Des juristes accusent CNews de vouloir peser sur le scrutin des municipales

Ils estiment que le Conseil d’État devrait se substituer à l’Arcom, jugée incapable de mettre au pas CNews.
Camille Broyelle. Capture d'écran CNA.
Camille Broyelle. Capture d'écran CNA.

À l’approche des élections municipales, les petites mains du système s’activent pour censurer en urgence les voix dissidentes. Une soixantaine de juristes viennent ainsi de saisir le Conseil d’État, lui demandant de s’en prendre de toute urgence à CNews et Europe 1. À leurs yeux, l’Arcom ne ferait pas respecter suffisamment le « pluralisme interne des courants de pensée et d’opinion ». Les deux médias du groupe Bolloré auraient ainsi profité de « l’immobilisme » du régulateur pour « soutenir, conjointement et de façon massive, un courant de pensée spécifique », l’extrême droite en l’occurrence. « Au risque de commettre une lapalissade, le régulateur doit réguler », s’agace le texte, à l’initiative d’une certaine Camille Broyelle, professeur de droit à l’université Paris-Panthéon-Assas.

Pour appuyer leur demande, les requérants ont écouté plusieurs programmes des médias incriminés : la matinale d’Europe 1, l’émission de Christine Kelly Face à l’info, celles de Pascal Praud (L’Heure des pros, matin et soir), mais aussi la nouvelle émission de CNews 100 % Frontières. N’y retrouvant pas les thèses gauchistes en vogue dans la plupart des autres médias, les universitaires ont conclu au « caractère manifestement monochrome de ces émissions » ainsi qu’à un « unanimisme » choquant.

Une Arcom jugée trop laxiste

En attendant que les médias du groupe Bolloré soient « vendus à la découpe », comme en rêve Jean-Luc Mélenchon, le reste de la gauche exige des sanctions toujours plus lourdes. Les multiples amendes et rappels à l’ordre de CNews seraient encore loin d’être suffisants. Mme Broyelle va jusqu’à accuser l’autorité de régulation d’« abandon de poste ». La preuve : depuis une décision rendue le 13 février 2024 par le Conseil d’État relative aux obligations des médias, aucune sanction ni mise en demeure n’aurait été prononcée par l’Arcom sur la question du pluralisme, selon les requérants. Manque de bol, CNews vient précisément d’être sanctionnée par l’Arcom pour son traitement du meurtre de Thomas à Crépol, jugé trop univoque ! Et voilà un argument qui s’écroule…

Mise en cause, l’Arcom a accusé réception d’un courrier envoyé par ladite Camille Broyelle. Elle a indiqué s’être déjà saisie d’une requête similaire déposée en janvier par Reporters sans frontières et promis qu’elle « examinera, le cas échéant, toute autre saisine étayée portant sur la question du pluralisme ». Mais, à défaut d'un sérieux tour de vis à l’encontre de CNews et Europe 1, Camille Broyelle propose au Conseil d’État de « se substituer » à l’Arcom pour, ainsi, pouvoir « prendre toutes les mesures qui s’imposent »« Les municipales sont la répétition générale avant l’élection présidentielle de 2027 », s’inquiète l’enseignante, insistant sur la nécessité d’« être ferme dès à présent face à l’entreprise de propagande menée par deux médias audiovisuels qui pourrait affecter la sincérité du scrutin ».

L’impunité de l’audiovisuel public

Évidemment, ces « juristes » ne trouvent rien à redire à l’absence totale de pluralisme sur les antennes du service public, pourtant tenues à un devoir de neutralité. Le « caractère manifestement monochrome » de France TV et Radio France ne les émeut nullement, puisqu’il s’agit d’une monochromie de gauche. Ce 5 mars dernier, le présentateur de l’émission de France Inter Zoom Zoom Zen s’est illustré en applaudissant le président espagnol d’extrême gauche Pedro Sánchez, opposé à Donald Trump et par ailleurs accusé d’antisémitisme. Aucune contradiction ne lui a été apportée. On attend toujours la réaction indignée des gardiens du pluralisme.

Camille Broyelle fait mine de ne pas voir que « la sincérité du scrutin » est affectée depuis des décennies par « l’entreprise de propagande » menée par d’innombrables médias gavant les Français de la même soupe bien-pensante. À la lire, tout va bien sur l’audiovisuel public. Le pluralisme des idées y serait assuré et toute tentative de réforme serait inutile, voire carrément liberticide. En décembre 2025, elle s’alarmait, dans une tribune publiée dans Le Monde, d’une tentative de mise sous « tutelle » de France Télévisions et Radio France. « L’exécutif s’est introduit dans le fonctionnement quotidien de l’audiovisuel public », dénonçait-elle alors. En clair, c’est : autonomie totale pour les médias gauchisants et répression maximale contre les dissidents.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

99 commentaires

  1. Cette dame Broyelle doit avoir du temps à perdre pour visionner toutes les émissions diffusées sur Cnews et Europe 1 , tant il est vrai qu’elle ne doit pas faire acte de présence dans les amphithéâtres ; aussi je lui suggère de regarder la Matinale sur Cnews et l’interview avec chaque jour un invité différent , cette semaine on a pu y voir un certain Emmanuel Grégoire , à l’inverse je ne pense pas que Sarah Knafo soit présente sur le service public .

  2. Et si les juristes apprenaient leur métier en regardant attentivement Charles Alloncle se débattre bravement autant qu’intelligemment face à une nuée de chroniqueurs agressifs parce qu’il remet en cause leurs privilèges et,pire encore, »assisté »,(qu’on me pardonne l’expression),d’un Président qui ne lui cache pas son hostilité en lui mettant des bâtons dans les roues.
    Que Saint ARCOM se penche sur le problème!

  3. Perso, j’aurai carrément demander au C E d’interdire les bulletins de vote de droite. Plus simple et plus efficace pour leur « démocratie ». On se réveille quand ???

  4. Il est vrai que CNEWS est bien la chaîne de promotion des partis « R-N » (R comme Reconquête et Rassemblement, N comme National) – tout comme l’audiovisuel public assure celle des partis de gauche. Il faut être aveugle et sourd pour ne pas le constater.

    • Non. CNews défend selon moi, non pas le RN ou Reconquête, mais les idées également véhiculées entre autres par ces partis. La nuance est importante parce que les électeurs de MM. Dupont-Aignan et Ciotti peuvent se retrouver dans les thèmes traités par CNews, Europe ou Bd Voltaire. Ces idées n’appartiennent à personne, à aucun parti :n’importe quel parti st supposé pou vouvoie les promouvoir. Vouloir interdire les médias qui les traitent, c’est en realité prétendre interdire les idées elles-mêmes. Il ´y aucun doute que le souhait de ces juristes disparaîtrait si demain, ces médias ne défendaient plus que les idées de gauche et d’extrême-gauche. Ce ne sont donc pas les mèdias qui sont en cause, mais les idées nationalistes. La rigueur qui est supposée marquer les raisonnements juridiques devrait conduire à demander l’inconstitutionnalité de toutes les manifestations intellectuelles du nationalisme : livres, expressions médiatiques, rassemblements, etc.

    • vous dite vraiment des mensonges ;je regarde souvent CNEWS et cette semaine s’était madame la ministre de la culture qui était l’invitée de CNEWS d’ailleurs elle se présente à paris mais je pense qu’elle à peu de chance de gagner les élection à partir du moment qu’elle ne veut pas s’allier avec madame Snafo ;La gauche pour gagner les élections s’allie avec le diable .

  5. Ne pas oublier le catastrophique déroulé des élections 2024 en Roumanie ; la même tambouille est en train de mijoter pour nous : cette année l’entrée, plat principal pour l’an prochain. Je ne veux pas être OBLIGEE de regarder CNEWS, je veux POUVOIR le faire.

  6. Se présenter comme expert pour donner un jugement d’autorité est une vieille méthode que la gauche ne se refuse pas et elle ira bien plus loin elle mesure qu’elle sent que le pouvoir peut lui échapper. Elle a toujours eu le contrôle hégémonique de la presse et une voix dissidente lui est insupportable car en effet c’est une fissure dangereuse dans son monopole. Et en plus ils veulent cette censure tout en affirmant défendre la liberté ce sont vraiment des champions bravo les artistes

  7. Ah bon mais libération, le monde, médiapart, france Tv ils font quoi ils enfilent des perles, ils interviennent tous les jours dans la campagne électorale quelle quelle soit, mais le pire c’est qu’on ne parle actuellement plus de la guerre en Iran que des élections, on ne parle même pas des JO paralympiques, encore quelques juristes de gauche (genre syndicat de la magistrature, de grands démocrates).

  8. Les juristes , comme les journalistes , feraient mieux de faire preuve d’impartialité . Ce serait leur honneur .

  9. Madame Camille Broyelle, j’ai une question pour vous, comment peut on contraindre des invités de tout bord à se rendre sur les plateaux de cnews pour débattre s’ils refusent ????
    CNEWS invite et sollicite sans distinction de couleur politique tout le monde à venir débattre, il se trouve que les personnes de l’opposition refusent de venir, on fait quoi ?? On va les chercher par la peau du cul ?? Il faut atterrir Madame, et d’ailleurs si vous voulez exprimer votre opinion sur Cnews sollicitez les je suis certaine qu’ils vous accueilleront ! Si vous ne le faites pas, c’est que vous êtes une  » petite joueuse » et donc je vous invite à la mettre en veilleuse Madame.

    • Bien dit cette dame reflète bien la gauche extrême de LFI avec des personnages pareilles il n’y aurait plus de liberté même de penser différemment d’eux c’est gens ne sont pas fréquentables je voudrais bien la voir sur CNEWS elle se ferait remettre à sa place avec les idées qu’elle a.

  10. Imaginez un monde où Trump, Meloni, Orbán, Poutine, le RN, les Patriotes, l’histoire de France, CNews, Europe 1, Némésis, Jeanne d’Arc, la chrétienté, n’existent pas.
    Imaginez un monde où il ne reste plus que Macron, Starmer, Ursula, l’islam, l’Arcom, France TV, Mélenchon, Rima Hassan, Delogu, Marion Aubry et le couple Corbière. Imaginez…

  11. Il faut vraiment être en panique électorale pour en arriver là. Mais la ficelle est grosse. Ainsi, si la gauche se prend une raclée aux municipales et perd toutes les grandes villes, ils pourront accuser les médias Bolloré. Ce sera moins dissonant que d’accuser leur bilan…
    Et d’ailleurs, c’est bien connu, si la Terre se réchauffe, c’est la faute des thermomètres. Donc cassons tous les thermomètres…

  12. Soit la liberté d’expression est totale (sauf mensonge et injure, et avec des inconvénients que je conteste pas), soit elle n’existe pas au sens où ses premières limites deviennent rapidement des points d’appui pour la censure d’État. Prenez l’exemple de l’incitation à la haine : où cela commence -t’il ?

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