[CINEMA] Dossier 137, la police face aux Gilets jaunes…
Il est communément admis dans la société, à droite comme à gauche, que le mouvement des Gilets jaunes n’a pas été traité avec le même tact par la préfecture de police de Paris qu’une manifestation lambda, comme celles contre la réforme des retraites ou pour la revendication de tel droit individuel. D’aucuns diront que les policiers – qu’ils ont amplement félicités, deux ans plus tôt, lors des attentats de 2015 – ont reçu l’ordre de faire dégénérer la situation pour salir l’image médiatique des Gilets jaunes. Une vision un peu naïve des choses qui tend à réduire le policier à un être irréfléchi par nature, docile comme un soldat de la Wehrmacht et irresponsable.
D’autres, plus raisonnés, estiment pour leur part que le noyautage (tardif) du mouvement par l’extrême gauche et par les Black Blocs en particulier, cherchant ostensiblement à en découdre avec les autorités, ne pouvait engendrer que de violentes représailles, avec leur lot de victimes collatérales, parmi lesquelles des innocentes…
Une bavure en marge des Champs-Élysées
Dossier 137, le nouveau film du talentueux Dominik Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien, Lemming, Seules les bêtes, La Nuit du 12) aborde aujourd’hui avec intérêt ce sujet épineux de la réponse policière face aux manifestations des Gilets jaunes. Le récit suit Stéphanie (Léa Drucker), commandant à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, qui se voit confier le dossier d’une bavure potentielle survenue en marge du mouvement. En effet, le jeune manifestant Guillaume Girard, la vingtaine, a reçu un tir de Flash-Ball™ en pleine tête dans une ruelle à proximité des Champs-Élysées. Résultat : soixante jours d’incapacité totale de travail et des séquelles à vie.
Au fil de son enquête, Stéphanie – issue à la fois des couches populaires et de l’institution policière – découvrira une vidéo prise au moment des faits par la femme de chambre d’un hôtel et s’apercevra que le double tir de LBD – effectué à seulement quatorze mètres de la victime – ne répondait aucunement aux principes élémentaires de nécessité et de proportionnalité, le jeune homme désarmé n’ayant affiché aucun comportement hostile envers les forces de l’ordre…
L’IGPN à l’honneur
Intéressant dans sa façon de nous présenter l’IGPN, cet organe de contrôle de la police nationale encore trop méconnu du grand public et peu abordé au cinéma, sauf pour en pointer la « traîtrise » ou accuser la « lâcheté » supposées de ses agents, Dossier 137 a le grand mérite de tordre le cou aux idées reçues selon lesquelles les bavures, dans le milieu, seraient systématiquement passées sous silence. On sait, en effet, que 914 enquêtes judiciaires ont été ouvertes, en 2024, par l’IGPN. En outre, bien des policiers intègres ont vu leur carrière salie définitivement par de simples soupçons très vite éventés dans la presse par des journalistes-voyous sans le moindre scrupule. Mais ça, ni Libération, ni Mediapart, ni leurs lecteurs de LFI ne s’en émeuvent…
L’antienne, malgré tout, de l’impunité devant la Justice…
Poignant, bien interprété, le film de Dominik Moll n’en est pas moins orienté. Si le récit n’accrédite pas la thèse complotiste d'une préfecture de police qui aurait sciemment provoqué les tensions et s’il ne souscrit pas davantage à la thèse des représailles contre des Black Blocs ultraviolents avec leur lot de victimes collatérales, il postule volontiers l’existence de brigades policières (issues de la BRI, en l’occurrence) qui, telles des milices, écumaient les ruelles autour des Champs-Élysées pour tirer sur des innocents en pleine fuite… Une proposition que seul l’argument de la fiction rend digeste.
Quant au prétexte de fin justifiant la levée de la garde à vue pour les policiers incriminés, il nous apparaît comme un moyen gratuit de susciter la colère du spectateur et d’accréditer l’idée que le système serait décidément trop clément envers les forces de l’ordre. Rien ne sonne plus faux.
2,5 étoiles sur 5
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour


































14 commentaires
Désolé mais c’est pas un film anti-flic bien au contraire, mais c’est la démonstration flagrante de la manipulation des forces de l’ordre par macron l’unique responsable du désordre.
Un futur flop car sera ignoré par les gens intelligents qui ne tomberont pas dans le piège des gauchistes
30 ans de police à Paris, j’en ai fait des manifs, aux premières loges, j’ai vu le MO ne pas bouger -sur ordre- pendant que ça cassait de partout et l’ultra-gauche/racaille s’en donner à cœur joie…et même, en tant que manifestant, me faire verbaliser -illégalement- par…un collègue. PAS JOLI JOLI tout ça.
Sauf que cétait pas les gj qui cassaient.
Je suis plus mesure dans mes jugements. Ceux qui n’ont jamais connu telle situation ne peuvent en parler. Les forces de l’ordre sont chargées comme leur nom l’indique de maintenir l’ordre. Mais ce sont des hommes et face à des hordes sauvages excitées emmenées par des blacks blocs il peut y avoir des dérapages. Pourquoi devraient ils en porter seuls les responsabilités. On a beau être entraîné la réalité est souvent plus cruelle.
Très bon film pas orienté puisque l’on voit bien les deux points de vue :police/manifestants.
Léa Drucker joue très bien.
Je vous le recommande.
Niels, Pigasse et Saadé voyant leur parts de marché périclitaient ( BFM / journaux) sont allés pleurer chez Macron.. Le coup de l’RCOM ne pouvant pas se renouvele tout les mois ( perte C8) celui ci a envoyé Delphine Ermiotte au combat judiciaire. Bien relaye par C’est dans l’air, C’est politique il espère voir les juges suivent les jérémiades de Niels, Pigasse et Saadé.. il ne faudrait quand même pas que CNews parlent des milliard d’€ que CMA-CGM ( Saadé) projette d’investir dans le poet d’alger ..
Si j’ai bien compris, un très bon film, qui n’a qu’une note moyenne, car il est « mal orienté « . Il est inconcevable que des policiers puissent déraper et prendre plaisir à poursuivre des manifestants, et il est trop facile de dénigrer la justice en France.
il n’empêche que, pour l’avoir vécu, sur les champs élisée, la police nous enfermait tel des poissons dans une nasse , d’où nous ne pouvions plus nous échapper, ni par les rues adjacentes ni en voulant tout simplement sortir de la manif, la nasse se refermait et c’était « passage a tabac homme ou femme, tous égaux, alors que nous n’avions rien fait que « manifester » paisiblement et bon enfant.
L’histoire du « boxeur » en est la parfaite illustration
Orienté et, pour couronner le tout, c’est bien évidemment une femme qui enquête et cherche la « vérité ». N’en avez-vous pas assez de ces téléfilms dégoulinants de moraline, où la femme commandant de Gendarmerie est toujours parachutée pour résoudre seule le crime tout en faisant face au machisme et au sexisme ambiants et lourdingues, et tout en « luttant contre ses propres démons » ?
Je crains que vous n’ayez raison, mais voyons le film quand même…
Je suis un gilet jaune et je n’ai jamais eu de problème avec la police, contrairement à ce que raconte télémacron pour sauver son pouvoir.
Des événements se sont mal passés comme toute manifestation peut déborder et provoque de la violence, c’est regrettable.
On a jamais su quels étaient les ordres au moment du pire, quand le boxeur tape sur un policier et quand certains policiers tapent sur des personnes âgées…le monde n’est pas noir ou blanc comme le pense les socialistes. Je n’accuse personne mais la majorité des vrais gilets jaunes étaient pacifiques.
Macron et Griveau ont bien cru leur dernière heure arrivée, malgré les remparts de CRS. Les black block leur ont rendu service pour justifier une répression.
Surtout, le pouvoir n’a pas retenu la leçon, enfumage et déballage dans le vide ont suivi, mais ils le paieront cher aux élections, ces antifas d’opérette.
MÊME si macron ne le veut pas NOUS on est là ! …
Cet auto proclamé n’a développé qu’une chose : la répression ANTI FRANCE ! …
Je suis d’accord que les Black blocs ont été les alliés objectifs du gouvernement contre les gilets jaunes .
Les gilets jaunes ont inquiété les pouvoirs publics lorsqu’ils ont occupé les ronds points ,ont fait les flitrages des axes routiers et le sabotage des radars routiers.
A partir du moment où ils ont décidé de s’inviter dans Paris , la gauche a décidé de les reprendre en main en pourrissant le mouvement par des exactions, des pillages et provocations contre les forces de l’ordre .Cela sous les yeux de » big brother » par caméra interposé .
Le sabotage du mouvement par les Black blocs a rendu service au gouvernemen , donc c’était gagnant gagnant avec LFI qui voyait le contrôle de la rue lui être contesté par les des gens qui n’étaient pas nécessairement gauchistes .
Je ne pense pas que ce soit le scénario du film .
Certains « leaders » du mouvement ont tenté d’emmener les gilets jaunes en banlieue pour réaliser la convergence des luttes
Il faut se rappeler comment Melenchon parlait des GJ au debut du mouvement quand celui ci n’avait pas été récupéré.