[ÉDITO] Sondage présidentiel : sans l’actualité internationale, il ferait l’effet d’une bombe
Premier sondage présidentiel de 2026, signé IFOP-Fiducial pour Sud Radio et Le Figaro. Dix configurations testées. Et un résultat qui, sans l’actualité internationale, ferait tout un tintouin.
Le RN est très largement en tête. Marine Le Pen autour de 35 %, Jordan Bardella plutôt entre 36 et 38 %. Autrement dit : quelle que soit la chèvre en face — pour reprendre la formule élégante d’Aurore Lalucq —, ça ne passe pas.
Qu'importe la chèvre !
La légère avance de Jordan Bardella, deux explications : soit Bardella a réussi à élargir son socle vers la droite dite classique et les milieux libéraux. Et dans ce cas, ceux qui rêvaient de décapiter le RN avec le procès des assistants parlementaires se seront tiré une balle dans leur propre pied. Soit les électeurs ont déjà intégré l’hypothèse de l'inéligibilité de Marine Le Pen.
Selon Frédéric Dabi, de l'IFOP, le vote Bardella devient « attrape-tout ». Aux bases historiques du parti — ouvriers, jeunes, non-diplômés — s’ajoutent désormais les classes moyennes et les retraités. La France du travail. Celle qui se lève tôt. Celle qui, manifestement, ne lit plus beaucoup L’Humanité. Car à l’extrême gauche, le déni tient lieu d’analyse. Fabien Gay, directeur de L'Humanité et sénateur communiste (c'est ce que l'on appelle une presse indépendante), explique que « le capital » aurait basculé vers l’extrême droite. On imagine le cliché : cigare, coffre-fort et rente. Problème : dans la réalité, ce sont surtout les travailleurs qui votent RN. Le monde ouvrier, longtemps fierté de la gauche, a été remplacé par un prolétariat de substitution : l’immigration. Et l’on s’étonne ensuite du résultat. Le rentier, avec l'argent public, c'est surtout L'Humanité, journal le plus subventionné au numéro.
“Une grande partie du capital a basculé vers l’extrême droite”
Débat avec Matthieu Pigasse #extrêmedroite #capital #medias pic.twitter.com/D5xhLiH9CI— Fabien Gay (@fabien_gay) March 4, 2026
Pendant ce temps, toutes les attaques glissent sur le RN comme l’eau sur les plumes d’un canard. Procès, scandales, tweets de jeunesse, vie privée, jeunesse supposée, reproches contradictoires — hier trop sulfureux, aujourd’hui trop lisse. Rien n’y fait.
Opposition dispersée
Derrière, le paysage est en miettes. Pas un leader : une opposition façon puzzle, comme dans Les Tontons flingueurs.
À gauche, c’est simple : Mélenchon et Glucksmann plafonnent à 10 %. Mélenchon, malgré ses sorties de route à répétition, conserve un noyau dur impressionnant.
Du côté du bloc central, Édouard Philippe arrive second, à 16 %. Bruno Retailleau tourne autour de 10 %, ce qui, après le naufrage Pécresse en 2022, ressemble presque à un succès. Traduction : les électeurs de droite semblent vouloir… davantage de droite.
Et si l’on additionne les électeurs opposés à l'insécurité, l'immigration, l'islamisation, le wokisme... que l'on convient souvent d'appeler... la droite — RN, Reconquête, Debout la France, LR —, on dépasse les 50 %. La gauche, elle, peine à atteindre 28 %. La fameuse « France progressiste » ne progresse plus. C'est tout le contraire.
Le sondage teste aussi un candidat unique centre droit. Philippe ferait 23 %, Retailleau 17 %. Arithmétiquement, l’idée fonctionne. Intellectuellement, c’est la carpe et le lapin : d’un côté, l’immigration comme nécessité, de l’autre, l’immigration comme problème majeur. Ce n'est pas tout à fait un désaccord négligeable sur la couleur du papier peint.
Front républicain XXL ?
Faut-il en conclure que le RN est déjà à l’Élysée ? Évidemment non. Il reste un peu plus d'un an pour organiser un front républicain XXL : politiques, médias, artistes, universitaires — embrassons-nous, Folleville, oublions toutes les saillies douteuses de LFI l'espace d'une élection.
Mais une chose est certaine : même dans ce scénario, la France risquerait de sortir encore plus ingouvernable. Une coalition de circonstance le soir du second tour, et la foire d’empoigne dès le lendemain.
La seule condition de maintien dans le temps de cette cohésion négative serait... une victoire du RN. Emmanuel Macron, qui entrave déjà la possibilité de gouverner potentielle du RN par le haut — en avançant ses pions à des postes stratégiques de nos institutions : nous parlions récemment de la Cour des comptes et de la Banque de France... —, y travaille aussi sans doute par le bas : de l'aveu même du gouvernement, sur les 25 groupuscules dissous, seuls 5 sont d'extrême gauche (et encore, sans compter les annulations au Conseil d'État pour la moitié d'entre eux) quand il y en a 20 « d'extrême droite ». Pourquoi ménage-t-on la France du Grand Soir ? Pour lui laisser, le cas échéant, la bride sur le cou dans la rue si, d'aventure, la France du petit matin — celle qui se lève tôt — arrivait aux affaires ? On a le droit de se poser la question.
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119 commentaires
Pourquoi un second tour et des postes clés dans notre démocratie ? enfin ce qu’il en reste !
« Une coalition de circonstance le soir du second tour »… C’est pour cette raison que, bien que ce ne soit pas mon premier choix, je vais voter Bardella au premier tour. Pour qu’il n’y ait pas de second tour, pour qu’il passe au premier tour, comme Bukele au Salvador et Milei en Argentine.
Si philippe arrive second avec 16%, cela veut dire que c’est lui le prochain président. Quant au RN, il ne changerait rien s’il accédait au pouvoir puisqu’il est pro-UE. Comment se fait-il que les votants RN ne voient pas cette évidence ???
Au second tour il y aura encore un front contre la peste brune. C’est pas gagné. Lepeuple vote mal donc il doit être dissous.
A Marie…. Décidément, avec des arguments comme les votre, on est foutu. J’espère que vous ne serez pas suivi…
Je souhaiterais que le RN gagne (Bardella plutôt que Marine mais c’est parce que je me souviens de son débat contre Macron ou elle avait été lamentable) mais je me demande quand même pourquoi ils veulent tous devenir président d’un ex pays souverain devenu un land européen et surtout totalement surendetté.
Perso, on me donnerait le poste que je n’en voudrais pas !
Il y aura obstruction du processus démocratique. Et les protestataires auront droit au même traitement que Trump contre la manifestation anti-triche du Capitole. Comme les USA, mais dix ans après….
L’article de Gabrielle Cluzel commence par « premier sondage présidentiel de 2026 » ; il est déjà paru d’autres sondages, celui-ci est-il plus faible, qui sait ? Presque tous les candidats déclarés ou éventuellement possibles sont cités, sauf un… Certes il est facile de commenter le succès improbable d’Edouard Philippe ou celui de Bruno Retailleau, voire de Jean-Luc Mélenchon. On ne fait pas preuve d’originalité ou de clairvoyance en avançant la perspective d’élection d’un candidat du Rassemblement national.
Le paragraphe privilégiant l’éventualité d’une candidature d’union des droites me paraît plus réaliste. Je reste cependant surprise que Boulevard Voltaire semble oublier la candidature de Nicolas Dupont-Aignan annoncée dès le 8 mars 2025. Certes il est peu présent sur les plateaux de télévision, surtiout depuis qu’il a été battu aux législatives, comme beaucoup d’autres candidats de droite, grâce aux manœuvres délétères d’Attal & C° – d’ailleurs ses interventions manquent à l’Assemblée quand on constate le niveau des déclarations et chamailleries de cour d’école de la nouvelle génération d’élus…
Fort de son expérience politique, NDA présente un programme réfléchi, inspiré, réaliste et chiffré qui plaide en faveur du choix des électeurs soucieux d’assurer la reconstruction d’une nation qui n’a que trop souffert depuis cinquante ans.
Philippe de Villiers a déclaré qu’il était trop âgé, mais il semblerait qu’il évolue depuis quelque temps. Imaginez le résultat suivant : Philippe de Villiers Président de la République, Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre, Pierre de Villiers ministre de la Défense, etc… Le trio cité, impulsant la concrétisation de l’union des patriotes, aurait une autre image que toutes les configurations évoquées par Gabrielle Cluzel. Je suis bien consciente que beaucoup de choses peuvent évoluer d’ici le printemps 2027. D’ailleurs, nous sommes vendredi : je me réjouis d’écouter sous peu les commentaires de Philippe de Villiers à 19 heures sur CNews.
Pour cette élection, le vrai ennemi de la France c’est « Edouard trop tard », non merci pas lui!
On ne mérite pas cela quand même, on a déjà payé fort avec les deux derniers qui détestent la France…
tous les LR sont à mettre dans le même sac.
Si toutes les électrices et électeurs de droite veulent accorder une dernière chance à la France alors c’est d’abord les municipales puis les élections suivantes et enfin la présidentielle 2027 dans l’union sinon c’est perdu
Édouard Philippe arrive second…que les gens peuvent être niais ou avoir une mémoire de poisson rouge. Il est évident que tous les voleurs en place depuis Giscard ne laisseront jamais le RN gouverner, hélas pour notre joli pays actuellement envahi et quasi détruit.
2027, si l’armée reste toujours comme les 3 singes, et si on continue avec les mêmes bandits alors même que je n’ai que très peu d’argent, je me barre ! j’ai trop honte et j’en ai marre de me faire voler le peu de pognon que j’ai. Je suis en retraite et contrairement aux envahisseurs et aux fainéants, je n’ai jamais perçu1 Centime d’aide de l’état pourri en 62 ans !!!!
Je suis dans le même ėtat d’esprit que vous, Raskasse.
Le dégoût m’envahit.
Malheureusement, les « juges rouges » ont déjà décidé, et depuis belle lurette. Madame Le Pen sera inéligible, voire condamnée avec l’humiliation du bracelet électronique pour empêcher sa candidature. L’Europe de Bruxelles en a décidé ainsi. Il reste Jordan Bardella. Madame Cluzel a raison. Ils vont tout faire pour le « décaniller », lui aussi, et ils vont tous s’y mettre, main dans la main et avec rage. Les médias (chaines d’info comprises), le monde culturel, le show-biz, les instances européennes, les juges, les syndicats, les associations de tous poils, tous les partis politiques, à l’exception bien sûr de l’UDR et de Identité-Libertés. Il est inconcevable pour ces gens qu’un parti représentant le peuple accède à la présidence. Crime de lèse-majesté. Pas touche à nos privilèges, à notre chère Europe de Bruxelles, à nos immigrés de travail ( les esclaves)… pour cela, ils vont s’unir, même s’ils ont des idées contraires… trop peur de n’être plus rien. Le bienheureux Larcher (LR) vient de déclarer qu’il faut que la droite LR s’associe avec le centre et désigne un candidat commun pour battre la « peste brune ». Les gauchistes s’apprêtent à faire de même. Tous unis contre le RN. Un front républicain XXL, comme le dit G. Cluzel. Alors, plus de place aux bisbilles. Les partis patriotes, souverainistes, et même les « frexiteurs » doivent faire qu’un bloc pour battre les ennemis du peuple ,de la liberté d’expression; ceux qui ont mis la France dans cet état déplorable. C’est la dernière chance.
Pas de dernière chance, le train est déjà passé ! D’abord, le RN ne faisant pas plus de 50% ne passera pas (rappelez-vous : « le fâchisme ne passera pas » !) et même si, par extraordinaire, il franchissait la barre — MLP ou Bardella) , il n’aurait pas de majorité à l’A.N. et il ne ferait même pas le minimum (le programme du FN est bien loin …) , car Macron a tout mis en place pour le bloquer : Conseil d’État, Conseil Constitutionnel, Cour des Comptes, haute magistrature, Banque de France, ARCOM, Commission européenne, n’en jetez plus, la cour est pleine ! Tout est verrouillé ! Même un vieux gaulliste comme Paul-Marie Coûteaux le reconnaît : rien de bon ne peut sortir des urnes, juste les cendres de la défunte France !
Oui le RN est en tête dans les sondages, car il n’est pas question de voter pour un traître ayant déjà eu un portefeuille et les souverainistes frexiteurs marchent en ordre dispersé pour l’instant.
En effet l’extrême gauche est le bras armé des mondialistes européistes ou parti Démocrates si l’on veut. D’ailleurs l’ancien préfet D. Lallement ( cf les gilets jaunes) a été nommé depuis juin 2025 Secrétaire général de la Défense et Securité Nationale et chargé d’élaborer un plan de défense et sécurité. Pour nous défendre contre qui ? Les antifas, les mafieux des quartiers ou bien les français dits » terroristes » conformément à l’Article 8 de la loi Protect EU, qui interdit tous discours contre les valeurs européennes et les idéologies anti-système ?
Soyons naïfs et disons qu’il y a moins de groupes d’ultra-gauches dangereux: mais s’il y a peut-être moins de groupes différents, le nombre constitué dans les groupes de gauche restant est peut-être énorme. N’est-ce pas le nombre qui fait la force? De toute évidence le RN ne fait pas partie des groupes liés à l’ultra-droite ce qu’on ne peut pas dire de la gauche et surtout de LFI.
Au vu de leurs actions, et discours, LFI est en train de préparer l’organisation pour des insurrections au lendemain des présidentielles, si l’élu sera quelqu’un qui veut remettre de l’ordre dans le pays. Il faudrait avoir le souci de s’y préparer.
Et là, les flics auront peut-être le droit de tirer…
Même pas sûr !