« Dry January » : l’alcool, non ! Mais le chichon, oui ?

Le mois sans alcool est l’importation d'un phénomène hygiéniste anglo-saxon.
Photo de Marcelo Verfe: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/29463197/
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À peine reposée la dernière coupe de champagne et avalé le premier café de l’année qu’il faut déjà songer à faire ceinture : c’est le jour 1 du « Dry January », le mois de l’abstinence qui nous vient d’outre-Manche. Hélas, se désolent certains, le gouvernement n’est pas au rendez-vous.

On s’étonne, ici et là, du manque d’empressement des élites gouvernementales. « II ne faut pas compter sur un soutien explicite et appuyé du chef de l’État ou du gouvernement », déplore Le HuffPost. De quoi être surpris, en effet, quand les agences gouvernementales – l’ADEME, en l’occurrence – ne tarissent pas de conseils sur l’art de laver son linge, prévoir les bobos de l’existence ou faire face à la guerre nucléaire. D’autres attaquent la chose par la bande, comme Paris Match, qui préfère parler détox, ou Sud-Ouest, qui s’interroge : « Être ou ne pas être "chiant" ? »

Une mode hygiéniste venue d’outre-Manche

En attendant l’injonction comminatoire puis la contrainte qui ne manqueront pas de venir d’en haut, un consensus se dégage encore malgré tout : pratiquer le Dry January reste une affaire personnelle. Et à bien y regarder, ça n’est pas vraiment une affaire française mais davantage une mode hygiéniste venue d’outre-Manche.

C’est Alcohol Change qui a lancé l’opération en janvier 2013, au Royaume-Uni. Associée dès 2015 à Public Health England, le ministère de la Santé britannique, la campagne a débarqué sur le Vieux Continent. Dès 2020, de nombreuses associations de lutte contre l’alcoolisme se sont jointes à la Ligue nationale contre le cancer pour reprendre l’initiative dans l’Hexagone sous le nom de « défi de janvier ». Trop franchouillard pour être suivi, sans doute, alors on a, depuis, opté pour la formule anglaise.

Même si la consommation d’alcool a très fortement reculé en France, depuis soixante ans, on déplore, nous disent les professionnels de santé, « une mortalité toujours très élevée : environ 42.000 décès par an liés à l’alcool, dont 40 % chez des personnes qui ne sont pourtant pas dépendantes, mais simplement consommatrices régulières ou excessives ». À noter, d’ailleurs, que sur le plan de la consommation d’alcool, la France n’arrive qu’en 12e position sur 27. En tête de peloton, on trouve la Roumanie, la Lettonie, la Lituanie, la République tchèque et l’Allemagne.

C’est un fait acquis, donc, depuis les années 60 du siècle dernier, la consommation de boissons alcooliques connaît une très forte baisse en France : -70 % sur le vin, -9 % sur les  spiritueux, -18 % sur la bière. La courbe suit celle des drogues, mais quand l’une descend, l’autre monte. Qu’importe, c’est seulement sur l’alcool qu’on met l’accent. On ne sache pas, en effet, que soient prévus « février sans shit », « avril sans coke », « juillet sans ecstas » ou « novembre sans héro ».

La courbe suit celle des drogues, mais quand l’une descend, l’autre monte

Les travaux de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) permettent ainsi de mettre en lumière la tartufferie de cette entreprise de prétendue sobriété et salubrité publiques. Quand les belles âmes fustigent « le lobby de l’alcool » qui serait à l’œuvre pour ruiner la santé des Français, on leur opposera les données issues des enquêtes ESCAPAD (OFDT), EnCLASS (HBSC, ESPAD) et EROPP (OFDT).

L’alcool arrive certes en tête, avec 8 millions d’usagers réguliers, dont 3,3 millions consomment quotidiennement. Reste qu’ils sont largement dépassés par les fumeurs (qui sont de plus en plus des fumeuses) : 11 millions tirent quotidiennement sur la clope. Lesquels fumeurs de cigarettes sont rejoints par les fumeurs de shit : 1,4 million d’usagers réguliers, dont 900.000 quotidiens. La cocaïne arrive derrière, avec 3,7 millions de personnes qui s’y sont essayées dans l’année et 1,1 million qui sont devenues de vrais consommateurs. Quant à l’ecstasy, elle a tenté 3,2 millions de personnes, dont 750.000 ont décidé d’y revenir. On ajoutera que, bien évidemment, le fumeur de shit est aussi un fumeur de cigarettes et que le consommateur de coke a généralement commencé par le shit qui voisine dans sa poche avec l’ecstasy et autres substances prohibées. Sans parler des champis qui font planer, du gaz qui fait rigoler et des tonnes de psychotropes qui font le malheur de la Sécurité sociale et la fortune du lobby pharmaceutique.

Quant à la place de l’alcool dans notre univers, elle va de pair avec celle du fromage : 96 % des Français pensent que le vin « fait partie de l’identité culturelle de la France », 88 % y voient un vecteur de « partage et de convivialité », quand 93 % pensent que les vignerons « sont détenteurs d’un savoir-faire particulier qu’il convient de protéger ». Concrètement, la France détient 10 % du vignoble mondial, avec 744.000 hectares de vignes répartis sur 90 départements (la France métropolitaine en compte 96). Avec un tiers de la production française commercialisée à l'export, c’est l’un des secteurs florissants de l’économie française, rapportant 6,4 milliards d’euros de recettes fiscales à l’État… Ce dont il ne saurait se passer, par les temps qui courent, et qui explique sans aucun doute sa réticence à emboucher le clairon pour sonner l’abstinence.

Enfin, on fera remarquer que l’autre secteur économique, celui du narcotrafic, ô combien florissant, n’alimente, lui, que l’économie parallèle et la criminalité. Il ne fait que coûter, à tous niveaux : santé, sécurité, cohésion sociale… Alors, à quand une campagne pour l’abstinence ?

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 05/01/2026 à 19:02.
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Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

37 commentaires

  1. n’importe quoi, il devrai avoir à la place de cette stupidité venant d’outre manche le mois de la vrai nourriture bien française pas de Mac Donald par exemple ni de bouche américaine.

  2. Toute ma famille est morte de l’alcool….frère, soeur, les 2 beaux pères, les 2 beaux frères….alors il ne faut pas se foutre du monde c’est la drogue la plus pourrie du monde avec le tabac !! Moi j’ai pris toutes les drogues (l’alcool a bien failli avoir ma peau mais j’ai arrêté juste avant) ; je consomme du cannabis depuis l’âge de 13 ans j’en ai 70 en pleine forme intellectuelle et physique. Alors votre blabla facho je l’ai déjà entendu c’est bidon.

    • Blabla facho, bah désolée c’est votre commentaire qui l’est, vous consommez du canabis, et vous croyez que c’est bon pour votre santé intellectuelle, à vous lire, j’ai un doute !!!
      Et vous savez que vous êtes complices du narcortrafic ? Et ce qui va avec, alors vos leçons de « morale » vous savez ce que j’en fais
      Qu’on nous laisse vivre à notre envie, on nous interdit de plus en plus de choses alors ras le bol

  3. Et pourquoi pas un mois ou plus, sans cons, macron, mechantcons, LFI, et autres nuisibles??? Pourtant ça ferait un sacré bien à la France!

  4. Le « Dry January » (beurk !) nous viens d’outre-Manche : pourquoi ne pas instaurer un « régime sec », même plus prolongé, à tout ce qui nous en vient et garder Calva, Armagnac, etc…, bien au chaud ?

Commentaires fermés.

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