Dissolution : le RN aux portes du pouvoir ?
À l’heure où nous écrivons ce papier, Emmanuel Macron, après l’autodissolution de Sébastien Lecornu, a demandé à ce dernier de tenter de mener d'ultimes négociations pour trouver une plate-forme de stabilité. On se pince. Lecornu est passé par ici. Repassera-t-il par là ? Dans un monde rationnel, les choses n’auraient pas traîné : midi n’aurait pas sonné son douzième coup, ce lundi 6 octobre, que le président de la République se serait adressé aux Français pour leur annoncer qu’il renonçait ou qu'il décrétait la dissolution de l’Assemblée nationale. Mais non. Il y a bien longtemps, semble-t-il, qu’à l’Élysée – et peut-être pas qu’à l’Élysée - l’on a décroché du monde réel.
La réalité des résultats électoraux
Depuis dix-huit mois, Emmanuel Macron se maintient au pouvoir, quoi qu’il en coûte à la France, alors qu’il n’a pas de majorité. Ça, c’est la réalité. Une réalité, faut-il le rappeler, qui est issue des élections législatives de 2024. Que le lecteur nous pardonne de rappeler quelques chiffres (mais les chiffres, c’est du réel !), histoire de remettre les choses en place.
Au premier tour de ces législatives, le RN a obtenu 9.377.124 voix (29,25 % des suffrages exprimés) et son allié UDR 1.251.203 voix (3,90 % des suffrages exprimés). Total : 10.628.327 voix (plus de 33 % des suffrages exprimés). La « majorité présidentielle », elle, plafonna péniblement à 6.425.525 voix (20,04 % des suffrages exprimés). Les LR, « béquille » de la Macronie depuis bientôt dix-huit mois (la sénatrice LR Agnès Evren admettait, ce jour, sur le plateau de CNews, que les LR avaient servi de « béquille »), obtinrent 2.104.978 voix (6,57 % des suffrages exprimés). Faites le compte : Macronie + LR = 8.530.503 voix (soit moins de 27 % des suffrages exprimés). L’union de la gauche (NFP), quant à elle, arriva en deuxième position, avec 8.974.462 (27,99 % des suffrages exprimés).
En clair, le premier tour des élections législatives de 2024, dernière photographie officielle du corps électoral français avant les arrangements d’entre-deux-tours, montrait un Rassemblement national et son allié ciottiste largement en tête. Mais, depuis dix-huit mois, tout a été fait pour déformer, masquer, contourner, éviter cette réalité. On passera sur l’exclusion assez mesquine du Rassemblement national du Bureau à l’Assemblée nationale jusqu’à la semaine dernière, sur la surreprésentation des LR au gouvernement au regard de leur poids électoral, sur le NFP soi-disant majoritaire dans le pays qui devait fatalement conduire Lucie Castets à Matignon. Tout cela masquant ou tentant de masquer la réalité d’un corps électoral qui, à plus d’un tiers, se reconnaît désormais dans le « camp national ». Sans oublier les 5,47 % des voix de Reconquête aux élections européennes.
Vers la fin du déni ?
On le voit, sondage après sondage, le Rassemblement national est à l’évidence confirmé comme première force politique du pays, et ce, soulignons-le, malgré les vicissitudes judiciaires de Marine Le Pen (ou à cause de ces vicissitudes ?). Souvenons-nous, il y a deux ans, pour la première fois de son histoire, le Rassemblement national entrait dans le club très restreint des formations politiques atteignant cette barre fatidique, symbolique, des 30 % des intentions de vote. Intentions qui se confirmèrent dans les urnes, lors des élections européennes (31,37 %), soit plus du double des voix de la macroniste Valérie Hayer (14,60 %). Désormais, le RN est solidement, confortablement accroché à ce niveau. Aucune formation politique n’atteint, seule, cet étiage. C’est la réalité, que cela plaise ou pas. Une réalité que Macron, LR et la gauche feignent de ne pas voir. On appelle cela un déni de réalité. Aujourd'hui, c'est cette réalité qui apparaît en pleine lumière alors que la Macronie agonise en direct, du reste avec le système qui l'a jusqu'alors protégée.
Et c’est à l'évidence cette réalité qui pousse légitimement Marine Le Pen à demander la dissolution puisque, pour elle, « on est au bout du chemin ». Au bout d'un long et pénible chemin de déni ?
« Foutez-moi tout ce monde-là dehors ! »
Maintenant, se pose une question : bien que majoritaire (relatif) dans le pays, le RN réussirait-il à confirmer l’essai d’un premier tour, sans doute victorieux, en obtenant une majorité absolue au second tour ? Bénéficierait-il de ce nouveau front républicain qui se dessine peu à peu dans l’opinion… face à La France insoumise ? N’oublions pas que, par ailleurs, une élection législative, c’est autant d'élections que de circonscriptions : 577. En revanche, compte tenu du ras-le-bol des Français face au spectacle lamentable qui est donné actuellement par ceux qui s’accrochent au pouvoir, ou tout du moins à un semblant de pouvoir, qui dit que l’on n'aurait pas une vague patriote portée par le désir de bousculer tout ça ? Il faudrait d'ailleurs se demander combien de voix a pu rapporter au RN, sans qu'il n'ait eu une oreille à bouger, cette folle journée où l'on a vu un Premier ministre, dont la démission a été acceptée le matin par le président de la République, et rappelé le soir même par ce même Président pour tenter un ultime coup. Bousculer tout ça en reprenant en quelque sorte le mot de Murat, lors du coup d’État du 18 brumaire : « Foutez-moi tout ce monde-là dehors » ? Mais, s'il vous plaît, de façon très démocratique. Sous réserve, bien sûr, qu'Emmanuel Macron veuille bien redescendre chez nous, c'est-à-dire dans le monde du réel...
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148 commentaires
A moins d’être daltonien ou similaire il suffit de regarder la demi-lune schématisée et colorée, parti par parti, de l’assemblée nationale actuelle pour constater que l’ensemble dit « droite » est largement plus grand que l’ensemble dit « gauche ». Affirmer le contraire et demander le pouvoir est une erreur qui consiste à prétendre nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Curieusement et heureusement aussi c’est presque à l’unanimité qu’est demandée la dissolution. Certains craignent que la nouvelle consultation ne change rien. Eh bien chiche ! De nouvelles élections, seule consultation vraiment populaire, ne feront de mal à personne. Quel qu’en soit le résultat il faudra le respecter et continuer à faire jouer nos institutions.
Que le RN ne se précipite pas à prendre en compte cette situation calamiteuse dont il serait vite accusé.
Le pouvoir, oui, mais à condition d’avoir la majorité absolue à l’AN.
Sans majorité à l’assemblée nationale et avec des alliances relatives le RN ne doit pas accepter le poste de Premier ministre et en admettant qu’il soit majoritaire à l’assemblée il n’a aucun intérêt à aller se brûler les ailes à ce poste en effet le RN ne pourrait pas appliquer sa politique Macron lui savonnerait la planche systématiquement il y a aussi contre lui l’UE le C.C. j’en passe et des meilleures et le résultat serai négatif pour les prochaines présidentielles donc tant que Macron est président laissons Jupiter se débrouiller.
Ce n’est pas si évident s’il y a un contrat d’objectif à l’intérieur d’une coalition. Balladur a bien fait ce qu’il voulait face à un personnage aussi « habile » que Tonton. En y mettant les formes bien sûr… De toutes façons si l’on veut faire de la politique, il faut en accepter les risques et s’esquiver peut vous déconsidérer. .
Excellent article. La dissolution est en effet très probable. Macron, lâché par ses amis, jouera sa dernière carte qui lui évitera la démission, et lui donnerait le plaisir de punir les traîtres en les renvoyant devant leurs électeurs. Le front républicain pourrait cette fois ci se retourner contre LFI, les écolos et leurs supplétifs du PS qui sont un danger mortel et qui font vraiment peur. Le RN peut gagner et gouverner dans une cohabitation. Mais il faut ….. qu’il y réfléchisse …. très soigneusement pour éviter de tomber dans les innombrables pièges qui lui seront tendus de tous côtés, à commencer par Macron. . Autour de lui peut s’organiser une indispensables coalition de gouvernement permettant d’avancer utilement avec un programme commun jusqu’en 2027. Faut-il encore qu’il le veuille.
N’ayons pas peur : l’extrême droite est encore loin d’arriver au pouvoir (heureusement) !
Je suis tout à fait d’accord en ce qui concerne l’extrème droite. Par contre ce n’est pas impossible en ce qui concerne le RN.
Visiblement, vous n’avez pas compris où se situaient RN et Reconquête sur l’échiquier politique : c’est bien à l’extrême droite.
@Christian, c’est quoi l’E D pour vous ? Car moi je n’en vois aucune !!!!
C’est l’argument utilisé par des esprits manipulés et manquant d’arguments et brandissent ce mot ED , pour nous faire taire
S’il avait un E D en France ça se saurait
S ‘il n ‘ y a pas de manipulations , de trahisons , d ‘ arrangements et autres coups tordus de la politique , le RN devrait accéder au pouvoir et tant mieux pour une majorité de Français
Notre France , (Amour sacré de la Patrie)
n’est pas en danger !, ..Elle est en péril !
amenée, là ,par de nombreux honteux vénaux ,collabos ,apatrides ingrats sans réel parti
Seul un gouvernement d’exception peut rétablir la barre et la remettre sur SES propres RAILS.
Mais le pantin en place ,conseillé par brussel , à même congelé nos états Majors Français afin de les fonctionnariser.
Alors QUE « seul « nos trois Couleurs ne devraient flotter sur notre sol, des drapeaux ennemis le souille .
Un cadre supérieur pris en flagrant délit de pratiquer autre chose que son travail est viré sans solde ni retraite dans le privé.? donc le pantin en place ??
Vous pensez vraiment que les castors influençables dont la servilité aux diktats de l’état profond a été vérifié en 2020 voteront différemment qu’en 2024 ? Et si par prodige d’émancipation, le vote n’était pas celui attendu par la nomenklatura, loi de la rue des antifas, état de droit et UE feront en sorte de produire une révolution de couleur avec Gluskman en sauveur ralliant la jeunesse place de la République.
Vous pensez vraiment qu’il n’y a pas de quoi avoir la TROUILLE de la Gauche ? D’avoir honte de la macronie ? Et d’en avoir marre des coups de couteau, de voir tout foutre le camp à l’école, à l’hôpital et d’entendre le préchi-précha de tous ces médias dont presque tout le monde sait qu’ils ne disent pas la vérité. La situation politique changée dans la légalité, les pouvoirs publics rétablis, l’autorité devra s’exercer. Et les black blocs devront aller en taule. La 17 ème chambre ça sera pour les casseurs. Pour changer.
Retailleau a foutu un sacré bordel.
Désormais, on sait dans quel camp il se trouve : celui de l’extrême droite !
L’extrême-droite, c’est Macron ?
C’est vrai ! On est dans la farce et le grand guignol macroniste. Et il faut souhaiter que vous ayez raison !
LR+RN+UDR+RECONQUETE+DLF+Divers Droite = une majorité parlementaire soutenue par au moins 60% des Français. Que vous l’appeliez extrême droite, au fond qu’est-ce que ça change ?
K.1974, vous ne aviez pas habitué à des mots aussi peux bienpensants. Auriez vous été contaminé par la vague « populiste » ? Méfiez-vous, la plèbe peut être contagieuse.
@Hadrien, j’adore vos réponses,
Enfin le mieux serait de l’ignorer , ses mantras, ses lubies et ses provocations
B Retailleau d’ E D, on aura tout lu !!!
Il est sans conteste du côté de macron donc de gauche en tous cas il a du voter pour lui en 2017e t 2022
N’oublions pas que tous ces messieurs LR, anciens RPR, Giscardiens et consorts, sans même parler des socialos communistes sont responsables de tous nos maux actuels, Macron ayant été désigné pour porter le coup fatal à une France décharnée ! Ne nous leurrons pas, on ne relèvera jamais le pays avec ceux qui l’ont détruit, même Monsieur Retailleau qui parle beaucoup et bien parfois…mais après les beaux discours le vide sidéral ! On ne fait pas du neuf avec du vieux, il faut complètement changer de logiciel … les français comprendront ils enfin ? J’en doute !
comme en 1958, et en 1981, le parti, ou du moins les idées majoritaires du pays sont tellement mises sous le boisseau par les « en place », qu’il faut une explosion pour changer ; résultat : des règlements de compte, des invectives, des excès ! rien pour appaiser et s’atteler à la tâche …
En cas de dissolution et de victoire aux législatives, à titre personnel je préférerais que le rn reffuse le pouvoir, je m’explique si le rn prend le pouvoir macron feras tout pour leurs nuire ,noublions pas que le conseil constitutionnel et le conseil d’état sont à sa botte et que l’administration est majoritairement de gauche tout ca pour revenir en 2032 finir son travaille de dissolution de la france alors qu’en refusant le pouvoir ,le rn force macron à démissionner et après comme 1ère mesure ce n’est pas d’une chasse aux sorcières qu’il faudra se contenter mais d’une vraie purge des institutions des cabinets et des administrations, c’est violent mais quand la gangrène s’installe il faut bien couper le membre bien au dessus de l’infection
Entièrement d’accord .
Je ne fais plus confiance au RN, trop de renoncements, ils étaient absents pour des votes importants, ont laissé R Ferrand s’installer au CC
Mais ce serait le moins pire pour le pays ça c’est sur
Pour moi le RN (dont j’ai été adhérent pendant des années) c’est fini, sauf peut-être (?) pour un 2e tour … ce n’est plus le parti qui m’avait attiré. Seule Reconquête me convient. Et tant pis pour le fumeux « vote utile » ….
Voir un premier ministre sans un cursus pertinent et sans expérience, à part suivre les directives qui lui seront dictées, je pose la question de savoir dans quelle mesure il pourra faire face à ses responsabilités en cas de crise grave, pour moi c’est une vraie question surtout que ce parti ne manque pas de gens compétents.
J’ai entendu hier soir Jean-Philippe Tanguy sur CNews. Pour le RN, il semblerait que tendre la main à Reconquête est exclu. Dans ces conditions, mon suffrage en faveur du RN serait aussi exclu. Et qu’on ne me serve pas l’antienne que Zemmour avait été très dur avec Marine le Pen. Il n’y a que la vérité qui blesse.
Au RN , on a toujours pas compris que seul avec UDR , il ne gagnera pas , il est toujours dans l’anti Reconquête et çà , ça pose question .
Le RN ne veut pas gagner, car il ne veut pas le pouvoir. Tous ceux qui sont arrivés à l’Elysée ont fait des alliances. Le RN est un parti de boutiquier qui veut vivre du système.