[CHRONIQUE] Noël : un événement inouï
Durant le Moyen Âge, le mot « Noël » était aussi une exclamation de joie qui était lancée dans les grandes occasions : « joyeuses entrées » du roi, fêtes célébrant la paix ou une victoire, mariages… que sais-je, encore. Comme si l’homme médiéval, être religieux par essence, saisissait bien le caractère absolument inouï de la Nativité et en exprimait ainsi la joie profonde qui pouvait inonder l’âme.
Noël, signe d'espérance
Il est souvent affirmé que la fête de Pâques est la plus grande fête chrétienne. Elle proclame en effet la victoire de la vie sur la mort, de l’amour sur le mal et tend à dissiper la peur ancestrale de la mort qui étreint l’humanité devant l’inconnu absolu. Mais n’a-t-on pas affadi Noël en en faisant trop une fête un peu mièvre, celle des enfants - qu’elle est, certes, et c’est fort bien - ou, pire, une fête commerciale durant laquelle il est impératif de consommer et de s’amuser ? Mais c’est surtout un événement d’une ampleur cosmique. Saint Jean l’a fort bien compris : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu […] et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous… » Seul, de toutes les religions qui ont irrigué les civilisations humaines, le christianisme ose proclamer que Dieu s’est fait homme, qu’il a revêtu notre condition mortelle, lui l’Éternel, pour nous appeler à sa condition divine. Rien de gentillet en tout cela, mais en renversement total des perspectives humaines, la naissance d’une incroyable Espérance.
La naissance, aussi, d’une civilisation nouvelle, annoncée par l’étrange annonce faite au marin égyptien Thamous, depuis l’île grecque de Paxos : « Quand tu seras à la hauteur de Palodes, annonce que le grand Pan est mort. » Ce récit singulier rapporté par Plutarque, évoqué par Pascal, eut assez de retentissement pour que Thamous soit interrogé par Tibère lui-même, qui apporta foi à cette narration. Or, c’est précisément Tibère qui régnait à Rome lors de la mort et de la résurrection du Christ. L’empereur y aurait vu l’annonce de la fin des divinités païennes. Or, cette civilisation, qui se répandit il y a 2.000 ans à partir de Jérusalem puis de Rome et de Constantinople, fait l’objet d’une haine étrange de la part de certains qui en sont pourtant, à leur corps défendant sans doute, aussi les héritiers. Cette détestation tenace portée par une gauche qui a cessé de penser depuis longtemps autrement que par slogans, par des trostko-marxistes attardés que les flots de sang répandus par leurs modèles idéologiques n’ont pas écœurés, par leurs héritiers woke, semble porter toute cette pauvre engeance à aduler l’islam par haine du christianisme. Ils verront bien, comme les communistes iraniens ont vu avec Khomeiny, qu’ils avaient contribué à porter au pouvoir.
Relents laïcards
En France, cette aversion pour le christianisme, et particulièrement contre le catholicisme si intimement lié pourtant à la construction de la nation, prend parfois l’apparence misérable et grotesque de vieux laïcards rances qui s’en prennent aux crèches de Noël qui, comme chacun sait, menacent gravement la République. Ou, encore, nourrit les tentatives stupides d’effacer de nos calendriers scolaires les noms des fêtes chrétiennes. En viendront-ils, comme pendant la Révolution, à remplacer le calendrier grégorien par un calendrier laïc et à débaptiser les noms d’innombrables villages et cités qui portent des noms de saints ? Comme disait Einstein, « deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’univers, je n’ai pas encore acquis la certitude absolue. »
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23 commentaires
Le manque de culture fait dire n’importe quoi à certains, par exemple que le musulman serait un catholique comme les autres .
Sauf que le catholicisme a été une sorte de révolution il y a plus de 2000 ans , par la naissance de son prophète qui est lui même l’incarnation de Dieu fait homme .
Cela a fait vaciller des civilisations pourtant très avancées dans le domaine de l’organisation de la société , la philosophie et la démocratie .
Sauf que leur talon d’Achille a été de croire en des divinités païennes, alors que Dieu est vérité .
Les petits hommes des lumières ont développé une forme de jalousie envers ce Dieu tout puissant qui s’imposait plus que le roi lui même .
Et ils firent la révolution par des bourgeois qui ont voulu être dieux à la place de l’éternel .
Ce sont les mêmes que nous avons aujourd’hui sous la forme de gauchistes qui nous font prendre des vessies pour des lanternes .
La religion catholique a de çà qu’elle est du domaine de l’intime , et de la foi et cela sans aucune pression sociale ou théocratique; . Alors que pour le gauchisme c’est un blanc seing pour le bonimenteur de foire qui sait bien vendre son discours et aussi autre chose pour être élu avec la plupart du temps, de l’argent qui ne lui appartient pas . Pour moi les valeurs de la république relèvent de la croyance à partir du moment où les principaux intéressés sont incapables de les définir
Le capitalisme a tout digéré y compris ce que les sociétés avaient de plus sacré. Les marchands du temple, désormais ouvert et sans frontières, prospèrent cyniquement loin des étables désormais…
Le veau d’or a remplacé l’âne et le boeuf.
Ainsi cette petite paroisse de « Saint-Sauveur-le-Vicomte » dans la Manche qui devint au temps des errements « Le » tout court, puisque le reste n’était pas idéologiquement acceptable.
A bien y regarder ces temps sont de retour, la guillotine sociale remplaçant l’autre, pour celui qui s’exprime sans prudence. On comprend qu’une grande partie des personnes médiatiques fasse profil bas et se soumette aux diktats écolo-progressistes car la main de ceux qui administrent le grand ciseau ne tremble jamais.