[CHRONIQUE] Mercosur : le grand-guignol
En matière européenne, l’inconséquence des hommes politiques semble toujours sans bornes. L’affaire des négociations du Mercosur en est encore une triste illustration. L’Union européenne dispose, en vertu de l’article 3 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, d’une compétence exclusive en matière de politique commerciale. Ce qui veut dire que les États membres se sont dessaisis de leur souveraineté en ce domaine. Dès lors que le Conseil donne mandat à la Commission pour négocier un accord commercial, celle-ci a les mains libres dans le cadre du mandat donné. Elle a pour seule obligation de consulter un comité spécial du Conseil de l’UE où siègent les représentants des gouvernements. Mme von der Leyen était donc dans son droit en signant l’accord Mercosur. Certes, signature n’est pas ratification, mais l’autorisation de ratifier est accordée par le Conseil à la majorité qualifiée. Pour pouvoir s’y opposer, il faut réunir une minorité de blocage d’au moins quatre États représentant 35 % de la population de l’Union européenne. Et la Commission européenne, forte des compétences attribuées par les traités, a le temps pour elle.
Emmanuel Macron sait parfaitement que l’accord sera ratifié
Le Conseil a donné mandat à la Commission de négocier cet accord il y a plus de vingt ans et certains États y sont très favorables, dont l’Allemagne et l’Espagne. Le report de la décision à janvier n’est que reculer pour mieux sauter. Devant les caméras, le sourcil impérieux, Emmanuel Macron, tout en déclarant que « le compte n’y est pas », sait parfaitement que l’accord sera ratifié, moyennant quelques modifications « cosmétiques ». Précisément des clauses de sauvegarde qui permettraient de rétablir temporairement des droits de douane quand des filières seraient menacées. En pratique, une augmentation des importations de certains produits agricoles de plus de 8 % par (au lieu de 10 %), notamment le bœuf, mais qui sont largement illusoires, car temporaires et exceptionnelles.
Ce qui est insupportable, c’est que nos politiciens savent parfaitement bien que l’Union européenne dispose d’une compétence exclusive de celle des États membres en matière de politique commerciale et que la Commission, fidèle à son idéologie du libre-échange, persiste et signe dans cette voie, tout simplement parce qu’elle en a juridiquement le droit. Avec une légèreté invraisemblable, ils n’ont cessé, traité après traité, d’abandonner des pans entiers de souveraineté et semblent croire que ceci est sans conséquences ! Or, les traités européens ont leur cohérence et leur force contraignante qui va toujours dans le sens de l’effacement des souverainetés nationales. Au demeurant, les partis dits souverainistes font souvent une erreur en dénonçant une dérive fédérale de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de cela mais de la constitution d’une sorte d’empire de la norme uniformisateur qui, au nom de l’État de droit européen, veut imposer un ordre économique et sociétal unique.
En matière européenne, nos politiciens mentent sans vergogne ou font preuve d’une inconscience grave. Ce sont les Français qui en supportent les conséquences ; non sans avoir parfois approuvé des traités comme celui de Maastricht, car « être européen » est encore « tendance », dans l’électorat conformiste.
Tout cela finira mal
De surcroît, la Commission est totalement schizophrène. D’une part, elle prône « l’économie circulaire », les circuits courts, submerge les agriculteurs et les industriels de normes et de règles environnementales ou climatiques délirantes, au nom de son obsession de la décarbonation, et, d’autre part, poursuit inlassablement la mise en œuvre de son idéologie du libre-échange qui ouvre nos marchés aux produits de pays qui ne subissent pas les mêmes contraintes.
Tout cela finira mal. Pour la France et pour l’Europe. La machine idéologique qu’est devenue l’Union européenne ravage l’économie productrice européenne au nom du « doux commerce ». Durant les cinq années où j’ai présidé la section de l’énergie et des infrastructures du Comité économique et social européen, j’ai entendu sans cesse les eurocrates me répéter qu’il fallait mettre fin « à la rente nucléaire française » ou encore que notre électricité n’était pas assez chère. Avec la complicité des gouvernements de Sarkozy, Hollande et Macron (paquets énergie de 2009 et 2019), l’UE est parvenue à ses fins et a réussi à mettre à mal une filière nucléaire française d’excellence et à renchérir le coût de l’électricité.
Voici qu’au nom de la lutte contre les voitures thermiques, contre toute raison, Mme von der Leyen ravage l’industrie automobile européenne et favorise l’industrie chinoise des voitures électriques. Avec le Mercosur, c’est désormais à l’agriculture européenne que s’attaque l’Union européenne. Mais quand donc arrêterons-nous le massacre ? À Bruxelles comme dans les États membres prospère une oligarchie administrative, politique et mercantile qui vit dans le confort d’une bulle éloignée du réel et qui, de surcroît, est persuadée de faire le bonheur d’un vain peuple par la réglementation et le contrôle de tous les pans de l’existence. D’urgence, il faut la mettre à bas. C’est une question de survie.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour



































107 commentaires
c’est trésbien le mercosur ,nous allons exporter des voitures dans les pays ou les Chinois sont déja présents ,comme la reussite des sous marins ,de nos avions les meilleurs du monde ,de chars mieux que tous les autres ,mais que mëme les pays de l UE n’achetent pas car trops chers, par contre les tonnes de viandes d’animaux éleves à coup d’hormones ,n(ayant jamais vus un brin d’herbe ,sans parler du tranport par bateaux responsables de beaucoup de co2 ,tant pis pour nos paysans
C’est dingue !
tout cela finira mal l’europe veut tuer l’agriculture Française ,les paysans sont pour l’europe maintenant ils vont déchanter ; depuis que nous sommes dans l’union européenne cela nous à créer que des inconvénients il faut sortir de cette europe .