[EDITO] Pourquoi l’offensive des Verts sur la concentration des médias réjouit Boulevard Voltaire
Ce mercredi 3 février, en commission des lois, la députée écologiste Sophie Taillé-Polian a repris l’éternelle complainte de la gauche rouge-verte à l’encontre des riches détenteurs de médias : le groupe a inscrit neuf propositions de loi au menu de sa journée d'initiative parlementaire, le 12 février. Parmi elles, la réquisition des logements vacants et… la lutte contre la fameuse « concentration dans les médias ». Cette PPL réjouit beaucoup Boulevard Voltaire. Votre média répond en effet point par point au portrait-robot du média idéal dessiné par les Verts. Jugez plutôt !
Nos médias sont devenus « des "actifs stratégiques" aux mains des milliardaires, qui contrôlent près de 80 % de la presse quotidienne et plus de la moitié de l'audience télévisuelle », s’alarme la députée. L’industrie, l’agriculture, l’automobile, le bâtiment : tous ces secteurs ont été consciencieusement mis à sac par les lois d’inspiration écologiste. Il faut d’urgence étendre cette recette à l’univers médiatique en empêchant nos médias de croître, en imposant des « seuils de concentration actionnariale, pour prendre en compte l’audience cumulée sur tous les supports », presse, télévision, Web, radio. Si le groupe Bolloré ne se sent pas visé, c’est qu’il regarde ailleurs… Car oui, l’information est en danger, assure Sophie Taillé-Polian. Pas parce que le service public y occupe une place démesurée et déploie des pratiques plus que contestables, comme le révèle la commission de Charles Alloncle. Non. C’est bien plus grave : « Notre démocratie est confrontée à une réalité inquiétante, la concentration croissante de la propriété des médias et ses conséquences délétères sur le pluralisme et le droit à l’information. » Car, évidemment, « l’info n’est pas un bien comme les autres, elle conditionne notre capacité à débattre, comprendre le monde et à exercer notre pleine citoyenneté », explique la députée. On est bien d’accord, comme dit Georges Michel. Hélas, cette vision commune à gauche ne tient pas. Pour plusieurs raisons.
Le plus gros détenteur de médias en France : l'État
D’abord, le plus gros détenteur de médias en France n’est ni Bouygues, ni Bolloré, ni Bernard Arnault, c’est… l’vtat. France Télévisions et Radio France sont de loin les plus gros acteurs (respectivement) de la télévision et de la radio : 9.000 salariés à France Télévisions, 3.100 dans le groupe TF1, premier groupe de télévision gratuite en France. Comme le dit si bien la députée : « Quand une poignée d’acteurs concentre une part toujours plus importante des médias d’information, ce n’est pas seulement un marché qui se restreint, c’est la capacité de nos concitoyens à se faire une opinion éclairée qui se trouve affectée. » Bien vu.
À ce sujet — Commission audiovisuel public : les nerfs craquent
Ensuite, l’émission Quotidien de Yann Barthès est diffusée par la chaîne TMC, propriété du groupe Bouygues qui détient aussi LCI : pas franchement à l’extrême droite du père. La chaîne TF1 n'est pas non plus une machine à propagande réactionnaire. De la même manière, le propriétaire de BFM TV, entre autres, le milliardaire Rodolphe Saadé, très proche du Président Macron, n’est pas tout à fait un dangereux activiste fascisant.
Quant à la presse, elle appartient au Crédit mutuel (groupe EBRA), à Matthieu Pigasse (Les Inrocks, Radio Nova), à Xavier Niel (Le Monde), à Patrick Drahi (qui a réussi à se défaire de Libération…), à Bernard Arnault (Le Parisien, Les Échos, Challenges), autant de personnalités qui ne manifestent pas un militantisme d'ultra-droite débridé. Restent Le Figaro (Dassault), pas le plus foufou d’extrême droite non plus, et le méchant groupe Bolloré qui a inspiré à lui seul cette PPL. On trouve dès les premières phrases la mention de « l’offensive interne de milliardaires acquis à la cause du nationalisme autoritaire qui profitent de la crise du modèle économique des médias pour tenter de constituer des monopoles d’influence ». Or, le « nationaliste autoritaire » Bolloré disposait de deux chaînes gratuites politiques ou sociétales : C8 a été fermée et CNews pèse moins de… 4 % des audiences ! Présente sur un autre terrain, Canal+ se concentre sur le foot et le cinéma et ses magazines (Capital) occupent une part infime du paysage.
Pluralisme ?
À ce compte, Boulevard Voltaire a tout pour plaire à nos amis verts. BV n’est pas dominant en France - pas encore ! Sur sa ligne de la « France droite », il participe donc assidûment à la défense du pluralisme cher à Mme Taillé-Polian. Et surtout, surtout, il n’appartient à personne. Pas de méchant actionnaire à BV, pas de vilain homme de droite qui le finance. Rien que des donateurs fidèles : 17.000 donateurs anonymes (les dix premiers représentent 3 % des revenus annuels de BV), une association éditrice, donc sans capital, et une équipe qui combat 24 heures sur 24 ou presque pour soutenir l’idée qu’elle se fait de la France.
Encore un point : la député verte, qui est sûrement sincère, veut voir appliquées les décisions des fameux États généraux de l’information. Ils s’étaient empressés de refuser la candidature de BV, de manière discrétionnaire. Sans doute par crainte d’un excès de pluralisme... La PPL veut aujourd’hui « moderniser la régulation et mieux protéger le pluralisme ». On y croit !
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40 commentaires
les Verts sont le « parti de l’étranger ». Que ce soit contre le nucléaire, cbntre l’agriculture ou la casse de l’industrie, ils ont toujours été contre les intérêts de la France et pour son appauvrissement