[ÉDITO] Il est libre, Sarkozy !

Nicolas Sarkozy ne s'associera pas à un « quelconque front républicain » contre le RN.
Capture d'écran
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« Front républicain », « cordon sanitaire », « barrage républicain » : ils ont tout essayé pendant des décennies pour cornériser, ostraciser, diaboliser le Front puis Rassemblement national. Au soir de sa victoire, le 7 mai 2017, le tout juste élu Emmanuel Macron déclarait : « Je ferai tout durant les cinq années qui viennent pour qu’ils n’aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes. » On ne peut pas dire que c'est réussi. Premier parti de France, arrivé largement en tête aux élections européennes de 2024, premier groupe à l’Assemblée nationale, en tête des intentions de vote pour la présidentielle de 2027, la cote de popularité de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen grimpant à des hauteurs inédites : irrésistiblement, le mouvement jadis fondé par Jean-Marie Le Pen poursuit son ascension et coche à peu près toutes les cases qui permettent d’affirmer que son arrivée au pouvoir n’est plus une utopie.

Dernier coup de bulldozer au « barrage républicain »

Et, en ce début du mois de décembre 2025, alors que Sébastien Lecornu patauge à l’Assemblée pour faire voter un budget dans des débats auxquels plus personne ne comprend grand-chose, qu’Emmanuel Macron s’illusionne d’un pouvoir qui lui file entre les mains et se console en prenant des bains de foule… en Chine, un homme, qui fut un tout-puissant ministre de l'Intérieur puis président de la République et qui a connu, durant près de trois semaines, les geôles de la République, Nicolas Sarkozy donc, vient de donner ce qui sera peut-être le dernier coup de bulldozer à ce « barrage républicain » en béton armé. Les « bonnes pages » de son petit livre, Journal d’un prisonnier, qui sort ce mercredi 10 décembre, circulent déjà. On ne s’attardera pas sur la condition prisonnière de l’ancien président de la République – ce n’est pas le sujet. Non, ce qui est intéressant, c’est évidemment le récit que fait Nicolas Sarkozy d'un entretien téléphonique qu’il a eu avec Marine Le Pen. « Votre voix porte sur l’électorat populaire, vous associerez-vous à un quelconque front républicain ? », lui demande l’ancienne présidente du RN. Et l’ancien chef de l’État de livrer sa réponse : « Ma réponse fut sans ambiguïté : non, et de surcroît, je l’assumerai en prenant le moment venu une position publique sur le sujet. » La relation de cet échange a d’autant plus de poids qu’elle vient de Sarkozy et non de Le Pen.

Xavier Bertrand en PLS

Cette prise de position écrite et donc réfléchie - rien n’obligeait Nicolas Sarkozy à révéler cet échange avec Marine Le Pen - est donc capitale. Ce qui est écrit est écrit. Elle a d'ailleurs de quoi faire tomber en PLS un Xavier Bertrand, ancien ministre de Sarkozy, qui s’accroche comme un beau diable sur sa ligne rouge anti-RN. Invité, ce dimanche, de Questions politiques, sur France Inter, France Télévisions et Le Monde, le président de la région Hauts-de-France assure que son « combat contre les extrêmes » tient toujours. « Ni LFI ni Rassemblement national ». C’est beau. Mais au fond, qui s’intéresse encore à Xavier Bertrand, sinon lui-même ? Et notre homme de Picardie d’ajouter qu’il a « plus d’ambition pour [sa famille politique] que de la voir courir derrière le Rassemblement national ou devant le Rassemblement national ». L’ambition de finir comme le Parti radical lorsque le général de Gaulle arriva aux affaires en 1958, c’est-à-dire en parti cantonné dans ses fiefs locaux mais illisible dans le débat national ?

Lorsque le grand choc frontal viendra

La politique est faite de rapports de force. Or, l’on ne voit pas par quel miracle la « famille politique » de Xavier Bertrand, déjà passablement déchirée, pourrait à brève échéance retrouver le poids qu’elle avait au temps de la toute-puissance de Nicolas Sarkozy. Si l’on ajoute à cela les propositions de primaire à droite qui iraient de Laurent Wauquiez à Sarah Knafo, l’on voit bien que, de proche en proche, quelque chose est peut-être en train de se passer, à droite. Certes, les réticences, du reste assez artificielles, et les saillies consistant à qualifier le RN de parti de gauche, qui empêcheraient un rapprochement avec le parti à la flamme (un argument peut-être tenu par ceux-là mêmes qui lui reprochaient d’être d’extrême droite !), continuent de prospérer. Pèseront-elles grand-chose, lorsque viendra le grand choc frontal - dans les urnes, s'entend ? Car il viendra, ce grand choc.

Nicolas Sarkozy est sorti de prison. Plus libre que jamais !

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

100 commentaires

  1. La prison aurait-elle instruit Monsieur Sarkozy ? Après avoir imposé aux Français une guerre contre la Libye, sans aucun motif politique ou économique d’intérêt général français, il semble admettre que rien ne pourra se faire, démocratiquement parlant, contre les Français qui votent RN, cette horrible « Extrême Droite » « Nationaliste », « Raciste », « Complotiste ».
    C’est une orientation risquée : Monsieur Sarkozy va perdre le soutien de toute une organisation médiatique « labellisée » à l’élitiquement correct occidental : Le Mondialisme, qui l’avait conduit au pouvoir.
    Donner, un tout petit peu, la parole au peuple contre les « Grands Intelligents», ne va pas être facile.
    Mais, sait-on-jamais ? En politique il faut savoir assurer, mais aussi risquer. Il est aussi possible de faire semblant.

  2. Pour « suspicion de traitrise « Louis le 16 ème pourtant, lui, roi de France Français de souche depuis toujours ? à été puni. alors ?… sous une République,
    Pourquoi, un de nos délégué juste francisé de 1ère génération ??même élu, néanmoins, juste représentant ,ne le serait il pas pour TRAHISON ,?
    L’état actuel de notre Pays est le résultat de ses forfaitures ainsi que de celles de ses complices et mentors.
    Qui est derrière ce tapage pour redorer l’image d’un mauvais français ?
    ET, A qui profite le crime ?

    • Jospin, Aubry, Hollande, Taubira, Vallaud-Belkacem, Dupond-Moretti, Lemaire, Belloubet, Castaner Macron etc. …. tous innocents et infiniment moins coupables que Sarko ? Sarko a laissé le Karcher sur l’étagère. Les autres ils nous l’ont passé sur le dos !

      • Vous faites de l’amalgame en mêlant carottes et navets. Le fait que des politiques comme Dupont-Moretti, François Bayrou ou Agnès Buzyn soient anormalement passés à travers les filets de la justice n’est en aucune façon de nature à rendre Nicolas Sarkozy innocent dans le dossier libyen et à le faire passer pour la pauvre victime expiatoire d’ignobles et sanguinaires juges rouges.

  3. Au fond, nous Français, nous sommes comme Sarko. Nous comprenons vite, mais il faut nous expliquer longtemps. T’as pas voulu t’servir du Karcher, et ben c’est les potes à Kouchner qui t’ont mis en cabane ! Voila la leçon. Oignez vilain il vous poindra, Poignez vilain, il vous oindra.

  4. Nicolas Sarkozy est sorti de prison. Plus libre que jamais ! Magnifique conclusion. C’est à se demander s’il ne faudrait pas qu’un plus grand nombre de politiciens de droite y fassent un séjour. Rédempteur.

    • Vous avez vraiment une dent contre les politiciens de l’Union des droites! Il me semblait avoir lu « qu’ils étaient de vrais patriotes »?

  5. Enfin il a ouvert les yeux! Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Bravo monsieur Sarkosy. Ils vont tous vous tomber dessus, de la gauche à la fameuse Union des droites ( de Philippe à Knafo en passant par Waukiez et Lisnard) les vrais ennemis des patriotes RN et UDR. En tout cas, les millions d’électeurs de la droite sociale, anti Europe de Bruxelles, anti mondialiste etc. vous remercie.

    • Monsieur Bruneau, vous n’avez pas le monopole du patriotisme. Gardez vous d’hériter de celui du sectarisme. Et voyez bien que cette posture, si elle devait être celle de la majorité des partis que vous citez, conduirait INEVITABLEMENT à un DESASTRE électoral. L’arrogance, on la reproche suffisamment à Macron pour ne pas avoir envie de la retrouver « ailleurs ».

    • Alors expliquons.  » la fameuse Union des droites ( de Philippe à Knafo en passant par Waukiez et Lisnard) les vrais ennemis des patriotes RN et UDR » C’est ce que j’appelle une posture sectaire et même insultante dans la quelle vous voyez dans une fameuse (le mot est amical) union des droites des « ennemis » (rien moins) des patriotes RN et UDR (les vrais). C’est faux car déjà les UDR sont d’anciens LR et qu’il y a chez LR des politiques qui sont d’authentiques patriotes quand bien même ils ne l’exprimeraient pas de votre façon … Madame Thoraval, Madame Boyer, MM Lisnard, Retailleau, et bien d’autres. Et je ne parle pas de RECONQUETE et de Sarah Knafo ou de Marion Maréchal. Si le RN devait, par malheur, s’exprimer comme vous -prions pour que ce ne soit pas le cas-, il sera SEUL et finira REJETE.

      • le RN et UDR plus 35% des voix au premier tour. LR 8%; Reconquête 6%. Il vaut mieux être seul que mal accompagné! Bonjour chez vous.

      • BRUNEAU 35 % au premier tour , et sans les autres 35% au second , personnellement j’en ai assez que l’on se désiste pour des prétentieux. Si Meluche est élu avec l’union des gauches , je regarderai passer et bramer les ânes.

  6. Sur ce point là _ ne pas s’associer à un front républicain _ c’est une bonne chose. A part ça, chapeau ! Emmener pour lecture, les deux tomes du Comte de Monte Christo, plus la biographie de Jésus , de M. Petitfils et ressortir en ayant écris ( on va dire ça comme ça ) un livre, oui vraiment, chapeau !

  7. Pourquoi encensez-vous Sarko ? « Ce qui est écrit est écrit. » c’est lisible mais pas pour autant suivi d’effet. Référendum sur Maastricht. On a écrit NON mais Sarko s’est assis dessus, il a fait comme si c’était OUI.

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