[ÉDITO] Deux minutes de silence, deux France : celle de Quentin n’est pas celle de Nahel
Le 2 juillet 2023, l’Assemblée nationale observait une minute de silence pour Nahel. Le 18 février, elle en observait une autre pour Quentin Deranque. La première avait été arrachée par la gauche. La seconde demandée par la droite. Deux minutes de silence, deux France face à face.
Après l’hommage rendu à Nahel, défavorablement connu des services de police et de la Justice, tué lors d’un refus d’obtempérer, il eût été difficile pour Yaël Braun-Pivet de refuser celui dédié à Quentin, inconnu de la police comme des tribunaux, lynché pour ses idées. Le précédent créait l’obligation morale. On n’ouvre pas une boîte de Pandore sans accepter qu’elle se rouvre.
Un député LIOT, Paul Molac, a pourtant rechigné, sur LCP. Il aurait voulu « les tenants et les aboutissants », avant de se lever. Selon lui, les minutes de silence devraient être réservées aux fonctionnaires morts en service. Argument audible, en théorie. Mais qui a inauguré la séquence compassionnelle à géométrie variable ? Et qualifier Quentin de phénomène de « peoplisation » relève d’un goût douteux : sa famille aurait sans doute préféré l’anonymat d’une vie longue à la notoriété d’un cercueil.
Sur certains bancs de la gauche radicale, des absences remarquées : Raphaël Arnault, Danièle Obono, Carlos Martens Bilongo, Thomas Portes, David Guiraud… Difficulté à se lever ? Impossibilité politique ? Ou prudence stratégique vis-à-vis de leurs amis de la Jeune Garde ? Question posée. Le lynchage, lui, ne relevait pas de l’abstention : ils étaient plusieurs contre un. Une lâcheté sans nom.
Appel au calme
Réagissant à la mort de Quentin, Emmanuel Macron a appelé « au calme ». Formule toute faite. Comme après la mort de Nahel. Sauf qu’alors, le pays flambait déjà. On se souvient du coût des émeutes de l’été 2023 : près d'un milliard d’euros, 2.500 bâtiments dégradés, 12.000 véhicules incendiés, des commerces pillés, des quartiers saccagés.
Et après la mort de Quentin ? Rien de tel. Pas de vitrines brisées, pas de voitures brûlées. Des veillées de prière, des messes, des cierges. Des amis en larmes parlant de sa gentillesse et de sa curiosité intellectuelle. La colère, oui. La vengeance, non.
Un ami l’a dit simplement : « On ne va pas le venger, on va prier, c’est ce qu’il aurait voulu. » Le prêtre qui lui a donné les derniers sacrements a rappelé aux jeunes rassemblés que la Justice devait rendre la justice, et qu’on ne s’y substitue pas. Puis il a évoqué le père Jerzy Popiełuszko, martyr du régime communiste polonais, assassiné pour sa foi et son engagement. Le jour de ses obsèques, lorsque le célébrant entonna le Pardonnez-nous nos offenses, la foule se tut : elle ne voulait pas pardonner. Sa mère se leva et dit trois fois : « Je pardonne tout. » Les autres assistants ont alors repris le Notre Père. Quelques années plus tard, le système s’effondrait.
À ce sujet — Émeutes : les assurés honnêtes paieront !
On sourira : religion des faibles, disait Nietzsche. Peut-être. Mais aussi religion de la maîtrise de soi, de la paix civile, du refus de la spirale mimétique de la violence. Quand le christianisme s’efface, le ressentiment prospère.
Tartufferie des médias
Pendant ce temps, certains médias fouillent le passé de Quentin, traquent ses engagements supposément « identitaires ». Curieux scrupule. On expliquait, hier, qu’un mort est un mort, que son passé n’a pas à être exhumé. Aujourd’hui, on gratte, on furette, on contextualise. Tartufferie.
Son parcours n’a pourtant rien d’exceptionnel. Des jeunes lassés du relativisme ambiant, bousculés par une immigration massive dans leurs établissements, fascinés par l’Histoire de France, redécouvrent une fierté nationale. Un ami les invite au pèlerinage de Chartres. Ils y trouvent des bannières, une liturgie, une transcendance. La radicalité de la jeunesse prend alors la forme d’une messe traditionnelle plutôt que d’une barricade.
Heureux les doux et les humbles. Quentin était de ceux-là.
Mais comment Emmanuel Macron pourrait-il comprendre cette France du petit matin, celle qui construit, prie et se contient, lui qui semble ne plus croire à la continuité culturelle de ce pays ? Il confond deux colères. Il redoute des incendies là où il y a des cierges.
Deux minutes de silence. Deux visions du monde. L’une crie, casse et exige. L’autre pleure, prie et attend justice.
La première fait peur.
La seconde espère encore.
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77 commentaires
Excellent texte , tout y est dit avec finesse et justesse ; 2 France irréconciliables que les imposteurs qui nous gouvernent depuis tant d ‘ années , nous ont véritablement imposées
Mais non Macron a juste peur de ne pas pouvoir finir d’achever la France avant 2027.
Arrêtons le avant !
Pour toute la gauche et pas seulement ces groupuscules de SA, la bonté, la morale, la politesse, la courtoisie, le respect, le savoir vivre, l’émotion devant la beauté, la conscience du bien et du mal, l’honneur, sont des notions bourgeoises d’extrême droite. Peut être que sa lutte aveugle contre la religion catholique à négligé le fait que toute notre civilisation était imprégnée des valeurs qu’elle transmettait. Tragique.
J’étais devant vous, Gabrielle, hier soir chez Christine Kelly, parfaite comme toujours, mais peut-être plus émue, vous avez su poser les justes mots sur ces deux mondes.
Merci madame CLUZEL pour votre excellent article que j’ai eu la joie d’entendre sur CNEW’S pour ceux qui ne reçoivent pas BV, l’audience de CNEW’S fait entendre ce qui est tut dans les chaînes publiques
Je trouve que tous les députés qui ont refusés de participer à la minute de silence en mémoire de QUENTIN devraient être exclus de l’Assemblée Nationale s’ils ont participés à celle du récidiviste NAEL
On tue dans les rues. Les députés se taisent.
« On tue dans les rues. Les députés se taisent. » et trahissent leurs électeurs. Soyez rassurés bandes de cloportes ( ceux la se reconnaitront) le temps de votre belle gamelle est compté. Les Français s’en souviendront prochainement dans les urnes. FUERA CABRONES.
Là je regarde CNEWS et Darmanin qui vient de sortir « que la France s’honorerait de ne plus s’allier avec LFI », mais ils se moquent de qui ????? Ce sont tous ces partis, leurs députés qui ont fait barrage CONTRE LE RN, et donc des députés dont le R A avait profité du barrage, et là ils font leur cinéma ? Non mais c’est indécent
Il faudra leur rappeler cette phrase aux prochaines élections car nulle doute que les castors referont un nouveau barrage ,c’est sur même
On sait de quel côté sont les sauvages, du côté des quartiers à forte densité d’immigrés,1 milliard de dégâts et du côté plutôt français de souche résilience et espérance.
Macron ne manque pas d’air je trouve, lui qui avait condamné direct le policier , il n’ a pas compris que Quentin et nous les Patriotes ne sommes pas des RACAILLES , nous prions, nous recueillons, quelle indécence de sa part !!!!
Pour la minute de silence, certains ont brillé pour leur absence, quand ils étaient là pour la minute de silence du nael
Pour info , une pétition circule pour la destitution de R A , que j’ai signée bien sur , de Reconquête et de Marion Maréchal pour info
J’ai signé a l’instant même.
Merci , même si on ne peut pas faire grand chose, isolés, au moins signer ces pétitions, montrer qu’on en a marre de toute ça , et pour Quentin aussi
Merci Madame Cluzel pour cet éditorial. Oui nous Espérons encore envers et contre tout.
Des absences remarquées : Raphaël Arnault, Danièle Obono, Carlos Martens Bilongo, Thomas Portes, David Guiraud… Ils ne pouvaient être présents car ils avaient « Poney sur glace » !!
Cela ne m’étonne pas de la part de ces gens la.
Par contre pour le délinquant ils étaient bien au complet , en même temps , qui se ressemble …..
La France de Naël est-elle encore la France. On peut en douter car ses habitants ne l’aime beaucoup. Comme quoi il est possible de venir au monde dans une étable sans être un bovin, l’histoire nous l’a montrée.
Silence assourdissant des artistes et pipoles dont l’empathie est à géométrie variable. Quentin ne cochait pas les bonnes cases de la bienpensance.
La gauche c’est 100 millions de morts et ça continue!
Macron LE responsable !
Ce Macron est responsable le peuple espère qu’il sera jugé pour « populicide » car il n’a pas protégé son peuple alors que c’est la priorité de tout Chef d’Etat.
Il y a aussi des minutes de silence – comme les larmes – …de crocodile ! (notamment sur certaine partie de l’hémicycle…)