[EDITO] « Nouvelle France » : le Grand Remplacement, c’est LFI qui en parle le mieux

La population de Saint-Denis, profondément modifiée depuis 50 ans, vient d'élire un maire selon son cœur.
Captures d’écran © X.@L_Addouche et LCI
Captures d’écran © X.@L_Addouche et LCI

Les résultats du premier tour des municipales se sont exprimés en pourcentages, ce dimanche soir, mais aussi par des mots. Ceux-ci sont révélateurs d’une victoire autre qu’électorale : des indices d’une nouvelle réalité. Bally Bagayoko, LFI élu maire de Saint-Denis (93), et Lahouaria Addouche, LFI qui sera présente au second tour à Lille, en sont la démonstration.

S’imaginant déjà victorieuse, Lahouaria Addouche l’affirme : « Dans une semaine, la Nouvelle France rentre au beffroi. ». Des mots très applaudis par les militants. La Nouvelle France ! La référence est ouvertement coloniale, le terme désignant nos territoires du Québec entre 1534 et 1763. Transposé à Lille, il désigne un remplacement : celui d’une ancienne France par une nouvelle. Changées, la population, les mœurs, la culture… Quant au beffroi, Lahouaria Addouche l’emploie par métonymie pour désigner la mairie, mais on ne peut s’empêcher de penser au rôle essentiel qu’avaient ces tours en matière de guet. Nos beffrois ne protègent plus des invasions.

Saint-Denis, ville séparatiste

À Saint-Denis, Bally Bagayoko l’a emporté dès le premier tour, avec 50,77 %, face au maire sortant PS Mathieu Hanotin (32,7 %). Exit celui que Jean-Luc Mélenchon qualifiait, il y a quelques jours, de « petit bourgeois visqueux ». Place à un natif de Levallois-Perret qui a grandi à Saint-Denis. Gilbert Collard parle de « séparatisme », tandis que la journaliste Isabelle Saporta, recommandant de « ne pas faire semblant de ne pas voir » le résultat du scrutin, en conclut que « c’est la Nouvelle France contre la France blanche ». La Nouvelle France chère à Lahouaria Addouche.

Faisant l’éloge de sa ville, le nouveau maire Bally Bagayoko en revendique le passé, non pas royal, qu'il abhorre, mais ouvrier, ainsi que l’immigration, avec 150 nationalités revendiquées. Il entend défendre et protéger cet état de fait. « Nous ne serons jamais du côté de ceux qui veulent gentrifier une population et faire en sorte que nos populations historiques quittent le territoire. » La gentrification ? C'est l’appropriation bourgeoise de quartiers populaires. Mais les ouvriers ne sont plus dominants, dans la ville. Saint-Denis est aujourd'hui une ville de cadres (32,4 %) et d’employés (22,7 %), loin devant les ouvriers (15,5 %).

Un changement de population établi par l'INSEE

Sous la vieille antithèse communiste bourgeois/peuple ou patrons/ouvriers, c’est en fait l’opposition entre autochtones et immigrés qui s’exprime, encore. En 2020, l’INSEE comptait dans la ville de Saint-Denis 69.800 non-immigrés et 43.000 immigrés. Ces derniers sont venus d’Europe, pour une toute petite part. D’Afrique, bien davantage. On compte près de 16.000 habitants dyonisiens du Maghreb, 13.600 d’Afrique noire.

Or, ces populations sont tout sauf « historiques ». La réalité de la Seine-Saint-Denis et de la ville de Saint-Denis était fort différente, il y a cinquante ans. Sur la période 1968-2021, le département a connu une hausse migratoire de 20 points, aboutissant à une part de population immigrée d’un tiers (la moyenne nationale est d’un dixième). C’est une recomposition de population récente, avec des ouvriers français et d’origine européenne remplacés par une immigration extra-européenne et très peu ouvrière.

En qualifiant cette population d’historique et en se portant garant de son « indéboulonnabilité », le maire de Saint-Denis lui donne une légitimité où s'agrègent racisme anti-Blanc, racialisation du débat public, remplacement de population… et partition du pays. Ce n'est pas un candidat, qui parle, mais un élu de la République française, ès qualités. On est prévenus.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

86 commentaires

  1. LA queue va être longue dans les mairies pour obtenir un passeport afin de pouvoir aller a Saint Denis, ne parlons pas de la ville de La Courneuve qui elle est tomber aux mains de l’extrême-gauche , là il faudra non seulement un passeport mais également prouver que vous n’êtes ni de droite , ni d’extrême droite.

  2. il faut bien constater qu’avec les différentes déclarations de cette nouvelle France qui veut chasser les français historiques, nous ne sommes pas loin de la guerre civile. Les politiciens de droite et du centre aussi sont responsables de cet état de fait car ils ne font pas de politique, ils s’occupent de leur petite carrière, de leur promotion et méprise la population qui les fait pourtant vivre. Mélenchon, lui, fait de la vraie politique à l’ancienne comme le faisaient les communistes, il met des slogans dans la tête de ses électeurs cibles, fait du porte à porte, les inscrit sur les listes électorales et peut-être même va les chercher pour voter leur mettant en main le bon bulletin de vote., évidemment ça change de ceux qui font attention à la qualité de leur langage, du dernier endroit où on les verra, et, qui une fois, peut-être, feront les marchés avec cet air de supériorité bienveillante des gens d’un autre niveau. A propos de niveau je comprends qu’ils s’accrochent à leur siège car à part la politique quelle place pourraient-ils avoir dans la société civile, la politique, les discours sans véritablement d’effets c’est tout ce qu’ils savent faire et c’est insuffisant dans une entreprise.

    • Je suis bien d’accord que les gauchistes ont une faculté de mobilisation qui est inscrite dans leurs gênes .
      Une fois que l’on sait cela , que fait on ?
      Pourquoi se pose- t- on la question ? Parce que les gens subissent un double traumatisme et sont encore dans la sidération qui empêche d’agir .
      Parce que demander à une population , de réagir à des maux qui devraient être réglés par les institutions en vigueur et contre un état qui n’est plus la solution mais le problème.
      En principe c’est celui qui revendique , qui doit

  3. A vous lire Saint Denis c’est une ville de cadres et d’employers donc pas une ville pour les gueux une ville ou il fait bon vivre entre riche ou les cadres vivent avec les migrants,cela me laisse perplexe quand méme,jamais je n’irais vivre la-bas avec des LFI.

  4. Où est donc passé sos racisme et toutes ces associations antiracistes subventionnées par le contribuable ? Dans un pays où l’on peut ouvertement invoquer des critères racistes (couleur de peau, origines ethniques, etc) pour candidater à des élections soit disant républicaines, ne peut on pas seulement constater cette montée scandaleuse du racisme, racisme toléré, voire approuvé, par nos gouvernants et nos zélites ? Qu’elles auraient été les réactions de nos antiracistes impartiaux et probes, si un candidat avait mis en avant sa « blanchitude », sa chrétienté comme argument de campagne électorale ?

  5. La clique lfi c’est quoi une bande de gauchos les vrais fachos racistes et anarchistes voilà donc ceux qui représentent dans certaines villes soit disant la France il y a donc du souci à se faire puisque tout cela va très mal finir par un chaos généralisé

  6. Un de mes amis vient, au bout de 10 ans de lutte acharnée,de récupérer d’un appartement squatté occupé illégalement,enfin, tout ce que vous voulez,place de France. Invendable, même pas moyen de s’en débarrasser à moitié prix pour apurer les dettes accumulées au syndic. Continuez, la France avance…vers la libanisation.

  7. C’est une victoire électorale historique.
    Saint Denis reste dans l’Histoire.
    On peut dire que le nouveau peuple dyonisien a élu un dirigeant néo conservateur et que Saint Denis est toujours en marche en gardant sa petite longueur d’avance sur Paris. C’est beau la continuité historique.
    Il est temps de faire quelque chose contre la gentrification de Paris? Le petit Paris va enfin devenir « le grand Paris » incluant les populations non bourgeoises de la petite couronne?
    A bas la couronne et vive le peuple du grand Paris?

    • Vous faites dans la provocation ! La gentrification de Paris elle s’est faites contre qui? Les classes populaires déjà en place lors de la vente à la découpe des logements , cela depuis les années 80 et a perduré dans le temps et s’est même aggravé avec les socialistes en place , à travers une spéculation immobilière féroce .
      L’argent ce n’est pas un problème pour les socialistes , ni les trotskystes par ailleurs . Mais il y en a qui se font encore abuser par leurs discours d’un autre âge .Et bien après il faut assumer et payer la gabegie .
      Vous vous gourez totalement quand vous dites , que les populations que l’on trouve en banlieue ne se retrouve pas à Paris . Ce que l’on trouve le moins à Paris ce sont les classes laborieuses de ceux qui font marcher le pays . Les bobos et les migrants sont bien ensemble et complémentaires .

  8. Quel a été le taux de participation électorale local?
    Les bourgeois de saint Denis ont raté l’occasion d’entrer dans l’histoire ?
    Ou, au contraire, ils veulent rejoindre les bourgeois de Calais en livrant leur ville au changement ?

    • Moi je le redoutait ! Mais il y en a un qui avait déjà sonné la fin de la récré en 2002 . ET tous les moutons bêlants de se liguer contre lui ,soi disant détenteurs de valeurs de la républiques qu’ils étaient bien incapables de citer précisément ! Elles sont où leurs valeurs de la république avec des gens qui crachent sur la France , n’ont que Gaza comme revendications et la charia à imposer pour projet.

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