Crépol : deux ans après, le présumé mobile raciste est toujours tabou

Deux associations entendent faire reconnaître à la Justice le mobile raciste de l'attaque du bal de Crépol.
© Boulevard Voltaire
© Boulevard Voltaire

Des bougies, quelques fleurs et des larmes. Ce dimanche 16 novembre, devant la stèle d’hommage à Thomas et aux victimes du bal de Crépol, les habitants de ce petit village de la Drôme se sont réunis pour « honorer la mémoire de Thomas et pour montrer [leur] soutien a toutes les personnes impactées par ce drame ».

Deux ans après, la douleur reste vive. L’enquête poursuit son cours pour tenter de déterminer, malgré le mutisme des mis en cause, l’auteur des coups de couteau mortels. Une reconstitution numérique, organisée à la fin du mois de septembre, n’a pas permis d’éclaircir toutes les zones d’ombre. Mais dans ce long processus d’investigation, un élément semble avoir été écarté du dossier. Le mobile présumé raciste de l’attaque du bal de Crépol, évoqué lors des auditions, est aujourd’hui laissé de côté par les enquêteurs.

Un document classé au mauvais endroit

Face à cette omerta, deux associations, l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (AGRIF) et Résistance républicaine, entendent se constituer partie civile dans cette affaire afin de remettre au cœur du dossier la question du racisme anti-Blanc. Comme le rapporte Le Figaro, après un rejet de leur demande par la chambre d’instruction, au motif que ces associations n’avaient pas été saisies par les victimes du drame, les deux collectifs se sont pourvus devant la Cour de cassation. La plus haute juridiction a finalement cassé cette première décision, estimant que le débat contradictoire n’avait pas été respecté. Les deux associations auront donc, dans les mois à venir, une nouvelle chance de faire entendre leur voix sur ce dossier et de remettre la question du racisme anti-Blanc sur la table. L’AGRIF estime que, « sans [son] action judiciaire, il est évident que ce fait majeur ne pourra être reconnu ».

 

L’AGRIF s’appuie sur différents témoignages recueillis par les forces de l’ordre, au début de l’enquête. Au lendemain du drame, un premier témoin explique avoir entendu : « On est venu ici pour planter des Blancs. » Un autre raconte : « Je ne sais pas si c’est important, mais dans la bagarre, j’ai entendu "On est là pour tuer du Français". » Même version pour un troisième témoin qui rapporte avoir entendu, dans le tumulte : « On va vous crever, les petits Blancs. » Enfin, l’un des mis en cause aurait, selon une personne présente au bal, déclaré : « On vous pisse dessus, sales Blancs. » Plus d’une dizaine d’auditions rapportent ces propos anti-Blanc. Un procès-verbal de synthèse, rédigé par une enquêtrice en novembre 2023 sur les « éléments constitutifs de circonstances aggravantes », conclut : « Les auteurs des faits pourraient être venus au bal pour tuer des personnes de couleur blanche. » Mais ce document, numéroté DA43 dans le dossier, a été, sans que l’on sache pourquoi, classé au mauvais endroit entre les notifications des droits de garde à vue des mis en cause. Résultat : il n’aurait pas été porté à la connaissance de la Justice.

Le mobile raciste non retenu par la Justice, à ce stade

Par conséquent, le procureur en charge du dossier n’a jamais fait état d’un possible mobile raciste, lors de ses prises de parole. Une enquête de flagrance a ainsi été ouverte dès le 19 novembre 2023 pour « meurtre et tentative de meurtre en bande organisée » sans que la circonstance aggravante de racisme n’ait été retenue. Les mis en cause sont, par ailleurs, mis en examen pour « homicide volontaire et tentatives d’homicides volontaires en bande organisée ». À nouveau, la circonstance aggravante de racisme n’est pas retenue.

La Justice, qui se concentre notamment sur l’identification du meurtrier de Thomas, n’est pas la seule à ne pas retenir le mobile raciste, dans cette affaire. De nombreux journalistes ont également tenté de réécrire les faits ou ont occulté cet élément. On se souvient ainsi, par exemple, de Patrick Cohen qui parlait de « bal tragique » au cours duquel des jeunes du quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère, étaient simplement venus « pour s'amuser, pour draguer des filles », alors qu’ils étaient en possession de couteaux… Les auteurs d'un livre sur le drame considèrent, quant à eux, que le mobile raciste est une lecture instrumentalisée de l'extrême droite...

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

32 commentaires

  1. La France continue à avoir la tête dans le sable. C’est tellement mieux de ne rien voir et de de rien entendre. Désespérant.

  2. Le seul véritable racisme qui existe en France est la racisme anti-blanc. Je m’en suis aperçu il y a déjà 50ans et m’étonne que les « autruches » de la république fasse semblant de ne pas le voir.

  3. Pas d’auteur des coups de couteau identifié, pas de mobile de racisme anti-blanc mais plutôt rejet de gentils jeunes qui venaient s’amuser. Tout cela ménera au bénéfice du doute !

  4. Mauvaise victime, pas la bonne couleur de peau, pas la bonne religion, la presse qui se déchaine pour un nahel, fait le service minimum pour Thomas. Pire la presse de gauche à tenté de le salir, tout en relativisant le crime des assaillants. La justice, elle est bien embarrassé, des centaines de témoignages démontrent la volonté de tuer et le racisme, mais la doxa de la magistrature n’est pas prête à accepter le racisme anti-blanc. Le bien vivre ensemble va devenir un face à face.

  5. Les politiciens et les juges s’associent pour nier la réalité dans les domaines de l’immigration et de l’islam qui va avec . Nos amis anglais ont ainsi nié pendant des années le viol et la prostitution ce centaines de jeunes filles blanches par des gang de pakistanais musulmans .

  6. le racisme anti blancs et anti français prend une ampleur qui devra être stoppée à un moment donné car ça ne peut plus durer.

  7. Qui peut nous faire avaler que cette pièce capitale puisse avoir été classée par inadvertance au mauvais endroit. Il faut alors licencier et punir la personne chargée du dossier

  8. N’oublions pas que pour Mélenchon, les Français de souche sont un problème à régler. Et que plus de 30% des magistrats adhèrent à cette idéologie islamogauchiste-qui-n’existe pas. Et que l’influence de ce parti de l’étranger s’étend loin sur sa droite : d’Attal à un certain nombre de LR…

  9. En tous cas, personne en France n’oubliera Thomas, assassiné en pleine jeunesse par la racaille. Qu’attend la justice pour enfin qualifier de raciste ce crime. Elle est bien frileuse quand la victime est blanche et sans histoires.

  10. La Nation a le droit de connaître les noms de juges qui commettent ces  »fautes ». Plus d’anonymat des juges.

  11. Juger les criminels fait peur aux juges et au gouvernement, car ils n’ont qu’une seule peur : que les banlieues se révoltent et que ça tourne au vinaigre… nos politiciens vivent dans la crainte que leur beau système du vivre ensemble ne s’écroule.

  12. Et même si vous contestiez la connotation raciste devant mon cheval, vous prendriez un solide coup de sabot. La justice serait-elle devenue ce qu’on en pense?

  13. Le mobile présumé raciste de l’attaque du bal de Crépol, évoqué lors des auditions, est aujourd’hui laissé de côté par les enquêteurs.
    ##
    Sur ordre de qui?

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois