Dans Le Monde, la misandrie expliquée à ma fille… et banalisée

C. Froidevaux-Metterie assure n'avoir aucune haine pour les mâles, individuellement. Ouf, on avait compris l'inverse !
Libre de droit
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La misogynie, on connaît, au prix de quelques clichés : Jean-Marie Bigard et Patrick Sébastien sont considérés comme définitivement « misogynes ». Mais son opposé, la misandrie ? Dans Le Monde de ce 25 mai, un entretien avec la philosophe Camille Froidevaux-Metterie montre que le sujet travaille un certain féminisme et qu’il est tout sauf anodin.

Patriarcat systémique

La misandrie, explique cette professeur de l’université de Reims Champagne-Ardenne, c'est « la détestation du patriarcat tel qu’il a été construit et perpétué par les hommes ». Il s’agit bien de haine : « Comment ne pas haïr cette condition d’infériorité dans laquelle on maintient les femmes et les personnes féminisées ? » Être misandre, c'est la réponse au patriarcat systémique. Allons ! le système n’est pas si méchant : Camille Froidevaux-Metterie a été faite chevalier de l’ordre national du Mérite, en 2017, par ce gynolâtre de François Hollande.

Il y aurait des précédents de sociétés misandres, dans l’Histoire. Dans les années 1970, la misandrie s’inscrit, nous dit Camille Froidevaux-Metterie, « dans le lesbianisme politique qui propose de vivre sans les hommes au sein de communautés séparées, comme celles qui naissent alors en Californie. Des enclaves où s’expérimente une vie débarrassée des logiques patriarcales. » De son côté, une chercheuse belge, Athina Schlirf, dans son mémoire de master de spécialisation en études de genre, fait une description actualisée des misandres qu’elle croise « de plus en plus » : elles « ont généralement la trentaine, elles sont hétéros, lesbiennes ou bisexuelles, votent à gauche et appartiennent à la classe sociale moyenne ». Des bobos, à l’idéologie de bobo.

Misandrie, misogynie : le parallèle interdit

Plaçons-nous sur le plan sémantique. Le CNRTL (Centre national de ressources textuelles et linguistiques) définit la misandrie comme une « attitude symétrique de la misogynie masculine » (et on ne voit pas pourquoi la misandrie serait positive si la misogynie est négative), voire une « aversion morbide pour le sexe masculin » (un désordre psychologique à soigner plus qu’à cultiver). À cette aune de la rigueur lexicale, il ne reste pas grand-chose de scientifique à retenir du plaidoyer misandre, qui n’est qu’un discours idéologique sous ses oripeaux sociologiques.

Mais les misandres repoussent tout parallélisme. « Inhérente au système patriarcal », la misogynie est violente, alors que la misandrie est « la proposition positive d’un nouveau projet de société fondé sur l’égalité et la liberté de tous ». La misogynie étant systémique, le CNRTL, un projet dirigé et réalisé par des équipes universitaires et le CNRS est peu ou prou patriarcal, d'où sa partialité. C’est d’ailleurs confirmé par le magazine Marie Claire, caisse de résonance des plus fiables en matière de revendications sociétales : la misandrie ne peut être comparée à la misogynie puisque la misandrie n’a « ni sa structure, ni sa portée, ni sa violence ».

Une société en déconstruction

Il y a des gens qui ne lisent que des polars, d’autres que des romans, d’autres que des récits de voyage. Camille Froidevaux-Metterie, elle, se vante « de ne lire quasiment que des autrices ». Non qu’elle déteste les auteurs (vraiment ?), « mais pour rééquilibrer le balancier et en terminer avec l’invisibilisation des femmes ». Pourquoi pas ? Il y a tant à lire que des critères sont parfois utiles. Mais quelle psychorigidité ! À moins que, dans ses lectures, notre philosophe se précipite sur Yes Kids, de Gabrielle Cluzel, ou Femmes en politique : premier bilan, de Christine Kelly ?

L'éloge de la misandrie indique que le combat, comme d’autres, est truqué. Les sexes sont égaux, mais… les femmes sont supérieures aux hommes et ceux-ci sont haïssables. Toutes les cultures se valent, mais… les cultures extra-européennes sont supérieures à la culture occidentale, mauvaise par essence. Les races n’existent pas, mais… on fait des ateliers interdits aux Blancs qui rejoignent, dans le principe, les « groupes de parole en non-mixité » vantés par Camille Froidevaux-Metterie. On formate le Français de souche à se détester (cf. Mathieu Kassovitz) et l’homme à ne pas en être un : l'universitaire estime qu’« un homme peut être misandre, c’est-à-dire refuser de jouer le jeu du patriarcat et travailler à essayer de se déconstruire ». C’est le fin mot des luttes intersectionnelles : l'autodestruction.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

21 commentaires

  1. La » haine du mâle blanc » a fait des ravages depuis 1971.
    Une étude danoise parue en janvier 2022 dans
    « Journal of Epidemiology and Community Health, portant sur 4835 patients entre 1986 et 2011 révèle que les hommes souffrent bien plus que les femmes des ruptures amoureuses.Il y a 4 fois plus de suicides chez eux que chez les femmes !
    L’attitude de la Justice en cas de plaintes pour violences conjugales explique bien des choses !

  2. Cette dame ne pourrait-elle pas faire une conférence à Kaboul ? Il parait que les talibans sont devenus inclusifs… Pas encore « déconstruits » ; non, ça c’est réservé aux femmes : plus d’école, plus de chants, plus de parole… Elle y verrait le vrai patriarcat « canal historique » et bien rustique !

  3. Finalement tous ces gens ne sont que des misanthopes alors qu’il nous a été dit « Aimez-vous les uns les autres ». On voit où mène un monde sans Dieu.

  4. « Marie-Claire » absurde. En effet, elle explique, je cite – « la misandrie ne peut être comparée à la misogynie puisque la misandrie n’a ni sa structure, ni sa portée, ni sa violence ». Donc, pour dire cela il a bien fallu comparer les deux ahahah!

  5. Camille Froidevaux-Metterie nous fait la démonstration que les hommes sont meilleurs que les femmes. Merci chère madame. Effectivement, les hommes ne se permettraient jamais de tenir de tels propos dégradants à l’égard des femmes, de renier leur condition de femme. C.Q.F.D.

    • D’autant plus exact que dans la vie réelle de tous les jours, combien souvent voit-on les femmes s’écharper entre elles alors que chez les hommes c’est plutôt rare ou alors cela se traite à la kalachnikov.

    • Pouvoir se plaindre des hommes est déjà une liberté. Les femmes de Kaboul ne l’ont pas.
      Et puis, comme disait ma grand-mère, quand on se plaint, c’est qu’on n’a pas grand chose à faire.

  6. Bel article:félicitations pour le courage.Quelques vérités à souligner. les années 1970, débuts de la vague actuelle féministe aux USA. Et puis, la misandrie « haine du patriarcat » pour ne pas dire du mâle blanc. Nouvelle religion politique, prêchée par des ambitieux qui flairent une bonne occasion de duper certaines femmes les « victimes » contre les  » hommes prédateurs ». Au programme: promotion des femmes, surtout bourgeoises,même sans mérites et virer les mecs (face cachée, avortement, abandon de la famille, divorces et « violences conjugales faciles » grâce à une justice « rectifiées » …
    Sauf que la haine engendrant la haine, les hommes formatés par le féminisme évitent l’amour, surtout des féministes, ne font plus confiance à la justice et votent Trump aux USA.
    Suivant cette pente, la misandrie justifiée, justifie la misogynie, l’IVG mène à l’euthanasie !
    A une religion de haine, je préfère celle de l’amour et du pardon qui favorise la vie en société. Et j’allais oublier, tout ça pour le plus grand profit de la Chine et des Mondialistes très intéressés par le travail des femmes consommatrices (si possibles fonctionnaires européennes).

  7. Madame regarde chez nous sa série avec une école de restauration dans le sud de la France. Ces jours-ci on est dans une séquence de mysandrie, ces dames s’organisent sans les hommes, c’est nécessaire dans la société actuelle, il n’y a pas de « cheffes » en cuisine, toujours des mecs etc. Je voyais une stigmatisation ici autorisée, mais j’ai le mot exact et c’est bien. Je savais déjà qu’au « commissariat » de Sète, un club féministe, ça va, mais un club  » masculiniste » là, non, il faut surveiller attentivement. En regardant tout cela, je m’occupe, mais bon, c’est la société actuelle. Notez qu’une école sans vacances, le double A donc, à l’heure où la société n’a plus que cela en tête, c’est curieux, mais il y a bien d’autres curiosités, telles l’absence de parents par exemple.

  8. Il doit y avoir une drôle d’ambiance de suspicion et de délation au sein du Journal Le Monde avec des écrits pareils…

  9. Ce monde prôné par cette femme est effrayant, et débouche sur le néant. Si les femmes détestent les hommes, les hommes détesteront les femmes, le meilleur des mondes.

  10. « un homme peut être misandre, c’est-à-dire refuser de jouer le jeu du patriarcat et travailler à essayer de se déconstruire » !!
    N’est-ce pas ce que préconise une certaine … Sandrine Rousseau qui se vante, entre autre d’voir déconstruit son propre mari ?

  11. Bravo .Bien observé, bien pensé…et bien résumé.
    Et pendant ce temps là, les mêmes pseudo intellectuels subventionnés ont les yeux de Chimene pour nos amis musulmans .
    Qu’est ce qu’on va rire quand ces bons barbus vont réformer l’éducation des filles …!

  12. Voilà les hommes sont des misogynes ,oui ce sont des frustres qui frappent leur épouses ,ce qui est inacceptable ; mais voilà ce qu’on ne parle pas ,c’est de la violence verbale de ces chères épouses
    Elles ont une mémoire d’éléphant ,capable de vous reprocher de ne pas avoir tondu la pelouse il y a 20 ans .
    Il faut des nerfs d’acier pour supporter cette avalanche de diatribes . oui il faut parler des misandres

    • J’ai toujours dit que les femmes seront les égales des hommes le jour où elles accepteront de prendre
      ne serait-ce que cinquante pour cent des torts, pour mettre fin à une stupide dispute de couple.

    • En effet, et ce n’est pas Roland Magdane qui dira le contraire, je viens de regarder hier, il se marre avec madame qui lui reproche des attitudes qu’il a oubliées depuis bien longtemps et j’ai bien rigolé en pensant à moi ahahaha.

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