Chute de François Bayrou : le pouvoir antinational tombe comme un fruit gâté
On les appelle les thanatopracteurs. Leur métier consiste à maquiller les morts, à en effacer les stigmates, avant la mise en bière. C’est à une séance de ce type que la France a assisté, ce lundi 8 septembre. Derrière la pompe et l’agitation inchangées de l’Assemblée nationale, la séance qui a mis fin au mandat du Premier ministre Bayrou avait des accents de maquillage ultime, après décès. Par 364 voix contre la confiance au Premier ministre François Bayrou, 194 pour et 15 abstentions, les représentants du peuple français ont contraint le locataire de Matignon à démissionner. Bayrou, que les Français ont déjà enterré, devrait remettre son mandat dès ce 9 septembre et assurer désormais les affaires courantes en attendant que Macron ne désigne un successeur.
Exit, sans surprise, le quatrième gouvernement Macron depuis 2022 : Borne, Attal, Barnier et Bayrou n’ont pas survécu à la double pression, façon étau, d’un peuple de plus en plus furieux d’avoir été trop dupé et d’un Président machiavélique et obtus, indifférent au sort des Français et fragilisé par des records d’impopularité.
L’iceberg approche
La faille est béante. Les candidats ne manqueront pas pour la suite, mais la recherche d’une majorité s’annonce impossible. La France a désormais des allures de Titanic dont la coque est percée. La voie d’eau s’élargit, l’iceberg approche, au sein de l’équipage, personne n’est d’accord sur le cap à suivre et le capitaine donne l’impression de se préoccuper de son propre sort – durer au-delà du naufrage, sauver sa peau comme le capitaine indigne du Costa Concordia, en 2015 - et du sort du monde.
Grand admirateur d’Henri IV, Bayrou a montré l’envers des qualités du grand roi. Il n’a pas su réconcilier les Français, a assisté sans agir à l’aggravation de la situation, notamment financière et migratoire, avant de déguiser une sortie honteuse en projet de candidature à la présidentielle… L’homme avait le culot de demander des efforts de redressement aux Français après avoir participé à toutes les majorités depuis François Hollande, soutenant les politiques les plus folles avec les conséquences que l’on mesure aujourd’hui. L’incendiaire en second n’était pas le mieux placé pour contraindre les Français à écoper.
À ce sujet — [ÉDITO] Bayrou au bout du bout
Résultat : on assiste à l’agonie logique d’un système. L’Empire romain a mis des années à se déliter. Le système antinational des partis au pouvoir depuis des décennies résiste encore, mais ses tenants ressemblent, chaque jour davantage, à ces noyés accrochés l’un à l’autre qui s’entraînent irrémédiablement vers le fond. Chaque tentative de sauver le système pousse l’ensemble de la classe politique responsable du désastre vers l’abîme. On a des chances de revoir la grande alliance des législatives qui associa tous les partis de gouvernement, augmentés de LFI, pour repousser la vague des députés promise au RN. Le genre de mobilisation qui installe la dualité ; la continuité ou le changement. Et qu’on ne répète pas dix fois. Dans les sondages, les Français sont nombreux à avoir compris qu’ils avaient été floués une fois de plus.
Désastre
Aujourd’hui plus que jamais, le roi Macron est nu. Il a passé la nuit seul, sans le paratonnerre d’un Premier ministre, à la veille d'une journée de mobilisation dans les rues. Au pouvoir depuis Hollande, Emmanuel Macron va chercher à sortir de l’impasse dans laquelle il a jeté la France, et lui avec, en s’appuyant sur les fausses bouées qui l’ont mené au désastre. Il y a chez lui du Samson qui périt après avoir lui-même ébranlé les colonnes du temple.
Il le sait, le désaveu violent signifié par les députés à Bayrou s’adresse à lui. De Gaulle, en 1969, avait analysé à raison comme un désaveu personnel l'échec de son référendum. Il avait logiquement mis sa démission dans la balance (lire l’article de Georges Michel, hier). Macron, lui, attendra d’y être contraint et forcé avant de quitter les dorures du pouvoir, après avoir desservi la France avec méthode et persistance.
Pourtant, politiquement, l’hôte de l’Élysée est mort et le système antinational avec lui : la suite appartient au thanatopracteur… qui ne fait pas de miracle. La France aura, d’ici quelques jours, un nouveau Premier ministre sans majorité, nommé par un Président sans pouvoir à la tête d’un pays ruiné. Le pouvoir donne l’impression de tomber de lui-même comme un fruit gâté, mais la chute n'en finit plus. À la fin, Macron devra bien dissoudre et/ou démissionner.
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112 commentaires
marc, vous avez oublié une hypothèse, après lecornu, il restera encore une cartouche à macron, c’est la nomination de sa « merveilleuse épouse » à Matignon, un peu comme Caligula nommant son cheval sénateur , comme le rappelle Atticus Finch..
A la vérité, j’ aurais pu parler de son poney, vu le comportement parfois puéril (cf l’ épisode lamentable du jeu de cartes japonais!) de l’ intéressé…
PS d’ après certains historiens, un personnage douteux nommé Macron (Naevius Sutorius Macro) intrigua pour permettre l’ ascension à la pourpre de Caligula (y compris en mettant son épouse dans le lit de ce dernier, voire en achevant en l’ étouffant son prédécesseur Tibère!) CQFD…
La censure de Barnier en décembre dernier était une première depuis 1962…
Le refus de confiance à Bayrou hier, une première tout court, inédit depuis 1958..
La prochaine nomination d’ un PM sera la septième pour Macron en 8 ans, c’ est le nombre de PM nommés par Mitterrand en 14 ans…
Il ne manquerait plus quel, tel Caligula, Macron fasse de son cheval un Consul pour l’ agonie de ce maudit second mandat tourne à la farce, à moins que tel, cette fois, Narcisse, il ne finisse par se noyer dans sa propre image…
Cela fait longtemps qu’il s’est noyé dans son image …
C’est déjà un bon résultat , mais insuffisant . La priorité indispensable est la démission ou la destitution de Macron . Ce personnage bloque la mise en route de la sauvegarde de la France . C’est d’une évidence éclatante !
Il y a des hommes de politique incapables d’être président, mais élus dans des circonstances rocambolesques. Leur prétention concernant leur avenir finit par douter de leur intelligence…
Et dire que nous continuons à payer pour ces incompétents. Une HONTE