[CINÉMA] La Femme de ménage, un succès commercial aux relents néoféministes
Son succès public est indéniable : La Femme de ménage, de Paul Feig, en est déjà à plus de 130 millions de dollars de recettes à travers le monde, dont 80 millions aux États-Unis. À tel point que les producteurs du film ont déjà prévu l’adaptation cinématographique du second tome de cette saga littéraire.
Publié pour la première fois en 2022, et sorti en France en 2023 aux Éditions City, La Femme de ménage, écrit par la romancière Freida McFadden, fut inscrit pendant plus de deux ans et demi sur la liste des best-sellers du New York Times, avec ses 3,5 millions d’exemplaires vendus sur le sol national, avant d’être traduit dans quarante-cinq langues. Autant dire que les producteurs du film n’ont pas pris de gros risques en misant sur ce projet.
L’image de la femme battante au cœur d’un thriller domestique…
L’intrigue suit Millie (Sydney Sweeney), une jeune femme récemment sortie de prison après dix ans d’incarcération, qui dort dans sa voiture et peine à trouver un emploi. Après une expérience malheureuse en tant que serveuse dans un restaurant, Millie postule avec son CV pipeauté chez un riche couple de Long Island, les Winchester, afin d’y effectuer un travail de ménage et de baby-sitting. Contre toute attente, sa candidature est retenue ; la jeune femme est aux anges. Hélas, la maîtresse de maison, Nina, joviale et prévenante lors de l’entretien, se révèle instable dès le premier jour, pour ne pas dire caractérielle. Sa fille, Cecilia, puante comme pas deux, est également à claquer. Heureusement, Millie peut compter sur le soutien indéfectible d’Andrew, le père de famille, courtois en toute occasion, gentleman et psychologue. Notre femme de ménage l’ignore, mais cette famille cache un lourd secret ; les apparences pourraient bien s’avérer trompeuses.
Millie va décidément devoir mettre de l’ordre dans cette maison…
Un flot de poncifs, coulant comme de la grenadine
Calibré comme une série Netflix, avec sa débauche de moyens financiers, ses musiques sirupeuses, ses retournements scénaristiques invraisemblables, ses stéréotypes (la femme battante, meurtrie par la méchante société patriarcale, le bellâtre au sourire Colgate, l’épouse sous emprise, la gamine pourrie-gâtée et le richissime quartier aux intérieurs de catalogues de ventes en ligne), La Femme de ménage est à classer dans la même catégorie que 50 nuances de Grey : celle des adaptations archi-convenues de best-sellers couillons et politiquement corrects pondus en deux mois. Car derrière de vagues discours classistes, assenés de façon caricaturale, le film égrène tous les poncifs sur la « masculinité toxique », les « pervers narcissiques », la « société patriarcale », les « violences faites aux femmes » et la « sororité » de celles qui ont décidé de faire cause commune contre le mâle (blanc, forcément…).
Heureusement, le suspense de La Femme de ménage est travaillé de telle sorte que l’ensemble fonctionne et divertit. Plaisir coupable, souvent risible, le film de Paul Feig doit beaucoup, également, à la présence au casting de la talentueuse Sydney Sweeney (Reality). On regrette tout de même le tournant que prend la carrière de cette dernière…
2 étoiles sur 5
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour


































13 commentaires
Ne blâmons pas trop les poncifs, ce qui compte, c’est comment ils sont traités. Au fond, le Cid, c’est quoi, un type qui tue son beau-père et met Chimène entre deux eaux. » Ah mon Dieu qu’il est beau l’assassin de papa ». Il y a davandage de fond dans ce thriller qu’il n’y paraît, et des références classiques embusquées. Barry Lindon, et une revisite d’Hitchock dans Rebecca : le logis est un mystère, les gros plans une énigme. Tout est hypertrophié jusqu’au burlesque, on dirait du Feydeau pour bobos friqués new-yorkais se caricaturant eux-mêmes. Un miroir à la dinguerie où chacun y prend pour son grade. On y trouve de la prison, de la noyade, des incendies, du sadisme. Tout ce que tout le monde possède sans aller jusqu’au bout. Là, ils y vont dare-dare, névrosés jusqu’à la moelle. En filigrane, un portrait robot de la vie quotidienne new-yorkaise vide de sens, en spirale de réminiscences aliénantes, personne ne peut échapper à son passé. Pourquoi bouder son plaisir et se refuser au second degré ? L’auteur s’amuse sur un fond noir tissé de près, cousu main. Ceux qui aiment les enfants se délecteront de la petite fille de la maison, une Greta Thumberg, en névrose assumée. Notre « femme de ménage », tient aussi son journal, comme le journal d’une femme de chambre; Le héros dingot superman est un musculeux parano. Mine de rien, tout déraille, et tout de même, la trouvaille du scénario, c’est l’entremêlement des névroses imbriquées les unes dans les autres de tous ces personnages qui se répondent dans leurs déraillements. il sont tous fous, jusqu’au jardinier, on s’aime, on se hait, on batifole. C’est un vrai plaisir de la vie quotidienne. Une nuit américaine à ciel ouvert.
Bonne analyse, c’est comme cela que j’ai aussi perçu le film, qui est un bon thriller.
Je n’ai pas compris le succès du livre car pour l’avoir lu j’ai trouvé ça vraiment nul. Si le fm est du même niveau ça promet un beau navet, cependant j’avoue que la bande annonce m’a plutôt donné envie de regarder.. ..Mais Sydney Sweeney devrait voir plus grand pour la suite de sa carrière.
A boycotter
Sans intérêt pour moi.
Moi je pense surtout au lynchage wokiste de Sydney Sweeney parcequ elle a osé dire qu’elle portait bien les jeans. Hahaha ce monde est fou et la gauche cultive tellement la folie que les pays occidentaux en deviennent ridicule à la face du monde!
Bien d’accord
Pour moi le cinéma c’est terminé depuis 15 ans déjà, toujours du wokisme plus ou moins camouflé,il faut juste regarder les bandes annonces pour le vérifier et s’en convaincre,et je ne file plus mon pognon à ce genre d’embrouilleurs que sont les acteurs et chanteurs. Il faut savoir scruter les messages cachés au travers de ces films et de leurs thèmes présentés, maintenant s’il y en a qui aiment se faire manipuler c’est leur affaire.
Idem. En revanche, j’ai une vidéothèque importante, mais aucun film post 90.
Pas vu tout ça, moi , juste un thriller bien mené , deux actrices excellentes . Un moment de cinéma sans prise de tête .
Entièrement d’accord. j’ai beaucoup apprécié. il faut arrêter de voir du woko-féminisme partout. J’ai trouvé Sydney Sweeny particulièrement brillante.
Il faut reconnaître qu’il est rare de trouver un rôle de femme qui ne soit pas survalorisé .
Hors ce n’est pas comme cela dans la vraie vie et je dirais même jamais .
Idem pour moi. Je suis assez étonné des commentaires acerbes. J’ai plutôt passé un bon moment. Il est vrai que deux couples assez âgés ont quitté la salle vers la moitié de la projection. Pour ma part, je n’ai pas vu tant que ça de stéréotypes du genre, peut-être que je m’habitue tout compte fait. Sydney Sweeny en tout cas est vraiment convaincante.