[CHRONIQUE] Macron : des cendres, des ruines et des pleurs
Le second quinquennat d’Emmanuel Macron semble s’étirer en longueur dans une atmosphère sépulcrale. C’est le supplice sans fin. Dans le déchaînement de la guerre au Moyen-Orient, la voix de la France est à peu près inaudible, alors même que nous avons des accords militaires avec certains émirats du Golfe et que nous entretenons, en principe, des liens particuliers avec le Liban depuis le règne de Saint Louis. Mais en vérité, la France ne pèse plus rien, sur le plan diplomatique.
Le ridicule ne tue pas
Lorsque la seule initiative récente prise par Jean-Noël Barrot a été de convoquer l’ambassadeur des États-Unis au Quai d’Orsay pour lui demander des explications au sujet de l’émotion qu’il avait manifestée lors du meurtre à coups de pied dans la tête du jeune Quentin Deranque, nous pouvons mesurer à quel niveau de déréliction est tombée la diplomatie française. Notons que l’ambassadeur en question n’a pas daigné répondre à cette grotesque convocation. Ce qui en dit long sur le niveau d’estime que les États-Unis ont pour la France macroniste. Quelques jours auparavant, le Président avait cru bon d’interpeller de façon grossière Mme Meloni parce qu’elle avait aussi témoigné de sa compassion et de son indignation devant ce meurtre commis à Lyon. La réaction présidentielle vulgaire et gouailleuse donne la dimension réelle du personnage.
Rassurez-vous, Français, Emmanuel Macron vous a offert à Abou Dabi, le 21 décembre dernier, un spectacle qui devrait vous rassurer. En petit short parmi les beaux militaires, le chef de l’État s’est livré à une série de pompes et d’exercices physiques sous la houlette du « youtubeur » Tibo InShape. Pitoyable caprice digne d’un adolescent échauffé par la virile ambiance des vestiaires. Il est heureux que le ridicule ne tue pas, sinon nos palais nationaux seraient des nécropoles.
Macron aura servi ceux qui l’ont porté au pouvoir
En revanche, il y avait une urgence absolue pour notre « Top Gun » made in France : faire voter une dernière loi transgressive : celle sur l’euthanasie. Vieux combat des loges maçonniques, longtemps incarné par Henri Caillavet, membre du Grand Orient et repris par le « centriste » Olivier Falorni. À défaut d’avoir servi la France, Macron aura servi ceux qui l’ont porté au pouvoir.
Cette proposition de loi tourne le dos à la vraie humanité, celle du développement majeur des soins palliatifs. C’est plus économique d’euthanasier, il est vrai. Et toujours, l’on entend la même petite musique de fausse humanité. En 1920 parut, en Allemagne, un opuscule intitulé La libéralisation de la destruction de vies qui ne valent pas d’être vécues. Les deux auteurs - un juriste, le professeur Karl Binding, et un psychiatre, Alfred Hoche - se rattachaient au darwinisme social. L’éminent juriste écrivait : « Il ne faut pas comprendre par là un véritable droit à la mort, il s’agit de la revendication à être délivré d’une vie insupportable. » Propos que nous aurions pu entendre dans notre digne Assemblée nationale. Mais il laissait pointer l’oreille et ajoutait : « Il existe des êtres humains vivants pour qui la mort est une délivrance, comme elle l’est d’ailleurs pour la société et l’État, ainsi libérés d’une charge inutile. » Tout est révélé des intentions profondes. Réédité en 1922, l’ouvrage connut un vrai succès dans les années qui suivirent.
Pour faire bon poids, la proposition de loi instaure un « délit d’entrave » entraînant des peines pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende. C’est ce que l’on appelle la liberté de conscience sous contrôle pénitentiaire, sans doute. Quant au délai de « rétractation », il est de deux jours. Pour la loi Scrivener, en matière de crédit, il est de huit jours, et de quatorze jours en matière de contrat de crédit à la consommation. Il est vrai qu’il ne s’agit que d’une vie humaine. Attention : pour un écran plat, il ne faut pas rigoler. Mais rassurez-vous, braves gens, M. Falorni est un grand humaniste. C’est même en grand défenseur du bien-être animal qu'il a déposé une proposition de loi relative au respect de l’animal en abattoir. Tout va bien dans le meilleur des mondes.
Que restera-t-il de la présidence du méphitique Macron ? Une France affaiblie sur le plan international, si ce n’est ridiculisée. Une France appauvrie dont le revenu net par habitant est devenu inférieur à la moyenne de l’Union européenne. Une France déchirée par la violence politique, dans laquelle un jeune homme peut se faire tuer à coups de pied dans la tête en pleine rue avec la complicité de collaborateurs parlementaires. Une France qui aura passé toutes les lignes de la transgression morale en relativisant le respect dû à la vie humaine, allant même jusqu’à inscrire ce relativisme dans la Constitution. Ce bilan n’est pas seulement calamiteux, il est horrifiant. Macron a été un vrai révolutionnaire. La révolution ne fait jamais avancer les choses. Elle les fait revenir en arrière, comme l’indique l’étymologie. Avec lui, nous sommes revenus à un état anthropologique inférieur. Un grand pas vers la barbarie.
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89 commentaires
« REVOLUTION » , souvenez-vous, c’était le titre du programme de Macron en 2017. Si on lit ce livre (je l’ai trouvé dans une boîte à lire, je ne l’aurais pas acheté), il y avait des idées assez positives, ça ne correspond pas du tout à ce qui s’est passé.
Comment voulez-vous que la France s en sorte, il y a encore 20% de gens qui votent pour LFI et sa jeune garde et 30% pour la gauche droite bobo .