Dégenrer le Panthéon : la proposition woke d’Élisabeth Borne
Lors de sa conférence de presse de rentrée, Élisabeth Borne, ministre de l’Éducation, n’a pas manqué d’aborder un de ses chevaux de bataille : l’accès des filles aux filières scientifiques. « Mais, a-t-elle aussitôt précisé, si, en levant les yeux, elles ne voient pas la société reconnaître pleinement la place des femmes dans son Histoire, alors nous leur envoyons un message contradictoire. » Qu’est-ce à dire? « Parce que la politique est aussi affaire de symboles, je pense que nous devrons ouvrir le débat sur la devise inscrite au fronton du Panthéon : “Aux grands hommes, la patrie reconnaissante”. »
Laurent Jacobelli : « Qu’est-ce que c’est que ces âneries? »
L’égalité de ton avec laquelle Élisabeth Borne a fait cette proposition — évoquant un robinet d’eau tiède qu’on aurait oublié de fermer en quittant une maison de vacances — ne doit pas en faire sous-estimer l’énormité. Elle est triple. Décalage avec les réalités scolaires actuelles. Inutilité, puisque cette devise, sous sa mâle formulation, n’empêche pas d’inhumer des femmes dans le Panthéon. Pur wokisme : il s’agit de « dégenrer », de « déconstruire ».
Invité d’Apolline de Malherbe, sur BFM TV, ce 28 août, Laurent Jacobelli (RN) a d’ailleurs dénoncé ce wokisme. « Elle n’a que ça à faire, Élisabeth Borne, au moment où le niveau de nos élèves décroît, quand dans un lycée sur vingt on trouve des armes dans les sacs à dos des enfants, quand des gamins se font agresser par d’autres gamins, notamment en fonction de leur religion — et je pense à nos compatriotes de confession juive ? » Oui, vraiment, « Qu’est-ce que c’est que ces âneries ? » Une ânerie dont on pourrait rire si on ne savait, d’expérience, que le wokisme s’y entend à graver ses folies dans le marbre.
Madame Borne veut « dégenrer » la devise gravée sur le fronton du Panthéon. N’a-t-elle donc rien de mieux à faire que du wokisme, alors que le niveau scolaire des élèves s’effondre et que, dans un lycée sur vingt, on retrouve des couteaux dans les cartables ?
Comme F. #Bayrou,… pic.twitter.com/f1LJprLSva
— Laurent Jacobelli (@ljacobelli) August 28, 2025
Une devise 100 % républicaine
L’histoire de la devise du Panthéon est faite d’allers et retours au gré des oscillations politiques du XIXe siècle, plus heurtées que celles du pendule de Foucault. Inscrite au fronton de l’édifice en 1791, elle en est retirée par Louis XVIII. Louis-Philippe l’y remet. Napoléon III l’en retire. La IIIe République l’y replace, le culte des « grands hommes » supplantant, dans une vision positiviste et anticléricale, celui des saints. Il y a cent ans, quelqu’un proposait d’ailleurs, avec ironie, de modifier l'inscription de la sorte : « À nos grands hommes, les partis radical et radical-socialiste », vu qu’on trouve inhumés au Panthéon « leurs directeurs de conscience : Voltaire, Hugo, Zola et tutti quanti ».
En s’en prenant à la devise du Panthéon, Élisabeth Borne écorne une formule quasi sacramentelle de la Révolution et de la République. Mais au nom du féminisme, du « dégenrage », tout est permis. C’est tellement dans l’air du temps que le ministre a décalqué l’idée du maire de Paris, qui émettait le désir de féminiser les inscriptions de la tour Eiffel où seuls figurent de grands scientifiques hommes — la IIIe République, encore !
Quelques idées
Borne veut donc « ouvrir le débat », comme on ouvrirait la boîte de Pandore des idées les plus loufoques et les plus folles. Comment y formuler « explicitement » — le mot est de Mme Borne — la place des femmes, sinon en la saupoudrant d’écriture inclusive ? Laissez votre imagination s'exprimer. « AVX GRAND.ES;S FEMMES/HOMMES, LA PATRIE RECONNAISSANTE ». En style macroniste : « AVX GRAND.ES CELLES ET CEUX, LA PATRIE RECONNAISSANTE ». La patrie est étymologiquement patriarcale, problème qu’on peut contourner ainsi : « AVX GRAND.ES CITOYEN.NES, LA MATRIE RECONNAISSANTE ». Autre solution, qui aurait l’avantage de respecter l’histoire du monument : reprendre l'inscription originelle, replacer le Panthéon « sous l’invocation de sainte Geneviève », une jeune femme qui ne manquait pas de détermination. Mais ce n’est pas woke du tout.
En novembre 2024, Patrick Bruel fêtait, devant le Panthéon, les 35 ans de sa chanson « Place des Grands Hommes ». Que son parolier se tienne prêt à écrire une version dégenrée — à moins que la proposition d’Élisabeth Borne ne disparaisse dans le maelström politique des prochaines semaines.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour



























125 commentaires
Consternant. Pathétique. Ridicule.
Il suffit de dégenrer en mettant un H majuscule qui désigne l’humain en général, et on n’en parle plus. On paye vraiment des gens pour rien, c’est incroyable. Mais on attend de nous tous de « payer » 2 jours de congés supplémentaires travaillés sans salaire. Génial….
Terreur woke. “Aux grands iels, la patrie reconnaissante”.
Montvives.canalblog
Horreur absolue…
Il est vrai que l’on dénombre plus d’Hommes que de Femmes au Panthéon. Mais de là modiier une belle devise qui couvre tout l’Humanité, Hommes ou Femmes, non ! Entre autres les noms de Joséphine Baker, Marie Curie, Geneviève de Gaulle ou Simone Veil disent-ils quelque chose à Madame Borne ? On se le demande. Ces êtres d’exception sont pourtant au Panthéon. De toute évidence Madame Borne n’y trouvera pas sa place.
C’est cela qui va apprendre à nos gamins à lire et compter !! Pauvre pays !!Ce n’est pas pour demain les prix Nobel !!
J’imagine bien Borne en rappel avec son petit marteau et son burin en train de tapoter pour changer la devise, tout cela pendant que l’édifice Education Nationale s’écroule après 50 années d’incurie post-soixantuitarde. Il y a tout de même bien d’autres sujets auxquels s’attaquer avant ce fronton.
Son propos n’est qu’un leurre. Est-elle inculte au point de ne pas savoir que Homme ( grand H ) signifie humains ? Pure démagogie ! Si elle était conséquente, il ne faudait alors oublier personne ! Des personn.e.s non-binaires pourraient s’en trouver _ à raison_ offusqué.e.s.
J’ai appris ça hier soir via l’excellent édito de Gabrielle Cluzel, j’ai beaucoup souri car beaucoup d’humour acide et bien ficelé, la « gadgetocratie » j’ai adoré !!!
Tout va mal en France, nos enfants ne savent plus rien, le niveau baisse ,on donne le BAC à des cancres qui ne savent plus lire, ne comprennent pas le peu qu’ils lisent, ne savent plus compter, l’histoire de France dont ils ne savent plus rien
Un jeune candidat aux 12 coups de midi qui a transformé le Père Lachaise en fast food, j’ai failli tomber de ma chaise !!!
On va leur apprendre à trier les déchets, le fantasme du réchauffement climatique, et bien sur le honteux programme EVARS qui va violer l’innocence de nos enfants
Et là elle s’attaque à un symbole , le Panthéon
Et ce furent les révolutionnaires qui avaient débaptisé le Panthéon Ste Geneviève en y ajoutant l’inscription « Aux grand hommes ……
Et puis des femmes y ont leur place , 7 je crois
Oui Gabrielle, c’est bien de la gadgétocratie
Hé bien Madame , avant cela empressez vous de faire une loi imposant l’égalité ,des salaires entre hommes et Femmes . Depuis le temps que l’on en parle vous n’avez rien fait ! ! !
Seul souhait à formuler : que cette intrigante et maladroite arriviste DISPARAISSE avec la chûte prochaine de ce gouvernement dont le chef est in digne du Pays.
Dégenrer est donc l’importance du moment pour Borne. Elle n’a rien d’autre à faire devant le champ de ruines qu’est l’Education Nationale ?
Cette pauvre Borne c’est comme Belloubet le gang des deux socialos déphasées. Quand penseront elles à décrocher ?
Borne vient de débloquer des fo,nds pour un programme « Filles et Maths ». Elles seraient moins bonnes que les garçons en raison d’un manque d’estime d’elle même et d’une autocensure patriarcale ancestrale…Les hommes responsables et coupables… Les garçons forment le gros des décrocheurs scolaires, sont moins bons en littérature que les filles et nettement moins nombreux à i,tégrer l’université. Par laa faute d’un enseignement féminisé à 80%, du matriarcat en fait…?
Cette ministre n’a que ça à faire? dire des âneries alors que bien des profs ne savent ni lire ni écrire correctement le français, ni compter, ni parler savamment d’histoire et de géographie. Comment dire des âneries de ce niveau alors que faute d’enseignants compétents nos enfants et petits enfants n’apprennent plus rien s’alignant par force sur le niveau des plus médiocres
Qu’elle aille à La Borne (18) faire de la poterie et surtout qu’elle ne travaille plus comme devrait le faire toute la macronie. Moins ils en font mieux le pays se porte.
La carrière d’Elizabeth Borne est un cas d’école. La démonstration qu’en France l’intelligence ne résiste pas à l’idéologie partisane. Voila une dame qui assurément ne manque pas de moyens intellectuels mais qui pour s’être égarée dans l’administration puis les méandres du Parti Socialiste, du cabinet de Ségolène Royal et de la macronie a été capable d’accumuler une innombrable quantités de bévues, de mensonges et de trahisons de sa propre intelligence. Ce dernier exploit pour dégenrer le fronton du Panthéon est une ânerie sans nom, une stupidité de première grandeur et surtout la preuve de son incompétence totale sur pratiquement tous les sujets.
Borne n’est pas intelligente, elle est diplômée ! Ce qui est très sensiblement différent.
« Le diplôme est l’ennemi mortel de la culture ! » Paul Valéry – Bilan de l’intelligence – 1935.
Définition qui, d’ailleurs, s’applique de manière aussi juste que très cruelle, et très actuelle, à la majorité de la soi-disant élite !
C’est une technocrate dénuée d’empathie !!!
Elle est diplômée mais pas de n’importe quelle école. Et à la date où elle intègre cette école, certes en 5/2, Math Sup & Spé dans un grand lycée parisien , c’est pas terminale S au Blanc Mesnil …. Et quand elle sort de l’X elle en sort dans les 20 premiers ce qui lui permet ses études poursuivre à l’école des Ponts et Chaussées. Un tel parcours atteste des qualités de travail et des facilités intellectuelles exceptionnelles. La culture n’a que peu de lien avec tout ça. Et sans doute bien d’autres choses encore. Ce qu’il faut condamner chez Elizabeth Borne c’est une trahison. Un des directeurs généraux d’EDF, l’un des pères du programme électronucléaire français avait très exactement la même formation que Madame Borne. L’un, modestement, a œuvré pour la richesse de la France, l’autre pour sa ruine et en s’en montrant fière. L’un était un père de famille nombreuse, l’autre une politicienne socialiste.