des gueux .Puisse -t-il faire comprendre qu’il n’y a pas que les propriétaires de vieilles charrues qui sont considérés comme tels !
Article très intéressant mais vous faites preuve de naiveté. « L’idéologie » est un prétexte, une excuse, une occasion ou plutôt une couverture pour les pires exactions de la Terreur en particulier, des Tyrans comme Staline ou Hitler. Aujourd’hui cette idéologie rapporte des fortunes : l’UE et sa machinerie de Bruxelles a enrichi considérablement ses commanditaires. et tous les lobbys qui gravitent autour.
C’est un pillage. Lobby des éoliennes par exemple, du réchauffement climatique, des LGBT etc …
« L’idéologie » c’est pour le peuple, ces gueux si naïfs.
C’est tellement simple, laisser l’idéologie emplir sa tête est plus facile que de raisonner, quelques slogans suffisent.
ce ministre souffre de sinistrose il a des œillères pour ne pas voir que notre pays est gangréné par les islamistes .
Encore un ministre qui se promène devant un décor à la Potemkine.
Il serait temps de réfléchir et de parler vrai, l »ni de réalité ? NON ce ne sont que de petits escrocs fainéants qui ne recherchent que le pillage et la destruction d’un pays pour leurs poches et rien d’autre. Il serait temps de les traiter comme tels dirait Guillaume.
Sacré bonhomme que ce ministre de l’enseignement supérieur, il a des yeux et ne voit pas , il a des oreilles et n’entend pas, c’est grave à ce niveau. Quant à la grande europe de Macron, il n’est qu’à voir comment Trump s’essuit les pieds dessus en taxant l’UE de 30%, ce qui prouve par ses menaces de rétorsion qu’il prend l’UE pour un vassal de bas étage, ce que nous sommes d’ailleurs.
C’est pas Rousseau le prophète de la gauche qui a abandonné ses enfants à l’assistance publique? Finalement le côté nauséabond et abjecte de la gauche est même à la source!
« L’homme préfère toujours un mensonge qui rassure à une vérité qui éclaire ». Le problème est que maintenant les mensonges de l’État sont inconsistants, mités comme un vieux pull, et ne rassurent plus ; et même, ils inquiètent, car à travers leurs trous de mites, on commence à voir la vraie vérité.
Excellent. Il faut appeler cette gauche la gauche NEUF TROIS comme on a pu l’appeler la gauche caviar ou la gauche pétard. « 93 » c’est le chiffre maudit de la gauche ! Stéphane Buffetaut trouve chez cet hypocrite de JJR (Panthéon de Paris le 11 octobre 1794) l’auteur du bug qui fait dérailler le logiciel de la gauche française. Permettez moi d’en débusquer un autre, auteur (Panthéon le 1er juin 1885) d’un fameux QUATRE VINGT TREIZE où il est écrit, je caricature à peine, que le génocide vendéen et toutes les horreurs qui vont avec se justifient par le triomphe de la justice, la liberté et le progrès sur le despotisme et l’obscurantisme et les superstitions de paysans incultes récitant des chapelets.
Toute tentative à remodeler l’ordre social a conduit au désastre. Robespierre, la commune, Lénine, Hitler, Polpot etc…la gauche n’y échappe pas, elle continue avec ses propositions de loi, ses clubs de pensée, tout en se parant de vertus dites modérées; les socialistes français ont toujours été l’antichambre du communisme.
Tous ceux que vous citez ont pris racine dans des idéologies de gauche. Le communisme qui devait être le paradis s’est révélé un des pires enfers du 21e s et pourtant on persiste dans cette idéologie délétère et mortifère qui a tué des millions d’etres humains
oui mais quand vous constatez ce que pèse maintenant le communisme en terme de votes et son affidé, la CGT, il apparait quand même bien que leurs simagrées ne font plus recette….
Magnifique analyse qui n’a donc point nécessité à être explicitée
Chapeau !